Shelton
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08/08/2026 @ 19:04:38
Dimanche 9 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et je vous invite aujourd’hui en vacances, en voyage, direction la Guyane française
 En disant « française » je ne prends pas partie sur la propriĂ©tĂ© de cette terre, mais au moins vous savez quelle direction on prend pour passer quelques jours
 Attention, le climat n’est aucunement le plus sympathique et ne vous attendez pas Ă  bronzer paisiblement au soleil ni Ă  dĂ©couvrir de magnifiques plages de sable blanc
 En fait, nous partons en compagnie de Jamy Gourmaud et nous allons Ă  la chasse au papillon, plus exactement Ă  la recherche d’un papillon exemplaire et trĂšs rare


Oui, Jamy n’est pas connu pour son Ă©criture romanesque car il s’agit lĂ  de son premier roman, Les ailes de la forĂȘt. Cependant, vous le connaissez bien, c’est lui que l’on suit depuis des annĂ©es dans la vulgarisation scientifique dans « C’est pas sorcier », « Incroyables expĂ©riences » ou « Le monde de Jamy » et plus rĂ©cemment sur sa chaine You Tube, Jamy Epicurieux. Il a dĂ©cidĂ© de changer de registre, de franchir un nouveau cap professionnel et d’écrire ce qu’il rĂȘvait de faire depuis quelques annĂ©es, Ă©crire un roman entier. Le dĂ©fi est rĂ©alisĂ©, le roman existe, il est agrĂ©able Ă  lire mais aussi – on ne se change pas instantanĂ©ment – trĂšs instructif !

Quelques prĂ©cisions sur ce roman pour vous donner envie de faire vos bagages
 Emile Le Guillou est chasseur de papillons et le premier conflit mondial a fortement perturbĂ© son commerce. Pour le sauver, il lui faut partir en Guyane et revenir avec le cĂ©lĂšbre Gynandromorphe
 son Ă©pouse Louise reste en France pour tenir la boutique
 Il compte sur de l’aide en Guyane mais
 tout ne sera pas si simple !

On apprend sur la Guyane, sur l’entomologie, sur la couleur bleue dans la nature, sur les animaux Ă  la fois mĂąle et femelle, sur le commerce des papillons (activitĂ© rĂ©duite aujourd’hui Ă  presque rien !) et, surtout, on est dans une belle histoire, avec de bons rebondissements, si bien que la lecture se fait presque sans poser le livre et c’est un grand bonheur ! C’est avant tout un roman d’aventures et rien de tel que la forĂȘt Ă©paisse et moite de la Guyane pour donner un cadre hors normes Ă  cette histoire !

Bien sĂ»r, il y aura le retour Ă  Paris et les prĂ©paratifs d’une grande exposition au Petit Palais mais je ne vous en dirais pas plus pour ne pas dĂ©truire suspense et plaisir de lire
 Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, comme je vous ai dĂ©jĂ  proposĂ© d’aller en Guyane en compagnie de Dreyfus, prenez l’invitation d’aujourd’hui comme plus sympathique pour des vacances et profitez de cette magnifique nature sauvage, pas toujours trĂšs accueillante !

TrĂšs bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
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10/08/2026 @ 08:55:21
Lundi 10 août

L’étĂ© c’est fait pour lire, certes, mais on peut parfaitement dĂ©couvrir un romancier, une sĂ©rie policiĂšre et un personnage haut en couleurs avec la plateforme Netflix. Donc, pour moi, le premier contact avec l’inspecteur Carl Morck s’est fait par petit Ă©cran
 Je cherchais une sĂ©rie nordique, avec un antihĂ©ros, dans une ambiance un peu glauque et avec quelques Ă©pisodes disponibles
 En quelques clics, me voilĂ  Ă  dĂ©couvrir le premier Ă©pisode de cette sĂ©rie, Les dossiers oubliĂ©s, une nouvelle adaptation tĂ©lĂ©visuelle des romans de Jussi Adler-Olsen. Le premier cycle raconte en 9 Ă©pisodes le premier roman de la sĂ©rie, MisĂ©ricorde. J’ai Ă©tĂ© enchantĂ© par cette version tĂ©lĂ©visĂ©e et j’ai eu ensuite envie de me plonger dans les romans


Resituons cette sĂ©rie pour mettre tout le monde Ă  Ă©galitĂ© d’information ou presque. Un jour, Carl Morck, inspecteur de la police danoise, participe Ă  une action de police qui se rĂ©vĂšle un fiasco total, une grosse bavure quoi ! Un de ses collĂšgues meurt et son meilleur ami en sort paralysĂ© Ă  vie ! Il se retrouve Ă  archiver de vieux dossiers non rĂ©solus et il est assistĂ© dans son travail par Assad, une personne mystĂ©rieuse, syrien d’origine, qui visiblement a dĂ» travailler dans la police de son pays, ou dans les services secrets ou peut-ĂȘtre mĂȘme dans la police politique
 Ce duo qui n’est pas trĂšs obĂ©issant, c’est le moins que l’on puisse dire, se retrouve finalement Ă  tenter de rĂ©soudre des affaires oubliĂ©es de tous
 Ils sont rejoints plus tard par une collĂšgue, Rose Dickson et leur service, V, devient le cold case danois.

Je vous invite Ă  dĂ©couvrir, si ce n’est pas encore fait, cette sĂ©rie avec le sixiĂšme roman des EnquĂȘtes du dĂ©partement V, Promesse, Ă©crit en 2014, traduit en français en 2016. Je prĂ©viens pour les nĂ©ophytes, ce sont de gros romans, ici 650 pages
 Pourquoi particuliĂšrement ce titre, parce que l’ai trouvĂ© excellent. Tout simplement !

Tout commence avec un policier de l’üle de Bornholm, une petite Ăźle danoise de la Baltique, qui tente de faire appel au dĂ©partement V de pour reprendre une enquĂȘte
 En 1990, une jeune fille avait Ă©tĂ© retrouvĂ©e morte au bord d’une route. Visiblement, renversĂ©e par une voiture dont le chauffeur avait pris la fuite. Mais, un chauffard introuvable peut-il ĂȘtre retrouvĂ© dix-sept ans plus tard ? Carl Morck est certain que cette enquĂȘte tardive n’a aucune chance d’aboutir. Ce ne serait que du temps perdu et Morck envoie promener ce flic prĂšs de la retraite


Quand ce policier se suicide en public le jour de son pot de dĂ©part, Rose arrive Ă  convaincre Carl de prendre la direction de Bornholm pour a minima prendre connaissance du dossier qui existe
 c’est bien le moins que l’on puisse faire pour un collĂšgue qui vient de se suicider
 Vous comprenez bien que si ce roman existe c’est que l’enquĂȘte va ĂȘtre rĂ©ouverte, pour le reste vous allez devoir lire ce roman passionnant avec des personnages parfois rudes comme Pirjo qui fait froid dans le dos


TrĂšs bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
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11/08/2026 @ 09:24:08
Mardi 11 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et j’aime bien imaginer que pour certains c’est l’occasion de plonger paisiblement, en prenant son temps, dans des livres plus « difficiles » Ă  lire. Attention, pas des ouvrages inaccessibles mais bien des textes un peu plus complexes qui permettent d’apprendre des Ă©lĂ©ments de philosophie, d’histoire, de sciences
 Je n’ai pas dit de retourner Ă  l’école
 La philosophie, c’est tout simplement l’art de vivre, d’aborder des grands problĂšmes comme la vie, la mort, le sens qu’il faut donner Ă  tout cela, le bonheur, la souffrance et la bioĂ©thique, bien sĂ»r. L’histoire, c’est comprendre d’oĂč l’on vient, le chemin qui a Ă©tĂ© parcouru par nos ancĂȘtres, mais c’est aussi comprendre la vie des autres et leur chemin, qu’ils soient Ă©loignĂ©s de nous ou Ă  nos portes
Enfin, les sciences sont indispensables car elles donnent les clefs du futur, elles Ă©clairent les difficultĂ©s du moment, par exemple ce satanĂ© rĂ©chauffement climatique qui nous a fait trembler cet Ă©té  et ce n’est pas encore terminĂ© !

Commençons aujourd’hui par quelques Ă©lĂ©ments scientifiques adaptĂ©s Ă  un trĂšs large public. En effet, comme nous allons vivre une Ă©clipse partielle du soleil, c’est le moment idĂ©al pour ouvrir L’atlas du soleil, ouvrage rĂ©alisĂ© sous la direction de Milan Maksimovic. Cet astrophysicien, chercheur au CNRS et mĂ©diateur impĂ©nitent est avant tout un passionnĂ© d’étoiles et en tout premier de notre soleil, l’étoile qui nous permet de vivre sur Terre


Dans cet ouvrage, magnifiquement illustrĂ©, on va partir de la reprĂ©sentation du soleil dans nos imaginaires et dans nos religions car n’oublions jamais que le soleil a Ă©tĂ© adorĂ© longtemps comme le grand dieu, le premier des dieux, celui qui affrontait tous les jours la nuit dans un combat Ă  la vie Ă  la mort


Puis, on va commencer Ă  regarder le soleil, attention Ă  vos yeux surtout durant l’éclipse qui nĂ©cessitera de s’équiper de lunettes de protection. On va donc Ă©tudier sa position par rapport Ă  la Terre, comprendre le mouvement des astres et Ă©toiles, mesurer les effets du soleil sur notre Terre, sur les humains, sur notre peau en particulier
 Mais tout cela ne serait rien sans les moyens modernes d’observation et les photographies exceptionnelles et admirables que l’on est aujourd’hui capable de faire et de nous montrer dans cet atlas du soleil


Finissons notre chronique par les rĂ©flexions de Milan Maksimovic sur le soleil et notre avenir. Je lui faisais remarquer lors d’une discussion que le soleil Ă©tait parfois maudit par les ĂȘtres humains qui se dessĂ©chaient sous ses rayons
 « Mais les hommes l’ont bien cherchĂ© en dĂ©truisant les protections naturelles qui existaient. Le soleil c’est la vie sur une planĂšte en bon Ă©tat
 mais il peut aussi ĂȘtre la mort si on continue comme cela Ă  tout dĂ©truire comme des vandales ! ».

Alors, profitons de cette Ă©clipse pour admirer notre soleil et prenons soin de notre planĂšte pour que cela dure le plus longtemps possible, d’éclipse en Ă©clipse ! Cet atlas Ă©tonnant pourrait vous accompagner bien au-delĂ  de cet Ă©vĂšnement et vous aider Ă  comprendre cette magnifique Ă©toile de vie !

Shelton
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12/08/2026 @ 06:00:48
Mercredi 12 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et il faudrait quand mĂȘme profiter de cette pĂ©riode pour rĂ©flĂ©chir un peu
 Ce ne serait pas un luxe quand on Ă©coute les discours des uns et des autres sur l’immigration en France (et je ne parle mĂȘme pas des visions mondiales, juste un regard au niveau français). Tout serait rĂ©glĂ© sans immigration, les immigrĂ©s ont tous les torts, toutes les responsabilitĂ©s et les Français iraient beaucoup mieux sans les Ă©trangers qui viennent semer le bazar chez nous
 C’est d’autant plus important de se poser quelques bonnes questions que dans quelques mois il va y avoir une Ă©lection capitale pour choisir un nouveau prĂ©sident de la RĂ©publique (ou une nouvelle prĂ©sidente). Cela nous engagera, peut-ĂȘtre, sur de nouvelles voies dans le domaine de l’immigration
 Qui sait ?

Je viens de lire un excellent ouvrage, France, Terre d’immigration, treize siĂšcles de prĂ©sence du Maghreb, de l’Egypte et de l’Orient, un livre collectif sous la direction de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Yvan Gastaut et NaĂŻma Yahi. C’est Ă©clairant, trĂšs historique et documentĂ©, passionnant, riche d’enseignements pour comprendre les rapports d’aujourd’hui avec ces diffĂ©rents pays


Les mouvements de populations avec ces pays n’ont pas commencĂ© il y a quelques annĂ©es, car depuis le dĂ©but du VIIIe siĂšcle, ils existent. Ils n’ont jamais cessĂ© mĂȘme s’il y eut des hauts et des bas dans les relations avec ces diffĂ©rents pays
 Oui, il y eut mĂȘme des moments conflictuels terribles mais sans jamais cesser les relations. MĂȘme pendant les pĂ©riodes de croisades, pas les plus sympathiques, les relations ne sont jamais coupĂ©es, il y a des Ă©changes de populations, d’informations et du commerce


L’Orient a fait rĂȘver un grand nombre d’Occidentaux, y compris parmi ceux qui sont considĂ©rĂ©s comme de grands nationalistes ou patriotes
 Bonaparte a rĂȘvĂ© de cet Orient et son sĂ©jour en Egypte a Ă©tĂ© un moment particulier de sa vie, une pĂ©riode qu’il aurait presque pu prolonger


Puis, il y aura l’appel aux habitants des colonies, ceux Ă  qui on n’avait pas accordĂ© la citoyennetĂ© mais Ă  qui on a demandĂ© de venir mourir pour la MĂšre Patrie qu’ils ne connaissaient mĂȘme pas
 Avec une reconnaissance proche de zĂ©ro !

Puis il y eut encore les pĂ©riodes oĂč on a cherchĂ© Ă  faire venir un prolĂ©tariat sous payĂ© pour travailler chez nous
 Une pĂ©riode qui est loin d’ĂȘtre terminĂ©e si j’entends un certain nombre de responsables de branches en France qui manquent de main d’Ɠuvre
 BĂątiment, restauration, soin et service Ă  la personne


Alors, plutĂŽt que de dire « Fermons les frontiĂšres », ce livre nous pousse Ă  rĂ©flĂ©chir comment accueillir et construire un avenir commun dans la RĂ©publique avec tous ceux dont la France a besoin pour son Ă©quilibre sans pour autant affaiblir les pays d’origines, sans crĂ©er des tensions inhumaines et en prenant en compte que les problĂšmes sont devant nous avec une immigration terrible, celle du rĂ©chauffement climatique


Ces mĂ©langes de civilisations poursuivent, n’en dĂ©plaise Ă  certains, la tradition d’une culture française qui ne vit pas repliĂ©e sur elle-mĂȘme mais qui s’enrichit des apports d’un Sud et d’un Orient si proche
 ce qui ne dit pas une situation trĂšs simple et facile Ă  vivre !

TrĂšs bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
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13/08/2026 @ 09:01:50
Jeudi 13 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et, mĂȘme si notre histoire du jour se passe au printemps, nous allons lui laisser une place pour l’étĂ© car elle est belle et dĂ©licate, humaine et politique Ă  la fois, agrĂ©able Ă  lire et elle fait la place belle aux beaux sentiments
 Il s’agit d’une bande dessinĂ©e Ă©crite et dessinĂ©e par Éric Stalner.

Éric Stalner est un auteur de bande dessinĂ©e que j’ai dĂ» interviewer pour la premiĂšre fois dans les annĂ©es quatre-vingt-dix, lorsqu’il travaillait avec son frĂšre Jean-Marc. Je me souviens c’était leur premiĂšre sĂ©rie oĂč ils faisaient le scĂ©nario ensemble, Fabien M, une histoire en cinq volumes que j’avais adoré  Plus tard, ils ont encore fait ensemble Malheig puis Le Fer et le Feu, sĂ©rie qui les verra se sĂ©parer, Éric terminant seul la sĂ©rie
 Mais, la vie professionnelle continue pour Éric et on peut citer, par exemple, l’excellente sĂ©rie La croix de Cazenac rĂ©alisĂ©e avec le scĂ©nariste Pierre Boisserie. Depuis, j’ai continuĂ© Ă  suivre son travail avec « 13h17 dans la vie de Jonathan Lassiter » ou plus rĂ©cemment « La danseuse aux dents noires » avec Olivier et Jean-Laurent Truc.

Sa derniĂšre bande dessinĂ©e, Le fils de bourge, le doux printemps 1936, viens comme pour nous rappeler que la France a connu une pĂ©riode surprenante il y a tout simplement quatre-vingt-dix ans ! Ce printemps fut-il si doux ? C’est la question qui perdurera et il n’est pas certain que pour François Bompierre ce fut rĂ©ellement le cas, encore qu’avec le temps on ne finit par garder que le meilleur


Tout commence donc en 1935, dans la ville de Gramont. J’avoue que je ne connaissais pas cette ville et que j’ai dĂ» aller chercher oĂč elle se situait. C’est donc en Occitanie, dans le Tarn-et-Garonne. Il y a une usine Ă  papier et un nouveau sous-directeur, monsieur Bompierre qui n’est pas trĂšs sympathique. D’une part, il est sympathisant fasciste et d’autre part il frappe rĂ©guliĂšrement son fils
 On est aussi Ă  l’époque oĂč les troubles montent dans l’usine avec des syndicalistes et des communistes
 On va alors suivre les Ă©vĂšnements socio-politiques en mĂȘme temps que les relations entre le fils du sous-directeur, François, et d’un groupe de jeunes du mĂȘme Ăąge, jeunes communistes


Je ne vais pas en dire beaucoup plus mais on aborde dans cette histoire de trĂšs beaux et profonds thĂšmes : l’amitiĂ©, l’humanisme, l’amour naissant, l’esprit de rĂ©sistance, la fidĂ©litĂ©, la violence, l’engagement
 Comme Éric Stalner ne cherche pas une histoire trop enfermĂ©e dans des clichĂ©s, il n’hĂ©site pas Ă  surprendre le lecteur et, surtout, Ă  glisser une touche poĂ©tique avec des pages magnifique
 François en libellule, il fallait y penser
 Attention au crapaud, d’ailleurs !

Cette histoire en un seul volume Ă©voque en final le second conflit mondial, la poursuite des engagements et une belle vie Ă  venir, enfin peut-ĂȘtre ! Une belle lecture estivale que j’ai apprĂ©ciĂ©e et que je ne peux que vous conseiller de lire puisque l’étĂ© c’est fait pour lire !

Shelton
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14/08/2026 @ 09:13:56
Vendredi 14 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et j’avoue sans dissimulation ni exagĂ©ration que certaines sĂ©ries policiĂšres sont idĂ©ales pour l’étĂ©, mieux, je dirais qu’elles ont Ă©tĂ© Ă©crites pour une lecture estivale, les pieds dans l’eau et la tĂȘte Ă  l’ombre ! C’est le cas de cet ensemble romanesque Bretzel & Beurre salĂ© de Margot et Jean Le Moal. D’ailleurs, il s’agit presque d’un plĂ©onasme car le beurre ne peut ĂȘtre que salĂ©, le reste n’est que du gras !

Revenons-en Ă  notre sĂ©rie et au dernier roman paru, le septiĂšme, Plonger n’est pas jouer. Tout commence un 16 juillet sur une plage de Locmaria, une petite bourgade du FinistĂšre proche de Concarneau. Une plage, mais pas n’importe laquelle, une plage oĂč prospĂšre paisiblement une communautĂ© naturiste
 Alors, bien sĂ»r, quand un cadavre apparait, on peut avoir quelques scĂšnes mignonnes et rigolotes : « Le gendarme hoqueta en rejoignant la scĂšne. Face Ă  lui, les bras croisĂ©s sur la poitrine, les jambes solidement ancrĂ©es dans le sable, Gerhild et Otto Loch, complĂštement nus, s’assuraient que personne n’approche. Le gendarme renvoya Ă  leurs activitĂ©s les rares curieux qui Ă©taient encore lĂ  et, n’ayant plus le choix, il s’adressa enfin au couple de retraitĂ©s du village.
- Monsieur et Madame Loch, que faites-vous lĂ  ?
- Bonjour Major. Nous veillons sur le corps comme nous l’a demandĂ© Herr Jean. L’intĂ©rĂȘt avec nous, Allemands, ajouta-t-elle avec un sourire, c’est que nous avons une tradition de discipline.
- Je comprends bien. Mais dans cette tenue ? ne sut que rĂ©pondre Julienne, gĂȘnĂ©.

Je n’en dirai pas plus sur ce thĂšme car il ne s’agit pas d’un crime dans le milieu nudiste breton, le plongeur Ă©tant un ancien marin de combat recyclĂ© en pĂ©cheur. Mais d’ailleurs, qui aurait bien voulu le tuer ? La gendarmerie dans un premier temps, avec l’accord d’un juge d’instruction peu stimulĂ© en pĂ©riode estivale, va se contenter d’un pĂ©cheur qui avait un diffĂ©rent avec lui
 Un coupable idĂ©al mais qui va s’avĂ©rer soutenu par les habitants de Locmaria, enfin, une partie des habitants


Parmi ceux qui vont le soutenir, on va trouver Cathie et Yann, le couple que l’on suit rĂ©guliĂšrement dans ce cosy mystery. Oui, Cathie n’est pas une policiĂšre ni une enquĂȘtrice professionnelle privĂ©e, c’est une simple restauratrice, celle qui a créé et qui gĂšre Bretzel & Beurre salĂ©, le lieu oĂč l’on peut dĂ©guster quelques produits alsaciens peu rĂ©pandus en Bretagne du sud


Comme il y a Ă©normĂ©ment d’élĂ©ments dans cette histoire, mĂȘme en voulant rĂ©sumer, il faudrait beaucoup plus que cette chronique avec le risque de divulgĂącher ce qui a Ă©tĂ© construit par les romanciers pour vous tenir en haleine
 Donc, parlons plutĂŽt des thĂšmes rencontrĂ©s : l’amitiĂ©, l’amour, la haine, la violence faite aux femmes, les traditions musicales et gastronomiques, l’administration, la pĂȘche aux ormeaux, les homards, la politique locale, la corruption, la faiblesse de certains, la vie familiale


En fait, ce roman parle d’abord de la vie tout simplement et, donc, de trĂšs nombreux sujets. Cathie est mĂȘme obligĂ©e d’aller mener son enquĂȘte jusqu’en Provence
 Comme quoi on ne parle pas ici que de la Bretagne et de l’Alsace !

Une sĂ©rie plaisante Ă  lire, parfaitement adaptĂ©e Ă  la lecture sur le sable aprĂšs avoir nagĂ© dans l’ocĂ©an (et il n’est pas froid en Bretagne ! Non mais
). Le dernier volume est Ă  la hauteur de la sĂ©rie et mĂȘme si les romans peuvent se lire et comprendre dans le dĂ©sordre, il vaut mieux les lire dans l’ordre pour certains Ă©lĂ©ments de la vie des personnages du village ! TrĂšs bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
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15/08/2026 @ 09:12:16
Samedi 15 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et je vous propose aujourd’hui d’ouvrir un ouvrage atypique qui avait fait partie de la sĂ©lection du Pop Women festival 2026, Ă  Reims dĂ©but mars. Atypique par le thĂšme, les auteurs, la forme, la prĂ©sentation


Atypique d’abord car il s’agit d’une enquĂȘte sociologique, sexuelle, humaine, avec des Ă©lĂ©ments scientifiques de qualitĂ©. Quiconque lira cet ouvrage apprendra un certain nombre de choses dont certaines importantes pour sa propre vie, sa comprĂ©hension de la sociĂ©tĂ© et mĂȘme pour briller en sociĂ©tĂ© (bon, lĂ , c’est juste pour sourire un peu !).

La validation sur le fond vient de Titiou Lecoq, Ă  l’origine de cet ouvrage. Elle voulait « faire un point de situation » sur l’amour hĂ©tĂ©rosexuel aprĂšs le #MeToo. Mais, elle sentait bien que si elle Ă©crivait seule les textes cela n’aurait aucune valeur scientifique ou gĂ©nĂ©rale. Il fallait donc trouver de l’aide, aide qu’elle a trouvĂ© avec StĂ©phane Jourdain, journaliste et Ă©crivain (Les contraceptĂ©s, L’arnaque des nouveaux pĂšres) ; RenĂ©e Greusard, journaliste, autrice de podcasts sur la femme, la mĂšre, l’hĂ©tĂ©rosexualitĂ©, les enfants
 ; Guillaume Daudin, journaliste et chercheur, spĂ©cialiste de la contraception masculine et de la parentalitĂ©. Ces journalistes ont Ă©tĂ© Ă©paulĂ©s par des experts : Marie Bergström, Marie-Carmen Garcia, Florence Maillochon, Emanuelle Santelli et CĂ©cile ThomĂ©. L’équipe de fond Ă©tait en place, il ne restait plus qu’à trouver des dessinateurs puisque chaque sujet serait traitĂ© sous forme d’un rĂ©cit en bĂ©dé 

Donc, cela étant posé, on trouvera au dessin les auteurs suivants : Aurélia Aurita, Cati Baur, Léonie Bischoff, Bobika, Boulet, Nathalie Nourigat, Marie Dubois, Léa Lybre, Tess Kinski, Salomé Lahoche, Magali Le Huche, Carole Lobel, Claire Malissen, Alessandro Pignochi, Catel, Claire Roquigny, Pierre Thyss, Fabien Toulmé et Quentin Zuttion


Je sais, cela dresse un peu un inventaire sec mais c’est obligatoire pour vous faire comprendre que ce livre est bien atypique car on ne peut pas comparer le travail graphique des uns et des autres. Ils sont globalement savoureux mais chacun aborde Ă  sa façon les choses
 et j’ai mes petits prĂ©fĂ©rĂ©s, bien sĂ»r
 mais vous ne le saurez pas aujourd’hui !

Car, j’ai encore Ă  parler des chapitres et ce n’est pas rien car cela donne le ton rĂ©el de cette enquĂȘte car c’en est bien une : Filles et garçons, amour en chantier, jungle des APPS, la violence dans le couple, le hasard, la baise aprĂšs #MeToo, la contraception, vivre Ă  deux, l’argent dans le couple, la charge Ă©motionnelle, la fidĂ©litĂ©, la mort de l’amour, la sĂ©paration, la durĂ©e, la rĂ©invention du couple


Finalement, ce livre est Ă  lire en prenant son temps, les chapitres sont Ă  ĂȘtre intĂ©grĂ©s dans nos vies, Ă  prendre comme des Ă©clairages, des aides, des comprĂ©hensions des autres et c’est passionnant ! Donc, trĂšs bonne lecture !!!

Shelton
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16/08/2026 @ 07:19:27
Dimanche 16 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et aujourd’hui ce sera devoir de vacances sur l’Histoire. Non, pas devoir de vacances, plutĂŽt petite rĂ©vision ludique sur les personnages historiques et ce que l’on croit savoir d’eux
 Le concept utilisĂ© par les Ă©ditions First est simple : demander Ă  des spĂ©cialistes de rectifier la vĂ©rité  Le volume dont je veux vous parler a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par La revue Historia qui a fait plancher ses rĂ©dacteurs sur les idĂ©es reçues sur les grands personnages de l’Histoire et leur Ă©poque
 certes, l’Histoire ne se rĂ©sume pas avec les soi-disant grands personnages mais si en plus vous profĂ©rez n’importe quoi sur eux on termine trĂšs loin de la vĂ©rité 

Pourtant, ces idĂ©es reçues viennent de trĂšs loin, on les retrouve dans l’imaginaire collectif et, parfois, elles sont mĂȘmes portĂ©es par l’école, les livres et certains experts
 Des exemples ? Allez quelques-uns pour la route : Charles VII a tentĂ© de sauver Jeanne d’Arc, Jules Vernes n’a jamais voyagĂ©, Calvin a soutenu les idĂ©es de Luther, HĂ©loĂŻse et AbĂ©lard ont connu un amour platonique
 et comme le livre en contient 150 je vais arrĂȘter ce catalogue Ă  la PrĂ©vert


Ce qui est intĂ©ressant dans ce livre ce n’est pas tant la question que la rĂ©ponse car, parfois, l’idĂ©e reçue est assez proche de la vĂ©ritĂ© et c’est cette petite marge qui permet d’arriver Ă  la vĂ©ritĂ© sur la question. LĂ  encore, quand on dit vĂ©ritĂ©, il s’agit d’ĂȘtre prudent car c’est vĂ©ritĂ© dans l’état des connaissances et on n’est pas l’abri de documents qui pourraient enrichir la rĂ©ponse voir contredire la rĂ©ponse du moment


Parfois, on peut discuter la rĂ©ponse apportĂ©e par la revue Historia comme c’est le cas sur la fidĂ©litĂ© supposĂ©e ou pas d’AliĂ©nor avec Louis VII. La vision de Laurent VissiĂšre semble catĂ©gorique : AliĂ©nor ne fut pas une Ă©pouse fidĂšle. Dans le texte de la rĂ©ponse on trouve surtout des Ă©lĂ©ments de suspicion d’infidĂ©litĂ© et suspicion ne veut pas dire infidĂ©litĂ© certaine. De trĂšs nombreuses biographies consacrĂ©es Ă  AliĂ©nor d’Aquitaine la prĂ©sentent comme une femme du Sud, cultivĂ©e et trĂšs sociable, mais pour le reste il n’y a pas d’élĂ©ments probants dĂ©finitifs. Qu’elle ne se soit pas entendue avec son Ă©poux Louis VII, c’est une certitude mais qu’elle l’ait trompĂ© avec un tel ou un tel ce n’est que supposition
 enfin, la liaison avec son oncle durant la croisade n’est probablement que rumeur malveillante


Le classement des idĂ©es reçues par thĂšme est judicieux, les rĂ©ponses synthĂ©tiques et claires permettent une lecture agrĂ©able et c’est un livre qui n’a pas vocation Ă  ĂȘtre lu d’un bout Ă  l’autre, on peut le poser sur sa table de nuit et en lire une Ă  trois questions chaque soir
 Parfois, on aura besoin de rĂ©ponses plus solides par attrait du personnages ou approfondissement indispensable ou complexitĂ© de l’affirmation et c’est lĂ  qu’il faudra trouver une lecture complĂ©mentaire
 et comme l’étĂ© c’est fait pour lire trĂšs bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
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17/08/2026 @ 08:25:33
Lundi 17 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et aussi c’est une belle occasion pour prendre un peu de recul et regarder ce que nous vivons avec luciditĂ©. Il y a, bien sĂ»r, la vie personnelle et c’est capital de ne jamais l’oublier. Puis il y a l’évolution de notre planĂšte et avouons que cet Ă©tĂ© il a Ă©tĂ© impossible de l’oublier, oui, le rĂ©chauffement climatique est bien lĂ  et ses consĂ©quences sont lourdes. A l’heure oĂč j’écris cette chronique on n’est pas capable d’évaluer la sĂ©cheresse en France en ce moment mais tous les indicateurs semblent au rouge
 Enfin, il y a la politique avec une Ă©lection prĂ©sidentielle qui approche Ă  grands pas. Dans un an, pour ĂȘtre concret, il y aura bien en France, une remplaçante ou un remplaçant d’Emmanuel Macron qui siĂšgera Ă  l’ElysĂ©e. C’est une certitude et si ce n’était pas le cas, ce serait encore pire car cela signifierait une crise de rĂ©gime


Alors, revenons Ă  cette Ă©lection prĂ©sidentielle et mon Ă©tonnement est assez grand devant la situation prĂ©sente. Tout le monde semble acter que le Rassemblement National va l’emporter. Pendant de longues semaines, on ne savait pas exactement qui gagnerait entre Marine Le Pen et Jordan Bardella mais il semblerait maintenant certain que ce soit Marine malgrĂ© sa condamnation par la justice
 Les choses sont actĂ©es et les autres partis tentent juste d’exister avec des candidatures qui se multiplient Ă  l’infini confortant ainsi la victoire du RN


Je ne vais pas ici vous donner des consignes de vote mais plutĂŽt, parce que l’étĂ© c’est fait pour lire, vous inviter Ă  quelques lectures Ă©clairantes et judicieuses. La premiĂšre est simple mĂȘme si le titre va en Ă©nerver quelques-uns
 Oui, n’oublions pas que le RN vient bien de l’ExtrĂȘme droite, mĂȘme s’il s’en dĂ©fend rĂ©guliĂšrement, et l’histoire de cette mouvance regorge d’élĂ©ments concrets qui le prouvent de façon indiscutable. Alors, reprenons le chemin de l’histoire


Baptiste Roger-Lacan vient de diriger une Nouvelle Histoire de l’ExtrĂȘme Droite, France 1780-2025. AccompagnĂ© de nombreux experts et spĂ©cialistes de la question, ils partent de la pĂ©riode rĂ©volutionnaire et vont jusqu’à nos jours en abordant toutes les pĂ©riodes clefs de cette mouvance politique. On peut en fin de lecture se dire qu’il s’agit mĂȘme d’un ensemble de mouvances et que l’extrĂȘme droite ne parle pas d’une voix unique


On va donc revivre quelques Ă©vĂšnements comme l’échec du retour Ă  la monarchie avec le comte de Chambord ce qui permet de parler du monarchisme, du lĂ©gitimisme
 On va se pencher de façon assez fine sur la dĂ©mission de GrĂ©vy, le boulangisme, l’antidreyfusisme, Dumont et Maurras, ensemble de pensĂ©es et d’actions qui a laissĂ© de nombreuses traces aujourd’hui
 Puis, on aura Vichy, Indochine et AlgĂ©rie, le Front national, le Rassemblement National


On mesurera ainsi que l’extrĂȘme droite sans jamais s’unifier au sens politique du terme Ă  survĂ©cu Ă  chacune de ses crises en agglomĂ©rant certains aspects doctrinaux, certaines mĂ©thodes d’actions et recyclant certains personnages
 L’extrĂȘme droite d’aujourd’hui n’est pas Drumont, Maurras ou PĂ©tain
 mais elle n’a pas rompu avec eux de façon radicale ! Un trĂšs bon livre qui a Ă©tĂ© agrĂ©able Ă  lire d’autant plus que pour chaque chapitre on trouve une liste d’ouvrages pour aller plus loin dans la rĂ©flexion ! Alors, trĂšs bonne lecture et n’oubliez pas que ces prĂ©sidentielles existentielles se rapprochent Ă  grande vitesse !

Shelton
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18/08/2026 @ 09:29:04
Mardi 18 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et, parfois, j’aime me plonger dans des romans policiers anciens, pas par attrait du « vintage » mais parce ces romans sont ceux que ma mĂšre lisait et c’est aussi une façon de se souvenir et d’entretenir un lien intergĂ©nĂ©rationnel
 C’est une forme de nostalgie paisible et non dĂ©pressive. C’est ainsi que j’ai dĂ©cidĂ© de relire une ou deux enquĂȘtes menĂ©es par le frĂšre Boileau.

Le premier roman de cette sĂ©rie (20 romans au total) est paru en 1956 et il a Ă©tĂ© saluĂ© par la critique instantanĂ©ment. L’auteur, Jacques Ouvrard, est en rĂ©alitĂ© un religieux qui a Ă©tĂ© appelĂ© Ă  la direction du PĂšlerin en 1935, magazine dont il tiendra le poste de rĂ©dacteur en chef durant 38 ans. C’est Albert PĂ©gasse, fondateur du Masque, qui lui demande d’écrire un roman policier. Il va se prendre au jeu et il construit un hĂ©ros qui lui ressemble un peu
 Enfin, c’est un religieux.

Soyons trĂšs prĂ©cis, les religieux sont assez nombreux dans le monde du polar et le frĂšre Boileau n’est ni le premier ni le dernier
 un des plus ancien est le PĂšre Brown de G. K. Chesterton (1911) mais plus rĂ©cemment on a Sydney Chambers de James Runcie (2012) sans oublier une religieuse, sƓur Fidelma de Peter Tremayne (2004). Avec le premier volume de la sĂ©rie, L’assassin est dans le couvent, on est plongĂ© dans l’ambiance d’un couvent un peu particulier car il y a de trĂšs nombreux moines qui sont en fait des Ă©tudiants en thĂ©ologie. Ce qui est amusant pour le lecteur d’aujourd’hui c’est que le frĂšre Boileau pose comme postulat qu’un religieux n’est pas capable de tuer et que le supĂ©rieur de ce couvent estime que fumer est un pĂ©chĂ© captal, voire pire encore !

Avant d’en arriver au thĂšme de cette premiĂšre intrigue policiĂšre, deux prĂ©cisions encore. La premiĂšre est que notre trĂšs cher FrĂšre Boileau ne connait pas, c’est assez normal compte-tenu de sa date d’écriture, la police scientifique. On n’a donc pas d’analyse trop poussĂ©es, ni d’ADN pour un oui ou un non. Ici, il y a l’observation, la rĂ©flexion, les synthĂšses sur papier
 Bref, un bon polar Ă  l’ancienne ! La seconde prĂ©cision vient du fait que l’auteur, Jacques Ouvrard, est savoyard et donc, rĂ©guliĂšrement il parsĂšme son roman de petits clins d’Ɠil ou de mots d’amour Ă  sa rĂ©gion
 Dans ce premier tome, le FrĂšre Boileau quittera son couvent pour les besoins de l’enquĂȘte en passant quelques jours en Savoie
 Mais seulement pour faire avancer l’enquĂȘte !

EnquĂȘte ? Oui, il faut quand mĂȘme vous le dire, un frĂšre est assassinĂ© au couvent. Le supĂ©rieur n’en revient pas et demande Ă  FrĂšre Boileau son avis
 Pourquoi au FrĂšre Boileau
 Vous le dĂ©couvrirez dans ce premier volume de la sĂ©rie, je garde provisoirement le secret !

A lire, au moins par curiositĂ© mais aussi pour le plaisir des enquĂȘtes oĂč la rĂ©flexion compte plus que l’action
 Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, trĂšs bonne lecture !

Shelton
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19/08/2026 @ 08:37:30
Mercredi 19 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et, parfois, les lectures et nos haltes et visites estivales peuvent avoir quelques points communs
 Robert Merle est un grand romancier populaire qui a Ă©crit une saga historique pour raconter la France au dĂ©but de l’ùre moderne, c’est-Ă -dire au moment des conflits religieux et des tensions entre rĂ©gions et pouvoir central. Un personnage important, Pierre de Siorac, a Ă©tĂ© inspirĂ© d’un acteur rĂ©el de notre histoire, Louis d’Arpajon. Lors de notre pĂ©riple vers le sud, la douce rĂ©gion albigeoise, nous avons fait escale Ă  SĂ©verac-le-ChĂąteau, lieu ou Louis d’Arpajon s’était installĂ© et avait amĂ©liorĂ©, c’est le moins que l’on puisse dire, un chĂąteau plus ancien
 Nous n’allons pas relire La fortune de France pour autant mais nous allons profiter de cette escale pour resituer quelques Ă©lĂ©ments de notre histoire


La lutte fĂ©roce que se livraient Catholiques et Huguenots prenait, selon les rĂ©gions, des aspects plus ou moins cruels et parfois terribles. Il n’était pas rare que certains abjurassent leur foi pour des raisons mercantiles ou de lutte de pouvoir qui n’affectait en rien leur foi profonde. Jean d’Arpajon, Ă©levĂ© dans le calvinisme a, ainsi, abjurĂ© sa foi rĂ©formĂ©e pour devenir catholique et son fils Louis a ainsi Ă©tĂ© Ă©levĂ© dans la fidĂ©litĂ© Ă  Rome et au roi de France et s’est mĂȘme illustrĂ© dans certains combats contre les RĂ©formĂ©s, s’attirant le soutien royal (et tout ce qui pouvait en dĂ©couler en aisance matĂ©rielle !).

Le chĂąteau de SĂ©verac est actuellement en ruines, il n’y a pas d’autres mots, car il a subi deux fois le feu et a Ă©tĂ© vendu Ă  un entrepreneur pour les pierres. Aujourd’hui, il connait quelques travaux de restauration, sert de lieu d’exposition et de « salle de spectacle ». Bref, alors qu’il a beaucoup souffert, il vit encore et rien que cela redonne un peu le moral au visiteur
 Le point nĂ©gatif est que si vous ne pouvez pas bĂ©nĂ©ficier d’une visite guidĂ©e, il n’y a que trop peu d’explications pour le visiteur solitaire


Le chĂąteau a Ă©tĂ© acquis par la ville de SĂ©verac en 1966 et cela explique aussi les moyens financiers limitĂ©s de la rĂ©novation. En revanche, la volontĂ© d’animer chĂąteau et ville ancienne est forte et cela explique les 40 000 visiteurs annuels
 avec probablement quelques nostalgiques et amateurs de la sĂ©rie de Robert Merle ! N’oublions pas que cette sĂ©rie comporte 13 volumes
 Les ouvrages sur Louis d’Arpajon ne sont pas trĂšs nombreux mais on peut citer une Ă©tude locale, Louis, duc d’Arpajon, Seigneur de SĂ©verac et grand du royaume, production de la sociĂ©tĂ© des lettres, sciences et arts de l’Aveyron, ainsi qu’une monographie, Louis duc d’Arpajon, aux Ă©ditions Lacour
 et comme l’étĂ© c’est fait pour lire, voilĂ  une belle sĂ©rie d’idĂ©es pour votre lecture estivale (surtout si vous faites escale Ă  SĂ©verac-le-ChĂąteau !). TrĂšs bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
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20/08/2026 @ 10:15:04
Jeudi 20 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et parfois il ne faut pas grand-chose pour que je choisisse un ouvrage pour vous le prĂ©senter. J’aime beaucoup la collection des « Dictionnaires amoureux » et la mythologie n’est pas mon sujet prĂ©fĂ©rĂ©. Mais, car il y a bien un « mais », il m’a suffi de lire le « en guise d’introduction » de Jacques LacarriĂšre pour dĂ©cider de vous parler de son dictionnaire amoureux de la mythologie
 PlutĂŽt qu’un long discours j’ai dĂ©cidĂ© de vous en livrer quelques lignes rĂ©vĂ©latrices pour introduire son travail :

« La mythologie Ă©tait l’antidote Ă  tout ce qu’on m’enseignait par ailleurs. Dans la vie, on ne fait pas ce qu’on veut, me rĂ©pĂ©tait-on. Les dieux grecs, eux, le faisaient ! Dans la vie, il ne faut pas rĂȘver. Les dieux grecs, eux, adoraient les rĂȘveries. Dans la vie, il ne faut pas trop penser aux choses de l’amour. Les dieux grecs, eux, ne pensaient qu’à ça ! C’est bien simple, ils y passaient l’essentiel de leur temps ! D’ailleurs, j’ai toujours Ă©tĂ© Ă©tonnĂ© que les inspecteurs de l’Education nationale ne se soient jamais rendu compte du caractĂšre libertaire et subversif de cette mythologie. »

Et ce qui est vrai pour la mythologie l’est aussi pour une grande partie de la littĂ©rature (française en particulier pour rester dans un domaine que je connais). Alors, on peut s’interroger sur ces Ɠuvres (je cite pour illustrer mon propos Rabelais, Villon, Sade, Flaubert, Baudelaire
) et cette mythologie, grecque en particulier. Ces rĂ©cits ne seraient-ils pas lĂ  pour nous distraire, nous dĂ©tourner de la rigueur que l’on nous impose, pour nous donner l’illusion d’une vie plus agrĂ©able que la rĂ©elle ? Vivez la libertĂ© de l’amour dans les livres et mariez-vous, faites des enfants et obĂ©issez sans broncher dans la vie rĂ©elle !

Alors, bien sĂ»r, une fois posĂ©es ces rĂ©flexions prĂ©alables, on va dĂ©couvrir (ou voir sous un jour nouveau) un certain nombre de thĂšmes (immortalitĂ©, paradis, la terre
), de personnages ou dieux (Zeus, Eros, Electre, Antigone, ƒdipe, Sophocle
) et quelques petits Ă  cĂŽtĂ©s qui font parfois rĂȘver un peu (Ambroisie, Ăąge d’or, nectar, olympe, jugement des Ăąmes
). Il arrive au dĂ©tour d’un choix de l’auteur que l’on se dise que l’on aurait prĂ©sentĂ© les choses diffĂ©remment mais ce n’est que la preuve que chacun de nous a bien le droit de s’approprier la mythologie Ă  sa guise que l’on y croie ou pas
 Oui, on peut mĂȘme s’interroger de façon pertinente sur le fait de savoir si les Grecs y croyaient eux-mĂȘmes ? AprĂšs tout, vous y croiriez Ă  une histoire pareille ? Le mĂȘme questionnement existe d’ailleurs pour toutes les religions et les rĂ©cits dits fondateurs
 On peut y croire
 ou pas !

Mais au-delĂ  des apparences crĂ©dibles ou pas, ces mythologies (car il n’y a pas que la grecque) mĂ©ritent d’ĂȘtre prises comme des raisonnements tenus par les gĂ©nĂ©rations qui nous ont prĂ©cĂ©dĂ©s et qui peuvent nous aider Ă  construire nos propres cheminements dans la vie : pourquoi suis-je lĂ , Ă  quoi ça sert de vivre, pourquoi vivre alors que l’on est certain de mourir un jour, quel sens donner Ă  tout cela
 ?

Dans ce cadre-lĂ , l’ouvrage de Jacques LacarriĂšre est un bon livre estival qui pousse Ă  rĂ©flĂ©chir (si on en a envie) et qui permet aussi de devenir beaucoup plus ouvert Ă  la mythologie, son sens et son utilitĂ© ! Alors, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire, trĂšs bonne lecture !

Shelton
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21/08/2026 @ 08:42:38
Vendredi 21 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et, aussi, relire. Dans mes recherches sur les enquĂȘteurs policiers de la fiction, je me suis interrogĂ© sur un personnage que l’on connait tous et qui est assez difficile Ă  cerner et classer, ArsĂšne Lupin. ArsĂšne est-il un enquĂȘteur ou seulement un acteur de dĂ©lits divers ? C’est une question importante qui concerne aussi des personnages comme le Baron ou le Saint


ArsĂšne Lupin est nĂ© en 1907 sous la plume de Maurice Leblanc, un Ă©crivain qui rĂȘvait d’écrire des grands romans classiques mais qui Ă  force d’échec rĂ©pĂ©tĂ©s s’est retrouvĂ© auteur de romans populaires Ă  succĂšs. Cette situation l’a fait souffrir mais ses livres ont alors enchantĂ© un grand nombre de lecteurs. J’ai dĂ©couvert les aventures d’ArsĂšne Lupin chez mon oncle et parrain et il m’a offert mon premier titre, Le Bouchon de cristal (1912).

Souvent quand on parle d’ArsĂšne Lupin, on utilise ces expressions : roi des voleurs, gentleman cambrioleur, intelligence hors normes, enquĂȘteurs brillantissime, homme qui sait prendre toutes les apparences et sait se grimer mieux que tous, lupin l’homme aux mille noms, grand amoureux, cƓur tendre toujours disponible
 et je ne vais pas toutes vous les citer car chaque lecteur dĂ©finit Ă  sa façon le personnage
 Ce qui m’étonnait jeune c’est que Lupin Ă©tait quand mĂȘme un voleur et qu’il appliquait les lois en sa faveur
 Alors, le donner en lecture aux jeunes et d’une certaine façon en faire un exemple, je trouvais cela assez suspect. En grandissant et relisant rĂ©guliĂšrement la sĂ©rie romanesque, j’ai trouvĂ© chez Lupin un homme proche de l’anarchisme, un contradicteur du capitalisme naissant, un homme qui dĂ©testait l’injustice tout en voulant rendre la sienne et un homme finalement assez respectueux des femmes. Attention, je n’en fais pas un fĂ©ministe mais il considĂšre bien les femmes comme des personnes libres et Ă©gales aux hommes
 Pour moi, j’ai vu en lui un enquĂȘteur brillant capable de trouver la vĂ©ritĂ© plus rapidement que les plus grands inspecteurs et commissaires de la police


Pour illustrer mon propos, je vous propose de lire ou relire Les huit coups de l’horloge (1922), un recueil de huit nouvelles. Ici, le prince Serge RĂ©nine (alias ArsĂšne Lupin) dĂ©cide de rĂ©soudre huit Ă©nigmes pour distraire Hortense Daniel (et aussi la sĂ©duire). Pour chaque nouvelle, il se comporte comme un enquĂȘteur et cela fonctionne plutĂŽt trĂšs bien. Pour ceux qui n’ont jamais lu d’ArsĂšne Lupin, prĂ©cisons quand mĂȘme qu’à cette Ă©poque il n’y avait pas de police scientifique, non, ni test ADN, ni autre analyse poussĂ©e de scĂšne de crime. La solution est donc bien dans la tĂȘte de RĂ©nine. Ne cherchez pas non plus Ă  deviner plus vite que lui car vous n’avez pas les mĂȘmes cartes en main
 Oui, Maurice Leblanc ne s’inscrit pas dans la lignĂ©e de Van Dine et des vingt rĂšgles qu’il Ă©dictera en 1928 ! Ici, l’auteur a carte blanche totale ! Un vrai bonheur de lecteur et comme l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture !

Shelton
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22/08/2026 @ 08:52:43
Samedi 22 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et quand on parle de livres pour la jeunesse, il faut distinguer quelques catĂ©gories. Par exemple, les premiĂšres lectures, des livres qui utilisent un vocabulaire spĂ©cifique, limitĂ© mais de qualitĂ©, tout cela pour donner une chance aux jeunes de venir Ă  bout seuls de cette histoire et, les adultes ne devront pas ĂȘtre surpris du manque Ă©ventuel de dĂ©veloppement philosophique
 Il y a aussi les documentaires adaptĂ©s Ă  chaque tranche d’ñge, ouvrages dont la durĂ©e de vie peut ĂȘtre assez courte en fonction des dĂ©couvertes scientifiques, gĂ©ographiques, technologiques
 Mais il y a aussi des livres plus poĂ©tiques, plus magiques et accompagnĂ©s de dessins artistiques
 C’est l’un d’eux que j’ai choisi de vous prĂ©senter aujourd’hui !

Anne Herbauts est l’autrice talentueuse et fascinante d’un magnifique album, « Que fait la lune, la nuit ? », un ouvrage Ă  lire et aussi Ă  garder dans sa bibliothĂšque mĂȘme quand on n’est plus un enfant ! Ici, vous ne saurez rien de trĂšs prĂ©cis sur la lune en tant que satellite de la Terre. Pas de chiffre, pas d’élĂ©ment scientifique, pas d’explication sur les Ă©clipses lune-soleil
 et, pourtant, on parle du jour et de la nuit, des Ă©toiles, de la voie lactĂ©e, de la rosĂ©e, des rĂȘves, des cauchemars, de la brume au petit matin
 Bref, on parle de tout ce que l’enfant voit de la lune sans le noyer dans des dĂ©tails trop pointus.

Chaque thĂšme est prĂ©sentĂ© par une phrase simple mais poĂ©tique, chantante, et d’un dessin reprĂ©sentatif du style d’Anne Herbauts. Comment le dĂ©finir ? LĂ , c’est plus compliquĂ© mais ce que l’on peut affirmer c’est qu’Anne Herbauts est une vĂ©ritable artiste peintre et qu’illustrer, pour elle, n’est pas simplement de faire un petit dessin en couleur, c’est crĂ©er une Ɠuvre artistique au sens plein du terme. Du coup, chaque page peut ĂȘtre lue puis regardĂ©e et admirĂ©e (mais on peut faire l’inverse !). Cet album sur la lune est sorti il y a trĂšs longtemps, en 1998, quand elle avait juste 23 ans ce qui montre aussi sa prĂ©cocitĂ©. Il a reçu de nombreux prix et il n’a pas vieilli ce qui prouve que la qualitĂ© ne prend que trĂšs rarement des rides


Quand elle parle de son travail – j’ai eu l’occasion de l’interviewer plusieurs fois – elle explique que, pour elle, un album nĂ©cessite une « Ă©criture » particuliĂšre : ce n’est pas un texte que l’on illustre, ce n’est pas un ensemble de peintures ou dessins que l’on accompagne d’un texte, c’est plutĂŽt un objet que l’on fabrique par assemblage de page, que l’on modifie plusieurs fois, pour lequel on a choisit un format (choix qui peut ĂȘtre aussi celui de la collection) et le rĂ©sultat est un tout que l’on tient dans ses mains, que l’on peut lire, regarder, contempler


C’est ce que je vous propose de faire avec ce remarquable album sur la lune et si vous ĂȘtes sensibles et touchĂ©s par la patte Herbauts, n’hĂ©sitez pas Ă  lire avec dĂ©lectation son Alice au pays des merveilles avec une traduction de Lewis Carroll par sa sƓur Isabelle Herbauts
 de tout beautĂ© !

Alors comme l’étĂ© c’est fait pour lire, trĂšs bonne lecture !

Shelton
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23/08/2026 @ 08:04:14
Dimanche 23 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et j’adore lors de certaines lectures apprendre un mot que je ne connaissais pas ou que j’avais oubliĂ© dans les mĂ©andres de ma mĂ©moire. Cet Ă©tĂ©, j’ai trouvĂ© le mot « palimpseste » et il m’a fallu en chercher le sens car le contexte n’a pas suffi Ă  m’éclairer


J’ai donc cherchĂ© et trouvĂ© : un palimpseste est un manuscrit Ă©crit sur un parchemin qui a Ă©tĂ© dĂ©jĂ  utilisĂ©. En clair c’est typiquement un produit pour aujourd’hui, Ă©colo et bon marchĂ©, un produit de recyclage. On utilise une deuxiĂšme fois (voire une troisiĂšme) un parchemin, produit cher provenant de la nature, et on Ă©conomise son argent en prenant soin de la ressource disponible
 Certains me diront que mon raisonnement est un peu capillotractĂ© (et ce n’est que vĂ©ritĂ©) mais c’est amusant d’inclure dans son vocabulaire un nouveau mot en lui donnant un sens contemporain.

On trouve dans l’histoire quelques palimpsestes cĂ©lĂšbres et sans en dresser la liste exhaustive je voulais quand mĂȘme parler de celui qui porte le nom d’ArchimĂšde. En effet, c’est au XIII° siĂšcle que l’on a utilisĂ© un manuscrit couvert de textes d’ArchimĂšde pour le transformer en livre de priĂšres. Intention louable sous l’angle religieux mais qui faisait disparaitre une des derniĂšres copies d’un traitĂ© sur les volumes de plusieurs formes gĂ©omĂ©triques (sphĂšre, cĂŽne et cylindre). Plus tard, au XIX siĂšcle, on dĂ©couvrit le palimpseste, le texte d’ArchimĂšde, la qualitĂ© du scientifique de Syracuse et c’est trĂšs bien pour l’histoire des sciences. Pour la petite histoire l’aventure continue car le palimpseste va disparaitre puis sera retrouvé  Vol, perte, oubli
 on ne sait pas exactement mais depuis 1996 on ne le perd plus de vue !

En archĂ©ologie Ă©gyptienne, un palimpseste prend un sens particulier car le pharaon pouvait modifier le cartouche du prĂ©cĂ©dant et, ainsi, modifier le regard sur le rĂšgne de ce pharaon. Mais c’est finalement une action assez rĂ©pandue dans l’histoire. En effet, les surnoms des personnages historiques ont souvent Ă©tĂ© donnĂ©s, attribuĂ©s ou modifiĂ©s post mortem sans qu’il soit nĂ©cessaire de rĂ©aliser un palimpseste sur sa tombe
 Certes, Henri de Guise Ă©tait nommĂ© le BalafrĂ© de son vivant (mais pas devant lui). Il faut dire que sa blessure au visage Ă  la bataille de Dormans Ă©tait une marque de courage et le surnom Ă©tait le mĂȘme que celui donnĂ© Ă  son pĂšre, lui-aussi blessĂ© et marquĂ© d’une large entaille Ă  la joue. Mais beaucoup de rois de France, par exemple, n’eurent leur surnom qu’aprĂšs leur dĂ©cĂšs


Passons donc Ă  quelques pistes de lecture car je suppose que le dictionnaire Robert ne vous accompagnera pas trop Ă  la plage (et pourtant, un excellent livre). On peut, pour l’archĂ©ologie Ă©gyptienne se plonger avec dĂ©lices dans le dictionnaire amoureux de l’Egypte de Robert SolĂ© (mĂȘme s’il n’y a pas une entrĂ©e spĂ©cifique palimpseste). Pour les surnoms de l’histoire, livre curieux, amusant et Ă©rudit, je vous propose « Les surnoms les plus cĂ©lĂšbres de l’Histoire » de Daniel Lacotte


Et comme l’étĂ© c’est fait pour lire, trĂšs bonne lecture !

Shelton
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24/08/2026 @ 08:13:02
Lundi 24 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et cela fait bien longtemps que je lis avec beaucoup de plaisir les ouvrages dits « jeunesse » d’Yvan Pommaux. Sa sĂ©rie de bandes dessinĂ©es « Marion Duval » a participĂ© Ă  sa notoriĂ©tĂ© – 29 albums parus mais tous dessinĂ©s par Yvan Pommaux – mais on peut aussi avoir apprĂ©ciĂ©, en 1994, la naissance d’un personnage atypique, le dĂ©tective John Chatterton. Mais, lĂ , attention, il n’y eut que quatre parutions dont la derniĂšre trĂšs rĂ©cemment, en 2025. C’est cet album, L’amour a bien des mystĂšres, dont je vais vous entretenir aujourd’hui car j’ai beaucoup aimĂ© !

Commençons par la forme de cet ouvrage : c’est un album jeunesse, le quatriĂšme des enquĂȘtes de John Chatterton, personnage qui est chat. Le format est celui d’un grand album jeunesse mais trĂšs vite on comprend bien que ce sera un rĂ©cit en bande dessinĂ©e
 enfin, pas tout Ă  fait sous les formes de la bĂ©dĂ© classique car les cases ne seront pas systĂ©matiquement fermĂ©es par un beau trait noir, parce qu’il y aura des dessins en libertĂ© sur certaines pages, parce que certaines planches seront tout simplement de grandes et magnifiques illustrations. Donc, de toute Ă©vidence, les maniaques de la BD ou de l’album illustrĂ© devront prendre sur eux, au moins au dĂ©part, avant de plonger dans l’histoire et d’ĂȘtre trĂšs rapidement pris par le talent narratif d’Yvan Pommaux.

Revenons-en Ă  l’histoire de façon un peu plus prĂ©cise. John vit Ă  Boidormant, dans la ville nouvelle sur la colline. Ce sont deux amis musiciens, Charlie le joueur de saxo et Tum-Tum le contrebassiste, qui dĂ©couvrent une lettre mystĂ©rieuse et dĂ©cident de lui apporter. Cette lettre est un appel au secours lancĂ© par Margarite Ă  son amie Katy


Sans se poser plus de question, notre dĂ©tective va se lancer dans l’aventure, trouver Katy et mettre une stratĂ©gie fine pour sauver Margarite, lui permettre d’aimer celui qu’elle aime, d’éviter l’action des deux mĂ©chants – les frĂšres Garou, Gilou et Milou – enfin, de prendre appui sur cette affaire pour construire la renommĂ©e de son agence
 et c’est une tout autre affaire !

Passons maintenant Ă  la bande son de cette histoire. En effet, la bĂ©dĂ© est un rĂ©cit sonore avec diffĂ©rents Ă©lĂ©ments pour entendre mieux cette petite musique narrative : onomatopĂ©es, idĂ©ogrammes et pictogrammes, petits dessins supplĂ©mentaires qui se promĂšnent ici ou lĂ  pour matĂ©rialiser bruits, musiques et sons divers
 Ici, le Jazz sera Ă  l’honneur car aprĂšs notre saxophoniste et notre contrebassiste, nous aurons l’arrivĂ©e d’une trompettiste
 Le jazz band va pouvoir se mettre Ă  l’Ɠuvre !

Et l’amour, me direz-vous ? On nous l’annonçait dans le titre et vous n’en parlez pas ! Oui, bien sĂ»r, mais il faut toujours laisser un peu de mystĂšre pour que le lecteur puisse se faire surprendre par l’auteur
 Non ?

Alors, trĂšs bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
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25/08/2026 @ 09:08:54
Mardi 25 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et comme tout holmĂ©sien qui se respecte j’aime lire et relire certaines nouvelles de Sir Arthur Conan Doyle. Oui, je ne m’en lasse pas
 mais, pour autant, j’aime aussi ces nombreux romans et nouvelles qui viennent prolonger encore la vie du hĂ©ros prĂ©fĂ©rĂ©, Sherlock Holmes. Je sais que pour certains il s’agirait seulement d’une affaire d’argent, gagner quelques droits d’auteurs sur le dos d’un auteur disparu en 1930. Mais pour beaucoup de ces auteurs, en fait, il s’agit de rendre un hommage, de prolonger la vie d’un hĂ©ros que l’on vĂ©nĂšre, de se donner l’impression de prolonger la vie de Sherlock et du docteur Watson
 Pour les lecteurs, et je sais de quoi je parle car j’en fais partie, il s’agit d’une part de faire en sorte que l’aventure ne se termine pas et, d’autre part, de combler quelques vides dans la biographie de notre hĂ©ros


Cet Ă©tĂ©, j’ai lu avec bonheur un recueil de nouvelles holmĂ©siennes qui sont toutes en rapport, plus ou moins fort, avec les nouvelles du canon holmĂ©sien : Sherlock Holmes et les ombres du passĂ©, d’un certain Thierry Niogret. Il s’agit d’un auteur qui aime le dĂ©tective de Conan Doyle et qui a dĂ©jĂ  beaucoup Ă©crit avec son hĂ©ros : Sherlock Holmes chez l’ImpĂ©ratrice, Le mystĂšre du diamant hindou, le secret des hommes barbus
 Mais les ombres du passĂ© est un recueil puissant en lien total avec des aventures que l’on a lues jadis avec bonheur : L’aventure du cercle rouge, l’aventure du pied du diable, l’illustre client, le chien des Baskerville ou la ligue des rouquins


On n’a pas l’impression que l’auteur fournisse des efforts dĂ©mentiels pour se glisser dans la peau du narrateur, il Ă©crit comme s’il Ă©tait le docteur Watson, tout simplement, comme s’il avait vĂ©cu lui-mĂȘme ces nouvelles aventures. Elles ne sont pas du mĂȘme niveau au niveau de l’intrigue policiĂšre elle-mĂȘme mais globalement on s’y croirait et j’ai mĂȘme beaucoup apprĂ©ciĂ©, en particulier, Le problĂšme des traces de pas au plafond et Le deuxiĂšme chien des Baskerville


En lisant ces nouvelles, en allant immĂ©diatement relire certains textes de Doyle, je me suis mĂȘme demandĂ© si le vĂ©ritable hĂ©ros de cette sĂ©rie n’était pas tout simplement ce bon docteur Watson, l’homme qui a la patience d’endurer toutes les sautes d’humeur de Sherlock Holmes, le seul qui semble avoir du recul sur les enquĂȘtes, le seul qui ne triche jamais avec nous et qui raconte avec modestie le travail de Sherlock
 de plus, il est bien le seul Ă  vouloir aider Sherlock Ă  ne pas sombrer dans la cocaĂŻne
 Bon, il n’a pas toujours beaucoup de succĂšs dans son travail de prĂ©vention mais il ne baisse jamais les bras


En tous cas, pour tous les fans de Sherlock Holmes, voilĂ  donc une bonne piste de lecture et on peut aussi durant tout l’étĂ© lire et relire sans cesse les textes du canon holmĂ©sien, soit 4 romans et 56 nouvelles !

Alors, trĂšs bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
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26/08/2026 @ 08:16:14
Mercredi 26 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et je suis toujours surpris de voir que l’album illustrĂ© a si peu de considĂ©ration dans notre culture. Pourtant, nous avons de trĂšs nombreux artistes qui rĂ©alisent un travail majestueux. Je pense Ă  Anne Herbauts, FrĂ©dĂ©ric Pillot, Christel EspiĂ©, Benjamin Rabier, Benjamin Lacombe, Gabrielle Vincent, Didier Jean et Zad
 et on pourrait continuer cette liste presque Ă  l’infini ! Pour certains, ces livres ne devraient pas s’encombrer de dessins, les textes suffisent
 Pour d’autres, les textes sont trop toujours trop longs et ils n’aiment pas ces albums illustrĂ©s avec des textes intĂ©graux


Aujourd’hui, petit focus sur une des grandes illustratrices du moment (un avis trĂšs subjectif, bien sĂ»r !) qui s’est fait remarquer trĂšs jeune en sortant de son Ă©cole Emile Cohl. Son premier succĂšs chez Sarbacane fut l’illustration de l’univers de Jorn Riel, grand auteur danois, dans « Le garçon qui voulait devenir un Être humain ». Mais elle ne s’arrĂȘte pas Ă  un auteur, un livre ou un univers. Elle rĂ©cidive avec talent pour une double illustration de Conan Doyle, deux nouvelles mettant en lumiĂšre le travail de Sherlock Holmes, puis l’illustration d’une aventure d’un personnage apprĂ©ciĂ© de beaucoup, Tom Sawyer, « Tom Sawyer dĂ©tective ».

Je vais donc, cela n’étonnera personne, me concentrer sur les deux nouvelles de Conan Doyle. Pour moi, le petit point nĂ©gatif, on l’évacue tout de suite pour passer au meilleur, c’est d’avoir choisi dans les deux nouvelles une des plus connues, Le ruban mouchetĂ©. J’aurais prĂ©fĂ©rĂ© que l’on prĂźt une des moins populaire, histoire de surprendre un peu le lecteur
 Mais, cela n’enlĂšve rien au talent de l’illustratrice. Pour ce qui est du texte, une version intĂ©grale des deux nouvelles avec une nouvelle traduction de Blandine Longre. Donc, pas de surprise, ceux qui connaissent ces nouvelles les reconnaitront bien, sans aucune difficultĂ©.

La qualitĂ© des illustrations fera de cet ouvrage une petite rĂ©ussite. Certes, il y aura bien des Ă©lĂ©ments directs de l’histoire, c’est incontournable pour ce genre littĂ©raire (oui je dis bien genre littĂ©raire, que ça plaise ou pas), mais il y aura aussi des illustrations d’ambiance pour plonger le lecteur dans un univers holmĂ©sien, je pense en particulier Ă  ces vues de Londres, et, enfin, des petits dessins d’accompagnement pour mettre en valeur un petit objet ou un accessoire vestimentaire
 Bref, l’illustration ne raconte pas l’histoire, elle la complĂšte, l’enrichit et met l’accent sur un point ou un autre
 Et tout cela est fait avec talent !

Donc, pendant l’étĂ© (oui, c’est vrai l’étĂ© c’est fait pour lire), mais aussi tout le reste de l’annĂ©e, n’hĂ©sitez pas Ă  lire des albums illustrĂ©s, Ă  visiter certaines expositions de ces artistes souvent trop mĂ©connus, et choisissez toujours les versions avec texte intĂ©gral ! VoilĂ , c’est dit et je le pense sĂ©rieusement !

TrĂšs bonne lecture !

Shelton
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27/08/2026 @ 08:48:55
Jeudi 27 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et, heureusement, on a bien le droit de lire au-delĂ  de la fin de l’été  Ce sera certainement mon cas car j’ai dĂ©cidĂ© de relever un dĂ©fi, celui proposĂ© par un certain Antoine Volodine


Bon, commençons par dire ce que nous savons de ce dĂ©fi proposĂ©. Antoine Volodine a dĂ©cidĂ©, pour finir sa carriĂšre d’écrivain en beautĂ©, en force ou en performance, de proposer en l’espace de quelques jours un ensemble de 11 romans publiĂ©s chez 11 Ă©diteurs diffĂ©rents ! PlutĂŽt que d’inventer des commentaires avant lecture, je cĂšde la parole Ă  l’auteur lui-mĂȘme :

« SignĂ© par le collectif Infernus Iohannes, Retour au goudron est une performance, et c’est aussi l’ultime titre de l’édifice post-exotique. Il est constituĂ© d’une somme de 343 brochures qui, numĂ©ro aprĂšs numĂ©ro, font voyager lecteurs et lectrices dans le monde Ă©trange, dans le monde flottant qui succĂšde au dĂ©cĂšs et que les bouddhistes nomment Bardo. Rubriques rĂ©guliĂšres, photographies d’une ville disparue, rĂ©cits de rĂȘve, narrations hallucinĂ©es, plongĂ©es dans des univers fantĂŽmes... Plusieurs milliers de pages qui, comme l’a depuis longtemps annoncĂ© le porte-parole des Ă©crivains post-exotiques, Antoine Volodine, s’achĂšvent sur la fameuse phrase : Je me tais. »

Antoine Volodine, pour nous Chalonnais, c’est tout simplement le pseudo de Jean Desvignes, fils de Lucette Desvignes. Il est probablement nĂ© en 1950 Ă  Chalon-sur-SaĂŽne (il aime beaucoup le mystĂšre !) et dans sa grande carriĂšre d’homme de lettres, on peut citer son prix Goncourt en 2014 avec Terminus Radieux. J’ai eu l’occasion de l’interviewer deux fois et Ă  chaque fois ce fut un plaisir rĂ©el


C’est pour cela que j’ai dĂ©cidĂ© de relever le dĂ©fi, c’est-Ă -dire de lire les 11 romans qui sont sortis cette annĂ©e. Je me donne une limite pour ne pas prolonger Ă  l’infini ce dĂ©fi, avoir terminĂ© les 11 Ɠuvres avant les fĂȘtes de fin d’annĂ©e. Je suis obligĂ© de prendre quelques prĂ©cautions car je vais quand mĂȘme avoir mes Ă©missions de radio Ă  rĂ©aliser, le reportage Ă  Saint-Malo Ă  mener ainsi que probablement une journĂ©e de travail au salon du livre jeunesse de Montreuil


Bref, les livres sont commandĂ©s et la lecture va bientĂŽt commencer. Pour ceux qui sont prĂȘts Ă  me suivre dans ce dĂ©fi, il est important de savoir que l’on peut commencer par n’importe quel roman de cet ensemble, il n’y a pas d’ordre pour la comprĂ©hension de la fin de cet univers du post-exotisme !

Alors comme l’étĂ© c’est fait pour lire et que l’on peut, aussi, lire toute l’annĂ©e, trĂšs bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
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28/08/2026 @ 09:21:27
Vendredi 28 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et j’avoue prendre du plaisir chaque fois que je dĂ©couvre un livre de cuisine qui me donne envie de dĂ©couvrir un plat nouveau, un produit inconnu, une façon de cuire diffĂ©rente de tout ce que je sais
 C’est ainsi que j’ai eu en main « Desserts de lĂ©gumes » trĂšs rĂ©cemment. Des desserts Ă  base de lĂ©gumes, j’en connaissais quelques-uns mais lĂ  c’est un vĂ©ritable feu d’artifices sur le sujet et je vous invite Ă  dĂ©couvrir ce qui se prĂ©sente bien comme un cahier de recettes


Commençons par parler de l’autrice du livre, Nuria Pastor Martinez, cuisiniĂšre bien sĂ»r. Elle est un croisement de culture culinaire car elle est espagnole mais lyonnaise d’adoption depuis plusieurs dĂ©cennies. Mais les croisements et influences diverses ne cessent pas ici, car elle est professionnelle du livre, bibliothĂ©caire universitaire Ă  Lyon, et jardiniĂšre amatrice dans un potager collectif. Enfin, pour ĂȘtre complet dans ses origines et passions, il semblerait que la cuisine lui a Ă©tĂ© lĂ©guĂ©e dans ses gĂšnes par sa mĂšre
 Touillez tout cela et il ne faut pas ĂȘtre Ă©tonnĂ© de l’originalitĂ© de certaines recettes !

Maintenant, passons au plus important, c’est-Ă -dire quand le cuisinier ou la cuisiniĂšre est parent et s’interroge sur la façon de faire manger des lĂ©gumes Ă  ses enfants, ou, plus tard, Ă  ses petits-enfants. Il y a quelques mois, accompagnĂ© d’un petit-fils, j’allais tranquillement rĂ©cupĂ©rer mon panier de lĂ©gumes dans mon AMAP et mon petit accompagnant s’est exprimĂ©, du fond du cƓur : Les lĂ©gumes c’est dĂ©gueulasse ! Ce n’était pas un mot d’esprit, juste le fond de sa pensĂ©e
 Alors, que faire ? Oublier les lĂ©gumes et enchainer pĂątes avec riz et pommes de terre ? Non, il y a une derniĂšre chance Ă  tenter, cuisiner les lĂ©gumes autrement et leur donner un air de fĂȘte ! C’est ce que fait avec talent notre guide Nuria. Rien que certains plats devraient rĂ©veiller vos papilles avec leurs noms : tarte Ă  la carotte et orange confite, crĂšme dessert avocat-chocolat, crĂšme brĂ»lĂ©e aux petit-pois (lĂ , j’avoue que j’ai trĂšs envie de tester car Ă  priori je ne suis pas un grand amateur de petit-pois), confiture de poivrons rouges, moelleux d’aubergines
 Oui, il y a une vĂ©ritable crĂ©ativitĂ© dans ces propositions et on sort des chemins battus qui utilisent dĂ©jĂ  depuis longtemps, et avec succĂšs, dans les desserts les courges, citrouille et autres courgettes ! Attention, elle ne fait pas l’impasse sur ces lĂ©gumes et on trouve bien quelques recettes dont les mignardises Ă  la courge que je ne demande qu’à goĂ»ter !

Pour les techniques utilisĂ©es, c’est plutĂŽt trĂšs classique, parfaitement bien expliquĂ© et, donc, utilisable par des cuisiniers pas trop expĂ©rimentĂ©s (quelques bases gĂ©nĂ©rales aideront quand mĂȘme Ă  obtenir un rĂ©sultat satisfaisant). Les photographies proposĂ©es sont parfaites pour ne pas dĂ©moraliser le bĂ©otien qui se lancera dans l’aventure. Si votre rĂ©sultat a bon goĂ»t, l’esthĂ©tique viendra au deuxiĂšme ou au troisiĂšme essai. Garder le moral, c’est ainsi que l’on progresse !

Cet ouvrage de cuisine de l’éditeur « Les cuisiniĂšres » ne demande donc qu’à ĂȘtre lu et mis en Ɠuvre ! TrĂšs bonne lecture !

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