Pollock choisissait malgré tout quand s'arrêter, quelles couleurs choisir, son fond, les dimensions et ça restait artiste dans la mesure où c'est un "hasard" dirigé
Pour moi les grandes oeuvres IA seront dans le même genre. L'artiste va dialoguer une vingtaine de fois pour modifier, traiter, modeler un peu l'objet en fonction de ce que l'IA lui presente. S'il dirige l'IA c'est qu'il a une certaine image de ce qu'il veut, il s'approprie le résultat, il a une immixtion du moi, un certain jugement esthétique.
Pour moi les grandes oeuvres IA seront dans le même genre. L'artiste va dialoguer une vingtaine de fois pour modifier, traiter, modeler un peu l'objet en fonction de ce que l'IA lui presente. S'il dirige l'IA c'est qu'il a une certaine image de ce qu'il veut, il s'approprie le résultat, il a une immixtion du moi, un certain jugement esthétique.
...suite :
En ce sens là, on peut parler d'art IA sans violer le principe dont parlait Stavroguine.
De toute façon tout ce que fait l'IA de bien du premier coup suppose un entraînement par des humains. Par exemple je demande de l'aide à l'IA pour mes vignettes. Si le rendu est spontanément correct c'est que des entraîneurs humains ont dirigé son hasard vers là. Ces entraîneurs sont artistes un peu comme le sont des designers industriels
Ce qui est complètement perdu là dedans en revanche, c'est l'aspect artisanal de l'art
En ce sens là, on peut parler d'art IA sans violer le principe dont parlait Stavroguine.
De toute façon tout ce que fait l'IA de bien du premier coup suppose un entraînement par des humains. Par exemple je demande de l'aide à l'IA pour mes vignettes. Si le rendu est spontanément correct c'est que des entraîneurs humains ont dirigé son hasard vers là. Ces entraîneurs sont artistes un peu comme le sont des designers industriels
Ce qui est complètement perdu là dedans en revanche, c'est l'aspect artisanal de l'art
Conclusion : l'IA n'est pas un artiste, pas plus que ne l'est un pinceau : mais elle peut être je pense un médium pour l'expression artistique. Un médium désespérant, un médium paresseux, un médium encombrant et peu noble. Un médium tout de même.
J'ai acheté ce jour "C'était ça ou mourir" et commencé à le lire. J'ai isolé deux parties dans les premières pages et demandé à chatGPT (la version gratuite de base) de rédiger un texte de longueur similaire sur un prompt reprenant le thème. La similitude d'écriture saute aux yeux. Je n'ai plus aucun doute sur l'utilisation de l'IA par Thélyson Orélien. Il me semble assez évident qu'il a rédigé une grande partie du roman via des prompts chatGPT puis a apporté sa touche personnelle, mais sans chercher à modifier radicalement le texte. En fait, c'est clairement un livre co-écrit Orélien Thényson + chatGPT. Et j'avoue que chatGPT m'a impressionné par sa capacité à apporter des nuances au texte (mélancolie, tristesse, et même humour !) en réponse à mes demandes. ChatGPT n'atteint pas des sommets mais par rapport à ce qu'il m'est parfois arrivé de lire pour voir (dernièrement "La malédiction" de David Seltzer ou Frieda McFadden avec "La femme de ménage se marie"), chatPGT est tout à fait capable de répondre aux attentes d'un lecteur pas trop exigeant...
chatPGT est tout à fait capable de répondre aux attentes d'un lecteur pas trop exigeant...Je n'en ai jamais douté.
Tiens, je viens de tomber sur cet article, que je n'avais pas lu quand je te répondais (certes un peu abruptement) à propos des larmes aux yeux des Yannick Haenel à la Grande Librairie à l'évocation du livre d'Orelien que lui-même n'était "pas fiable" (à mes yeux à moi, sans larmes) : https://actualitte.com/article/133618/…
chatPGT est tout à fait capable de répondre aux attentes d'un lecteur pas trop exigeant...
Je n'en ai jamais douté.
Tiens, je viens de tomber sur cet article, que je n'avais pas lu quand je te répondais (certes un peu abruptement) à propos des larmes aux yeux des Yannick Haenel à la Grande Librairie à l'évocation du livre d'Orelien que lui-même n'était "pas fiable" (à mes yeux à moi, sans larmes) : https://actualitte.com/article/133618/…;
Lu. Je trouve l'article bien long pour une conclusion, que je recopie in extenso, qui me semble assez alambiquée :
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Ces rapprochements ne montrent ni transmission ni emprunt. Mais leur nombre, leur précision et la présence, dans l’ouvrage paru ce 20 août 2026, de motifs propres à la V3 rendent le mot « coïncidence » insuffisant pour clore le débat.Le refus de Grand Poisson n’a, en soi, rien de suspect. La séquence qui l’entoure change toutefois son relief : une V3 reçue et travaillée par Victor Depardieu, confiée « pour lecture dans la maison », puis écartée ; Gallimard publie ensuite un roman de Yannick Haenel, où se concentrent les correspondances relevées. Yannick Haenel et Victor Depardieu excluent tout accès au manuscrit — rien ne permet d’affirmer le contraire. Mais ni l’identité du lecteur interne, ni le parcours documentaire de la V3, ni des états datés du roman de Yannick Haenel n’ont été communiqués.
Pas de verdict, donc, mais une question éditoriale entière. Balzac avait un titre pour les récits où les pièces manquent et les versions se croisent : Une ténébreuse affaire. Sans en transposer l’intrigue, la maison Gallimard laisse bien des pages dans l’ombre.
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En fait, la seule chose qui me semble claire, c'est qu'on est désormais entré dans une période de doute et de mise en cause systématique de tout ce qu'on dit ou écrit...
Désormais entré, ça n'est pas forcément d'hier. Les mises en cause d'Alina Reyes et de Claude Lanzmann concernant Haenel ne date pas d'hier, et les plagiats d'Orelien non plus ; ils étaient passés inaperçus parce que l'auteur n'était pas médiatisé.
En fait, la seule chose qui me semble claire, c'est qu'on est désormais entré dans une période de doute et de mise en cause systématique de tout ce qu'on dit ou écrit...
Je note quand même que le différend entre Alina Reyes et Yannick Haenel a été tranché par la justice, qui a jugé les preuves insuffisantes pour qualifier un plagiat...
Pour éviter ce genre de soupçons systématiques, les maisons d'édition seraient bien avisées de mieux gérer le parcours des manuscrits refusés, voire d'assurer la destruction de toute copie.
Pour éviter ce genre de soupçons systématiques, les maisons d'édition seraient bien avisées de mieux gérer le parcours des manuscrits refusés, voire d'assurer la destruction de toute copie.
Quelques écrivains vont sans doute laisser des plumes dans leurs commentaires trop dithyrambiques sur "C'était ça ou mourir"... Je vous recopie ce que Kamel Daoud écrivait dans Le Point du 17/09, juste avant que la polémique éclate :
Brutalisme. C'est ce qui vient à l'esprit en lisant le désarçonnant "C'était ça ou mourir", de Thélyson Orélien. Chaque mot, chaque phrase y est une brutalité ; chaque scène, une révélation. (...) Voici une langue qui déplace, allège, élague et vous piège dans sa transparence endurcie. Par instants, c'est le choc de Céline sur la littérature de son siècle, des éclairs de Faulkner sur les épuisements de ses contemporains. Chaque mot est à la fois banal et miraculeux, précis comme le dernier aveu, ordinaire. Une vérité de bout en bout, sous tension d'ironie. (...) On a dit le roman épuisé comme genre après les réseaux sociaux ; il n'en est rien. Il apparaît là, restauré dans son efficacité première, son ironie fondatrice, son chant. Dans ce livre, on voit le ciment effrité du reste du monde. Brutalisme.
Peut-être pas laisser des plumes. Beaucoup d'écrivains à succès (E.E. Schmid, A. Nothomb,..) ont encensé le livre. Ca veut surtout dire que l'IA est capable d'écrire un livre à succès. Feint n'en doutait pas mais pour moi c'est quand même un choc.
Mais j'en reviens à ce que je disais au début : très peu de gens sont capable de discerner un niveau d'écriture, indépendement de l'émotion que suscite un texte. Pour prendre une analogie : si j'écoute le concerto pour piano 21 de Mozart je serais tout autant touché si c'est un pianiste moyen que si c'est le meilleurs pianiste du monde, je n'ai pas l'oreille pour distinguer la différence. Ca ne m'empêche pas de suivre les émissions qui comparent des interprétations ni d'écouter les commentaires lors des compétitions et d'essayer d'affiner mon gout.
Mais j'en reviens à ce que je disais au début : très peu de gens sont capable de discerner un niveau d'écriture, indépendement de l'émotion que suscite un texte. Pour prendre une analogie : si j'écoute le concerto pour piano 21 de Mozart je serais tout autant touché si c'est un pianiste moyen que si c'est le meilleurs pianiste du monde, je n'ai pas l'oreille pour distinguer la différence. Ca ne m'empêche pas de suivre les émissions qui comparent des interprétations ni d'écouter les commentaires lors des compétitions et d'essayer d'affiner mon gout.
Le problème c'est qu'on (on = les lecteurs mais aussi les critiques, les libraires et les jurys de prix littéraires) lit beaucoup trop de livres moyens à faibles pour garder le goût de ce qu'est vraiment la littérature. Si la norme c'est EE Schmitt, alors Orelien ça peut peut-être paraître bon. Le seul moyen d'affiner le goût, c'est de lire majoritairement des livres très bons à exceptionnels. L'IA est capable d'écrire un livre à succès ; écrire un vrai bon livre, je ne crois pas.
J'achèterai et lirai le livre, IA ou pas. Le thème m'intéresse et je veux voir comment il est traité !
Même si Pangram se présente comme le plus fiable des détecteurs d’IA cet outil a moins de 3 ans d’existence. S’il annonce entre 99,7% et 99,9% sur la vingtaine de langues écrites les plus couramment utilisées dans le monde peut-on imaginer encore quelques trous dans la raquette et laisser le bénéfice du doute à la parole de Thélyson Orélien ?
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