TIFFANY HUOT-MARCHAND
Tiffany Huot-Marchand a Ă©tĂ© championne dâEurope 2021 en short track et mĂ©daillĂ©e dâargent aux championnats du Monde en relais (2022). Suite Ă une trĂšs grave chute, elle a du arrĂȘter ce sport se retrouvant tĂ©traplĂ©gique complĂšte. Mais possĂ©dant des ressources insoupçonnĂ©es, elle a su rebondir en grande championne et se consacre maintenant au para cyclisme Ă haut niveau... Son livre « Avec toute mon Ăąme » publiĂ© aux Ă©ditions en exergue raconte son incroyable combat
Avant de parler de votre grave accident pourriez-vous dire ce quâest le short-track et Ă©voquer les principales qualitĂ©s pour exceller dans ce sport?
Câest du patinage de vitesse sur courte distance : 500 , 1000 et 1500 m qui exige de lâexplosivitĂ©, du sens tactique, et la mise en place dâune stratĂ©gie .Comme ça va ,vite, câest trĂšs important dâĂȘtre lucide et de savoir prendre des dĂ©cisions trĂšs rapidement.
Câest la CorĂ©e du Sud le pays roi avec des entraĂźneurs parfois violents qui nâhĂ©sitent pas Ă maltraiter des gamines!
Un peu moins maintenant mĂȘme si le niveau est toujours trĂšs Ă©levĂ©. Le Canada, Les Pays Bas sont aussi trĂšs forts. Quand jâai commencĂ© le short track et mĂȘme pendant ma carriĂšre, la CorĂ©e du Sud Ă©tait vraiment au-dessus du lot en terme de rĂ©sultats. On prenait beaucoup exemple sur eux, et beaucoup dâĂ©quipes nationales prenaient des coaches corĂ©ens dont la France. Culturellement parlant, câest un gros choc, une autre mentalitĂ© et câest trĂšs exigent. Mais je ne suis pas sĂ»re que ça change vraiment les athlĂštes.
Vous mĂȘme avez eu des problĂšmes avec un entraĂźneur!
Oui, ce fut trĂšs compliquĂ© pendant un long moment. Jâai fait une dĂ©pression suite à ça et jâai du ĂȘtre suivie par une psychologue avec antidĂ©presseurs Ă la clĂ© pendant un temps. Cette situation mâa beaucoup affaiblie avec une grosse perte de confiance en moi mĂȘme si je nâavais pas du tout envie dâarrĂȘter le short track. Au contraire, jâavais envie de me prouver que le systĂšme avait un problĂšme et que câĂ©tait impensable de garder une telle personne Ă la tĂȘte dâune Ă©quipe. Je me suis vraiment battue, et jâai fini par trouver des solutions et par ĂȘtre Ă©paulĂ©e...
Malheureusement une chute vous a contrainte à abandonner le haut niveau. Pourriez-vous expliquer les circonstances et les conséquences?
Lors dâune compĂ©tition aux Pays-Bas le 9 octobre 2022, une adversaire mâa fait chuter ce qui peu arriver en course, mais malheureusement, je me suis mal rĂ©ceptionnĂ©e dans les protections. Je me suis fracturĂ©e, dĂ©placĂ©e une cervicale avec une atteinte au niveau de la moelle Ă©piniĂšre. Et je me suis retrouvĂ©e entiĂšrement tĂ©traplĂ©gique. Je pouvais uniquement cligner des yeux et on mâa annoncĂ© que je ne remarcherai sans doute jamais. Puis jâai commencĂ© la rééducation, jâen ai beaucoup bavĂ© et aujourdâhui, je suis tĂ©traplĂ©gique incomplĂšte. Jâai partiellement retrouvĂ© mon autonomie, je peux marcher, faire du sport, mais jâai Ă©normĂ©ment de cicatrices.
Quelles sont vos séquelles?
La spasticitĂ©, avec des tremblements , des muscles trĂšs raides, des spasmes et des organes qui ont Ă©tĂ© touchĂ©s comme par exemple la vessie. Des douleurs neuropathiques quotidiennes. Cela peut se manifester par des brĂ»lures, des dĂ©mangeaisons, toutes sortes de sĂ©quelles. Je suis toujours suivie en rééducation mĂȘme si câest plus espacĂ© quâau dĂ©but et je suis sous traitement. Jâai aussi une atrophie plus ou moins prĂ©sente au niveau des deux bras avec un manque de force notamment du cĂŽtĂ© droit et dans le corps de maniĂšre gĂ©nĂ©rale.
Vous avez malgré tout gardĂ© un mental de championne et Ă©tiez persuadĂ© que vous alliez vous en sortir mĂȘme si Ă un moment donnĂ©, vous avez songĂ© Ă avoir recours Ă lâeuthanasie!!
Oui jmais cette pensĂ©e nâa pas durĂ© trĂšs loângtemps. JâĂ©tais plutĂŽt dans le dĂ©ni ce qui mâa beaucoup aidĂ©e. JâĂ©tais persuadĂ©e que jâallais pouvoir retrouver ma passionn et le sport de haut niveau. Jâai commencĂ© Ă rĂ©cupĂ©rer au bout de trois semaines avec une grande progression dans les premiers mois. Par la suite, jâai stagnĂ© et maintenant ça redescend un peu. Mais je nâai vraiment pas Ă me plaindre car jâai bien rĂ©cupĂ©rĂ©.
Au niveau personnel quâavez-vous fait en plus de la rééducation?
Etant donnĂ© que jâĂ©tais dĂ©jĂ dans le milieu du sport, jâĂ©tais suivie par un prĂ©parateur mental et jâavais beaucoup dâoutils dans mon escarcelle. Que ce soit le yoga, la visualisation, et Ă©galement la thĂ©rapie miroir avec un kinĂ©. Sur un Ă©cran je voyais ma main bouger. Plus de la mĂ©ditation, des exercices de respiration. Ce sont des pratiques dont on parle peu en France mais qui mâont aidĂ©e Ă rester calme, lucide et Ă me sentir bien aussi bien physiquement que psychologiquement...
Je voulais tout donner avec mon corps plutĂŽt quâavec mon coeur et ne voulais avoir aucun regret.
GrĂące Ă la mentalitĂ© qui rĂšgne aux Pays-bas (importance de lâentourage dans la pathologie), vous aves Ă©tĂ© trĂšs entourĂ©e (famille, compagnon, amis).
Oui le fait que lâon ait admis mes proches a fait la diffĂ©rence car on se sent mieux surtout quand on est soignĂ© Ă lâĂ©tranger et que lâon se retrouve dans une situation aussi grave. On est loin de son pays, de sa maison mĂȘme si les Pays Bas ne sont pas un pays trĂšs Ă©loignĂ©s. Mais il y a quand mĂȘme la barriĂšre de la langue...
Quâest ce qui a Ă©tĂ© le plus dur dans cette pĂ©riode si Ă©prouvante?
Câest un mĂ©lange de beaucoup de choses, mais dans un premier temps câĂ©tait le fait que lâon me dise que je ne pourrai plus faire du haut niveau. CâĂ©tait brutal, et il faut beaucoup de courage pour un sportif de haut niveau pour mettre un terme Ă sa carriĂšre, câest toute sa vie. Et on ne mâa pas laissĂ© le choix. Jâai poussĂ© mon corps dans des circonstances vraiment trĂšs dures et je me suis dit « tous ces efforts pour rien » » alors que ce nâest pas le cas. Jâen ai pris conscience aprĂšs...
En plus, vous avez subi en mĂȘme temps une autre grosse Ă©preuve le suicide de votre frĂšre!
Oui ça a Ă©tĂ© vraiment trĂšs dur et ce sera toujours ainsi jusquâĂ la fin de mes jours. Jâavoue quâensuite jâai Ă©normĂ©ment relativisĂ© sur la vie, sur tout...
Vous vous consacrez maintenant à un autre sport, le vélo!
Quand je faisais du short track, je pratiquais dĂ©jĂ le vĂ©lo, jâaimais pĂ©daler. Je nâavais jamais fait de courses, mais je mâĂ©tais dit quâaprĂšs ma carriĂšre je me lancerai dans ce sport. Et câest arrivĂ© plus tĂŽt que prĂ©vu avec le para cyclisme et une coupe du monde Ă laquelle jâai participĂ©.. Je me suis fixĂ©e comme objectif dâĂȘtre sĂ©lectionnĂ©e pour les jeux paralympiques de 2028 Ă Los Angeles. Ce serait quand mĂȘme incroyable de passer des Jeux Olympiques valides aux jeux paralympiques aprĂšs ce qui mâest arrivĂ©. Câest un gros dĂ©fi mais je mâen sens capable. Le sport a toujours fait partie de ma vie et lâhygiĂšne de la sportive de haut niveau je connais . Je pars donc avec de bonnes bases. Les sĂ©lections se font sur deux ans et se dĂ©rouleront Ă partir de 2027, je saurai si jây suis parvenue en 2028. Il faut faire des podiums en coupe du monde sur les championnats.
u
Avec votre handicap pouvez-vous pratiquer dâautres sports?
Je peux mais câest quand mĂȘme assez limitĂ© physiquement. Jâai fait un marathon mais cela a reprĂ©sentĂ© un Ă©norme effort. Je ne cours plus, et câĂ©tait traumatisant. Jâai du faire des examens notamment des IRM pour contrĂŽler si tout Ă©tait normal. Je me concentre vraiment sur le vĂ©lo surtout que je reprends une vie de sportive de haut niveau ce qui demande beaucoup de temps et dâĂ©nergie.
Vous avez prĂ©parĂ© un diplĂŽme universitaire de prĂ©paration mentale. Vous en ĂȘtes-vous servie?
A titre personnel oui mais pas plus car je suis partie faire un pĂ©riple en vĂ©lo avec mon compagnon juste aprĂšs. Mais jâen ai bien lâintention. Uniquement dans le sport? Pas forcĂ©ment. Je ne suis pas fermĂ©e Ă lâidĂ©e de suivre dâautres personnes qui en ont besoin. Pour gagner en confiance, pour prĂ©parer un concours ou un examen.
Avez-vous dâautres projets?
Je fais partie de la Commission des athlĂštes pour les Jeux Olympiques valides et paralympiques de 2030 dans les Alpes françaises. Le but est de faire rayonner ces jeux; on vient juste de dĂ©buter la mission. Je serai sur les commissions environnementales afin que les infrastructures puissent se perpĂ©tuer dans le temps et mâoccuperai Ă©galement de lâorganisation pour que tout se passe bien pour les athlĂštes.
Que pensez-vous de la situation du handisport Ă lâheure actuelle?
On ne se rend pas compte des athlĂštes prĂ©sents dans ce milieu, et câest dommage. Ce nâest pas mĂ©diatisĂ© et je connais un peu ces galĂšres de ne pas ĂȘtre mise en avant avec le short track. On est mis en lumiĂšre uniquement tous les quatre ans pendant les Jeux paraympiques, ce qui est problĂ©matique . Le public a du mal Ă suivre car il ne comprend pas les catĂ©gories de handicap et pourtant ce nâest pas tellement difficile Ă comprendre. Si on mettait davantage d'humain derriĂšre lâhistoire de chacun, cela bouleverserait les gens. Le niveau est trĂšs Ă©levĂ© et certains athlĂštes en para sont plus forts que certains valides. Ce constat me dĂ©sole mais je ne perds pas espoir car les mĂ©dias sont de plus en plus prĂ©sents. Les JO 2024 ont dĂ©jĂ mis un coup de projecteur mais il ne faut pas en rester lĂ ....
Agnes Figueras-Lenattier
Tiffany Huot-Marchand a Ă©tĂ© championne dâEurope 2021 en short track et mĂ©daillĂ©e dâargent aux championnats du Monde en relais (2022). Suite Ă une trĂšs grave chute, elle a du arrĂȘter ce sport se retrouvant tĂ©traplĂ©gique complĂšte. Mais possĂ©dant des ressources insoupçonnĂ©es, elle a su rebondir en grande championne et se consacre maintenant au para cyclisme Ă haut niveau... Son livre « Avec toute mon Ăąme » publiĂ© aux Ă©ditions en exergue raconte son incroyable combat
Avant de parler de votre grave accident pourriez-vous dire ce quâest le short-track et Ă©voquer les principales qualitĂ©s pour exceller dans ce sport?
Câest du patinage de vitesse sur courte distance : 500 , 1000 et 1500 m qui exige de lâexplosivitĂ©, du sens tactique, et la mise en place dâune stratĂ©gie .Comme ça va ,vite, câest trĂšs important dâĂȘtre lucide et de savoir prendre des dĂ©cisions trĂšs rapidement.
Câest la CorĂ©e du Sud le pays roi avec des entraĂźneurs parfois violents qui nâhĂ©sitent pas Ă maltraiter des gamines!
Un peu moins maintenant mĂȘme si le niveau est toujours trĂšs Ă©levĂ©. Le Canada, Les Pays Bas sont aussi trĂšs forts. Quand jâai commencĂ© le short track et mĂȘme pendant ma carriĂšre, la CorĂ©e du Sud Ă©tait vraiment au-dessus du lot en terme de rĂ©sultats. On prenait beaucoup exemple sur eux, et beaucoup dâĂ©quipes nationales prenaient des coaches corĂ©ens dont la France. Culturellement parlant, câest un gros choc, une autre mentalitĂ© et câest trĂšs exigent. Mais je ne suis pas sĂ»re que ça change vraiment les athlĂštes.
Vous mĂȘme avez eu des problĂšmes avec un entraĂźneur!
Oui, ce fut trĂšs compliquĂ© pendant un long moment. Jâai fait une dĂ©pression suite à ça et jâai du ĂȘtre suivie par une psychologue avec antidĂ©presseurs Ă la clĂ© pendant un temps. Cette situation mâa beaucoup affaiblie avec une grosse perte de confiance en moi mĂȘme si je nâavais pas du tout envie dâarrĂȘter le short track. Au contraire, jâavais envie de me prouver que le systĂšme avait un problĂšme et que câĂ©tait impensable de garder une telle personne Ă la tĂȘte dâune Ă©quipe. Je me suis vraiment battue, et jâai fini par trouver des solutions et par ĂȘtre Ă©paulĂ©e...
Malheureusement une chute vous a contrainte à abandonner le haut niveau. Pourriez-vous expliquer les circonstances et les conséquences?
Lors dâune compĂ©tition aux Pays-Bas le 9 octobre 2022, une adversaire mâa fait chuter ce qui peu arriver en course, mais malheureusement, je me suis mal rĂ©ceptionnĂ©e dans les protections. Je me suis fracturĂ©e, dĂ©placĂ©e une cervicale avec une atteinte au niveau de la moelle Ă©piniĂšre. Et je me suis retrouvĂ©e entiĂšrement tĂ©traplĂ©gique. Je pouvais uniquement cligner des yeux et on mâa annoncĂ© que je ne remarcherai sans doute jamais. Puis jâai commencĂ© la rééducation, jâen ai beaucoup bavĂ© et aujourdâhui, je suis tĂ©traplĂ©gique incomplĂšte. Jâai partiellement retrouvĂ© mon autonomie, je peux marcher, faire du sport, mais jâai Ă©normĂ©ment de cicatrices.
Quelles sont vos séquelles?
La spasticitĂ©, avec des tremblements , des muscles trĂšs raides, des spasmes et des organes qui ont Ă©tĂ© touchĂ©s comme par exemple la vessie. Des douleurs neuropathiques quotidiennes. Cela peut se manifester par des brĂ»lures, des dĂ©mangeaisons, toutes sortes de sĂ©quelles. Je suis toujours suivie en rééducation mĂȘme si câest plus espacĂ© quâau dĂ©but et je suis sous traitement. Jâai aussi une atrophie plus ou moins prĂ©sente au niveau des deux bras avec un manque de force notamment du cĂŽtĂ© droit et dans le corps de maniĂšre gĂ©nĂ©rale.
Vous avez malgré tout gardĂ© un mental de championne et Ă©tiez persuadĂ© que vous alliez vous en sortir mĂȘme si Ă un moment donnĂ©, vous avez songĂ© Ă avoir recours Ă lâeuthanasie!!
Oui jmais cette pensĂ©e nâa pas durĂ© trĂšs loângtemps. JâĂ©tais plutĂŽt dans le dĂ©ni ce qui mâa beaucoup aidĂ©e. JâĂ©tais persuadĂ©e que jâallais pouvoir retrouver ma passionn et le sport de haut niveau. Jâai commencĂ© Ă rĂ©cupĂ©rer au bout de trois semaines avec une grande progression dans les premiers mois. Par la suite, jâai stagnĂ© et maintenant ça redescend un peu. Mais je nâai vraiment pas Ă me plaindre car jâai bien rĂ©cupĂ©rĂ©.
Au niveau personnel quâavez-vous fait en plus de la rééducation?
Etant donnĂ© que jâĂ©tais dĂ©jĂ dans le milieu du sport, jâĂ©tais suivie par un prĂ©parateur mental et jâavais beaucoup dâoutils dans mon escarcelle. Que ce soit le yoga, la visualisation, et Ă©galement la thĂ©rapie miroir avec un kinĂ©. Sur un Ă©cran je voyais ma main bouger. Plus de la mĂ©ditation, des exercices de respiration. Ce sont des pratiques dont on parle peu en France mais qui mâont aidĂ©e Ă rester calme, lucide et Ă me sentir bien aussi bien physiquement que psychologiquement...
Je voulais tout donner avec mon corps plutĂŽt quâavec mon coeur et ne voulais avoir aucun regret.
GrĂące Ă la mentalitĂ© qui rĂšgne aux Pays-bas (importance de lâentourage dans la pathologie), vous aves Ă©tĂ© trĂšs entourĂ©e (famille, compagnon, amis).
Oui le fait que lâon ait admis mes proches a fait la diffĂ©rence car on se sent mieux surtout quand on est soignĂ© Ă lâĂ©tranger et que lâon se retrouve dans une situation aussi grave. On est loin de son pays, de sa maison mĂȘme si les Pays Bas ne sont pas un pays trĂšs Ă©loignĂ©s. Mais il y a quand mĂȘme la barriĂšre de la langue...
Quâest ce qui a Ă©tĂ© le plus dur dans cette pĂ©riode si Ă©prouvante?
Câest un mĂ©lange de beaucoup de choses, mais dans un premier temps câĂ©tait le fait que lâon me dise que je ne pourrai plus faire du haut niveau. CâĂ©tait brutal, et il faut beaucoup de courage pour un sportif de haut niveau pour mettre un terme Ă sa carriĂšre, câest toute sa vie. Et on ne mâa pas laissĂ© le choix. Jâai poussĂ© mon corps dans des circonstances vraiment trĂšs dures et je me suis dit « tous ces efforts pour rien » » alors que ce nâest pas le cas. Jâen ai pris conscience aprĂšs...
En plus, vous avez subi en mĂȘme temps une autre grosse Ă©preuve le suicide de votre frĂšre!
Oui ça a Ă©tĂ© vraiment trĂšs dur et ce sera toujours ainsi jusquâĂ la fin de mes jours. Jâavoue quâensuite jâai Ă©normĂ©ment relativisĂ© sur la vie, sur tout...
Vous vous consacrez maintenant à un autre sport, le vélo!
Quand je faisais du short track, je pratiquais dĂ©jĂ le vĂ©lo, jâaimais pĂ©daler. Je nâavais jamais fait de courses, mais je mâĂ©tais dit quâaprĂšs ma carriĂšre je me lancerai dans ce sport. Et câest arrivĂ© plus tĂŽt que prĂ©vu avec le para cyclisme et une coupe du monde Ă laquelle jâai participĂ©.. Je me suis fixĂ©e comme objectif dâĂȘtre sĂ©lectionnĂ©e pour les jeux paralympiques de 2028 Ă Los Angeles. Ce serait quand mĂȘme incroyable de passer des Jeux Olympiques valides aux jeux paralympiques aprĂšs ce qui mâest arrivĂ©. Câest un gros dĂ©fi mais je mâen sens capable. Le sport a toujours fait partie de ma vie et lâhygiĂšne de la sportive de haut niveau je connais . Je pars donc avec de bonnes bases. Les sĂ©lections se font sur deux ans et se dĂ©rouleront Ă partir de 2027, je saurai si jây suis parvenue en 2028. Il faut faire des podiums en coupe du monde sur les championnats.
u
Avec votre handicap pouvez-vous pratiquer dâautres sports?
Je peux mais câest quand mĂȘme assez limitĂ© physiquement. Jâai fait un marathon mais cela a reprĂ©sentĂ© un Ă©norme effort. Je ne cours plus, et câĂ©tait traumatisant. Jâai du faire des examens notamment des IRM pour contrĂŽler si tout Ă©tait normal. Je me concentre vraiment sur le vĂ©lo surtout que je reprends une vie de sportive de haut niveau ce qui demande beaucoup de temps et dâĂ©nergie.
Vous avez prĂ©parĂ© un diplĂŽme universitaire de prĂ©paration mentale. Vous en ĂȘtes-vous servie?
A titre personnel oui mais pas plus car je suis partie faire un pĂ©riple en vĂ©lo avec mon compagnon juste aprĂšs. Mais jâen ai bien lâintention. Uniquement dans le sport? Pas forcĂ©ment. Je ne suis pas fermĂ©e Ă lâidĂ©e de suivre dâautres personnes qui en ont besoin. Pour gagner en confiance, pour prĂ©parer un concours ou un examen.
Avez-vous dâautres projets?
Je fais partie de la Commission des athlĂštes pour les Jeux Olympiques valides et paralympiques de 2030 dans les Alpes françaises. Le but est de faire rayonner ces jeux; on vient juste de dĂ©buter la mission. Je serai sur les commissions environnementales afin que les infrastructures puissent se perpĂ©tuer dans le temps et mâoccuperai Ă©galement de lâorganisation pour que tout se passe bien pour les athlĂštes.
Que pensez-vous de la situation du handisport Ă lâheure actuelle?
On ne se rend pas compte des athlĂštes prĂ©sents dans ce milieu, et câest dommage. Ce nâest pas mĂ©diatisĂ© et je connais un peu ces galĂšres de ne pas ĂȘtre mise en avant avec le short track. On est mis en lumiĂšre uniquement tous les quatre ans pendant les Jeux paraympiques, ce qui est problĂ©matique . Le public a du mal Ă suivre car il ne comprend pas les catĂ©gories de handicap et pourtant ce nâest pas tellement difficile Ă comprendre. Si on mettait davantage d'humain derriĂšre lâhistoire de chacun, cela bouleverserait les gens. Le niveau est trĂšs Ă©levĂ© et certains athlĂštes en para sont plus forts que certains valides. Ce constat me dĂ©sole mais je ne perds pas espoir car les mĂ©dias sont de plus en plus prĂ©sents. Les JO 2024 ont dĂ©jĂ mis un coup de projecteur mais il ne faut pas en rester lĂ ....
Agnes Figueras-Lenattier
Vous devez ĂȘtre connectĂ© pour poster des messages : S'identifier ou Devenir membre