Le passeport
de Azouz Begag

critiqué par Machmoum, le 13 avril 2006
( - 45 ans)


La note:  étoiles
L’espoir d’une survie
Aucune dérogation à la tradition thématique et littéraire chez Azouz Begag, qui s’attaque, dans son denier roman, une nouvelle fois, à son sujet préféré : l’immigration. La seule possible différence c’est que les évènements racontés ici précèdent le moment du départ ou plutôt le déterminent.
L’action a lieu dans l’Algérie des années 90. Le pays est entre les mains des coupeurs de tête et il ne se passe pas un jour sans qu’une connaissance disparaisse dans les conditions les plus tragiques. Zoubir El Mous, alias Zouzou, est alors policier. Ses coéquipiers et lui, sont chargés d’exécuter les ordres de supérieurs corrompus jusqu’au cou.
Bourrés de tranquillisants et la peur au ventre, les hommes sillonnent les rues de la ville à bord d’une Toyota, dans l’attente d’ordres douteux. Le dilemme : comment se soustraire aux ordres quand on est policier et comment échapper à la menace perpétuelle des fous de Dieu qui savent tout sur eux ?
Aucune consolation, mises à par celle des gélules, et la photo de ses deux petites filles qu’il espère un jour revoir. Autre alternative : partir en France, là où est né Zoubir. Pour cela il faut d’abord se procurer un passeport.
A travers, Zoubir El Mous, Azouz Begag laisse entendre la souffrance de tout un peuple qui alimente de jour en jour et au gré de l’emballement de la machine terroriste, l’espoir d’échapper aux sanguinaires insatiables, de retrouver la vie, la paix.
Le passeport est un récit poignant qui présente l’originalité d’exposer avec justesse, les réalités quotidiennes du calvaire vécu par ceux qui ont été considérés, à tord ou à raison, comme les acteurs de la tragédie algérienne.