Eric Eliès
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23/09/2026 @ 10:38:43
Suite au post d'un compte twitter s'étant donné pour mission de démasquer les "faux" écrivains, Thélyson Orélien se retrouve accusé depuis hier d'avoir écrit une grande partie de son livre "C'était ça ou mourir" en utilisant l'IA. Outre qu'il y a une question de fond sur la légitimité ou pas de s'appuyer sur les outils d'IA existants pour écrire un livre (beaucoup d'écrivains ont eu des collaborateurs pour leur préparer le travail d'écriture et je pense qu'il est sûr et certain que Victor Hugo, par exemple, s'il vivait aujourd'hui, aurait eu recours à l'IA pour l'aider à "pondre" les grandes dissertations qui émaillent ses romans), je trouve que la grande ironie de l'accusation est qu'elle émane d'une étude s'appuyant sur l'IA pour analyser la "teneur" en IA d'un texte !!! A la limite, on pourrait se dire que tout ceci n'est qu'une manoeuvre commerciale, dont l'auteur serait victime, pour faire du buzz autour de ces outils (dont Pangram, qui a servi à l'analyse du texte).

Myrco
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23/09/2026 @ 11:31:48
Le collectif derrière cette accusation déclare que TO serait loin d'être le seul par les temps qui courent. Réalité ? Complot ? Fiabilité du logiciel d'analyse dans le cas présent ?
On ne sait plus que penser.
De quoi freiner l'esprit de découverte du lecteur, se méfier de nouveaux écrivains et se recentrer sur des valeurs sûres. Pas forcément une bonne chose mais qui préfigure la mort de la littérature;-(

Tinuviel
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23/09/2026 @ 11:35:26
J'ai vu cette information, mais j'ai hésité à en parler (craignant justement que ce soit surtout une manœuvre pour faire de la publicité). Il y a eu des réponses à ce compte X avec d'autres tentatives de rechercher si le livre avait été écrit avec IA, et ce n'était pas probant.
Je n'ai pas lu le livre, mais si l'auteur a un style remarquable, ce qui normalement fait partie de ce genre de sélection, à plus forte raison d'obtention d'un prix littéraire, il y a tout de même peu de chance que ce soit l'IA qui en soit à l'origine.
En-dehors de ce cas précis de livre qui obtient un prix littéraire, je ne comprends pas le besoin de faire réécrire son travail par une IA... Pourtant, l'usage va s'installer, il va falloir trouver autre chose que de pousser les hauts cris et d'accuser tout le monde de s'en servir, sinon ça va juste tourner en paranoïa collective. Il n'existe pas encore de labellisation "garanti sans IA", mais ça pourrait peut-être se faire ?

Saule
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23/09/2026 @ 11:59:28
Un prof avait introduit dans l'énoncé d'un devoir un texte en blanc sur fond blanc, disant de rajouter dans la dissertation une phrase humoristique contenant le mot Madagscar. Sur 26 devoirs, 23 contenait la phrase, et donc les élèves n'avaient même pas relu ce que l'IA avait produit !

Ca va poser des problèmes avec les droits d'auteurs, si une IA pompe tout les livres et regurgitent des nouveaux en mélangeant le tout..

Martin1
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23/09/2026 @ 12:17:01
Comment un programme informatique peut-il trancher entre provenance IA et provenance humain ? J'ai beau réfléchir, je ne vois pas comment cela serait possible. Car si j'ai bien compris, il ne s'agit pas de comparer avec ses oeuvres précédentes (là je comprendrais), mais bien de trancher sur un seul extrait...
Une IA, si on apprend à s'en servir, peut rendre dans tout un tas de style différents... tous les registres... tous les genres... tous les niveaux de qualité... donc elle peut pratiquement tout écrire. Par conséquent je ne comprends pas sur quoi se base rationnellement un logiciel comme Pangram.

Eric Eliès
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23/09/2026 @ 12:46:25
Comment un programme informatique peut-il trancher entre provenance IA et provenance humain ? J'ai beau réfléchir, je ne vois pas comment cela serait possible. Car si j'ai bien compris, il ne s'agit pas de comparer avec ses oeuvres précédentes (là je comprendrais), mais bien de trancher sur un seul extrait...
Une IA, si on apprend à s'en servir, peut rendre dans tout un tas de style différents... tous les registres... tous les genres... tous les niveaux de qualité... donc elle peut pratiquement tout écrire. Par conséquent je ne comprends pas sur quoi se base rationnellement un logiciel comme Pangram.

D'après ce que j'ai lu sur son fonctionnement, il semblerait qu'il fasse générer des textes miroir (même thème, même longueur, etc.) par des IA et qu'il analyse les ressemblances entre le texte qu'on lui soumet et les textes produits par des IA. J'imagine qu'il y a des biais possibles dans la manière de le faire travailler car on peut le faire travailler sur de longs textes, sur des paragraphes voire des phrases. Ainsi, si je demande à analyser "Le ciel est gris. Il pleut", je pense qu'il est à peu près certain qu'il dira que je l'ai écrit avec IA car, sur 6 mots, la ressemblance avec le texte miroir sera totale.

Radetsky
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23/09/2026 @ 13:28:36
Comment un programme informatique peut-il trancher entre provenance IA et provenance humain ? J'ai beau réfléchir, je ne vois pas comment cela serait possible.

Martin, l'IA n'a pas d'âme, de tripes, de coeur, de tout ce qui fait notre " Magnifica Humanitas" comme dirait Léon. Et ça peut se déceler, au-delà du formel.

Feint
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23/09/2026 @ 15:02:02
C'est intéressant Eric, ta remarque sur la légitimité à utiliser l'IA. En effet, l'IA n'est ni plus ni moins qu'un nègre ; il n'y a rien de nouveau de ce point de vue.
Concernant le succès d'un livre potentiellement écrit par une IA (aucun avis concernant ce livre-là particulièrement), je trouve que ça remet surtout en question le goût du public et de la presse, et les choix éditoriaux. Un livre écrit par une IA répond à des attentes. Pour une maison d'édition, disons, médiocre, comme Grasset (Grasset est depuis longtemps un éditeur extrêmement peu fiable d'un point de vue littéraire), répondre aux supposées attentes du lectorat est la priorité. Sans avoir lu le livre (je n'en avais pas l'intention avant même cette histoire, et n'en aurais sans doute jamais entendu parler), je remarque qu'il coche déjà la bonne case de l'auteur haïtien. Depuis quelques années, haïtien, c'est forcément bien. C'est un truc en plus. Ce goût de l'étranger est à peu près aussi idiot que le parisianisme qui a longtemps sévi. C'est réduire la littérature au témoignage et au dépaysement (alors que toute littérature est nécessairement témoignage et dépaysement - notamment). Cela participe d'une vision formatée de la littérature, pas étonnant qu'on y craigne l'IA.
A mes yeux, le problème n'est pas tellement que le livre ait été écrit par une IA, mais que cela paraisse plausible. Ça ne présage rien de bon sur la qualité du livre.

Martin1
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23/09/2026 @ 15:07:40
à Eric : oui, mais finalement, tout dépend du prompt.
C'est un peu traître :
-On voit un texte
-Par un prompt on demande à une IA de faire un truc dans ce genre
-Elle rend un truc dans ce genre
-Oh ! regardez c'est dans le même genre !

Je ne suis pas convaincu.
cela dit, j'avoue avoir réussi à démasquer l'IA sur une copie d'élève en utilisant ce procédé (j'ai demandé à Chatgpt un prompt dans le genre et la ressemblance était flagrante).

Mais le souci, c'est qu'il y avait thème imposé, donc je pouvais à peu près reconstituer l'attitude de l'élève, et le prompt probable qu'elle a fait.
Là, comment remonter au prompt?

Martin1
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23/09/2026 @ 15:15:37
Comment un programme informatique peut-il trancher entre provenance IA et provenance humain ? J'ai beau réfléchir, je ne vois pas comment cela serait possible.

Martin, l'IA n'a pas d'âme, de tripes, de coeur, de tout ce qui fait notre " Magnifica Humanitas" comme dirait Léon. Et ça peut se déceler, au-delà du formel.


Eh bien, j'utilise beaucoup l'IA, et j'en suis arrivé à la conclusion que déceler cela est proche de l'impossible. Car même si elle n'a ni tripes ni coeur, sa spécialité est justement dans l'imitation troublante de ces tripes et de ce coeur. Certes il m'arrive souvent de deviner de l'IA, mais c'est le contexte qui me le fait deviner (je connais certaines ficelles d'une utilisation superficielle de la machine). Mais une fois ce contexte difficile à reconstituer, et si l'usage est un peu plus approfondi que le "prompt bête", crois-moi c'est très difficile.

Radetsky
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23/09/2026 @ 18:14:42
Martin, l'IA n'a pas d'âme, de tripes, de coeur, de tout ce qui fait notre " Magnifica Humanitas" comme dirait Léon. Et ça peut se déceler, au-delà du formel.



Eh bien, j'utilise beaucoup l'IA, et j'en suis arrivé à la conclusion que déceler cela est proche de l'impossible. Car même si elle n'a ni tripes ni coeur, sa spécialité est justement dans l'imitation troublante de ces tripes et de ce coeur. Certes il m'arrive souvent de deviner de l'IA, mais c'est le contexte qui me le fait deviner (je connais certaines ficelles d'une utilisation superficielle de la machine). Mais une fois ce contexte difficile à reconstituer, et si l'usage est un peu plus approfondi que le "prompt bête", crois-moi c'est très difficile.

Martin, stp, lis donc ceci : https://critiqueslibres.com/livre/…

C'est un outil diabolique, il risque de t'empoisonner, de détruire ton entendement !
Si d'aventure il prenait le contrôle de la sphère numérique (ça s'est déjà vu, ce serpent s'est échappé de lui même, pour s'en aller divaguer ailleurs).
Je me passerai d'internet, je reviendrai à un usage domestique et, pourquoi pas, au stylo et à l'encre !
Je ne plaisante pas. A chaque fois qu'une nouveauté sort d'un cerveau humain se pose la question c'est possible, mais dois-je la rendre concrète ?.
Un exemple pour la bombe atomique
La question s'est posée pour Robert Oppenheimer, quant à Joseph Roblat il a démissionné du programme Manhattan

Stavroguine
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23/09/2026 @ 19:02:40
C'est intéressant Eric, ta remarque sur la légitimité à utiliser l'IA. En effet, l'IA n'est ni plus ni moins qu'un nègre ; il n'y a rien de nouveau de ce point de vue.
Concernant le succès d'un livre potentiellement écrit par une IA (aucun avis concernant ce livre-là particulièrement), je trouve que ça remet surtout en question le goût du public et de la presse, et les choix éditoriaux. Un livre écrit par une IA répond à des attentes. Pour une maison d'édition, disons, médiocre, comme Grasset (Grasset est depuis longtemps un éditeur extrêmement peu fiable d'un point de vue littéraire), répondre aux supposées attentes du lectorat est la priorité. Sans avoir lu le livre (je n'en avais pas l'intention avant même cette histoire, et n'en aurais sans doute jamais entendu parler), je remarque qu'il coche déjà la bonne case de l'auteur haïtien. Depuis quelques années, haïtien, c'est forcément bien. C'est un truc en plus. Ce goût de l'étranger est à peu près aussi idiot que le parisianisme qui a longtemps sévi. C'est réduire la littérature au témoignage et au dépaysement (alors que toute littérature est nécessairement témoignage et dépaysement - notamment). Cela participe d'une vision formatée de la littérature, pas étonnant qu'on y craigne l'IA.
A mes yeux, le problème n'est pas tellement que le livre ait été écrit par une IA, mais que cela paraisse plausible. Ça ne présage rien de bon sur la qualité du livre.


Ca interroge surtout la posture d'auteur. Si ton objectif est d'écrire un livre, passer par l'IA ne devrait même pas te traverser l'esprit ; si c'est de le vendre, alors employer un outil permettant des gains de productivité pour fournir un produit calibré destiné au marché du livre ne semble pas aberrant.

Martin1
(Je lis...)
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23/09/2026 @ 19:18:21
Je viens de tester Pangram.
J'ai mis un de mes textes CL, puis un texte généré par Claude, commençant par les mêmes débuts.
Effectivement, il a trouvé juste (100% Humain et 100% IA), donc ça a l'air d'être fiable...

Je serai curieux de savoir : si cet outil sera toujours efficace, ou avec l'amélioration de l'IA, ça risque d'être plus difficile à trancher.


Tinuviel
(Je lis...)
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23/09/2026 @ 20:00:17
Je viens de tester Pangram.
(...)
Je serai curieux de savoir : si cet outil sera toujours efficace, ou avec l'amélioration de l'IA, ça risque d'être plus difficile à trancher.


Oui, surtout si l'IA en vient à se perfectionner d'elle-même, et tire parti de ce genre de critiques. Un bon début de roman à la 2001 odyssée de l'espace...

Dirlandaise
(Je lis...)
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23/09/2026 @ 20:57:48
Son livre est excellent. Les migrants vivent souvent de vrais cauchemars. Un témoignage touchant.

Radetsky
(Je lis...)
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23/09/2026 @ 21:26:43
Je viens de tester Pangram.
J'ai mis un de mes textes CL, puis un texte généré par Claude, commençant par les mêmes débuts.
Effectivement, il a trouvé juste (100% Humain et 100% IA), donc ça a l'air d'être fiable...
Je serai curieux de savoir : si cet outil sera toujours efficace, ou avec l'amélioration de l'IA, ça risque d'être plus difficile à trancher.

Je t'ai prévenu tu fais ce que tu veux. 🤷🏼‍♂️

Eric Eliès
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23/09/2026 @ 21:28:10

Ca interroge surtout la posture d'auteur. Si ton objectif est d'écrire un livre, passer par l'IA ne devrait même pas te traverser l'esprit ; si c'est de le vendre, alors employer un outil permettant des gains de productivité pour fournir un produit calibré destiné au marché du livre ne semble pas aberrant.

@Stavro : je pense que ça se discute. Comme le dit Feint, plein d'écrivains, dont certains connus et reconnus, ont eu recours à des aides, à des secrétaires voire à des "nègres littéraires" (dieu que cette expression française est moche... : pour le coup, je préfère de loin l'anglicisme de "ghost writer") et l'IA peut se concevoir comme une aide du même acabit. Par exemple, Patrick Chamoiseau a déjà évoqué son désir d'écrire en recourant à l'IA, comme un outil pouvant décupler la créativité dans son approche d'écriture tournée vers le "tout-monde", à l'écoute de toutes les langues. L'IA générative est capable d'innover à partir des spécifications qu'on lui donne : elle ne fait pas que répondre à un besoin calibré...

Eric Eliès
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23/09/2026 @ 21:45:29

(...) Sans avoir lu le livre (je n'en avais pas l'intention avant même cette histoire, et n'en aurais sans doute jamais entendu parler), je remarque qu'il coche déjà la bonne case de l'auteur haïtien. Depuis quelques années, haïtien, c'est forcément bien. C'est un truc en plus. Ce goût de l'étranger est à peu près aussi idiot que le parisianisme qui a longtemps sévi. C'est réduire la littérature au témoignage et au dépaysement (alors que toute littérature est nécessairement témoignage et dépaysement - notamment). Cela participe d'une vision formatée de la littérature, pas étonnant qu'on y craigne l'IA.
A mes yeux, le problème n'est pas tellement que le livre ait été écrit par une IA, mais que cela paraisse plausible. Ça ne présage rien de bon sur la qualité du livre.

@Feint : Mon épouse m'a demandé le livre pour son anniversaire. C'est une lectrice assez exigeante et elle est insensible au buzz médiatique. En fait, elle a lu les premières pages en librairie et a beaucoup aimé le thème et l'écriture. Peut-être que le livre coche des "cases", comme tu sembles le penser, mais, si j'en crois mon épouse, c'est - comme le pense aussi Dirlandaise - un "vrai" bon livre !

Eric Eliès
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23/09/2026 @ 22:14:49

(...) l'IA n'a pas d'âme, de tripes, de coeur, de tout ce qui fait notre " Magnifica Humanitas" comme dirait Léon. Et ça peut se déceler, au-delà du formel.

@Rad : si c'était aussi simple, ce serait merveilleux. Comme le dit très justement Martin, l'IA n'a ni âme ni tripes mais elle a une redoutable capacité d'imitation et nous arrivons au moment où la capacité à déceler ce qui est humain et ce qui ne l'est exige de plus en plus de subtilité. Alan Turing avait tout prédit dès 1950 dans "imitation game" !

Stavroguine
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23/09/2026 @ 23:06:41

Ca interroge surtout la posture d'auteur. Si ton objectif est d'écrire un livre, passer par l'IA ne devrait même pas te traverser l'esprit ; si c'est de le vendre, alors employer un outil permettant des gains de productivité pour fournir un produit calibré destiné au marché du livre ne semble pas aberrant.


@Stavro : je pense que ça se discute. Comme le dit Feint, plein d'écrivains, dont certains connus et reconnus, ont eu recours à des aides, à des secrétaires voire à des "nègres littéraires" (dieu que cette expression française est moche... : pour le coup, je préfère de loin l'anglicisme de "ghost writer") et l'IA peut se concevoir comme une aide du même acabit.


Le fait d'etre connu et reconnu ne change rien à l'affaire. Quand Dumas, Mbappe ou Bardella utilisent un nègre ou une IA, on n'est plus dans une démarche artistique, c'est-à-dire dans une expression strictement personnelle (et pour cause !), mais dans un processus industriel. Leur nom vaut marque (sinon le nègre aurait écrit sous le sien) et le but est de permettre à un produit culturel de se vendre. Cela ne veut pas dire que le produit est mauvais : Dirlandaise et d'autres ont trouvé des qualités à ce livre et je veux bien croire qu'il en a. Mais cela s'approche d'un peintre de la Renaissance qui fait faire son tableau par son atelier pour repondre à une commande : le but est de satisfaire le client, pas de s'exprimer en tant qu'artiste.

Par exemple, Patrick Chamoiseau a déjà évoqué son désir d'écrire en recourant à l'IA, comme un outil pouvant décupler la créativité dans son approche d'écriture tournée vers le "tout-monde", à l'écoute de toutes les langues. L'IA générative est capable d'innover à partir des spécifications qu'on lui donne : elle ne fait pas que répondre à un besoin calibré...


Ici, cela n'a rien à voir : le recours à l'IA n'est pas une triche ou une facilité mais il est assumé et au coeur du projet même qui se conçoit comme une performance ou un jeu litteraire avec l'IA.

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