Shelton
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21/06/2026 @ 09:34:43
L’étĂ© c’est fait pour lire et ceux qui me suivent depuis longtemps, Ă  la radio ou sur Internet savent qu’il ne s’agit pas d’un simple slogan, d’un titre d’émission ou de chronique, mais bien d’une volontĂ© de partager avec vous, chaque jour durant tout l’étĂ© des lectures... Je n’ambitionne pas de vous faire lire un livre par jour mais j’espĂšre que rĂ©guliĂšrement un ouvrage retiendra votre attention, qu’un livre rejoindra ainsi votre table de nuit et que sa lecture vous procurera beaucoup d’émotion... L’émotion ressentie dans la lecture est au cƓur du bonheur du lecteur et c’est Ă  force de l’oublier que l’on finit par ne pas transmettre le goĂ»t de la lecture aux plus jeunes... Lisez, rendez-vous heureuses et heureux, partagez avec vos proches vos lectures, laissez vos livres accessibles aux plus jeunes...

Pour rĂ©aliser cette chronique, je lis beaucoup (et avec plaisir), et je tente (chaque fois que je peux) de varier les plaisirs. Il n’y a pas d’autres possibilitĂ©s pour donner envie de lire que de varier les types, les genres, les thĂšmes... Il y aura donc dans ce choix (par principe subjectif !) des romans, des bandes dessinĂ©es, des livres jeunesse, des essais, des ouvrages d’histoire, des beaux livres, du théùtre, de la poĂ©sie... Oui, il en faut pour tous les goĂ»ts. Certes, j’assume que ces lectures sont issues de mes choix mais je me force (sans trop de violence) Ă  lire des ouvrages que je ne sĂ©lectionne pas de façon prioritaire au dĂ©part...
Dimanche 21 juin

Enfin, puisqu’il est question de lecture estivale, je choisis rĂ©guliĂšrement des livres que l’on peut prendre plaisir Ă  lire Ă  la plage, Ă  l’ombre d’un vieil arbre ou les pieds dans l’eau... LĂ  encore, c’est trĂšs personnel car j’avoue que lire un ouvrage de philosophie au bord d’un lac ne m’a jamais posĂ© le moindre problĂšme... SĂ©nĂšque les pieds dans l’eau, Simone Weil avec des cris d’enfants en fond, Roland Barthes allongĂ© dans l’herbe... Oui, tout cela fait bien partie de ma vie !

Tout au long de l’annĂ©e, lecture aprĂšs lecture, je pose dans un carton tous les ouvrages que je souhaite vous prĂ©senter durant l’étĂ© et comme chaque annĂ©e, je l’avoue, je n’arriverai pas Ă  tout vous proposer ! En effet, mĂȘme si certains se dĂ©solent de la pauvretĂ© des nouveautĂ©s, comme je pioche allĂšgrement dans les livres anciens, oubliĂ©s et recouverts de poussiĂšre par les ans qui passent, je ne manque jamais d’idĂ©e pour remplir ma chronique...

Il ne me reste donc qu’à vous souhaiter de piocher de ci ou lĂ  les titres qui vont vous donner envie, puis, que ce soit en bibliothĂšque, en librairie, en vide grenier, neuf ou d’occasion, de trouver ces livres et de prendre le temps de les lire, les dĂ©vorer, les ressusciter (que c’est triste un livre qui se dessĂšche sans lecteur !), les partager Ă  votre tour et de vivre ainsi un trĂšs bel Ă©tĂ©... Et, comme l’étĂ© c’est fait pour lire, trĂšs bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
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22/06/2026 @ 08:34:33
Lundi 22 juin

L’étĂ© c’est fait pour lire et on parlera rĂ©guliĂšrement de roman policier. Il faut dire que j’ai pris un engagement assez lourd avec l’UniversitĂ© pour Tous de Bourgogne du Creusot, celui de prĂ©senter durant l’annĂ©e universitaire prochaine, un cycle de quatre ou cinq confĂ©rences sur les hĂ©ros de romans policiers. Travail considĂ©rable, bien sĂ»r, et j’ai trouvĂ© quelques limites pour rendre tout cela jouable.

Sans vous donner tous les dĂ©tails, prĂ©cisons puisque cela aura un impact sur ces chroniques policiĂšres, que l’on ne parlera que de hĂ©ros rĂ©currents, que l’on se limitera aux romans policiers europĂ©ens (et encore pas tous), amĂ©ricains et australiens. Oui, cela signifie que je ne parlerai pas du roman policier asiatique, africain ou sud-amĂ©ricain. Attention, aucun jugement de valeur pour ces livres et leurs auteurs, seulement un constat, je les connais beaucoup moins que les autres et j’en tire bien humblement les consĂ©quences.

DeuxiĂšme limite et de taille, je ne relirai pas tous les romans que j’ai lus depuis que j’aime le roman policier, c’est-Ă -dire depuis mon adolescence. D’autre part, pour les hĂ©ros que je vais dĂ©couvrir, lĂ  aussi, je vais tenter de ne pas lire les sĂ©ries entiĂšres
 Enfin, c’est un objectif mais je l’ai dĂ©jĂ  mis Ă  mal car j’ai dĂ©couvert les romans policiers de Eva Björg Aegisdottir, il y a quelques semaines, et j’ai dĂ©jĂ  avalĂ© Ă  grande vitesse tous les romans de la sĂ©rie de son enquĂȘtrice Elma
 Mais, il fallait bien que je me donne quelques limites car les nuits ne sont pas assez longues pour lire tous les romans policiers qui existent en version française (oui dĂ©solĂ©, je ne lis pas encore le finlandais, le suĂ©dois ou l’islandais dans le texte !).

Depuis plusieurs mois, je dĂ©vore donc de trĂšs nombreux romans policiers et j’ai pensĂ© que c’était une belle occasion de donner Ă  cette littĂ©rature un peu plus de place que les derniĂšres annĂ©es, d’autant plus que je suis Ă©bloui par la quantitĂ© de polars produits et surtout par la qualitĂ© d’écriture et de traduction d’un grand nombre d’entre eux


Il y a deux jours, j’ai lu un roman d’Edgar Wallace, un auteur que je lisais bien quand j’avais la vingtaine. LĂ , je suis tombĂ© de mon fauteuil tant l’ouvrage Ă©tait mal Ă©crit et mal traduit, aux limites de l’indigence littĂ©raire
 Je me suis alors renseignĂ© sur Edgar Wallace que je ne connaissais pas rĂ©ellement. Il n’écrivait pas ses romans, il enregistrait ses histoires au dictaphone et c’est sa secrĂ©taire qui assurait la retranscription Ă©crite, pas Ă©tonnant donc que son style ne soit pas trĂšs brillant ni travaillé  Relire n’est pas toujours source de bonheur


Mais j’espĂšre vous donner quelques belles idĂ©es de lectures ou relectures car les bons romans policiers se reconnaissent au fait que l’on puisse les lire plusieurs fois tout en connaissant le nom des coupables et autres dĂ©tails importants !

Alors, trĂšs bonne lecture et Ă  trĂšs vite !

Shelton
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23/06/2026 @ 07:36:21
Mardi 23 juin

L’étĂ© c’est fait pour lire et cet Ă©tĂ© je vais essayer de vous prĂ©senter un peu de notre histoire une fois par semaine. Certes, ce n’est pas en quelques lignes que nous traiterons Ă  chaque fois d’une question complĂšte et de façon exhaustive, c’est une certitude, mais, je tenterai de vous vous donner quelques Ă©lĂ©ments avec une ou deux pistes pour aller plus loin


Je sais bien que de nombreux ouvrages historiques font peur au lecteur non spĂ©cialiste et je ne pourrai pas, malheureusement, rendre certains livres d’historiens accessibles Ă  tous. Donc, d’une part je vais chercher des livres dits de vulgarisation (attention, ce qualificatif n’est absolument pas pĂ©joratif, il dĂ©signe ce qui pĂ©dagogiquement rend accessible Ă  tous en respectant ce qui est par ailleurs scientifiquement admis en ce moment) et d’autre part, quand les livres sont plus complexes (et lĂ  encore rien de pĂ©joratif dans mes propos) je travaillerai Ă  vous en dĂ©livrer la substantifique moelle, c’est-Ă -dire l’essentiel pour aller un peu plus loin dans la connaissance d’une question historique


Dans les questions que nous aborderons cet Ă©tĂ©, je peux dĂ©jĂ  vous citer la reprĂ©sentation des rois de France dans l’art, l’histoire de l’Inquisition, le catharisme en France, plus exactement dans le Languedoc, Jeanne d’Arc (pourquoi devrait-on laisser cette hĂ©roĂŻne aux mains de l’extrĂȘme-droite ?), Emile de Girardin, la naissance de la III° RĂ©publique, Waldeck-Rousseau, Aristide Briand, la loi de 1905, l’Ukraine, le Moyen Orient, et de trĂšs nombreux autres sujets. VariĂ© et ambitieux, ce programme n’a pas pour objectif de vous transformer en experts mais simplement de vous donner envie de creuser au moins un sujet cet Ă©té  Un mardi pour l’histoire, ce n’est finalement pas si important et cela vous rappellera vos cours d’histoire
 Pour certains, j’en faisais partie, c’était un moment de pur bonheur, pour d’autres, j’en ai connu, c’était juste l’enfer Ă  supporter avant une autre matiĂšre
 et peux aussi le comprendre !

Mais il me semble que pour tous, se replonger un peu dans l’histoire c’est se donner des outils pour ĂȘtre des citoyens plus avertis, plus informĂ©s et Ă©viter quelques erreurs. Depuis quelques annĂ©es, sur diffĂ©rents sujets (je pense Ă  la laĂŻcitĂ©, l’extrĂȘme-droite, l’antisĂ©mitisme, la publicitĂ© dans la presse, les grands groupes de presse et les liens avec les politiques et les financiers, la guerre en Ukraine ou au Moyen-Orient
) on a entendu de nombreux intervenants, parfois trĂšs brillants par ailleurs, manquer de bases historiques solides et Ă©noncer des contre-vĂ©ritĂ©s avec un aplomb surprenant !

Donc, il est temps de se donner quelques repĂšres solides pour tenir notre rĂŽle de citoyen d’une dĂ©mocratie vivante, de participer Ă  tous les dĂ©bats sans se couvrir de ridicule, pour voter avec la raison plus qu’avec les sentiments, bref pour cela, il faudra juste faire quelques petits efforts de lecture


Mais comme l’étĂ© c’est fait pour lire, c’est bien le moment, alors bonne lecture !

Shelton
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24/06/2026 @ 07:36:06
Mercredi 24 juin

L’étĂ© c’est fait pour lire et le mercredi cet Ă©tĂ© sera consacrĂ© autant faire se peut, Ă  la littĂ©rature dite jeunesse. Je dis bien « dite jeunesse » car je reste persuadĂ© que la littĂ©rature jeunesse, pour une grande partie, est faite pour tout le monde. En effet, si vous voulez faire lire un livre Ă  un jeune (qu’est-ce qu’un jeune, d’ailleurs ? Disons un ĂȘtre humain de moins de 15 ans !), il convient d’avoir lu soi-mĂȘme le livre en question : les arguments sont plus faciles Ă  trouver, les rĂ©ponses aux questions Ă©ventuelles plus Ă©videntes, les discussions aprĂšs lectures (ce qu’il faut systĂ©matiquement privilĂ©gier) plus simples Ă  vivre
 Par ailleurs, cette littĂ©rature jeunesse (je n’évoque pas ici les traductions bon marchĂ© et sans intĂ©rĂȘt) est globalement de qualitĂ©, adaptĂ©e aux diffĂ©rentes tranches d’ñge, profonde, bien construite et elle permet d’aborder de trĂšs nombreux sujets graves comme la vie, la mort, la maladie, l’amour, la parentalitĂ©, le risque, le bonheur et j’en passe encore
 Elle peut aider dans toutes les situations, de la meilleure Ă  la pire !

Mais, je voulais aussi revenir sur un point capital, du moins pour moi, Ă  savoir l’illustration. En effet, de trop nombreux prescripteurs encore, parents, grands-parents et autres membres de la famille en particulier, estiment que le texte est essentiel et l’illustration secondaire, voire superficielle et inutile
 Qu’il me soit permis, une fois encore de dire et redire que l’illustration, quand elle est bien faite, est un Ă©lĂ©ment supplĂ©mentaire du livre, une prĂ©cision, une mise en situation, parfois mĂȘme un point qui n’est pas abordĂ© dans le texte
 C’est essentiel Ă  la bonne perception de l’ouvrage et il faut prendre le temps de regarder avec beaucoup d’attention ces illustrations, laisser l’enfant s’en imprĂ©gner et ne pas penser que l’on est en train de perdre du temps
 C’est aussi un moment de mĂ©morisation qui se construit chez l’enfant, le dessin lui permettra de revenir sur le livre seul et de comprendre mieux les messages et histoires portĂ©s


Il n’y a pas de sous-littĂ©rature, il y a de bons et de moins bons livres mais le fait que ce soit texte seul (par exemple un roman), texte illustrĂ© (comme un bel album) ou texte et dessin mĂȘlĂ© (comme une magnifique bande dessinĂ©e) ne prĂ©juge en rien de la qualitĂ©, elle est ailleurs que dans la forme !

Pour illustrer mon propos, je vous invite Ă  lire et relire les Fables de La Fontaine dont le texte n’a plus Ă  ĂȘtre dĂ©fendu, il a fait ses preuves. Mais, aujourd’hui, il n’existe presque plus de versions avec texte seul. Elles sont illustrĂ©es par des artistes tous plus pointus les uns que les autres
 et il y a des versions extraordinaires qu’il faut, encore et encore, lire, relire et admirer ! Je pense, par exemple, aux fables de La Fontaine illustrĂ© par le grand maitre Benjamin Rabier (vous savez celui qui a inventĂ© La vache qui rit), ce fablier existe en rĂ©plique de l’édition de 1906 et c’est un bonheur total. D’ailleurs, pour beaucoup d’entre nous, quand nous pensons aux Fables de La Fontaine nous avons en mĂ©moire des images de Benjamin Rabier, ou, je le concĂšde, de Gustave DorĂ© ! Alors, ne privons pas les enfants de ces belles images et trĂšs bonne lecture, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire !

Shelton
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25/06/2026 @ 08:46:46
Jeudi 25 juin

L’étĂ© c’est fait pour lire et si je vous parle de la Bretagne, de l’üle de Groix et de lecture, vous allez vous mettre Ă  rĂȘver, baignades, sieste Ă  l’ombre, bon roman dans les mains, tranquillitĂ©, sĂ©rĂ©nitĂ© et vacances ! Vous aurez partiellement raison car il s’agit bien de vous proposer un trĂšs bon roman de Sophie Tal Men, « MalgrĂ© tout ce qui nous sĂ©pare ».

Malheureusement, en ce qui concerne les vacances et l’étĂ©, il faudra attendre un peu car le roman commence en mai 1945, une pĂ©riode encore trĂšs difficile pour les habitants de l’üle de Groix, les fameux Groisillons ! Il faut dire (ne vous inquiĂ©tez pas si vous n’en saviez rien, Sophie va tout vous expliquer en cours de roman !) que l’üle de Groix appartient au rĂ©duit nazi de Lorient, un point vital pour leur dĂ©fense et il faudra attendre un peu plus que pour le reste de l’Ouest pour obtenir la libĂ©ration
 Dans ce roman qui se dĂ©roule Ă  la fin de la Seconde Guerre mondiale, les nazis seront encore trĂšs prĂ©sents sur cette Ăźle de Groix ce qui amĂšnera aux circonstances du roman ! Car il s’agit bien d’un roman et non d’un livre d’histoire


Donc, on a une hĂ©roĂŻne, Rose, qui est la seule sage-femme sur l’üle durant la guerre. MĂȘme si elle n’est pas payĂ©e comme avant, elle se sent responsable des femmes qui vont transmettre la vie durant cette pĂ©riode difficile, elle accompagne les jeunes enfants, surtout ceux en difficultĂ© (la faim peut ĂȘtre terrible !) et elle a l’autorisation spĂ©ciale pour se dĂ©placer Ă  vĂ©lo sur toute l’üle
 En quelque sorte, elle incarne un personnage central (et pas seulement dans le roman !). Puis, un jour, les nazis rĂ©quisitionnent deux chambres dans son logement (du moins celui de son pĂšre) et tout va changer ! Ces officiers logĂ©s sont des ennemis et il va falloir trouver un Ă©quilibre de vie, faire en sorte de ne pas les croiser (ou le moins possible), bref de « partager » un logement avec des infrĂ©quentables !

Bon, comme il s’agit d’une histoire trĂšs bien construite, je ne voudrais pas trop vous en dire pour qu’en lisant ce roman vous puissiez profiter d’un certain suspense en suivant la romanciĂšre dans ce qui ressemble presque Ă  une enquĂȘte
 Parlons donc de quelques personnages
 On a une petite Simone (parfois l’enfant que l’on a aidĂ© Ă  naĂźtre doit ĂȘtre accompagnĂ© pour vivre, survivre
), on a AimĂ©, le pĂšre de rose, une vĂ©ritable tĂȘte de Breton qui n’a envie de rien partager avec ces nazis qui devraient rentrer chez eux le plus rapidement possible ; Morgane qui est Ă  la fois de la famille de Rose mais une sorte de meilleure amie ; un certain Joseph dont on va dĂ©couvrir, de page en page, qui il est, comment il fonctionne, ce qu’il ressent
 Rien n’est ici dans l’excĂšs, tout est en touche subtile avec une romanciĂšre qui sait choisir ses mots, le ton, le rythme pour le plus grand plaisir des lecteurs !

Voici donc un trĂšs bon roman, estival bien sĂ»r car ayant pour cadre une Ăźle, le bord de l’ocĂ©an, la Bretagne
 et comme l’étĂ© c’est fait pour lire, je ne peux que vous souhaiter un trĂšs beau moment de lecture avec « MalgrĂ© tout ce qui nous sĂ©pare » de Sophie Tal Men !

Shelton
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26/06/2026 @ 07:50:45
Vendredi 26 juin

L’étĂ© c’est fait pour lire et le vendredi, ce sera souvent un roman policier. Aujourd’hui, je vous propose le petit dernier de Jean Failler, le soixante-cinquiĂšme de la sĂ©rie des enquĂȘtes de Mary Lester. Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette sĂ©rie et cette policiĂšre de Quimper, juste quelques Ă©lĂ©ments pour poser cette sĂ©rie. Tout d’abord, Mary Lester est une policiĂšre que l’on suit depuis le dĂ©but de sa carriĂšre, elle est actuellement commandant, et Ă  chaque enquĂȘte le romancier nous emmĂšne dans un lieu de Bretagne ce qui permet de visiter ainsi presque toute la Bretagne. Parfois, on revient sur le lieu d’une enquĂȘte passĂ©e comme Belle-Île par exemple
 Avec ce dernier roman, Demain sera un autre jour, nous allons rester dans Quimper et sa proche banlieue, si on peut considĂ©rer que BĂ©nodet ou Fouesnant appartiennent Ă  la banlieue de Quimper


Le second aspect que je souhaite mettre en avant dans cette sĂ©rie c’est le fait que Jean Failler n’insiste jamais sur l’aspect sanglant des meurtres, il ne joue pas avec des descriptions sidĂ©rantes, il se contente de nous donner les Ă©lĂ©ments importants mais sans en mettre trop
 On peut donc dire que cette sĂ©rie propose des romans policiers, accessibles Ă  tous, avec un fond local breton sans pour autant sombrer dans un rĂ©gionalisme excessif. Ce n’est donc pas une sĂ©rie rĂ©gionale mais bien une sĂ©rie policiĂšre tentant de suivre la procĂ©dure au plus prĂšs avec une juge, la juge Laurier qui est un personnage rĂ©el et important de cette sĂ©rie


Alors, dans ce dernier roman, il est question d’un meurtre, la mort de Fernand Tondelier, prĂ©sident du CCI (attention, je n’ai pas dit la CCI), une entreprise locale mais avec des implications nationales. Il a Ă©tĂ© abattu de deux coups de fusil de chasse Ă  bout portant et la police a arrĂȘtĂ© un ferrailleur voisin qui Ă©tait en conflit avec la victime et qui publiquement, avait annoncĂ©, publiquement, sa volontĂ© de tuer ce Fernand Tondelier
 Donc, tout parait trĂšs simple mais Mary Lester fait remarquer Ă  son divisionnaire que le dossier est assez vide : pas de preuve, pas de tĂ©moin, pas d’arme ni aveu ! Elle demande donc de reprendre cette enquĂȘte


Cette enquĂȘte, du coup, se fait Ă  postĂ©riori, elle est pleine de rencontres, de dialogues, de rĂ©flexions qui mĂšnent Ă  une connaissance de la victime et du suspect, Branchu. On est presque dans un roman social avec un fond sur la justice, l’ordre social et l’intĂ©gritĂ© de l’enquĂȘteur
 Un brin moraliste d’une certaine façon, mais juste ce qu’il faut pour ne pas lasser le lecteur


Il s’agit d’un bon roman estival, trĂšs agrĂ©able Ă  lire, oĂč on va retrouver presque tous les acteurs de ce commissariat de Quimper : Mary, J-P, Gertrude, Jeanne, Passepoil
 et c’est bien sympathique !

Comme « L’étĂ© c’est fait pour lire », c’est un roman qu’il faut glisser dans sa valise ou acheter sur place si vous avez dĂ©cidĂ© de passer quelques jours de villĂ©giature dans ce magnifique FinistĂšre sud ! Bonne lecture !

Shelton
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27/06/2026 @ 08:22:38
Samedi 27 juin

L’étĂ© c’est fait pour lire et ceux qui me suivent depuis longtemps savent que je n’hĂ©site jamais Ă  truffer ma chronique estivale de quelques classiques, non pas pour satisfaire quelques anciens professeurs nostalgiques de lettres classiques mais, tout simplement, parce que j’aime lire et relire Balzac, Flaubert, Zola et d’autres
 Aujourd’hui, on parlera de Balzac et de La peau de chagrin.

Bien sĂ»r, il ne s’agit pas d’une nouveautĂ© car le roman a Ă©tĂ© publiĂ© en 1831 et il appartient Ă  la fameuse ComĂ©die humaine. Alors, quel a Ă©tĂ© le mĂ©canisme qui me pousse Ă  ressortir ce roman de la poussiĂšre qui le couvre gĂ©nĂ©ralement dans nos bibliothĂšques ? Il est trĂšs simple : la parution d’un excellent album de bande dessinĂ©e, signĂ© Rodolphe pour le scĂ©nario et Griffo pour le dessin, Chagrin. Cet ouvrage est une adaptation du roman d’HonorĂ© de Balzac, adaptation de trĂšs bonne qualitĂ©, trĂšs respectueuse de l’original, mise en chair façon XIX° siĂšcle sans pour autant lui donner un aspect vieillot ou dĂ©passé  RaphaĂ«l, le hĂ©ros ou anti-hĂ©ros, devient un acteur bien vivant que l’on suit jusqu’à son trĂ©pas avec intĂ©rĂȘt et passion
 Ma fille, qui n’aime pas trop le rythme des romans de Balzac dirait que cela se lit beaucoup mieux que le texte du XIX° siĂšcle tandis que j’affirmerais que c’est une excellente stimulation pour se plonger dans le texte balzacien
 A chacun sa perception !

Le thĂšme est simple : RaphaĂ«l, dĂ©sespĂ©rĂ© et au bord du gouffre, entre chez un antiquaire et dĂ©couvre une « peau de chagrin » 
 Une peau encadrĂ©e qui exaucerait tous les vƓux de celui qui la possĂšderait
 L’antiquaire qui se dit heureux dans la vie n’en a pas besoin et l’offre Ă  RaphaĂ«l qui de toute façon n’avait pas les moyens de la payer


Qu’en fera-t-il ? Trouvera-t-il la renommĂ©e comme Ă©crivain ? La richesse en dandy parisien et mondain ? L’amour dont il rĂȘve parfois ? Cela, vous allez le dĂ©couvrir vous-mĂȘmes en lisant soit la version BD soit le roman, de façon idĂ©ale les deux
 Mais, on le sent trĂšs vite, ces vƓux exaucĂ©s et rĂ©alisĂ©s ont un coĂ»t, un coĂ»t dramatique pour la vie de ce pauvre RaphaĂ«l
 et cette « peau de chagrin » pourrait bien devenir une sorte de damnation
 Mais n’en disons pas trop !

Il me semble que Rodolphe nous montre de façon claire et dĂ©finitive que la littĂ©rature est habitĂ©e par de grands thĂšmes qui vont et viennent, appropriĂ©s par de nouveaux auteurs qui nous livrent les uns aprĂšs les autres ces destins humains qui sont aussi un peu les nĂŽtres ! C’est, vous l’aurez bien compris, une revisite du mythe de Faust


Alors profitons de cette occasion, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire, de dĂ©couvrir cette bande dessinĂ©e « Chagrin » de Rodolphe et Griffo, n’hĂ©sitons pas Ă  lire ou relire « La peau de chagrin » et, surtout trĂšs bonne lecture Ă  toutes et tous !

Shelton
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28/06/2026 @ 09:22:31
Dimanche 28 juin

L’étĂ© c’est fait pour lire et avouez que parfois on aime bien relire des ouvrages qui ont marquĂ© notre jeunesse
 Une façon comme une autre de retarder (au moins en apparences) les effets du temps auxquels nous n’échappons pas ! Alors, Fabcaro, romancier et bĂ©dĂ©iste, s’amuse (mais ce n’est pas qu’un jeu) Ă  relire un club des cinq, enfin, non, Ă  Ă©crire un club des cinq. Alors, pour Ă©viter toute mĂ©prise et difficultĂ©s avec l’éditeur traditionnel de cette sĂ©rie Ă  laquelle nous n’avons pas Ă©chappĂ©, il nous propose dans la sĂ©rie « Les cinq ami.e.s », le roman « Les cinq ami.e.s l’échappent belle in extremis », le tout dans un livre aux formes proches de la grande bibliothĂšque rose
 L’objet lui-mĂȘme va en faire rĂȘver plus d’une et plus d’un


Bien sĂ»r, Fabcaro, en auteur de bande dessinĂ©e, va assurer une sĂ©rie d’illustrations dignes de celles des annĂ©es soixante mais y glissera aussi quelques dessins de son cru proche de son style bĂ©dĂ© habituel et quelques autres Ă©lĂ©ments bien dĂ©jantĂ©s (photo, collage
). Parfois, on est dans du trĂšs drĂŽle
 je n’en dis pas plus !

Reste Ă  aborder le contenu du roman lui-mĂȘme ! LĂ , il y a plusieurs choses Ă  prĂ©ciser pour que tout soit bien clair entre nous. Tout d’abord, il ne s’agit pas d’un roman jeunesse mais bien d’un « ancien » jeune qui s’amuse Ă  Ă©crire un roman jeunesse des annĂ©es soixante en s’en moquant, en pointant du doigt des prĂ©jugĂ©s, des clichĂ©s, des façons d’écrire
 Pour ceux qui ont lu jadis le Club des cinq, c’est tout simplement Ă  hurler de rire tandis que pour ceux qui avaient Ă©chappĂ© Ă  cette « littĂ©rature » ce sera probablement un peu lourd et sans intĂ©rĂȘt (du moins, c’est ce que je pense !).

Pour ce qui est de l’histoire elle-mĂȘme, elle n’est pas des plus passionnantes, un groupe de quatre enfants et un chien, cela vous rappellera la sĂ©rie initiale. Ici Dagobert est remplacĂ© par Attila. Nous sommes en pĂ©riode estivale et ce sont bien les vacances qui permettent le rassemblement de Garance, NathanaĂ«l, Apolline et Bruno
 Non, je n’oublie pas Attila mais je ne mĂ©lange quand mĂȘme pas les enfants et les animaux ! Mais les vacances vont ĂȘtre compliquĂ©es car une pochette de documents a disparu


Bon, le lecteur comprend trĂšs vite ce qu’il en est mais il doit faire comme si
 Comme si les mĂ©chants Ă©taient d’abord des gens du voyage ou des asiatiques sulfureux
 Oui, ici, l’auteur va pointer du crayon tous les partis pris d’une Ă©poque car on le comprend bien, les quatre enfants sont bien blancs et propres sur eux tandis que


Cette parodie de roman jeunesse d’une Ă©poque est aussi lĂ  pour montrer comment on nous inculquer certaines idĂ©es via les romans jeunesse et c’est ce qui nous fait rire dans un premier temps, puis rĂ©flĂ©chir avant de nous prĂ©cipiter dans la bibliothĂšque de nos petits-enfants pour vĂ©rifier que l’on n’a pas laissĂ©, par erreur, un vieux club des cinq ou clan des sept !

Merci Fabcaro de cette lecture estivale un peu différente et trÚs bonne lecture !

Shelton
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29/06/2026 @ 08:10:43
Lundi 29 juin

L’étĂ© c’est fait pour lire et puisque nous sommes le jour du polar, faisons un petit bout de chemin avec un certain Sherlock Holmes ! Certes, j’aurais pu vous proposer une escale par les incontournables textes du canon holmĂ©sien mais j’estime que ces romans et nouvelles sont quand mĂȘme trĂšs connus et je prĂ©fĂšre Ă©voquer un petit roman contemporain qui vient de sortir, Sherlock Holmes en Suisse. C’est signĂ© Nicolas Turon et on le trouve dans une collection incroyable qui prĂ©sente de nombreux pastiches de Conan Doyle tout en laissant les auteurs imaginer des voyages improbables de Sherlock en France et en Suisse


Improbables, ces voyages, certes mais crédibles car positionnés avec cohérence dans la biographie du grand Sherlock qui, soit dit en passant, à une vie bien réelle et concrÚte avec la Suisse


Cette fois-ci, dans ce roman bien Ă©crit, on va suivre Sherlock Holmes et John Watson dans un voyage sur les bords du LĂ©man
 Il faut dire qu’un monstre sanguinaire est sur le point de dĂ©clencher une terreur incroyable, un monstre qui tue, qui rend mĂ©connaissable les cadavres et laisse derriĂšre lui d’étrange traces dans la vase et sur le sable, comme des empreintes de dinosaures


Si l’ami Watson est toujours aussi fragile et impressionnable, s’il continue de tomber en admiration bĂ©ate devant une belle femme, a fortiori s’il danse avec elle, Sherlock, lui, pense que tout doit trouver une explication rationnelle et il la recherche sans compter ses efforts
 Son Ă©nergie et sa crĂ©ativitĂ©, ses performances physiques et sa rĂ©flexion seront, bien sĂ»r, rĂ©compensĂ©es de fort belle maniĂšre !

Ce roman n’est pas fait, disons-le franchement, pour tous les lecteurs. Il a d’abord Ă©tĂ© Ă©crit pour les grands amateurs de Sherlock Holmes qui aiment lire de nouvelles enquĂȘtes pour garder en vie leur hĂ©ros prĂ©fĂ©rĂ©. Mais il peut aussi attirer les voyageurs dans la confĂ©dĂ©ration helvĂ©tique qui trouveront lĂ  un petit clin d’Ɠil sympathique aux habitants de cette rĂ©gion avec des clichĂ©s mignons et sans mĂ©chancetĂ©. Enfin, pourquoi pas, ce peut ĂȘtre une lecture Ă  conseiller Ă  ceux, s’il en reste encore, qui ne connaitraient pas encore Sherlock Holmes
 Une belle occasion de plonger dans le canon holmĂ©sien pour la suite de leurs vacances


Enfin, pour ceux qui sont pĂ©tris de culture holmĂ©sienne, ils prendront plaisir, Ă  croiser Conan Doyle, Ă  entendre parler de ses autres travaux, Ă  dĂ©couvrir la vie Ă  la fin du XIX° siĂšcle Ă  GenĂšve, Ă  voir se mettre en place les premiĂšres publicitĂ©s pour attirer les touristes sur les bords du lac
 Bref, un trĂšs beau livre estival et comme l’étĂ© c’est fait pour lire, trĂšs bonne lecture !

Shelton
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30/06/2026 @ 07:52:49
Mardi 30 juin

L’étĂ© c’est fait pour lire et le mardi est rĂ©servĂ© Ă  l’histoire ! Aujourd’hui, nous allons combiner histoire, art et tourisme. En effet, je voulais juste vous inviter Ă  regarder les reprĂ©sentations de nos grands personnages historiques, Ă  commencer par les rois et les grands princes sans oublier, plus proches de nous, les prĂ©sidents de la RĂ©publique.

Alors, bien sĂ»r, si vous visitez un musĂ©e qui vous propose un tableau d’un roi MĂ©rovingien rĂ©alisĂ© au XIX° siĂšcle n’imaginez certainement pas avoir en face de vous un portrait rigoureux et dĂ©taillĂ© d’un roi dont on n’a pas vu, et depuis longtemps, la tĂȘte. Comment Ă©tait le roi Dagobert ? Mais on n’en sait rien du tout. La barbe de Charlemagne Ă©tait-elle fleurie ? Pourquoi l’aurait Ă©tĂ©-t-elle ? En revanche, en fonction des moments de la rĂ©alisation de ces diffĂ©rents portraits, on peut comprendre comment Ă©tait perçu un roi, un personnage. On prend conscience de l’esthĂ©tique d’une Ă©poque, des dĂ©sirs du commanditaire, de la vision historique de ceux qui ont construit ces musĂ©es et acquis ces Ɠuvres qu’ils nous prĂ©sentent


Par exemple, si vous lisez « Au temps des rois de France » d’Isabelle Collin, vous allez plonger dans l’histoire de France, entrer en contact avec des personnages importants par l’image, peinture ou gravure, et percevoir ce que l’on pouvait penser d’eux ou de leurs actions
 et ça devient fascinant !

Quand on voit la reine Clotilde, Ă©pouse de Clovis, gravure de 1851, on mesure l’importance pour les tenants de la royautĂ© de la reine « utĂ©rus », je veux dire par lĂ  l’importance de voir naitre le plus rapidement possible un hĂ©ritier de la couronne
 Du coup, sans surprise, on voit bien que Clotilde est enceinte


Dans ce mĂȘme ouvrage, avec la mĂȘme source, on trouve une reine FrĂ©dĂ©gonde dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne parait pas trĂšs sympathique, voire qu’elle a un air sournois et rien d’étonnant pour une reine que l’on soupçonne de quelques crimes (dont roi, reine et Ă©vĂȘque !).

Au XIX° siĂšcle encore, l’iconographie de la Reine Margot fut abondante
 surtout aprĂšs la parution du livre d’Alexandre Dumas mais sans trop de fondement historique. NĂ©anmoins, elle faisait partie des personnages importants de notre histoire
 Aujourd’hui, les choses ont un peu changĂ© et quand on parle de la reine Margot certains voient sans hĂ©siter Isabelle Adjiani ! Comme quoi chaque Ă©poque peut avoir sa reprĂ©sentation propre des rois et reines


Cet Ă©tĂ© donc, prenez le temps de regarder dans les chĂąteaux et musĂ©es, ces portraits de nos personnages cĂ©lĂšbres pour mieux comprendre notre histoire et la vision que nous en avons aujourd’hui et vous pouvez lire avec beaucoup d’intĂ©rĂȘt ce « Au temps des rois de France » d’Isabelle Collin publiĂ© par GĂ©o Histoire.

TrĂšs bonne lecture !

Shelton
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01/07/2026 @ 06:26:36
Mercredi 1er juillet

L’étĂ© c’est fait pour lire et dans les lectures bien aimĂ©es des Français durant cette pĂ©riode on trouve les fameux thrillers, ces ouvrages que l’on trimbale Ă  la plage, Ă  la campagne ou dans son transat et dont on ne peut pas arrĂȘter de tourner les pages les unes aprĂšs les autres
 Parfois ils font peur, font trembler et c’est bien normal puisque cela vient du mot anglais « trembler » mais dans d’autres cas il s’agit de vĂ©ritables romans, solides, psychologiques ou Ă©rudits qui, certes, provoquent quelques angoisses aux lecteurs mais, surtout, lui apportent le grand plaisir du lecteur entre suspense et savoir, entre meurtres et grand amour, entre retour en arriĂšre dans un lointain passĂ© et espĂ©rance d’un avenir meilleur
 C’est dans cette catĂ©gorie de romans que je classe les enquĂȘtes de Marcas de Giacometti et Ravenne ou Anthropodermia de FrĂ©dĂ©rique Molay
 et c’est ce dernier que j’ai choisi de vous prĂ©senter aujourd’hui !

FrĂ©dĂ©rique Molay oublie, au moins le temps de l’écriture de ce pavĂ© de prĂšs de 600 pages son policier attitrĂ©, le commissaire Nico Sirsky (5 romans parus Ă  cette date) pour nous conduire dans une incroyable et Ă©poustouflante aventure
 Tout part d’un suicide banal, enfin s’il s’agit bien d’un suicide
 On va voyager dans le temps puisque tout commencera Ă  Paris en 1475, on fera escale sur la cĂŽte d’Azur au XIX° siĂšcle avant de passer par Istanbul de nos jours et rejoindre Paris ! Et encore, je ne vous dis pas tout !

Les personnages sont trĂšs sympathiques ou carrĂ©ment horribles
 Heureusement, Katell, Samuel ou Claire sont lĂ  pour nous rassurer et on en a bien besoin
 Les femmes sont trop souvent les victimes mĂȘme si certains hommes souffrent aussi. Enfin, il est question de
 (non, je ne vais pas vous en dire plus car je pourrais divulgĂącher – comme disent nos cousins du QuĂ©bec – et il faut vous laisser dĂ©couvrir l’objet central de ce livre majestueux !

D’ailleurs, il faut que je vous mette en garde. Prendre un livre en main est toujours un acte Ă  hauts risques. Ici, c’est pire
 DĂšs que vous aurez lu quelques pages, vous allez ĂȘtre pris d’une frĂ©nĂ©sie immaitrisable, dĂ©lirante et presque fatale. Cela commencera par une nuit blanche ou plus selon votre vitesse de lecture et, en toute fin de roman, qui sait, vous aurez peut-ĂȘtre du mal Ă  tenir le livre en mains


Donc, superbe thriller estival, qu’il faut lire sans hĂ©siter (Ă  moins d’ĂȘtre rĂ©ellement allergique Ă  cette littĂ©rature – car il s’agit bien de littĂ©rature) et comme l’étĂ© c’est fait pour lire, trĂšs bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Shelton
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02/07/2026 @ 07:52:30
Jeudi 2 juillet

L’étĂ© c’est fait pour lire et on a bien le droit de lire ce que l’on veut. En effet, pourquoi devrait-on tous lire les mĂȘmes choses, s’extasier en chƓur sur les mĂȘmes Ɠuvres, simuler le plaisir de la lecture Ă  tout moment mĂȘme quand on s’ennuie Ă  mourir dans un texte dit classique ? On pourrait ainsi continuer Ă  l’infini sans oublier les classements genrĂ©s stupides qui font la loi dans certaines librairies ou officines de critiques. Il y aurait, parait-il, des romans pour femmes (sous-entendu pour celles qui ne savent pas rĂ©flĂ©chir !). Je me suis toujours opposĂ© Ă  ce type de classement et je persiste et signe !

En effet, je pense que tout livre peut trouver ses lecteurs – et le point que l’on peut prĂ©ciser, sans aucun doute, c’est que l’éditeur doit effectuer son travail pour, d’une part, pousser l’auteur Ă  sortir le meilleur de lui et, d’autre part, prĂ©senter le livre de façon honnĂȘte et claire pour que le lecteur puisse comprendre si ce roman est pour lui
 La lectrice ou le lecteur doit pouvoir choisir le bon livre pour le bon moment sans avoir Ă  se soucier si le livre est classĂ© pour les unes ou les autres
 Pour illustrer ce propos, je vous invite Ă  dĂ©couvrir aujourd’hui « Les hirondelles ne font pas le printemps » de Cynthia Kafka.

Oh, je sais, j’ai bien compris que pour certains il s’agissait lĂ  de romans pour femmes, de romances diverses et de livres « qui font du bien », donc des ouvrages sans intĂ©rĂȘt. Oui, c’est vrai que Cynthia a un « parcours fĂ©minin » : professeure des Ă©coles, blogueuse, rĂ©dactrice d’article divers sur des questions plutĂŽt fĂ©minines, autrice auto Ă©ditĂ©e, puis reconnue par un Ă©diteur trĂšs connotĂ© « pour femmes ». Ne pensez pas qu’il s’agit ici de mon avis, que j’exagĂšre ou que je sois mĂ©prisant, non, il s’agit bien de ce que j’ai entendu, tout simplement


Pourtant, sans me forcer et sans m’imposer un quelconque martyre, j’ai lu son roman avec plaisir. Le principe est simple et trĂšs concret pour de nombreux parents
 Une nouvelle prof, une jeune, vient faire un remplacement dans une Ă©cole Ă©lĂ©mentaire, « Les hirondelles ». Elle « rĂ©cupĂšre » une classe de CE2-CM1 alors qu’elle ne fait que sa troisiĂšme rentrĂ©e
 Ce double niveau lui fait peur


Le lecteur est plongĂ© dans la vie de l’école, au jour le jour ou presque, avec tout ce que cela comporte : relations entre les professeurs, liens avec les parents, difficultĂ©s avec les Ă©lĂšves (psychologiques et/ou pĂ©dagogiques) 
 On accompagne aussi Lisbeth dans sa vie plus privĂ©e, en particulier les relations tumultueuses avec sa mĂšre
 et
 et
 je ne vous en dis pas plus !

Un trĂšs bon roman pour celles et ceux qui vont faire leur rentrĂ©e scolaire professionnelle, celles et ceux qui vont accompagner un enfant pour la premiĂšre fois Ă  l’école, les curieux de tout, les critiques incessants de l’école et des profs, les amateurs d’un bon roman estival
 Bref, le livre peut plaire Ă  beaucoup d’autant plus que la romanciĂšre prend de la distance avec son sujet grĂące Ă  quelques intermĂšdes « Ă  la maniĂšre d’un blog ».

Donc trĂšs bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Eric EliĂšs
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02/07/2026 @ 11:48:11
Dimanche 28 juin

L’étĂ© c’est fait pour lire et avouez que parfois on aime bien relire des ouvrages qui ont marquĂ© notre jeunesse
 Une façon comme une autre de retarder (au moins en apparences) les effets du temps auxquels nous n’échappons pas ! Alors, Fabcaro, romancier et bĂ©dĂ©iste, s’amuse (mais ce n’est pas qu’un jeu) Ă  relire un club des cinq, enfin, non, Ă  Ă©crire un club des cinq. Alors, pour Ă©viter toute mĂ©prise et difficultĂ©s avec l’éditeur traditionnel de cette sĂ©rie Ă  laquelle nous n’avons pas Ă©chappĂ©, il nous propose dans la sĂ©rie « Les cinq ami.e.s », le roman « Les cinq ami.e.s l’échappent belle in extremis », le tout dans un livre aux formes proches de la grande bibliothĂšque rose
 L’objet lui-mĂȘme va en faire rĂȘver plus d’une et plus d’un


(...)


@Shelton, il y aurait peut-ĂȘtre un autre billet Ă  faire sur nos lectures d'enfance. Je suis passĂ© semaine derniĂšre chez un bouquiniste et j'ai Ă©tĂ© surpris du prix de vente des bibliothĂšques "verte" et "rose" d'occasion, suffisamment Ă©levĂ©s pour dissuader un enfant de se laisser tenter... En fait, il paraĂźt que les Ă©ditions anciennes sont recherchĂ©es, surtout depuis que les rééditions rĂ©centes ont modifiĂ© le texte pour le simplifier, en faisant la chasse aux mots rares et au passĂ© simple considĂ©rĂ© comme trop complexe pour les enfants. Ca m'a stupĂ©fait et atterrĂ© ! Je lisais "Le club des 5" ou "Le clan des 7" (avant de venir aux "6 compagnons" et aux "livres dont vous ĂȘtes le hĂ©ros" un peu plus tard) sans difficultĂ© quand j'Ă©tais en primaire et, quand je dĂ©couvrais dans mes lectures un mot que je ne connaissais pas, j'avais - contrairement Ă  ce que pense visiblement Hachette - plaisir Ă  dĂ©couvrir de nouveaux mots ! Si on en est Ă  considĂ©rer que les enfants du primaire n'ont plus le niveau pour lire le "club des 5", je pense qu'il y a vraiment matiĂšre Ă  s'interroger sur l'effondrement du niveau scolaire, sur la capacitĂ© de lecture des jeunes gĂ©nĂ©rations et, au-delĂ , sur la lecture des adultes et l'avenir mĂȘme de la littĂ©rature...

Shelton
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03/07/2026 @ 09:00:57
Vendredi 3 juillet

L’étĂ© c’est fait pour lire mais on peut aussi aller au cinĂ©ma, surtout quand il fait trĂšs chaud et que les salles sont climatisĂ©es
 Hier, j’ai eu la chance de pouvoir dĂ©couvrir le film « Les gendarmes » avant sa sortie officielle le 5 aoĂ»t, j’ai rencontrĂ© quelques acteurs, les rĂ©alisateurs, l’équipe de la maison d’édition Bamboo qui Ă©dite « Les gendarmes » depuis la crĂ©ation en 1998.

La sĂ©rie, si certains ne connaissent pas encore, est une sĂ©rie de gags sur les gendarmes et on peut affirmer qu’il s’agit d’un humour bienveillant et accessible Ă  tous les lecteurs
 Le dĂ©fi Ă©tait d’adapter la bande dessinĂ©e en respectant le travail initial de Cazenove, Sulpice et JenfĂšvre, et bien sĂ»r de proposer un film qui se tienne ! Le dĂ©fi Ă©tait si rude qu’il faudra attendre de nombreuses annĂ©es avant de voir le travail cinĂ©matographique se mettre en route
 mais, parfois, il faut savoir attendre pour obtenir un film de qualitĂ©.

J’avoue que « Les gendarmes » est avant tout une bonne comĂ©die française, efficace, drĂŽle, cohĂ©rente et qui tient le spectateur en haleine jusqu’au bout avec une petite intrigue policiĂšre (j’ai dit « petite » mais avec un suspense qui rĂ©siste jusqu’au bout du bout
). Un diamant a Ă©tĂ© volĂ© et il faut le retrouver. Il a Ă©tĂ© cachĂ© dans un nain de jardin
 et je ne vous en dis pas plus pour vous laisser profiter de tout cela


Donc, on est bien passĂ© du gag classique en une planche Ă  un film en 90 minutes. Il n’en demeure pas moins que l’esprit des Gendarmes est bien prĂ©sent, que certaines situations gaguesques vous rappelleront la bĂ©dĂ© et que le thĂšme gĂ©nĂ©ral, le vrai, c’est la vie d’une brigade de gendarmerie nationale qui accueille un jeune stagiaire !

Le film est entiĂšrement tournĂ© en SaĂŽne-et-Loire, trĂšs exactement dans la rĂ©gion de Charnay-LĂšs-MĂącon, ville oĂč est implantĂ©e la maison d’éditions des Gendarmes, Bamboo. MĂȘme les premiĂšres scĂšnes, celles qui sont situĂ©es dans le film Ă  Anvers, sont rĂ©alisĂ©es Ă  MĂącon !

J’ai apprĂ©ciĂ© de voir ce film, mesurĂ© la qualitĂ© d’adaptation de François PrĂ©vĂŽt-Leygonie et StĂ©phan Archinard, trouvĂ© les acteurs justes et sans excĂšs (Ducret, Testot, David, Riso, Arruti, Belabbes, Gioria, Heckmann
) et surtout passĂ© un excellent moment !

Comme l’étĂ© c’est fait pour lire, vous pouvez donc commencer par relire la sĂ©rie Les gendarmes, lire l’album sur le film qui est trĂšs bien rĂ©alisĂ© et qui montre les Ă©tapes d’une telle adaptation, enfin, voir le film Ă  partir du 5 aoĂ»t 2026


TrĂšs bonne lecture !

Saule
(Je lis...)
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03/07/2026 @ 11:34:23
Eric, j'ai relu ce vieux forum et ca m'a bien fait sourire: https://critiqueslibres.com/i.php/forum/…

Je suis tout aussi étonée que le passé simple ne fasse plus partie de l'apprentissage des enfants, un peu attristé aussi.

Shelton
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04/07/2026 @ 14:30:31
Samedi 4 juillet

L’étĂ© c’est fait pour lire et voici que je vous propose de rĂ©aliser d’une pierre deux coups ! Avec cette bande dessinĂ©e, Innocent III, l’hĂ©rĂ©sie cathare, de RĂ©mi BeauprĂ© (scĂ©nario) et Christophe Babonneau (dessin), vous allez faire un voyage dans l’histoire et vivre une aventure humaine passionnante en bande dessinĂ©e. Alors, sans tarder, ouvrons cet album bĂ©dĂ© sans hĂ©sitation


Il s’agit d’un ouvrage historique mais pas d’une biographie de type universitaire (je ne fais pas de fixation contre ce modĂšle mais je sais que ce n’est pas toujours accessible Ă  tous). Donc, on ne va pas suivre Innocent III au jour le jour de sa naissance Ă  sa mort. On plonge immĂ©diatement en 1193 quand Philippe-Auguste va rencontrer Ingeburge du Danemark. Un Ă©vĂšnement bien rĂ©el qui va entrainer le roi de France dans un conflit long et profond avec Innocent III. En effet, aprĂšs un mariage express et une nuit de noces dont on ne sait pas grand-chose, Philippe Auguste dĂ©cide de renvoyer sa « nouvelle Ă©pouse » 
 Il soudoie les clercs les plus puissants du royaume pour faire valider cet acte assez inhumain (on dĂ©couvre que les deux « Ă©poux » seraient trop consanguins) mais Innocent III refuse ce « divorce » de convenance, dĂ©clare bigame le roi et l’excommunie
 Tout un programme !

Mais cette « affaire » familiale n’est pas le seul pĂŽle d’intĂ©rĂȘt du pape. Il veut lutter contre la nouvelle hĂ©rĂ©sie du moment, le catharisme qui prolifĂšre dans le sud-ouest de la France, sur les terres du comte de Toulouse en particulier. Le pape va alors essayer d’exiger du roi qu’il se lance dans une croisade intĂ©rieure contre ces hĂ©rĂ©tiques, une premiĂšre dans l’Eglise qui jusque-lĂ  ne se battait que contre les infidĂšles musulmans.

Bien sĂ»r, les deux lascars en conflit ont chacun des idĂ©es diffĂ©rentes sur la question : Innocent III veut que Rome ne soit jamais discutĂ©e et suivi Ă  la lettre tandis que Philippe-Auguste et ses successeurs (Louis VIII et Louis IX) prendront prĂ©texte de cette croisade pour imposer leur pouvoir dans une rĂ©gion oĂč ils n’étaient pas trop respectĂ©s
 D’oĂč ces fameux chĂąteaux cathares qui seront en fait les pions royaux pour imposer le pouvoir central et faire face, aussi, aux royaumes de la pĂ©ninsule ibĂ©rique


Face Ă  Innocent III, Philippe-Auguste ne gagnera rien, il n’obtiendra pas son divorce et ce roi qui pourtant garde une belle image dans l’imaginaire populaire (la bataille de Bouvine, la quatriĂšme croisade, la rivalitĂ© avec Richard CƓur de Lion
) ne connaitra, du moins avec ce que l’on sait, ni le bonheur ni la sĂ©rĂ©nité  NĂ©anmoins, Innocent et Philippe-Auguste constituent un beau duo d’aventures pour la bande dessinĂ©e


On peut aussi signaler que le dessin de Christophe Babonneau est de trĂšs bonne facture, qu’avec le scĂ©nariste RĂ©mi BeauprĂ© ils proposent une narration graphique efficace, plaisante et mĂȘme trĂšs dynamique Ă  certains moments clefs de l’histoire et, enfin, que Bernard Lecomte propose un dossier historique sĂ©rieux qui permet d’ouvrir Ă  d’autres lectures pour ceux qui veulent aller plus loin
 Donc, trĂšs bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire !

Shelton
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05/07/2026 @ 09:52:02
Dimanche 5 juillet

L’étĂ© c’est fait pour lire et nous revoici avec un roman policier, que dis-je, un bon roman policier. De plus, histoire de contredire de nombreux lecteurs du genre qui estiment que les meilleurs polars ne sont pas français, voici un roman bien français
 Quant Ă  ceux, ils existent bien, qui me serinent souvent sur les femmes qui Ă©crivent des romans policiers trop gentils et fades, nous sommes en face d’une femme française et son roman est tout sauf fade, gentil ou cosy
 Nous sommes dans du lourd, du cruel, du complexe, du volumineux
 Oui, le roman policier peut avoir de nombreux aspects et c’est bien ce qui en fait la richesse !

Nathalie Rouyer est une romanciĂšre lorraine qui Ă©crit dĂ©jĂ  depuis longtemps et qui a inventĂ© une galerie de personnages passionnants. Je vous en fait une prĂ©sentation trĂšs rapide : la policiĂšre inspectrice Maggy Muser, son fiancĂ© le mĂ©decin lĂ©giste Edouard Genvier, l’enquĂȘtrice privĂ©e Acame, son fils Cid, son amoureux policier l’inspecteur Thomas Michaelis, ce dernier Ă©tant aussi le collĂšgue de Maggy
 AprĂšs avoir vĂ©cu leurs vies chez un Ă©diteur lorrain, les voici qui se retrouve dans la grande maison Viviane Hamy
 mais pour le reste rien ne change !

Avec des circonstances particuliĂšres qui vont pousser les policiers nancĂ©iens Ă  intervenir en Alsace dans le domaine de la gendarmerie, ils vont enquĂȘter sur une mort mystĂ©rieuse sur le Mont Sainte-Odile. Une jeune femme a Ă©tĂ© retrouvĂ©e assassinĂ©e dans une tombe ancienne et l’affaire semble assez complexe
 Thomas ayant dĂ» laisser sa chĂ©rie Acame sans lui donner d’élĂ©ments, cette derniĂšre se met en tĂȘte de rĂ©soudre cette affaire avec l’aide de son fils et de son amoureuse


Oui, tout n’est pas simple dans cette histoire et il peut vous sembler surprenant de voir autant de couples dans une histoire policiĂšre, de contempler ce qui pourrait bien ĂȘtre une compĂ©tition entre deux groupes d’enquĂȘteurs (et encore je ne parle pas des gendarmes alsaciens qui sont bien prĂ©sents aussi !), mais trĂšs rapidement, on comprend bien que pour Nathalie Rouyer l’enquĂȘtrice principale est bien Acame !

En revanche, oubliez trĂšs vite les histoires un peu trop roses car ici il sera question d’archĂ©ologie, de religion, de philosophie, presque de mĂ©taphysique et de fantastique, de filiation, de folie, de moine tenant une bibliothĂšque, donc de textes trĂšs anciens et, surtout, d’affrontements entre le mal et le bien !

J’ai beaucoup apprĂ©ciĂ© cette lecture, j’ai mĂȘme envie de partir Ă  la recherche des autres romans de la sĂ©rie (mais ce n’est pas si simple Ă  trouver) et je ne peux que vous conseiller la lecture de « Meurtres au Mont Sainte-Odile », surtout si vous passez en Alsace cet Ă©tĂ©, puisque l’étĂ© c’est fait pour lire !

TrĂšs bonne lecture !

Shelton
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06/07/2026 @ 08:34:41
Lundi 6 juillet

L’étĂ© c’est fait pour lire et parfois, dans ma vie, je me suis laissĂ© distraire de la lecture estivale pour satisfaire d’autres passions : natation en eau vive, voile, randonnĂ©e pĂ©destre
 Pour la voile, je sais qu’il s’agit d’une activitĂ© particuliĂšre car pour avoir un bateau Ă  soi, il faut quelques liquiditĂ©s
 Mais, on peut aussi naviguer avec ceux qui ont besoin de coĂ©quipiers sans n’avoir jamais eu de voilier personnel. Et c’est mon cas, possĂ©der un bateau ne fut jamais d’actualitĂ© tandis que chaque occasion de sortir en mer a Ă©tĂ© saisie sans scrupule !

Ayant frĂ©quentĂ© un restaurant Ă  la TrinitĂ©-sur-Mer oĂč certains marins venaient rĂ©guliĂšrement, il m’est arrivĂ© de croiser certains grands navigateurs sans pour autant entrer dans leur intimitĂ©. Enfin, toujours dans cette mĂȘme bourgade au bord de l’OcĂ©an, j’ai pu voir et suivre moultes rĂ©gates de grosses embarcations avant leur dĂ©part pour des courses incroyables que je suivais Ă  travers les mĂ©dias et aujourd’hui via Internet


Tout cela pour inviter Ă  lire un remarquable dictionnaire amoureux, collection que j’affectionne tout particuliĂšrement, celui qui traite de la voile et qui est signĂ© par LoĂŻck Peyron, un sacrĂ© marin dont on ne va pas retracer la carriĂšre entiĂšre avec ses nombreuses victoires. Non, ici, on va le suivre et trĂšs rapidement mesurer que son dictionnaire amoureux n’est pas simplement un catalogue de souvenirs ou un passage systĂ©matique par des lieux communs ou rendez-vous obligĂ©s. Non, il nous livre un vĂ©ritable ouvrage de qualitĂ© avec des articles consĂ©quents, bien Ă©crits et trĂšs prĂ©cis aussi
 IdĂ©al donc pour les passionnĂ©s ! PrĂ©cisons aussi que LoĂŻck Peyron est aidĂ© dans son travail par Jean-Louis Le Touzet, grand reporter du journal LibĂ©ration pour lequel il a suivi, entre autres, le tour de France, la voile, le handball et mĂȘme la politique !

Revenons-en Ă  notre dictionnaire amoureux qui traitera la voile parfois de façon technique (armateur, ballasts, carbone, foils, sextant
), Ă  travers les grands marins sportifs (Peter Blake, Florence Arthaud, Olivier de Kersauson, Marc Pajot, Éric Tabarly
), en parlant de certains bateaux de courses bien connus ou moins (Banque Populaire, Lada Poch, Corsaire
 tandis que d’autres bateaux comme Pen Duik sont croisĂ©s Ă  travers d’autres articles), enfin, pour moi les meilleurs articles de l’ouvrage, des entrĂ©es improbables qui ouvrent Ă  des souvenirs, des rĂ©flexions, des morceaux d’humanitĂ© (ArrivĂ©e, Ă©quipage, houle, mal de mer, merci
). VoilĂ , je ne peux pas tout vous rĂ©vĂ©ler en quelques lignes mais c’est pour moi un trĂšs bel ouvrage particuliĂšrement adaptĂ© si vous allez flĂąner au bord de l’OcĂ©an cet Ă©té 

L’avantage d’un dictionnaire amoureux c’est que l’on n’est pas obligĂ© de le lire d’un seul coup durant ses vacances, on peut picorer toute l’annĂ©e des bribes de bonheur, de plaisir, de joie, d’émotion profonde
 Le bonheur de la lecture en quelque sorte ! Alors, trĂšs bonne lecture !

Shelton
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06/07/2026 @ 09:43:33
Dimanche 28 juin
@Shelton, il y aurait peut-ĂȘtre un autre billet Ă  faire sur nos lectures d'enfance... Si on en est Ă  considĂ©rer que les enfants du primaire n'ont plus le niveau pour lire le "club des 5", je pense qu'il y a vraiment matiĂšre Ă  s'interroger sur l'effondrement du niveau scolaire, sur la capacitĂ© de lecture des jeunes gĂ©nĂ©rations et, au-delĂ , sur la lecture des adultes et l'avenir mĂȘme de la littĂ©rature...


Pas simple à synthétiser en quelques minutes de radio mais j'y réfléchis sérieusement...

Cyclo
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06/07/2026 @ 11:59:47
Lundi 6 juillet

Je suis en train de lire de SénÚque, "Sur la briÚveté de la vie", un essai roboratif que Montaigne a sûrement lu.

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