Vengeance du Comte Skarbek (La), tome 1 : Deux mains d'or
de Yves Sente (Scénario), Rosinski (Dessin)

critiqué par Le rat des champs, le 19 novembre 2005
( - 69 ans)


La note:  étoiles
Romantisme flamboyant
En 1943, le comte Skarbek revient en France accompagné d'une superbe et mystérieuse femme noire. Ce qu'il cherche? La vengeance contre ceux qui lui ont volé sa jeunesse. Petit à petit, on le voit tisser sa toile contre les ennemis de naguère, ceux qui onze ans plus tôt, à l'époque où il peignait des tableaux sous le nom de Louis Paulus l'ont trahi de façon abominable.
En admirant les dessins de Rosinski, on se surprend à se demander jusqu'où il repoussera les limites de son art, tant le tracé est beau, les couleurs somptueuses, et l'atmosphère de Paris au XIXe siècle méticuleusement reconstituée. Ca fait penser à Dumas, Paul Féval ou Eugène Sue, c'est beau, c'est flamboyant, c'est à ne pas rater. Superbe.
La vengeance est un plat qui se mange froid 8 étoiles

Voici une série qui commence très bien avec ce premier tome dans lequel Yves Sente parvient à dérouler un scénario pour une fois pas tiré par les cheveux (ses reprises de Thorgal et de Blake & Mortimer comptent sans doute parmi les ouvrages les plus controversés parmi les amateurs de bande dessinée franco-belge).
Mais c'est surtout par les dessins de Rosinski que cet album brille. Le maître polonais, lui aussi révélé par Thorgal, arrive à transcender son trait et livre au lecteur des cases vraiment magnifiques. Les couleurs, les décors, les attitudes des personnages sont parfaitement évocateurs du Paris du XIXe siècle. J'ai particulièrement apprécié les cases d'intérieurs, celles dans lesquelles les personnages évoluent dans les hôtels particuliers.
Un scénario plaisant, des dessins magnifiques, les ingrédients sont réunis pour faire une bonne bande dessinée!

Vince92 - Zürich - 41 ans - 26 janvier 2018


Du grand Art ! 10 étoiles

A l'occasion de la sortie de l'intégrale en grand format de ce diptyque, je me suis replongé dans la lecture de cette aventure.
Dans un premier temps on peut s'accorder que le scénario ne brille guère par son originalité : une simple réminiscence du "comte de Monte-Cristo", d'Alexandre Dumas, pourrait-on penser.
En effet, tout y est : la servante noire, l'amour de jeunesse ; le banquier peu scrupuleux, la vengeance, jusqu'à la première case qui rappelle l'incipit du roman. Yves Sente pousse assez loin les références puisqu'on y voit Maquet (le nègre de Dumas ou co-auteurs des romans de Dumas selon certains) prendre des notes au tribunal.
Mais ce qui fait la force de cet album, ce sont les magnifiques planches de Rosinski en couleurs directes. Certaines cases sont de véritables petits tableaux !

Dans un second temps (le deuxième volume), le scénario prend un tournant qui m'a littéralement bluffé. Très riche en rebondissements, cette seconde partie nous entraine loin de Paris et de son palais de justice, où le talent de Rosinski peut s'exprimer, avec des couleurs plus vives.

Une histoire qui ne peut que ravir les amateurs d'aventures avec un grand A.
Yves Sente joue avec le temps, avec ses personnages, et surtout avec nos nerfs qui sont mis à l'épreuve avec ce scénario complexe ô combien réussi.

Un régal pour les yeux, un plaisir de lecture... du grand art.
Une oeuvre que j'aime relire régulièrement.

Hervé28 - Chartres - 50 ans - 18 juin 2012


"Le Comte de l'île Mont Cristobald" 8 étoiles

Voila, j'ai enfin lu cette BD que j'avais depuis un moment.

Pour commencer, première chose qui m'a frappée, c'est le dessin de Rosinski, très différent de ce qu'il a fait avant avec Van Hamme ou Dufaux. C'est beaucoup plus, dirais-je, artistique. Et cela conviant parfaitement bien pour l'histoire dont il est question ici.
Une histoire donc de vengeance. Tout commence avec un procès, et le coeur du livre sera le récit du passé de l'homme qui va témoigner. Une histoire qui m'a fait penser un peu à Sambre. Pas par le style ni l'intrigue principale bien sûr, mais par le cadre du Paris du 19e, et sur le thème de la peinture.
Je ne m'attendais pas à ce qu'il soit aussi bien, d'abord parce qu'Yves Sente ne m'avait pas vraiment emballé dans ces derniers Thorgal, et puis parce que je ne m'attendais pas non plus à une historie aussi... épique, avec tant d'aventure. Car on n'en a jamais fini avec les rebondissement, les vérités cachées, les renversements, péripéties...
Je le répète, le tout est illustré magistralement par un Rosinski amélioré, d'un style tout à fait différent qui apporte une richesses comme on en voit rarement dans la bande dessinée. Le récit s'ancre aussi dans une certaine réalité ; je ne sais pas à quel point il s'agit d'une histoire vraie ou si c'est une pure fiction, mais en tout cas, ce diptyque réuni en une intégrale est à lire absolument pour les amateurs de BD se passant au 19e, ou tout simplement pour les amateurs de thriller et de policiers bien ficelés.
Seul point négatif, mais qui ne s'applique pas particulièrement à cette œuvre, c'est à nouveau, comme dans d'autres récits de ce genre, cette espèce de "récit poupée russe" qui est légèrement ennuyant à la longue. Je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler, mais simplement, les surprises répétées en deviennent lassantes.

Tommyvercetti - Clermont-Ferrand - 31 ans - 3 novembre 2010


Un graphisme somptueux 8 étoiles

1843. Paris. Un retentissant procès s'ouvre dans le monde de l'art. Northbrook, le célèbre marchand de toiles, connu du tout Paris, ne serait-il finalement qu'un escroc? Du moins c'est ce que prétendent les riches commerçants Courselle et Maussard, eux-même guidés par un comte polonais mystérieux, Mieszko Skarbek. Ce dernier leur aurait fait miroiter les preuves de sombre escroquerie. Ce qu'ils ne savent malheureusement pas c'est que le comte Skarbek détient lui aussi un secret et qu'il nourrit une profonde soif de vengeance envers ces trois hommes…
Certes, le scénario, plein de rebondissements, de ce premier tome du diptyque fait furieusement penser à Alexandre Dumas et son comte de Monte-Cristo. Mais là n'est pas le plus important car cette vengeance du comte Skarbek est une réussite d'un point de vue graphique et technique. En effet Rosinski excelle ici encore avec un dessin très différent de ce à quoi il nous avait déjà habitués avec ses séries précédentes comme Thorgal et La Complainte des landes perdues. Ici, on pourrait pratiquement parler de peintures et de tableaux plutôt que de cases ou de vignettes, tant le dessin est beau et restitue au mieux l'atmosphère romantique de cette époque et de cette histoire.

Nothingman - Marche-en- Famenne - 39 ans - 25 février 2006