Je ne pense pas, en outre, que comparer les budgets entre ministères soit très pertinent. Nous n'avons ni les mêmes missions ni les mêmes enjeux face à nous. En revanche, on peut noter que la France est le pays européen qui consacre la plus faible part de son PIB à l'Education nationale....
@Thaut : d'où tiens-tu cette affirmation ? Les statistiques européennes et de l'OCDE disent que la France consacre environ 5% de son budget à l'Education nationale, soit dans la moyenne européenne (la France serait 11ème sur 27 en effort de financement par rapport au PIB). Ca montre que la France n'en fait peut-être pas la priorité absolue que l'Education devrait être (notamment par rapport aux pays scandinaves) mais il me semble qu'il est totalement faux de dire que la France est le pays qui lui consacre la part la plus faible...
Je recopie ce que j'ai trouvé sur internet :
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En zoomant sur les dépenses dédiées au lycée, la France ne semble pas à la traîne par rapport à ses voisins. Toutes dépenses confondues (publiques et privées), l'Hexagone investissait en 2023 19.527 dollars (en parité de pouvoir d'achat) par lycéen, soit 28% de plus que dans la moyenne de l'OCDE (15.288 dollars).
La seule dépense publique équivalait elle à 16.311 dollars (+24% par rapport à la moyenne OCDE), avec 16.674 dollars par élève en lycée général (+34% par rapport à la moyenne OCDE) et 15.638 dollars en lycée technique (+12% par rapport à la moyenne OCDE). Ce qui classe à la France à la neuvième position des pays de l'organisation, juste derrière les États-Unis.
Si la France dépense plus que la moyenne de l'OCDE par élève au lycée, c'est l'inverse à l'école élémentaire et au collège avec des moyens 11 et 4% inférieurs. Ces écarts de ressources entre les différents niveaux d'éducation est "plus important en France que dans beaucoup de pays", affirme Éric Charbonnier, analyste à la direction de l’éducation de l’OCDE.
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Ce qui est aussi pointé par l'analyste, c'est aussi :
- trop de petits établissements en France (11% des lycées auraient moins de 100 élèves), ce qui augmente la masse globale des coûts de fonctionnement
- un déséquilibre entre professeurs certifiés et professeurs agrégés, qui conduit à ce que les professeurs les mieux payés soient ceux qui ont le moins d'heures de cours
Au final, dixit les analystes de l'OCDE, ce n'est pas le budget de l'Education nationale qui pose problème mais tout le système qui serait à revoir. Néanmoins, si on suit les pistes préconisées par comparaison avec les autres pays de l'OCDE, ce sera probablement au détriment des petites structures et du statut des agrégés.
Je ne tenais cette information que de ma mémoire, qui s'est avérée fautive sur ce point. J'aurais dû vérifier, toutes mes excuses pour ce manque de rigueur et merci de l'avoir corrigé.
J'ai pu me replonger dans quelques articles sur le budget de l'éducation nationale, notamment des travaux de Julien Grenet (je viens par exemple de relire un entretien qu'il a donné au Monde et que je peux t'envoyer en MP si tu le souhaites) : il a mis en évidence que le budget de l'EN comportait certains artifices comptables qui le gonflaient en partie. D'autre part, l'école primaire française est bien sous-dotée par rapport à la plupart des pays européens, même si le rapport s'inverse à mesure que progresse la scolarité.
Mon affirmation plus haut n'en reste pas moins tout à fait erronée, bien sûr, d'autant que rien dans ce que j'ai lu ne permet d'affirmer que les autres pays n'ont pas des pratiques comptables similaires.
A vrai dire, je me rends même compte, à la réflexion, que mon argument était de toute façon idiot : comparer les budgets n'a de sens que si les ministères recoupent exactement les mêmes compétences selon les pays, ce qui n'est pas le cas.
L'analyse de l'OCDE me semble cependant elle aussi critiquable :
C'est le principe du service public d'éducation que d'être présent partout. Cela coûte cher, c'est une évidence ; mais je n'ai jamais nié qu'il était impossible de faire une EN moins chère ; simplement, cela se ferait au prix de la qualité du service en question. C'est d'ailleurs déjà le cas : l'EN s'est adaptée au manque de moyens et continue de remplir sa mission. Nous la remplissons seulement un peu moins bien chaque année, et il y a fort à parier que cela continue d'empirer. En l'espèce, un seul gros lycée pour remplacer plusieurs petits, ce sont des économies mais aussi des trajets plus longs pour bon nombre d'élèves. On peut tout à fait opter pour ce genre de décisions, ce sont des choix politiques respectables en soi, mais il ne faudra alors pas s'attendre à des miracles au prochain classement PISA.
C'est même sans doute la principale raison pour laquelle le lycée coûte si cher, alors que l'école primaire est laissée de côté. Néanmoins, là encore, le prix est le gage de la qualité. Aligner l'ensemble des enseignants sur le salaire des agrégés permettra d'attirer des profils plus motivés. Faire l'inverse rendra le recrutement encore plus difficile (et cela pose déjà de graves problèmes, notamment dans le premier degré).
J'ai pu me replonger dans quelques articles sur le budget de l'éducation nationale, notamment des travaux de Julien Grenet (je viens par exemple de relire un entretien qu'il a donné au Monde et que je peux t'envoyer en MP si tu le souhaites) : il a mis en évidence que le budget de l'EN comportait certains artifices comptables qui le gonflaient en partie. D'autre part, l'école primaire française est bien sous-dotée par rapport à la plupart des pays européens, même si le rapport s'inverse à mesure que progresse la scolarité.
Mon affirmation plus haut n'en reste pas moins tout à fait erronée, bien sûr, d'autant que rien dans ce que j'ai lu ne permet d'affirmer que les autres pays n'ont pas des pratiques comptables similaires.
A vrai dire, je me rends même compte, à la réflexion, que mon argument était de toute façon idiot : comparer les budgets n'a de sens que si les ministères recoupent exactement les mêmes compétences selon les pays, ce qui n'est pas le cas.
L'analyse de l'OCDE me semble cependant elle aussi critiquable :
- trop de petits établissements en France (11% des lycées auraient moins de 100 élèves), ce qui augmente la masse globale des coûts de fonctionnement
C'est le principe du service public d'éducation que d'être présent partout. Cela coûte cher, c'est une évidence ; mais je n'ai jamais nié qu'il était impossible de faire une EN moins chère ; simplement, cela se ferait au prix de la qualité du service en question. C'est d'ailleurs déjà le cas : l'EN s'est adaptée au manque de moyens et continue de remplir sa mission. Nous la remplissons seulement un peu moins bien chaque année, et il y a fort à parier que cela continue d'empirer. En l'espèce, un seul gros lycée pour remplacer plusieurs petits, ce sont des économies mais aussi des trajets plus longs pour bon nombre d'élèves. On peut tout à fait opter pour ce genre de décisions, ce sont des choix politiques respectables en soi, mais il ne faudra alors pas s'attendre à des miracles au prochain classement PISA.
- un déséquilibre entre professeurs certifiés et professeurs agrégés, qui conduit à ce que les professeurs les mieux payés soient ceux qui ont le moins d'heures de cours
C'est même sans doute la principale raison pour laquelle le lycée coûte si cher, alors que l'école primaire est laissée de côté. Néanmoins, là encore, le prix est le gage de la qualité. Aligner l'ensemble des enseignants sur le salaire des agrégés permettra d'attirer des profils plus motivés. Faire l'inverse rendra le recrutement encore plus difficile (et cela pose déjà de graves problèmes, notamment dans le premier degré).
Ca peut être dur pour les personnes, et parfois injuste, mais on protège l'institution avant tout. La fonction publique (et les policiers sont des fonctionnaires) n'a pas les mêmes règles. Néanmoins, je ne suis pas sûr que la fonction publique soit prête à fonctionner sur un modèle militaire.
Les fonctionnaires ont le droit, comme tout travailleur, à être défendus par des syndicats ; cela ne leur donne pas tous les droits et des sanctions sont prévues en cas de manquement, qui peuvent aller jusqu'à la radiation en cas de manquement grave. Ce qu'il manque, je le crains, c'est le courage politique de les faire appliquer.
Il y a un doc sur arte, sur le même sujet.
https://arte.tv/fr/videos/…
https://arte.tv/fr/videos/…
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