Agnesfl
02/07/2026 @ 08:11:08
Marie Noël

Qui connaît actuellement la poète MarieNoël native de la ville d’Auxerre? Et pourtant!
Ayant obtenu de nombreuses distinctions et considérée comme le« plus grand poète français » selon Cocteau, Montherlant et Aragon, elle fut sur proposition de Charles de Gaulle promue au grade d’officier de la légion d’honneur le 3 juillet 1960.
Surnommée « la fauvette d’Auxerre, elle est surtout réputée pour ses poèmes. Mais elle a écrit bien d’autres choses notamment des contes, ses mémoires et fut également musicienne et compositrice.
A l’origine Marie Rouget, on suppose qu’elle adopta ce pseudonyme de Marie Noël suite au décès de son petit frère Eugène retrouvé mort dans son lit le lendemain de Noël 1904.
Côté sentimental, elle était amoureuse de son cousin mais ses parents mirent fin fin à cette attirance. Elle resta célibataire. Devenue presque aveugle à la fin de sa vie, elle décède la veille de Noël 1967.
Toute son oeuvre, sa maison, ses meubles appartiennent maintenant à la Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne. A Auxerre, une rue où elle habita lui est dédiée. Sa maison située au 1 rue Marie Noël se visite, et sa chambre est restée dans son état initial avec son lit à une personne, ses objets personnels et son buste d’ailleurs peu flatteur de François Brochet.
Elle résida dans cette grande maison constituée de plusieurs appartements datant à la fois du XVIè et XVIIIè siècle , à partir de 1895 avec sa famille et déménagea en 1945 dans d’autres lieux de la maison. Pour mieux survivre financièrement, elle louait les pièces inoccupées.
A l’intérieur est aménagée une salle d’exposition consacrée à l’Egypte (ère napoléonienne) et des conférences organisées par la Société des sciences ont lieu mensuellement . Un théâtre de verdure dans la cour permet parfois de mettre en place des spectacles de qualité. On peut imaginer, ce qui fut d’ailleurs le cas, Marie-Christine Barrault admiratrice de l’artiste, lire ses poèmes sous la chaleur auxerroise.
Le bénévole Jean-Louis Alliot président de la Société des Fouilles Archéologiques de l’Yonne qui fait visiter, peu avare de son temps, est visiblement un passionné de Marie-Noël et prend toujours un grand plaisir à nous la présenter. C’est un sentiment bien agréable de mieux connaître cette femme injustement méconnue et proposée pour le prix Nobel qu’elle eut d’ailleurs la modestie de refuser...
Agnes Figueras-Lenattier

Eric Eliès
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02/07/2026 @ 11:28:28
C'est une très belle évocation d'une poétesse qui eut son heure de gloire entre les deux guerres et dans les années 50/60. Elle a été très lue et on trouve assez facilement sa poésie, qui a été régulièrement rééditée (ses principaux recueils figurent dans la collection blanche nrf/poésie). Je possède son oeuvre intégrale, qui tient en un volume un peu épais. C'est une poésie telle qu'on ne l'écrit plus, interrogeant la foi chrétienne avec humilité et une once d'inquiétude.
En revanche, je me permets de préciser qu'elle n'a jamais refusé le prix Nobel car il n'a jamais été question de le lui attribuer (même si elle ne l'aurait sans doute pas moins mérité que Sully Prud'homme)

Martin1
(Je lis...)
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02/07/2026 @ 12:34:10
Mon père a mis en musique Marie Noël :
https://youtube.com/watch/…

Martin1
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02/07/2026 @ 12:40:50
Mon Dieu, qui dormez, faible entre mes bras,
Mon enfant tout chaud sur mon coeur qui bat,
J’adore en mes mains et berce étonnée,
La merveille, ô Dieu, que m’avez donnée.

De fils, ô mon Dieu, je n’en avais pas.
Vierge que je suis, en cet humble état,
Quelle joie en fleur de moi serait née ?
Mais vous, Tout-Puissant, me l’avez donnée.

Que rendrais-je à vous, moi sur qui tomba
Votre grâce ? ô Dieu, je souris tout bas
Car j’avais aussi, petite et bornée,
J’avais une grâce et vous l’ai donnée.

De bouche, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour parler aux gens perdus d’ici-bas…
Ta bouche de lait vers mon sein tournée,
O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De main, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour guérir du doigt leurs pauvres corps las…
Ta main, bouton clos, rose encore gênée,
O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De chair, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour rompre avec eux le pain du repas…
Ta chair au printemps de moi façonnée,
O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De mort, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour sauver le monde… O douleur ! là-bas,
Ta mort d’homme, un soir, noir, abandonnée,
Mon petit, c’est moi qui te l’ai donnée.

Martin1
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02/07/2026 @ 12:44:22
Ce dernier couplet ! Je le re-découvre

Eric Eliès
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02/07/2026 @ 22:16:42
Mon père a mis en musique Marie Noël :
https://youtube.com/watch/…


@Martin : merci pour le partage et la découverte ! Pour être tout à fait franc, j'apprécie la guitare (qui m'aurait fait songer à Brassens même sans la petite dédicace à Brassens sur la pochette de l'album !) mais j'aime moins le chant qui enlève à la poésie le ton de confidence qui lui est nécessaire pour être entendue. Raison pour laquelle, d'ailleurs, je n'aime pas non plus les adaptations et tentatives de Léo Ferré pour mettre Rimbaud en musique... En revanche, j'en ai profité pour écouter d'autres titres, et j'avoue les préférer car la musique et les paroles se marient mieux. Y compris la petite surprise de "Comme un navire" et ses accents rock de guitare électrique !

Martin1
(Je lis...)
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03/07/2026 @ 13:57:44

Sympa d'avoir écouté un peu !
Le poème mis en chanson, effectivement, en est radicalement transformé. Cela peut être diversement apprécié, mais personnellement j'ai grandi avec, Marie Noël est associée dans ma tête à ces beaux souvenirs de chants chantés en famille


Un autre Marie Noël, cette fois-ci déchirant et triste :
https://www.youtube.com/watch?v=lx_hgUCZm2M


Et (pas de M. Noël cette fois), si tu as aimé Comme un navire tu aimeras peut-être aussi celui-ci :
https://www.youtube.com/watch?v=KPWrxFGS6eM


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