En son absence de Armel Job

En son absence de Armel Job

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Ddh, le 11 mai 2017 (Mouscron, Inscrit le 16 octobre 2005, 78 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 7 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 355ème position).
Visites : 3 648 

disparition inquiétante en Ardennes

L'absence de Bénédicte est troublante. Une ado de quinze ans... on peut tout supposer !
Bénédicte vit avec sa mère Marie-Louise ; son père Mehdi, elle le voit de temps à autre. Le matin, elle prend le bus pour l'école. Mais ce jour-là, Julien, le chauffeur ne la voit pas. Que se passe-t-il ? Il semble l'entrevoir dans la voiture de Walter. Mme Maca observe tout et commère à qui mieux mieux. Affaire sordide ou succession de quiproquos ?
L'énigme se déploie au fil des chapitres et le lecteur se sent captif dans cette nature où la forêt est omniprésente mais captivé par une succession de péripéties dans ce village ardennais. Un bon thriller qui pousse à la réflexion : ne pas se fier aux apparences.

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Les éditions

  • En son absence [Texte imprimé], roman Armel Job
    de Job, Armel
    R. Laffont
    ISBN : 9782221198308 ; EUR 19,50 ; 23/02/2017 ; 324 p. ; Broché
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Une ado disparue et trois couples en perdition

10 étoiles

Critique de Malic (, Inscrit le 9 décembre 2005, 79 ans) - 14 juin 2020

Bénédicte, 15 ans, a disparu. Le chauffeur du car qu’elle emprunte habituellement pour se rendre au lycée a été surpris de ne pas la voir ce matin là. Par contre il lui semble l’avoir aperçue à l’arrière d’une voiture dont il connait le propriétaire. D’ailleurs dans ce village des Ardennes belges, tout le monde se connait et quand il se confirme que Bénédicte est introuvable, les soupçons vont bon train et les vieilles rancœurs se réveillent, attisées par l’ombre de Dutroux qui plane encore sur le pays.

L’auteur s’attache plus particulièrement à trois couples en perdition : Marie-Louise et Mehdi, les parents de Bénédicte, divorcés, Mehdi ayant depuis peu quitté sa femme pour Sandra sa secrétaire, ce qu’il regrette déjà ; Julien, le chauffeur du car, et Liesbeth, chez qui rien ne va plus depuis la mort de leur fillette quelques années auparavant ; Walter et Julie enfin, qui ne partagent plus que leur amour de la brocante.

Polar atypique peut-être, mais avant tout parce qu’il échappe aux clichés du genre, ce qui n’empêche pas que l’histoire est bien menée, avec ce qu’il faut de suspense et de surprises.

Parmi les qualités d’Armel Job, outre l’excellence de son écriture, sa capacité à nous montrer les différentes facettes de ses personnages. Aucun manichéisme, chacun peut basculer dans l’ignoble ou au contraire se révéler meilleur que ce qu’il semblait au départ.

De cet auteur, j’avais beaucoup aimé « Loin des mosquées », qui avait déjà quelques aspects de polar. C’est encore bien plus évident avec « En son absence » et ce roman est encore meilleur.

À quelques minutes près

9 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 61 ans) - 25 mai 2020

17 mars 2005, il est 6h43 quand Bénédicte sort de chez elle pour aller prendre son bus ; quelques minutes pour changer de tenue en constatant le changement de température ; quelques minutes qui vont tout changer.
Bénédicte ne sera pas à l’arrêt du car. Julien, le chauffeur, étonné, l’attend quelques secondes avant de démarrer.
Bénédicte a 15 ans, les policiers privilégient l’hypothèse de la fugue, mais des questions vont être posées, des soupçons éveillés, surtout quand Mehdi, le père de Bénédicte, divorcé de Marie-Louise, va découvrir le journal intime de sa fille.
Avec talent, avec toujours une formidable humanité et son incroyable compréhension de l’âme humaine, l’auteur nous présente une galerie de personnages menant une vie tranquille dans un village banal, où tous pourtant deviennent des suspects potentiels, avec leurs secrets, leurs douleurs.

Armel Job analyse l’enchaînement des réactions, la remontée des anciennes douleurs, rendant le lecteur observateur de faits tels qu’ils se sont déroulés, ne dévoilant qu’avec parcimonie la vérité, et maintenant toujours un suspense.
Un roman policier comme je les aime, sans violence, accumulation de cadavres ou autres tortures, avec une maîtrise du déroulement impeccable et efficace.

Un village Belge

8 étoiles

Critique de Nathafi (SAINT-SOUPLET, Inscrite le 20 avril 2011, 53 ans) - 11 janvier 2020

Bénédicte se rend à l'école un matin, et ne rentre pas après sa journée de cours. Sa famille, les amis et voisins sont inquiets, et tout le village bientôt partage la peine des parents et essaie de se rendre utile pour comprendre ce qu'il s'est passé et en découdre avec certains…

Le drame est identifiable, les lieux, un petit village de l'Ardenne belge, brossé comme un tableau par l'auteur, nous semble familier, et le mal-être ambiant nous renvoie à nos propres craintes et nos sombres pensées en de telles circonstances.

M. Job, avec une plume plaisante, nous emmène aux confins de son thriller psychologique. Tout au long de l'ouvrage on s'interroge, voyant défiler les personnages dont il appuie ostensiblement les traits, telle Mme Maca, qui voit tout, sait tout du village, donneuse de leçons, aux idées bien arrêtées, ou encore Julien, chauffeur de bus en proie à de drôles de sentiments, perdu depuis la mort de sa fille, amie de la disparue. Les hypothèses fusent, les enquêteurs, caricaturés comme il se doit, sont bien en peine de trouver un véritable indice dans ce microcosme où chacun s'épie, se trahit, se hait parfois, se soupçonne. D'autres agissements auraient pu toutefois faire avancer l'enquête, un peu plus de transparence de la part de la Police, un peu moins de suspicion de la part des villageois, mais l'être humain est ainsi fait !
Le pire est envisagé, bien sûr, avec des images d'un passé pas si lointain, Dutroux et ses monstruosités, d'autres disparitions inexpliquées…

Un livre à l'ambiance pesante, le malheur d'une famille éclatée, l'incompréhension d'un village et le piétinement d'une enquête, de quoi offrir une lecture agréable pour les amateurs du genre, et découvrir d'autres ouvrages de M. Job.

Brillant, une fois de plus

9 étoiles

Critique de Catinus (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 69 ans) - 26 juin 2018

17 Mars 2005. Nous sommes dans un petit village de l’Ardenne belge. Bénédicte, 14 ans s’en va à l’école. Elle doit prendre le bus mais elle n’atteindra jamais l’arrêt. La journée se passe, la nuit, le lendemain matin, et toujours pas de nouvelles de Bénédicte. Ses parents sont terrassés. Des soupçons pèsent sur Julien, le voisin, conducteur de bus, …mais non, ce n’est pas lui qui aurait enlevé Bénédicte, comme Dutroux l’a fait pour Julie et Mélissa. Walter, un autre voisin ? La police est sur la brèche. En tout cas, il s’en sera passé des choses dans ce village si tranquille en son absence à la Béné. De vieilles rancœurs, des humiliations, de la méchanceté, …

Une fois de plus, un brillant roman signé Armel Job, une des plus belles plumes de la littérature belge francophone.

Extraits :

- Il ne priait plus depuis Dieu sait quand.

- On n’imaginait pas, à l’époque, exiler ses défunts. Ils faisaient partie de la communauté au même titre que les vivants. Chaque dimanche, après l’office, on leur rendait visite. On enlevait les mauvaises herbes qui leur poussaient dessus, on leur adressait une pensée : « Comme tu me manques ! » - « Surtout, reste bien où tu es ! «. C’était selon, et bien plus sincère que du temps où ils étaient vifs.
(…) C’est Joseph II qui ordonna, par mesure d’hygiène, que les tombes soient déménagées du périmètre des églises à la lisière des lieux habités.

Voir le mal partout est nuisible

8 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 55 ans) - 3 novembre 2017

Alors qu’en 2017, on reparle de l’affaire Dutroux, Armel Job plante à nouveau le décor de son dernier roman dans un village de la Province du Luxembourg belge en l'an de grâce 2005.

La disparition d'une jeune fille apparaît de par le comportement de plusieurs protagonistes, comme, de prime abord, la suite évidente d’un enlèvement de nature pédophile.

Les parents et villageois comme secoués par cette tragédie font remonter à la surface leurs vieilles rancœurs qui les aveuglent. Leur colère bête et méchante, illustrée par le calicot « Penne (sic) de mort pour les pédophiles » masque leurs propres fautes.

L’analyse sociologique du romancier est comme souvent très bien charpentée dans un style simple, mais nullement simpliste.

En une phrase, un très bon roman de l’auteur ardennais, qui joue encore avec de nombreux accents et références belges, et démontre, s’il le fallait encore, qu’il est un grand raconteur d’histoires.

Utile lecture aussi dans la foulée, "Summer" de Monica Sabolo qui parle aussi d'une étrange disparition.

Disparition inquiétante

8 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 53 ans) - 18 octobre 2017

Un beau matin, Bénédicte, quinze ans, au lieu de prendre son bus pour l'école, a disparu...
Le village de Montange est en émoi, pendant que la police enquête. Plusieurs couples, chacun parent d'au moins un jeune, y entretiennent des relations tendues, soupçonneuses ou de rancune liées à des incidents du passé. (Pas toujours facile de s'y retrouver en tant que lecteur entre tous les prénoms.) Toutes ces blessures du passé refont surface et les non-dits sont mis sur le tapis, se terminant parfois par des coups, en tous cas des remises en question.
On retrouve l'ambiance des romans d'Armel Job - un village des Ardennes où tout se sait et tout le monde se connait et où les rancunes n'attendent qu'une étincelle pour exploser -, avec un zeste de Simenon. Un très bon cru !

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