Shelton
avatar avatar
28/07/2026 @ 07:12:37
Dimanche 26 juillet

L’étĂ© c’est fait pour lire et quand je parle bande dessinĂ©e, certains, certes de moins en moins nombreux, pensent immĂ©diatement humour et lĂ©gĂšretĂ© ! C’est une vision limitĂ©e, voire trĂšs limitĂ©e, puisque la bĂ©dĂ© peut aborder tous les sujets, pour tous les publics
 Aujourd’hui, on va donc parler tourisme, histoire, patrimoine, promenade dans Lyon et tout cela en compagnie de Tronchet, un grand bĂ©dĂ©iste contemporain.

Tronchet, faut-il encore le prĂ©senter, est un scĂ©nariste et dessinateur de bandes dessinĂ©e dont certains ouvrages sont certainement passĂ©s dans vos mains ou trĂšs prĂšs
 Dans les annĂ©es 80/90, Raymond Calbuth puis Jean-Claude Tergal, deux antihĂ©ros ou loosers qui ont fait son succĂšs. Il est dans l’humour noir avec des Ă©lĂ©ments caractĂ©ristiques de cette pĂ©riode qui peut sembler trĂšs lointaine aux jeunes lecteurs
 Puis, il va Ă©voluer et rĂ©cemment on l’a croisĂ© dans le roman graphique, dans l’autobiographie, dans le carnet de voyages ou de souvenirs
 Dans tous les cas, il a gardĂ© ses spĂ©cificitĂ©s narratives et pour moi c’est toujours un plaisir de le lire et aussi de le rencontrer micro en main !

Qui a eu l’idĂ©e de cette sĂ©rie « Le piĂ©ton de
 » ? Je ne sais pas ! Disons, pour le moment, qu’un Ă©diteur, GlĂ©nat, a eu l’idĂ©e de demander Ă  des dessinateurs de bĂ©dĂ© de nous faire dĂ©couvrir une ville qu’ils connaissaient bien Ă  travers des promenades dessinĂ©es qui permettaient de jouer le rĂŽle combinĂ© de guide touristique, d’historique rapide et de plaisir de la bande dessinĂ©e
 Lyon a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  Tronchet, Bordeaux Ă  François Ayroles, et commencer par ces deux grandes et belles villes me parait un choix judicieux !

Tronchet n’était pas Lyonnais mais quand il y est arrivĂ©, il s’y est senti bien et a dĂ©couvert la ville, rue aprĂšs rue en compagnie de son chien qu’il fallait bien promener
 Il nous propose plusieurs itinĂ©raires, parfois avec beaucoup de dĂ©tails, tantĂŽt de façon plus rapide, en fonction de ses goĂ»ts, de ses expĂ©riences, mais celui qui connait bien Lyon comme moi finit toujours par retrouver les coins qu’il aime, vus, revus et dessinĂ©s par un artiste exceptionnel qui enchante la rĂ©alitĂ© avec son coup de crayon et ses couleurs !

Ne connaissant pas assez Bordeaux, je ne prendrai pas parti pour l’ouvrage d’Ayroles ou la collection mais pour ce qui est du « Le piĂ©ton de Lyon » c’est un ouvrage indispensable pour tous les amoureux de cette belle ville entre SaĂŽne et RhĂŽne !

Alors, cet Ă©tĂ©, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire et marcher aussi Ă  la dĂ©couverte des beaux lieux, je vous invite Ă  lire cet album, Ă  apprĂ©cier la narration graphique de Tronchet et Ă  vous promener dans Lyon au grĂ© des propositions de Tronchet et vous ne devriez pas le regretter !

Shelton
avatar avatar
29/07/2026 @ 08:11:42
Lundi 27 juillet

L’étĂ© c’est fait pour lire et il y a quelques livres dans nos bibliothĂšques qui sont de vĂ©ritables ouvrages inclassables, des livres que bibliothĂ©caires, libraires, enseignants et parents (pour se limiter Ă  ces prescripteurs classiques) sont dans l’incapacitĂ© de dĂ©finir. Parfois, on les glisse dans la jeunesse, mais ce n’est qu’une solution de dĂ©pannage de toute Ă©vidence !

Si j’aborde ces ouvrages (que je n’ai pas encore nommĂ©s) c’est parce que ce sont des textes, parfois illustrĂ©s, qui peuvent agrĂ©menter de belles vacances
 L’un a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© abordĂ© de nombreuses fois dans cette chronique, je veux citer Les Fables d’un certain Jean de La Fontaine. Mais il y a aussi Le Petit Prince, de Saint-ExupĂ©ry ; Jonathan Livingstone le goĂ©land, de Richard Bach ; Les voyages de Gulliver, de Jonathan Swift ; et pour clore cette liste hĂ©tĂ©roclite et non exhaustive, je dirais Le Baron perchĂ© d’Italo Calvino
 Y a-t-il des Ă©lĂ©ments communs entre ces ouvrages ? La chronique ne suffira pas Ă  rĂ©pondre Ă  la question mais devrait nous permettre de poser quelques Ă©lĂ©ments


Tout d’abord, est-ce qu’un ouvrage de qualitĂ© peut ĂȘtre un ouvrage strictement rĂ©servĂ© aux jeunes lecteurs ? Non, s’il est de qualitĂ©, il convient Ă  toute sorte de lecteurs et je dirais mĂȘme que s’il est de grande qualitĂ© tous les lecteurs peuvent y trouver du positif
 Ces ouvrages dont je parle ont souvent un petit aspect enfantin
 du moins au premier abord : dessine-moi un mouton, un oiseau qui veux prendre son envol, des ĂȘtres minuscules, un enfant qui monte dans un arbre pour bouder
 Mais chaque lecteur prend conscience trĂšs rapidement qu’il y a bien autre chose qu’une petite rigolade
 Plus fort, si vous lisez quatre fois le livre, Ă  quatre pĂ©riodes diffĂ©rentes de votre vie, vous allez dĂ©couvrir une multitude de merveilleux secrets et trĂ©sors, qui ne correspondront qu’à cette lecture et pas aux autres
 C’est la magie des chefs d’Ɠuvre !

Je peux vous avouer que j’ai lu un grand nombre de fois ces grands classiques et Ă  chaque fois je dĂ©couvre un Ă©lĂ©ment qui m’avait Ă©chappĂ©. Quand j’en lis tout ou partie Ă  un de mes petits-enfants, je glisse un peu dans leur tĂȘte et me voilĂ  en capacitĂ© de mettre le doigt sur d’autres Ă©lĂ©ments qui me surprennent et qui m’enrichissent indiscutablement alors qu’au premier abord j’étais plutĂŽt dans une lecture jeunesse


Alors, si vous avez envie de tenter l’expĂ©rience, allez-y, plongez sans retenue dans un de ces livres
 Si vous me demandez mon avis, je vous conseillerais de commencer par celui que vous n’avez jamais lu. Si vous les connaissez tous, alors faites-vous plaisir et prenez celui dont vous avez le meilleur souvenir
 quant Ă  moi, je vais peut-ĂȘtre me glisser une fois de plus dans les voyages de Gulliver que je connais depuis si longtemps
 C’était un disque narratif que j’écoutais Ă  l’ñge de 7 ou 8 ans


Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
avatar avatar
30/07/2026 @ 08:23:25
Mardi 28 juillet

L’étĂ© c’est fait pour lire mais c’est aussi, sans aucun doute, une grande pĂ©riode de migration temporaire, chacun allant chercher une petite villĂ©giature pour son repas, en famille ou pas, dans la famille ou pas
 Quand j’étais enfant, qu’il me soit permis de parler de mon enfance quelques instants, Ă  l’époque oĂč il n’y avait pas encore des autoroutes pour rejoindre la Bretagne en partant de Lyon, mon pĂšre avait instituĂ© une tradition : on voyageait en deux jours mais ces deux premiĂšres journĂ©es appartenaient dĂ©jĂ  aux vacances. Nous visitions un site patrimonial chaque jour et le soir de l’étape, nous dĂ©gustions un plat local
 C’est ainsi que je connais presque tous les chĂąteaux, les cathĂ©drales et autres sites magiques entre Lyon et la Bretagne, que j’ai goĂ»tĂ© un grand nombre de spĂ©cialitĂ©s culinaires de ces rĂ©gions mĂȘme si je ne garde pas en bouche toutes les subtilitĂ©s locales
 Attention, nous n’avions pas l’ñge de boire du vin mais les parents devaient bien tester quelques augustes bouteilles


De cette belle pĂ©riode je garde en mĂ©moire un grand nombre de cathĂ©drales, de Bourges Ă  Nantes, et sans rĂ©sumer chaque rĂ©gion Ă  sa cathĂ©drale j’avoue que les diffĂ©rents styles donnent Ă  chaque « pays » ses particularitĂ©s
 et cela est beau d’une façon gĂ©nĂ©rale ! J’ai gardĂ© cette façon de voyager et quand mes enfants se sont chacun installĂ©s dans ce qui est devenu « leur » rĂ©gion, j’ai dĂ©couvert quelques nouvelles cathĂ©drales comme celle de Quimper, Saint Corentin, ou celle d’Albi, Sainte CĂ©cile. De plus, chaque dĂ©placement est venu enrichir ma « collection » personnelle avec les cathĂ©drales du Mans, Angers, Saint-Flour, Rodez
 rĂ©cemment, en rentrant de Boulogne-sur-Mer, j’ai visitĂ© avec beaucoup de plaisir celle de Laon que je ne connaissais que grĂące Ă  sa silhouette vue de loin


Alors, bien sĂ»r, quand j’ai dĂ©couvert cet ouvrage, La France des cathĂ©drales de Michel Chevalier, je me suis immĂ©diatement dit : ce livre est pour toi ! Michel Chevalier est un enseignant passĂ© par Toulouse, Besançon et Paris, et il Ă©crit ce livre non pas en spĂ©cialiste mais en amateur et passionnĂ©. Le livre peut faire peur par la taille mais on n’est pas obligĂ© de le lire d’un seul coup, on peut picorer et feuilleter au grĂ© des voyages, des visites, de nos dĂ©placements estivaliers
 Il y a en France 170 cathĂ©drales rĂ©pertoriĂ©es (le nombre est toujours en discussion car il varie pour les uns ou les autres) et donc nous en avons obligatoirement une sur la route de nos vacances
 Prenons donc le temps de la regarder, de la dĂ©couvrir, de la visiter !

Mais d’ailleurs, qu’est-ce qu’une cathĂ©drale ? C’est une Ă©glise chrĂ©tienne qui Ă©tait le siĂšge d’un Ă©vĂȘque (cathĂšdre) mais comme les diocĂšses ont Ă©tĂ© parfois remaniĂ©s, plusieurs villes n’ayant plus d’évĂȘque revendiquent le nom de cathĂ©drale encore aujourd’hui
 Et que dire des diocĂšses qui ont plusieurs cathĂ©drales


Donc tout un univers Ă  dĂ©couvrir de façon livresque et physique ! Je ne peux que vous souhaiter bonne lecture et de magnifiques visites ! De belles vacances, d’autant plus que l’on a mĂȘme le droit de visiter des cathĂ©drales prĂšs de chez soi !

Shelton
avatar avatar
31/07/2026 @ 08:45:33
Mercredi 29 juillet

L’étĂ© c’est fait pour lire et dans l’exploration du monde des polars, nous allons faire escale aujourd’hui en compagnie du commissaire Brunetti. Ceux qui le connaissent, version livre ou adaptation tĂ©lĂ©visuelle, ont compris immĂ©diatement que nous allons prendre la direction de Venise !

Le commissaire Brunetti est nĂ© en 1992 (en s’appuyant sur la premiĂšre publication en amĂ©ricain de Death at La Fenice) sous la plume de Donna Leon, une autrice amĂ©ricaine nĂ©e dans le New Jersey en 1942. AprĂšs avoir beaucoup voyagĂ©, elle enseigne la littĂ©rature sur une base amĂ©ricaine prĂšs de Venise de 1981 Ă  1999. C’est durant cette pĂ©riode qu’elle dĂ©couvre Venise et tombe sous son charme
 d’oĂč ce commissaire Brunetti qui va travailler dans la CitĂ© des Doges sans interruption et qui aime la ville, ses habitants, ses monuments
 sans pour autant ĂȘtre dupe des enjeux dĂ©fendus par les uns ou les autres


Il y a aujourd’hui plus de 30 romans dans cette sĂ©rie que l’on peut aimer (ou dĂ©tester) pour de nombreuses raisons. La premiĂšre va prendre racine dans la personnalitĂ© mĂȘme de Brunetti. Ce n’est pas un hĂ©ros traditionnel ni une version amĂ©ricaine de policier prĂȘt Ă  courir dans tous les sens pistolet Ă  la main. Brunetti est un homme tranquille, qui discute, Ă©coute, boit du cafĂ© et agit toujours (ou presque) aprĂšs avoir rĂ©flĂ©chi et pesĂ© le pour et le contre de ce qu’il s’apprĂȘte Ă  entreprendre
 il travaille dans un commissariat de police oĂč il est prĂ©venant pour ceux qui sont sous ses ordres et trĂšs Ă  l’écoute de son chef (mĂȘme s’il ne suit pas toujours les directives donnĂ©es, enfin presque jamais d’ailleurs).

On a trĂšs souvent reprochĂ© Ă  Donna Leon le rythme de ses romans. Effectivement, peu de courses poursuites, de tirs Ă  l’instinct, de bagarres imprĂ©vues
 Tout se dĂ©roule au rythme de la marche en ville, voire dans certaines situations en empruntant le vaporetto
 Brunetti rentre le soir chez lui, mange en famille avec sa femme et ses deux enfants
 Mais derriĂšre ce faux-semblant d’action, il n’y a pas non plus de vĂ©ritable raisonnement Ă  la Sherlock Holmes ou Ă  la Poirot ! Il y a un ensemble d’informations qui arrivent doucement jusqu’à Brunetti, elles proviennent des discussions, des rencontres, des lectures du journal, des lectures de dossiers rĂ©digĂ©s dans d’autres circonstances
 puis tout prend un sens et la vĂ©ritĂ© finit par apparaitre. Brunetti n’est pas le hĂ©ros et d’ailleurs en fin de roman il n’a pas besoin de rĂ©unir tous les protagonistes pour se mettre en valeur
 C’est la vĂ©ritĂ© qui l’emporte, pas Brunetti qui triomphe. Il n’est qu’un « au service de la vĂ©ritĂ© » ce qui est dĂ©jĂ  fort bien !

Oups, voilĂ  que j’arrive en fin de chronique sans avoir pu vous dire la moindre chose sur ce roman que je voulais vous conseiller
 alors ce sera pour demain. Comme l’étĂ© c’est fait pour lire, vous pouvez toujours commencer cette sĂ©rie ou relire un de ceux que vous avez aimĂ© comme par exemple, « Deux veuves pour un testament » ou « Le garçon qui ne parlait pas » 
 trĂšs bonne lecture !

Shelton
avatar avatar
01/08/2026 @ 08:39:06
Jeudi 30 juillet

L’étĂ© c’est fait pour lire et je reviens Ă  notre cher commissaire Brunetti puisque la chronique d’hier ne m’a pas permis d’aller jusqu’à vous parler du trente-et-uniĂšme roman de la sĂ©rie, « Le don du mensonge ».

Dans ce roman, remettons les choses en place, nous sommes en pĂ©riode post covid. Brunetti, comme de nombreux habitants de Venise reprend ses sorties en extĂ©rieur mais il reste prudent, il Ă©vite les contacts trop nombreux, les moyens de transport en commun comme le vaporetto, la proximitĂ© avec ceux qui ne portent pas de masque
 bref, il est sage, tout simplement ! Cependant, il apprĂ©cie de retrouver la ville de Venise, ses canaux, ses ponts, ses habitants mĂȘme croisĂ©s de loin


« Le lendemain matin, tandis qu’il se rendait Ă  la questure, Brunetti sentit le soleil lui chauffer le visage en traversant le Rialto. Il s’arrĂȘta au sommet du pont et observa les façades qui jalonnaient nonchalamment le cours du Grand Canal en direction de l’universitĂ©. »

Oui, je vous en ai parlĂ© hier, le rythme est lent, descriptif, intĂ©rieur, parfois poĂ©tique et presque romantique, c’est du Donna Leon, tout simplement !

Tout cela va changer quand une amie d’enfance fait irruption Ă  la questure, Elisabetta Foscarini. Bruetti a de nombreuses connaissances dans Venise et parfois les liens ne sont pas si forts que cela car le temps passe en distendant quelque peu ces amitiĂ©s, ces liens familiaux, ces relations du passé  Mais Brunetti est toujours fidĂšle, une amie est une amie et donc il lui faut l’écouter et agir si besoin !

Elisabetta Foscarini soupçonne son gendre d’ĂȘtre mĂȘlĂ© Ă  une affaire malhonnĂȘte, une sorte de magouille mafieuse, mĂȘme si dans les romans de Donna Leon on parle toujours de ces affaires avec prudence et distance ! Brunetti promet Ă  son amie de mener discrĂštement une petite enquĂȘte pour en savoir plus et transformer, dans un sens ou un autre, les doutes en certitude.

La hiĂ©rarchie n’est pas trĂšs favorable Ă  une telle enquĂȘte d’autant plus que les familles, les grandes familles de Venise, doivent rester Ă  l’abri des enquĂȘtes
 Mais Brunetti est obstinĂ©, il a dit qu’il enquĂȘterait alors il le fait et la rĂ©alitĂ© apportera son lot de surprises, bien sĂ»r ! Comme c’est un roman policier, je ne vais pas vous en dire plus mais c’est un roman trĂšs plaisant Ă  lire et j’apprĂ©cie ce regard en profondeur sur Venise et ses habitants


VoilĂ , c’est une sĂ©rie que j’ai apprĂ©ciĂ© en romans avant de dĂ©couvrir l’adaptation tĂ©lĂ©visuelle que je trouve assez respectueuse du rythme de Donna Leon. Effectivement, ça plait ou pas, mais moi j’aime !

Alors, bonne lecture !

Shelton
avatar avatar
03/08/2026 @ 08:07:01
Vendredi 31 juillet

L’étĂ© c’est fait pour lire et certains livres proposent de vĂ©ritables rĂ©flexions de fond car il n’est pas interdit, durant l’étĂ©, de rĂ©flĂ©chir
 Non ? C’est pour cela que je vous propose de dĂ©couvrir le dernier livre de JĂ©rĂŽme Cordelier, Les grandes fractures, les chrĂ©tiens face aux dĂ©fis du siĂšcle, 1954-1968. Certes, le titre peut faire penser Ă  un texte engagĂ© et limitĂ© Ă  ceux qui seraient chrĂ©tiens alors qu’en fait c’est une façon de plonger dans notre passĂ© proche de façon intelligente et passionnante !

JĂ©rĂŽme Cordelier est journaliste, rĂ©dacteur en chef au point, spĂ©cialiste des questions religieuses et pas que
 et avec ses livres « L’espĂ©rance est un risque Ă  courir » et « AprĂšs la nuit », il avait couvert la pĂ©riode de 1939 Ă  1954 montrant comment les chrĂ©tiens avaient vĂ©cu, agi et pris leurs responsabilitĂ©s dans la vie publique
 Attention, il ne s’agit pas pour l’auteur de dresser un tableau idyllique des chrĂ©tiens d’autant plus que chaque fois qu’il aborde une question spĂ©cifique il montre bien que les chrĂ©tiens sont prĂ©sents dans les diffĂ©rents camps qui s’affrontent
 Tous ceux qui ont Ă©tudiĂ© la Seconde Guerre mondiale savent qu’il y avait des chrĂ©tiens dans les rĂ©sistants de la premiĂšre heure, dans les gaullistes Ă  Londres, dans les communistes du maquis, dans les collaborateurs avec les nazis, dans les pĂ©tainistes, dans les attentistes, dans les militaires de l’Empire colonial
 et JĂ©rĂŽme Cordelier prend toujours soin de le montrer Ă  chaque Ă©poque
 Dans son nouvel ouvrage, il poursuit son travail avec des moments difficiles que l’on pourrait classer schĂ©matiquement en DĂ©colonisation, Vatican II, les combats Ă©conomiques et politiques
 et un Ă©clairage particulier sur un problĂšme qui revient bien dans l’actualitĂ©, la question juive.

Commencer en 1954 son livre c’est bien sĂ»r mettre la question algĂ©rienne au cƓur de son ouvrage et il montre trĂšs bien que cette dĂ©colonisation algĂ©rienne fut une question capitale qui va marquer longtemps les chrĂ©tiens. Dans cette « affaire », il montre qu’encore plus que la dĂ©colonisation c’est la torture qui a créé des scissions durables et profondes entre chrĂ©tiens. Apprendre que des militaires français, dont certains ne cachaient pas leur adhĂ©sion au christianisme, pratiquaient la torture fut insupportable pour certains chrĂ©tiens qui basculĂšrent immĂ©diatement dans le camp du FLN (certains devenant mĂȘme des membres actifs de certains rĂ©seaux
).

Mais les chrĂ©tiens eurent dans cette pĂ©riode d’autres sujets de division, puisque Jean XXIII, « petit pape de transition » comme certains l’avaient cataloguĂ©, dĂ©cida un grand coup de nettoyage dans l’Eglise ce qui provoqua aussi une division ecclĂ©siale qui dure encore de nos jours


Alors, comme je ne peux pas tout rĂ©sumer dans une petite chronique, je vous citerai juste quelques Ă©lĂ©ments que l’on trouve aussi dans ce trĂšs bon ouvrage comme la construction d’une autre relation avec ces anciennes colonies, les questions Ă©conomiques et politiques qui ont grandement divisĂ© les chrĂ©tiens et la construction d’une modernitĂ© qui n’est toujours pas terminĂ©e
 Un livre passionnant Ă  lire cet Ă©té  TrĂšs bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
avatar avatar
04/08/2026 @ 06:55:26
Samedi 1er août

L’étĂ© c’est fait pour lire et il est important de donner la possibilitĂ© aux plus jeunes de lire. Mais comment faire ? Je sais, c’est parfois compliquĂ© et je ne vais certainement pas donner des solutions miracles (si elles existaient, elles seraient dĂ©jĂ  utilisĂ©es par de nombreux parents et autres prescripteurs !). Je ne vais donc que vous compter ce que je vis depuis trois jours


Une de mes petites-filles, dix ans bien sonnĂ©s, passe chez nous quelques jours de villĂ©giature (j’aime bien ce mot qui transforme instantanĂ©ment Chalon-sur-SaĂŽne en lieu de vacances !). Alors, que faire quand il fait relativement chaud, pour ne pas dire plus ?

On a Ă©cumĂ© toutes les propositions et certaines se sont concrĂ©tisĂ©es avec une belle journĂ©e Ă  Chalon dans la rue, de belles sĂ©quences au lac de Laives, quelques promenades pĂ©destres dans la ville ou a proximitĂ©, un conte dans le jardin botanique
 Mais tout cela ne remplit pas entiĂšrement les journĂ©es et il faut bien s’occuper surtout quand Papy mĂ©dite aprĂšs le repas de midi (en clair, durant la sieste !). Alors, on a proposĂ© Ă  cette charmante fille de lire ce qu’elle voulait dans notre bibliothĂšque (on ne manque pas de ressources !).

La voilĂ  donc, depuis quelques jours, dans la lecture de l’ensemble des albums des aventures d’AstĂ©rix. Elle lit mĂ©thodiquement, paisiblement, album aprĂšs album
 Elle n’a certainement pas toutes les rĂ©fĂ©rences mais ce qui est bien avec l’esprit Goscinny c’est que chacun peut trouver Ă  son goĂ»t. Elle rigole, elle se fait plaisir, elle apprĂ©cie les personnages et trouve parfois des Ă©lĂ©ments plus sociaux ou politiques sans atteindre nĂ©cessairement les aspects les plus corrosifs de cette sĂ©rie
 Pendant que j’écris cette chronique, lĂ , juste Ă  l’instant, je viens de l’entendre rire au moment d’une scĂšne mettant en action IdĂ©fix qui est, elle me l’a dit, son personnage prĂ©fĂ©rĂ© !

Je ne sais pas encore quel sera son album prĂ©fĂ©rĂ© car on va attendre qu’elle ait terminĂ© l’ensemble pour lui poser la question. Mais quand je pense Ă  cette sĂ©rie j’avoue avoir un faible pour Les Goth (et la guerre psychologique), pour les Gladiateurs et le premier passage de nos hĂ©ros dans la Rome de CĂ©sar ou le Tour de Gaule (magnifique invitation Ă  passer de belles vacances dans notre pays !). Dans tous les cas, je suis surtout sensible Ă  l’humour gĂ©nial de Goscinny mĂȘme si je reconnais sans difficultĂ© que le dessin d’Uderzo est idĂ©al pour raconter cette histoire


Le fait qu’une fille de dix ans puisse aujourd’hui, en 2026, lire avec plaisir une telle sĂ©rie, nĂ©e en 1959, me parait un gage de qualitĂ©. Beaucoup de sĂ©ries de cette Ă©poque ne sont plus dĂ©vorĂ©es de cette façon


Alors, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire, une bonne idĂ©e, lire ou relire la collection de vos albums AstĂ©rix
 Ah, vous n’avez pas la sĂ©rie complĂšte ? Bon, ben, il va falloir faire quelque chose pour les fĂȘtes de fin d’annĂ©e !

Shelton
avatar avatar
04/08/2026 @ 06:56:21
Dimanche 2 août

L’étĂ© c’est fait pour lire mais il n’y a aucune obligation Ă  ne lire que des livres sĂ©rieux, des classiques reconnus ou des ouvrages d’une liste donnĂ©e par l’établissement scolaire ou universitaire dans lequel on vient d’ĂȘtre admis ! Je dis cela car cela m’a quelque peu perturbĂ© dans le temps, quand j’étais jeune (oui, je l’ai Ă©tĂ© un jour !) car Ă  peine les vacances commencĂ©es on me demandait si j’avais bien lu les livres de la liste
 Du coup, je n’avis pas le temps de lire ce que je voulais, enfin, disons que j’étais obligĂ© de faire tout cela de façon un peu cachĂ©e


Je survolais rĂ©cemment la liste des ouvrages qu’il aurait fallu avoir lus avant d’entrer au lycĂ©e (une liste offerte par un grand titre de la presse quotidienne). Cette liste m’a laissĂ© quelque peu dubitatif mĂȘme si je n’ai rien contre ce type d’outil car il faut donner quelques repĂšres aux lycĂ©ens et Ă©tudiants
 Avant d’entrer en prĂ©pa littĂ©raire, on nous donnait une liste Ă©norme et on picorait Ă  notre guise tout au long de l’été 

Par exemple, dans cette liste, il aurait fallu avoir lu un roman de Balzac, Le pĂšre Goriot. Mais je m’interroge toujours sur ce roman. Il est bon, mais pourquoi tous lire celui-lĂ , pourquoi l’impasse sur Le colonel Chabert, La femme de trente ans ou La peau de chagrin
 Ce qui me parait important, c’est de donner envie aux jeunes de lire un roman ou deux du XIXe siĂšcle mais dans ce cas je citerai volontiers L’éducation sentimentale de Flaubert
 Enfin, c’est mon humble avis.

Ensuite, on trouve des titres sur lesquels je n’ai rien Ă  redire et qui peuvent ĂȘtre lus durant l’étĂ© avec beaucoup de bonheur : L’étranger de Camus, Siddhartha de Hermann Hesse, La vie devant soi de Romain Gary ou ƒdipe roi de Sophocle
 Mais, aucun titre de Gide, de Giono ou Colette, auteurs qui pourtant pourraient dĂ©velopper la notion du plaisir de la lecture
 C’est un peu comme si, parce qu’il s’agissait de liste Ă  but pĂ©dagogique, on devait supprimer toute notion de bonheur ! Mais je reste absolument convaincu que c’est le bonheur et le plaisir qui nous font aimer la lecture, pas l’obligation scolaire ou universitaire mĂȘme si, moi aussi, j’ai demandĂ© Ă  mes Ă©tudiants de lire certains livres (l’ont-ils fait pour autant ?).

Alors comment choisir un livre estival, comment Ă  la fois prĂ©parer sa rentrĂ©e et plonger dans l’abyssal bonheur de la lecture ? Il n’y a qu’une bonne solution : prendre sa liste (il faut bien partir de quelque chose de concret), aller dans une librairie (cela reste le lieu du choix et du conseil !), chercher les livres, lire la quatriĂšme de couverture et mieux encore la premiĂšre page, remettre le livre en place si aucun dĂ©clic ne se produit, si la liste terminĂ©e vous n’avez encore aucun livre possible, chercher des livres des mĂȘmes auteurs de la liste, puis n’hĂ©sitez pas Ă  parler avec le libraire il pourrait bien avoir quelques bonnes idĂ©es


Enfin, un conseil comme un autre, ouvrez Siddhartha de Hermann Hesse, c’est un livre exceptionnel que j’ai adorĂ© durant mes annĂ©es lycĂ©e, un livre sur l’ouverture spirituelle, sur l’Inde profonde, sur le sens Ă  donner Ă  sa vie

 Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, n’hĂ©sitez pas !

Shelton
avatar avatar
05/08/2026 @ 07:44:00
Lundi 3 août

L’étĂ© c’est fait pour lire mais il n’y a aucune obligation Ă  ne lire que des livres sĂ©rieux, des classiques reconnus ou des ouvrages d’une liste donnĂ©e par l’établissement scolaire ou universitaire dans lequel on vient d’ĂȘtre admis ! Je dis cela car cela m’a quelque peu perturbĂ© dans le temps, quand j’étais jeune (oui, je l’ai Ă©tĂ© un jour !) car Ă  peine les vacances commencĂ©es on me demandait si j’avais bien lu les livres de la liste
 Du coup, je n’avis pas le temps de lire ce que je voulais, enfin, disons que j’étais obligĂ© de faire tout cela de façon un peu cachĂ©e


Je survolais rĂ©cemment la liste des ouvrages qu’il aurait fallu avoir lus avant d’entrer au lycĂ©e (une liste offerte par un grand titre de la presse quotidienne). Cette liste m’a laissĂ© quelque peu dubitatif mĂȘme si je n’ai rien contre ce type d’outil car il faut donner quelques repĂšres aux lycĂ©ens et Ă©tudiants
 Avant d’entrer en prĂ©pa littĂ©raire, on nous donnait une liste Ă©norme et on picorait Ă  notre guise tout au long de l’été 

Par exemple, dans cette liste, il aurait fallu avoir lu un roman de Balzac, Le pĂšre Goriot. Mais je m’interroge toujours sur ce roman. Il est bon, mais pourquoi tous lire celui-lĂ , pourquoi l’impasse sur Le colonel Chabert, La femme de trente ans ou La peau de chagrin
 Ce qui me parait important, c’est de donner envie aux jeunes de lire un roman ou deux du XIXe siĂšcle mais dans ce cas je citerai volontiers L’éducation sentimentale de Flaubert
 Enfin, c’est mon humble avis.

Ensuite, on trouve des titres sur lesquels je n’ai rien Ă  redire et qui peuvent ĂȘtre lus durant l’étĂ© avec beaucoup de bonheur : L’étranger de Camus, Siddhartha de Hermann Hesse, La vie devant soi de Romain Gary ou ƒdipe roi de Sophocle
 Mais, aucun titre de Gide, de Giono ou Colette, auteurs qui pourtant pourraient dĂ©velopper la notion du plaisir de la lecture
 C’est un peu comme si, parce qu’il s’agissait de liste Ă  but pĂ©dagogique, on devait supprimer toute notion de bonheur ! Mais je reste absolument convaincu que c’est le bonheur et le plaisir qui nous font aimer la lecture, pas l’obligation scolaire ou universitaire mĂȘme si, moi aussi, j’ai demandĂ© Ă  mes Ă©tudiants de lire certains livres (l’ont-ils fait pour autant ?).

Alors comment choisir un livre estival, comment Ă  la fois prĂ©parer sa rentrĂ©e et plonger dans l’abyssal bonheur de la lecture ? Il n’y a qu’une bonne solution : prendre sa liste (il faut bien partir de quelque chose de concret), aller dans une librairie (cela reste le lieu du choix et du conseil !), chercher les livres, lire la quatriĂšme de couverture et mieux encore la premiĂšre page, remettre le livre en place si aucun dĂ©clic ne se produit, si la liste terminĂ©e vous n’avez encore aucun livre possible, chercher des livres des mĂȘmes auteurs de la liste, puis n’hĂ©sitez pas Ă  parler avec le libraire il pourrait bien avoir quelques bonnes idĂ©es


Enfin, un conseil comme un autre, ouvrez Siddhartha de Hermann Hesse, c’est un livre exceptionnel que j’ai adorĂ© durant mes annĂ©es lycĂ©e, un livre sur l’ouverture spirituelle, sur l’Inde profonde, sur le sens Ă  donner Ă  sa vie

 Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, n’hĂ©sitez pas !


Shelton
avatar avatar
06/08/2026 @ 07:44:13
Mardi 4 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et chaque fois que je visite un monument historique et patrimonial en France, je m’attarde en sortant dans la boutique de souvenir. Oh, il ne s’agit pas de trouver une boule Ă  neige, un porte-clefs ou un crayon illustrĂ©, je suis plutĂŽt Ă  la recherche d’un livre que je ne connais pas, dont je n’aurais jamais entendu parler et qui permettrait d’aller plus loin sur le chemin de la connaissance (et du plaisir de lire, bien sĂ»r !).

C’est ainsi que, aprĂšs avoir visitĂ© le chĂąteau de Pierre de Bresse, visite que je recommande chaleureusement Ă  toutes et Ă  tous, j’ai trouvĂ© un petit livre de la maison « Le sureau », Fruits rouges, je vous aime
 de BĂ©atrice Vigot-LagandrĂ©. J’aime beaucoup cette collection dont le premier titre que j’avais trouvĂ© il y a quelques annĂ©es Ă©tait Courgettes je vous aime
 de 83 façons ! A chaque fois un auteur nous invite Ă  dĂ©couvrir un fruit, un lĂ©gume, un produit alimentaire en sortant des sentiers battus et c’est un vĂ©ritable plaisir des papilles !

Alors, bien sĂ»r, il faut travailler un peu dans sa cuisine mais en Ă©tĂ© on a parfois un peu plus de temps et on cherche Ă  faire plaisir aux diffĂ©rents membres de la famille et amis qui nous rendent visite. Avec cet opus sur les fruits rouges on va avoir l’occasion d’ĂȘtre original Ă  dĂ©faut d’ĂȘtre savoureux


Tout d’abord, oubliez les fraises Ă  la crĂšme fraiche ou les framboises dĂ©gustĂ©es dans le jardin, ici on va d’abord combiner ces adorables fruits rouges avec des produits adaptĂ©s Ă  l’entrĂ©e, le plat principal, les lĂ©gumes et poissons
 Rassurez-vous, les gourmands, il y aura bien quand mĂȘme quelques desserts !

DĂšs la table des matiĂšres, je me suis mis Ă  rĂȘver : salade de mĂąche, gĂ©siers et framboises, poivrons grillĂ©s aux groseilles avec vinaigrette aux fruits rouges, croustillants de chĂšvre aux cassis et aux framboises, filet de flĂ©tan Ă  la sauce myrtilles et mĂ»res, vrai faux tartare de bƓuf aux framboises, curry de courgettes aux fruits rouges, cerises pochĂ©es au vin


Certes, je n’ai pas eu le temps de tout tester mais, Ă  chaque fois, la recette est claire et prĂ©cise, plutĂŽt accessible Ă  tous et, comme il n’y a pas de photographies magiques et seulement des dessins de Gentiane Magnan, une fois la recette terminĂ©e, on n’est pas dĂ©primĂ© en comparant rĂ©sultat dans notre cuisine et dessin
 On se dit que l’on a rĂ©ussi ce qui est confirmĂ© dĂšs le plat en bouche !

Donc, si vous trouvez cette collection, ici dans une boutique souvenir ou dans une bonne librairie, voilà une bonne idée de lecture et une piste à suivre pour égayer votre quotidien alimentaire !

TrĂšs belle lecture et travaillez bien dans votre cuisine, au petit matin, quand il ne fait pas trop chaud !

Septularisen
avatar avatar
06/08/2026 @ 19:10:12
Lundi 3 août

L’étĂ© c’est fait pour lire mais il n’y a aucune obligation Ă  ne lire que des livres sĂ©rieux, des classiques reconnus ou des ouvrages d’une liste donnĂ©e par l’établissement scolaire ou universitaire dans lequel on vient d’ĂȘtre admis ! Je dis cela car cela m’a quelque peu perturbĂ© dans le temps, quand j’étais jeune (oui, je l’ai Ă©tĂ© un jour !) car Ă  peine les vacances commencĂ©es on me demandait si j’avais bien lu les livres de la liste
 Du coup, je n’avis pas le temps de lire ce que je voulais, enfin, disons que j’étais obligĂ© de faire tout cela de façon un peu cachĂ©e


Je survolais rĂ©cemment la liste des ouvrages qu’il aurait fallu avoir lus avant d’entrer au lycĂ©e (une liste offerte par un grand titre de la presse quotidienne). Cette liste m’a laissĂ© quelque peu dubitatif mĂȘme si je n’ai rien contre ce type d’outil car il faut donner quelques repĂšres aux lycĂ©ens et Ă©tudiants
 Avant d’entrer en prĂ©pa littĂ©raire, on nous donnait une liste Ă©norme et on picorait Ă  notre guise tout au long de l’été 

Par exemple, dans cette liste, il aurait fallu avoir lu un roman de Balzac, Le pĂšre Goriot. Mais je m’interroge toujours sur ce roman. Il est bon, mais pourquoi tous lire celui-lĂ , pourquoi l’impasse sur Le colonel Chabert, La femme de trente ans ou La peau de chagrin
 Ce qui me parait important, c’est de donner envie aux jeunes de lire un roman ou deux du XIXe siĂšcle mais dans ce cas je citerai volontiers L’éducation sentimentale de Flaubert
 Enfin, c’est mon humble avis.

Ensuite, on trouve des titres sur lesquels je n’ai rien Ă  redire et qui peuvent ĂȘtre lus durant l’étĂ© avec beaucoup de bonheur : L’étranger de Camus, Siddhartha de Hermann Hesse, La vie devant soi de Romain Gary ou ƒdipe roi de Sophocle
 Mais, aucun titre de Gide, de Giono ou Colette, auteurs qui pourtant pourraient dĂ©velopper la notion du plaisir de la lecture
 C’est un peu comme si, parce qu’il s’agissait de liste Ă  but pĂ©dagogique, on devait supprimer toute notion de bonheur ! Mais je reste absolument convaincu que c’est le bonheur et le plaisir qui nous font aimer la lecture, pas l’obligation scolaire ou universitaire mĂȘme si, moi aussi, j’ai demandĂ© Ă  mes Ă©tudiants de lire certains livres (l’ont-ils fait pour autant ?).

Alors comment choisir un livre estival, comment Ă  la fois prĂ©parer sa rentrĂ©e et plonger dans l’abyssal bonheur de la lecture ? Il n’y a qu’une bonne solution : prendre sa liste (il faut bien partir de quelque chose de concret), aller dans une librairie (cela reste le lieu du choix et du conseil !), chercher les livres, lire la quatriĂšme de couverture et mieux encore la premiĂšre page, remettre le livre en place si aucun dĂ©clic ne se produit, si la liste terminĂ©e vous n’avez encore aucun livre possible, chercher des livres des mĂȘmes auteurs de la liste, puis n’hĂ©sitez pas Ă  parler avec le libraire il pourrait bien avoir quelques bonnes idĂ©es


Enfin, un conseil comme un autre, ouvrez Siddhartha de Hermann Hesse, c’est un livre exceptionnel que j’ai adorĂ© durant mes annĂ©es lycĂ©e, un livre sur l’ouverture spirituelle, sur l’Inde profonde, sur le sens Ă  donner Ă  sa vie

 Alors, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, n’hĂ©sitez pas !


Shelton, le post du dimanche 2 et du lundi 3 aoĂ»t sont les mĂȘmes... Une date s'est-elle perdue ??

Shelton
avatar avatar
06/08/2026 @ 20:44:33
Whouaaaa, je pense qu'il s'agit d'une erreur tout simplement ! Je vais corriger cela trĂšs vite !

Shelton
avatar avatar
06/08/2026 @ 20:50:29
En fait, c'est celle du 4 août qui est celle du 3 août... La prochaine sera donc bien celle du 4 août...

Shelton
avatar avatar
06/08/2026 @ 20:51:38
Mardi 4 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et, pourtant, cet Ă©tĂ© est marquĂ© par un grand nombre de fermetures de librairies. Une telle situation pose question et je ne puis pas rester silencieux mĂȘme si la question est complexe et que je n’ai aucune solution magique Ă  proposer
 car derriĂšre tout cela il y a la situation de la lecture en France, l’économie de l’édition, l’écosystĂšme des librairies, le prix fixe du livre en France, le rĂ©seau des livres d’occasion (j’inclus ici aussi les boĂźtes Ă  livres qui fleurissent partout), la rĂ©munĂ©ration des auteurs, la vente des livres en grandes surfaces et, bien sĂ»r, la vente des livres sur Amazon et quelques autres plateformes (liste non exhaustive !)
 Il faut aussi parler sans aucun doute du niveau de vie car le livre reprĂ©sente aussi un budget (et je ne voudrais surtout pas que mon libraire habituel me donne la somme que je dĂ©pense chaque annĂ©e en livres !).

Le dossier est globalement assez complexe car quand on liste ce qui semble des constats incontournables on ne peut que voir qu’un certain nombre d’entre eux sont contradictoires


Le premier m’a toujours hantĂ© : un bon livre reste un bon livre mĂȘme quand il est ancien, voire plus Ă©ditĂ© et introuvable. En effet, la qualitĂ© d’un ouvrage ne repose pas dans son actualitĂ©. Du coup, il serait lĂ©gitime de le rechercher pour le lire en bibliothĂšque, y compris sur le marchĂ© d’occasion qui, lui, pĂ©nalise le rĂ©seau des librairies qui soutient les auteurs et les Ă©diteurs ! Mais ces mĂȘmes librairies qui en souffriraient n’ont pas cet ouvrage en vente
 On peut aussi prĂ©ciser que plus les annĂ©es passent et plus la durĂ©e de vie d’un livre est courte car on retire les livres des librairies trĂšs rapidement


J’ai eu avec plusieurs libraires des discussions trĂšs Ăąpres. Ils me reprochaient de parler trop souvent d’ouvrages trop anciens ou carrĂ©ment plus en vente. Mais, pour moi, parler d’un livre que l’on a aimĂ© n’est pas liĂ© Ă  sa situation sur le marchĂ©. Ou alors, on dĂ©cide, une fois pour toute qu’il suffit d’avoir un roman de Balzac disponible pour avoir compris le talent de Balzac et la profondeur de la ComĂ©die humaine. On prend, par exemple, Le pĂšre Goriot et on Ă©limine tout le reste. On gagne du stock et cela fait de la place pour le reste
 Serait-ce une bonne solution ?

Bien sĂ»r, je ne le pense pas mais parfois l’histoire de l’humanitĂ© nous a conduit Ă  cela sans crier garde
 Sophocle a Ă©crit, semble-t-il, cent-vingt trois piĂšces de théùtre dont seulement sept sont arrivĂ©es entiĂšres chez nous
 Seulement, quand on a lu ƒdipe roi et Antigone, on passe sa vie Ă  regretter de ne pas pouvoir lire toutes celles qui se sont perdues


A ce stade de ma rĂ©flexion, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, je vous conseille vivement de lire ou relire Antigone de Sophocle, puis de savourer Antigone de Cocteau avant de plonger dans celle d’Anouilh
 Une belle façon de rester fidĂšle Ă  la qualitĂ© littĂ©raire !

Shelton
avatar avatar
06/08/2026 @ 20:52:26
Mercredi 5 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et je voudrais juste prolonger mes rĂ©flexions d’hier sur le livre, la lecture et les questions Ă©conomiques autour de cette littĂ©rature. Cela fait longtemps que l’on a bien compris que les livres qui se vendent le mieux ne sont pas nĂ©cessairement les meilleurs mais peut-ĂȘtre ne prend-on pas assez le temps de comprendre ce qui fait vendre un livre ou pas
 LĂ  encore, pas de rĂšgle absolue mais des pistes de rĂ©flexion


Je suis persuadĂ© qu’il y a plusieurs façons d’ĂȘtre tentĂ© par un livre
 La publicitĂ©, les piles de livres en magasins, les articles dans la presse (mais le lectorat est de plus en plus limitĂ©), les blogs, les rĂ©seaux sociaux, les influenceurs de toute nature, les conseils de ses proches (peut-ĂȘtre parmi les plus efficaces), les conseils de son libraire, les rencontres avec les auteurs, les sĂ©lections pour les prix littĂ©raires
 Bref, les chemins sont nombreux qui mĂšnent au livre mais l’efficacitĂ© peut ĂȘtre discutable et difficile Ă  mesurer


Cependant, pour le lecteur, il est de plus en plus difficile de s’y retrouver car les Ă©diteurs, pour s’en sortir, multiplient les sorties ce qui fait accroĂźtre les rentrĂ©es de liquiditĂ©s mais dĂ©truit par la mĂȘme occasion les revenus pour les auteurs. Quand j’ai commencĂ© Ă  Ă©crire des articles sur la bande dessinĂ©e, on pouvait presque lire toutes les sorties de l’annĂ©e
 Aujourd’hui, c’est juste impossible, surtout si on compte les traductions, les intĂ©grales, les rééditions, les nouvelles versions
 Quant aux lecteurs, je parle de ceux qui ne consomment que peu de livres (par besoin de lecture ou par limite financiĂšre), ils se contentent, et on ne les blĂąmera pas, d’acheter et lire les auteurs qu’ils connaissent


Cela devient trĂšs difficile (mais ça n’a jamais Ă©tĂ© facile) pour un jeune auteur de commencer Ă  se faire connaitre
 Un trĂšs grand nombre d’auteurs finissent par jeter l’éponge aprĂšs avoir Ă©crit, pourtant, un livre de qualitĂ© mais qui aura Ă©tĂ© achetĂ© Ă  quelques exemplaires (les tirages de premiers romans sont, Ă  ce titre, explicites !).

Enfin, on va rappeler que pour devenir un bon lecteur il faut aussi maitriser la lecture, avoir trouvĂ© le chemin du plaisir avec les livres et qu’il semblerait que ce soit de plus en plus dĂ©licat si on regarde les rĂ©sultats de l’école dans ce domaine
 Il y a donc un travail collectif Ă  rĂ©aliser et tous les acteurs du livre sont concernĂ©s
 Modestement, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire, je vous invite Ă  offrir cet Ă©tĂ© un livre Ă  une personne que vous aimez beaucoup, ce que j’appellerais un livre partage, un livre dialogue
 et j’ai offert hier Ă  l’une de mes petites-filles un ouvrage de Colette, Dialogues de bĂȘtes. Une affaire Ă  suivre !

Shelton
avatar avatar
06/08/2026 @ 20:52:59
VoilĂ , merci pour ce regard correctif !!!

Shelton
avatar avatar
07/08/2026 @ 07:46:47
Jeudi 6 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et on peut bien en profiter pour rĂ©flĂ©chir aux questions climatiques, cela semble d’actualitĂ©. Ce qui me pousse Ă  ouvrir ce dĂ©bat ce ne sont pas tant les incendies qui ravagent la France (n’ayons pas trop peur des mots) que certaines rĂ©actions d’acteurs politiques comme cette derniĂšre phrase entendue plusieurs fois dans des bouches diffĂ©rentes : « On ne pouvait pas prĂ©voir de telles catastrophes, de telles canicules, un Ă©tĂ© pareil ! ». Il ne faut pas manquer d’air car depuis des annĂ©es, pour ne pas dire des dĂ©cennies, les scientifiques nous prĂ©viennent de ce qui arrive. La seule nuance que je veux bien entendre c’est que tout semble aller plus vite que ce qu’ils pensaient (mĂȘme si certains avaient quand mĂȘme annoncĂ© que les changements Ă©taient visiblement trĂšs rapides) 
 Alors, pourquoi n’avoir rien fait car reconnaissons que peu d’actions ont Ă©tĂ© rĂ©ellement menĂ©es ?

On va donc commencer par nous affirmer que les scientifiques ont exagĂ©rĂ©, certains diront menti, en nous dĂ©crivant ce qui se passait. En fait, aujourd’hui, cet argument tombe de lui-mĂȘme car les scientifiques sont unanimes pour dire que la planĂšte se rĂ©chauffe, que cela a de grosses consĂ©quences dont nous ne mesurons pas encore tous les aspects, enfin, que l’activitĂ© humaine participe grandement Ă  cette situation.

Sur ce constat, les visions se partagent et les camps deviennent rapidement irrĂ©ductibles. Il y a ceux qui prĂ©conisent un changement radical sur l’ensemble de la planĂšte, genre arrĂȘt du capitalisme et autres formes de dirigismes populistes, passage Ă  une dĂ©croissance totale, Ă  une recherche de survie et un mĂ©canisme de retrait du monde de chaque pays, un peu comme une dĂ©mondialisation. Dans cette vision, pas de mesure intermĂ©diaire, recherche systĂ©matique d’un absolu et, trĂšs souvent, Ă©chec avec rejet par les habitants des rĂ©gions concernĂ©es


Il y a une autre vision, plus pragmatique mais pas beaucoup plus efficace : rĂ©agir, avec retard, Ă  chaque changement, Ă  chaque drame, comme commander des climatisations pour les Ă©coles quand le constat est qu’il est devenu impossible de faire les cours avec 36°C
 mesure prise Ă  chaud qui sera, peut-ĂȘtre, sans lendemain aprĂšs trois semaines de vacances
 On peut commander des avions, des hĂ©licoptĂšres, des camions quand la forĂȘt brĂ»le mais cela n’éteint jamais l’incendie en cours !

Il est impĂ©ratif de mener le combat sur trois directions simultanĂ©ment : changer nos comportements individuels et collectifs, se donner les moyens de s’adapter aux changements en cours et accompagner les plus fragiles car tout cela a un coĂ»t ! Cela demande du courage, de la persĂ©vĂ©rance, du travail, de l’ouverture d’esprit, de l’union (on a bien vu l’union sacrĂ©e durant le premier conflit mondial, alors pourquoi pas ?) et il ne faut pas rĂȘver, on a dĂ©jĂ  perdu beaucoup de temps


Comme l’étĂ© c’est fait pour lire, il est aussi temps de se documenter avec sĂ©rieux ce que nous envisagerons dĂšs demain avec deux ouvrages majeurs !

Septularisen
avatar avatar
07/08/2026 @ 14:36:56
VoilĂ , merci pour ce regard correctif !!!


C'est fait avec plaisir !!

Shelton
avatar avatar
07/08/2026 @ 20:51:33
Vendredi 7 août

L’étĂ© c’est fait pour lire et dans le prolongement de ma chronique d’hier, je vous propose aujourd’hui deux ouvrages pour aller plus loin et vous construire votre propre opinion car je n’ai aucune lĂ©gitimitĂ© Ă  vous dire ce qu’il faut penser.

Le premier livre est une bande dessinĂ©e que l’on pourrait qualifier de bonne (voire excellente) vulgarisation. Elle est Ă©crite par Jean-Marc Jancovici, dessinĂ©e par Christophe Blain, Ă©ditĂ©e par Dargaud, Le monde sans fin. Cet ingĂ©nieur sorti de Polytechnique, s’est spĂ©cialisĂ© dans les questions Ă©nergĂ©tiques et son crĂ©do est la sobriĂ©tĂ© Ă©nergĂ©tique. C’est un bon vulgarisateur, pas parfait car il ne maitrise pas tous les sujets et certains trouvent que sur quelques points il est trop catĂ©gorique. Enfin, aux yeux de certains Ă©cologistes, il est trop convaincu de l’utilitĂ© irremplaçable pour le moment de l’énergie nuclĂ©aire.

Pour lui, l’énergie nuclĂ©aire est le systĂšme qui produit le plus d’électricitĂ©, quand on en a besoin, avec la plus petite surface et un coup carbone trĂšs faible. De plus, il n’est pas convaincu par les systĂšmes Ă©oliens et solaires, il prĂ©fĂšre les pompes Ă  chaleur et rĂ©seaux de chaleur
 Enfin, pour ĂȘtre complet, certains acteurs politiques de gauche lui reprochent de ne pas prĂ©coniser la suppression du capitalisme purement et simplement


Seulement, il faut bien prendre en compte que chaque fois qu’un scientifique ou politique critique la vision de Jancovici (ce qui dans le fond est tout Ă  fait lĂ©gitime), il s’élĂšve des voix plutĂŽt complotistes et climatosceptiques pour dire : « Regardez, non seulement ils disent n’importe quoi mais en plus ils ne sont pas d’accord entre eux ! ».

C’est le bon moment pour vous parler du second livre que je vous propose de dĂ©couvrir, « Blablabla, pour en finir avec le bavardage climatique », un ouvrage d’Albin Wagener. Son regard n’est pas Ă  proprement parler sur les questions scientifiques mais il est spĂ©cialiste du langage, du discours, des mots. SpĂ©cialisĂ© dans la communication environnementale, il veut nous faire comprendre comment les mots utilisĂ©s par les uns et les autres, les climatosceptiques en particulier. J’aime beaucoup ce petit ouvrage qui est sans prĂ©tention mais qui permet de toucher du doigt le narratif de ceux qui doutent de tout et veulent nous faire croire que tout va bien ! De plus son livre est architecturĂ© de façon trĂšs pĂ©dagogique pour aider Ă  mĂ©moriser l’essentiel, en expliquant bien ce qui est complexe et en facilitant l’accessibilitĂ© Ă  tous les lecteurs !

Donc, deux livres pour mieux comprendre la situation, les enjeux et ce qui nous arrive car il ne faut pas nier qu’un grand nombre d’évĂšnements viennent nous surprendre avec mĂ©gafeux, typhons et tornades un peu partout, rĂ©chauffement inquiĂ©tant de la MĂ©diterranĂ©e, fonte des glaciers, arrivĂ©e d’animaux atypiques dans certaines de nos rĂ©gions, sĂ©cheresse sans prĂ©cĂ©dent, records de tempĂ©ratures et j’en passe et des meilleures ! Alors, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire, osons ouvrir ces livres pour mieux comprendre ! TrĂšs bonne lecture !

Shelton
avatar avatar
08/08/2026 @ 08:32:09
Samedi 8 août

L’étĂ© c’est fait pour lire mais il est aussi vrai que l’étĂ©, en particulier en France, est aussi fait pour participer Ă  des festivals
 Alors, il est bien normal de proposer une bande dessinĂ©e qui traitera de la musique Ă  travers l’histoire, imaginaire et poĂ©tique, d’une pianiste virtuose, Giovanna-Rose, une bande dessinĂ©e Ă©crite par Christophe Cazenove et StĂ©phanie MulliĂ© et dessinĂ©e par CĂ©line ThĂ©raulaz, une artiste dont nous avons dĂ©jĂ  croisĂ© le travail


Donc, j’en reviens Ă  la musique. La tournĂ©e a Ă©tĂ© triomphale et le public attend avec impatience (le directeur du théùtre aussi, le concert final de Giovanna-Rose et ses musiciens
 Les musiciens arrivent, les uns aprĂšs les autres, prennent possession de la salle mais
 car il y a bien un « mais » 
 la pianiste n’arrive pas Ă  jouer. C’est comme si elle Ă©tait bloquĂ©e, paralysĂ©e, aucune note ne sort de ses mains, de ses doigts
 C’est terrible, angoissant et les musiciens aimeraient tout faire pour sauver leur concert final et surtout sauver leur pianiste virtuose et lui permettre de se remettre Ă  jouer (avec le talent qu’on lui connait, surtout !).

Chacun y va de son petit « truc » mais tout est peut-ĂȘtre plus complexe que prĂ©vu. Ce n’est probablement pas un petit blocage d’articulation ou un trouble cĂ©rĂ©bral passager
 Et si sa vie Ă©tait Ă  un carrefour, Ă  un grand tournant, face Ă  un mur infranchissable


Quand elle se remet Ă  jouer quelques notes, on est loin de ses prouesses classiques et habituelles
 Pourquoi ? Doit-elle changer de genre musical ? Est-ce que ses proches, ses amis, ses « musiciens », son public acceptera un tel virage Ă  180° ?

Je ne vais pas donner toutes les clefs de cette bande dessinĂ©e mais j’ai beaucoup aimĂ© l’idĂ©e des auteurs qui ont dĂ©cidĂ© de faire vivre la musique sur du papier Ă  partir de mots, de notes de musique libres de dessins et couleurs
 C’était risquĂ©, mais cela fonctionne admirablement bien et on peut lire cette musique, bercĂ© par des quatuors classiques, de jazz ou mĂȘme de musique contemporaine
 Cela fonctionne avec toutes les musiques !

C’est aussi une histoire profondĂ©ment humaine qui montre que l’on peut faire des choix un jour puis revenir sur la question en prenant d’autres chemins
 Cela montre aussi la question cruciale de la libertĂ© et ce n’est pas qu’un sujet du baccalaurĂ©at, c’est un aspect vital de nos vies comme cela l’est pour notre pianiste Giovanna-Rose
 enfin, cela montre que l’on peut aimer de trĂšs nombreuses formes musicales et qu’il faut en profiter durant l’étĂ© et ses festivals pour dĂ©guster ici du classique, lĂ  du jazz, plus loin de la chanson française et enfin du pop ou du rap
 Ne sous-estimons aucune musique, elles nous parlent toutes de la vie humaine !

Une excellente bande dessinĂ©e Ă  lire en patientant avant un festival et comme l’étĂ© c’est fait pour lire


Vous devez ĂȘtre connectĂ© pour poster des messages : S'identifier ou Devenir membre

Vous devez ĂȘtre membre pour poster des messages Devenir membre ou S'identifier