Je suis arrivé au premier tiers du livre, à la veille de 1939. Je fais ici une pause dans la lecture....
Je peux comprendre qu'il mette mal à l'aise.
Car la plupart des réflexions qui y sont présentes tiennent du bon sens et d'une description très lucide des comportements humains.
On n'arrive pas bien à y déceler une tentative de disculpation de l'auteur, et donc, je vais continuer la lecture en renonçant à attendre d'éventuels regrets ou justifications.
Ce qui frappe, c'est qu'à ce stade de la lecture, strictement rien ou presque ne laisse penser que le narrateur soit un homme cruel - sauf les opinions politiques du soldat qui ne sont pas d'ailleurs pas bien explicites. Il se borne à dire qu'il approuve toutes les idées du parti Nazi sans adhérer à la façon dont son guide flatte les bas instincts de la populace pour se faire élire. Mais à part ça, il parle surtout de son enfance, ses traumas et sa vie quotidienne, ses séjours en prison, etc.
Il n'est pas vraiment touchant, mais s'il avait montré un peu plus de pathos, il aurait conquis sans difficulté son lecteur, sur la base des mêmes faits - sa vie de soldat en 1918, son travail à la ferme, les peines qu'il vivait comme prisonnier.
Je me demande si certains ont lu d'autres témoignages de ce type et quelles impressions ils ont eu.
Je peux comprendre qu'il mette mal à l'aise.
Car la plupart des réflexions qui y sont présentes tiennent du bon sens et d'une description très lucide des comportements humains.
On n'arrive pas bien à y déceler une tentative de disculpation de l'auteur, et donc, je vais continuer la lecture en renonçant à attendre d'éventuels regrets ou justifications.
Ce qui frappe, c'est qu'à ce stade de la lecture, strictement rien ou presque ne laisse penser que le narrateur soit un homme cruel - sauf les opinions politiques du soldat qui ne sont pas d'ailleurs pas bien explicites. Il se borne à dire qu'il approuve toutes les idées du parti Nazi sans adhérer à la façon dont son guide flatte les bas instincts de la populace pour se faire élire. Mais à part ça, il parle surtout de son enfance, ses traumas et sa vie quotidienne, ses séjours en prison, etc.
Il n'est pas vraiment touchant, mais s'il avait montré un peu plus de pathos, il aurait conquis sans difficulté son lecteur, sur la base des mêmes faits - sa vie de soldat en 1918, son travail à la ferme, les peines qu'il vivait comme prisonnier.
Je me demande si certains ont lu d'autres témoignages de ce type et quelles impressions ils ont eu.
- Lu 'Au fond des ténèbres' de Gitta Sereny. Il s'agit du témoignage de Strangl, commandant de Treblinka. J'en garde un souvenir fort, le travail de Sereny est remarquable (comme dans tous ses livres d'ailleurs).
- Egalement 'Dans l'ombre du Reich' de la même Gitta Sereny.
- Lu le Journal de Speer. Intelligent certes, le bonhomme, mais il n'assume rien.
- Lu une partie du journal de Goebbels (il fait plusieurs tomes). C'est une longue déclaration d'amour à Hitler...
Conseil ciné : 'La zone d'intérêt'. La bande son est à écouter avec beaucoup d'attention, tout est dedans.
- Egalement 'Dans l'ombre du Reich' de la même Gitta Sereny.
- Lu le Journal de Speer. Intelligent certes, le bonhomme, mais il n'assume rien.
- Lu une partie du journal de Goebbels (il fait plusieurs tomes). C'est une longue déclaration d'amour à Hitler...
Conseil ciné : 'La zone d'intérêt'. La bande son est à écouter avec beaucoup d'attention, tout est dedans.
Qu'est-ce qui t'a poussé à éplucher le sujet comme ça Blue Cat ? Je ne m'attendais pas à autant de références, c'est très bien, ça me donne des idées d'achat.
ça en vaut vraiment la peine de le lire le journal d'Albert Speer ? J'hésite à l'acheter
Sinon, à savoir je cherche aussi des témoignages de résistants allemands (j'ai bien dit allemands)
ça en vaut vraiment la peine de le lire le journal d'Albert Speer ? J'hésite à l'acheter
Sinon, à savoir je cherche aussi des témoignages de résistants allemands (j'ai bien dit allemands)
Sur le sujet, je recommande le livre de Merle, La Mort est mon métier.
C'est une fiction sur Hoess, mais je trouve que Robert Merle parvient à capturer les ressorts psychologiques du personnage de façon convaincante. Le livre m'a laissé un souvenir durable.
Je recommande également les livres de Christian Ingrao sur les profils des responsables nazis, leurs cursus, leur substrat idéologique (Croire et détruire), ainsi que la motivation de la course à l'Est du régime (
La promesse de l'Est.: Espérance nazie et génocide- que je suis justement en train de lire)
J'ai le livre de Speer dans ma pile depuis des années. Je pense que c'est une référence importante, le témoignage direct d'un responsable de premier plan qui occupe une place particulière.
Il y a d'autres livres à recommander, notamment ceux d'une jeune historienne Marie Moustier-Bitan qui a étudié les mécanismes des Einsatzgruppen à l'Est.
C'est une fiction sur Hoess, mais je trouve que Robert Merle parvient à capturer les ressorts psychologiques du personnage de façon convaincante. Le livre m'a laissé un souvenir durable.
Je recommande également les livres de Christian Ingrao sur les profils des responsables nazis, leurs cursus, leur substrat idéologique (Croire et détruire), ainsi que la motivation de la course à l'Est du régime (
La promesse de l'Est.: Espérance nazie et génocide- que je suis justement en train de lire)
J'ai le livre de Speer dans ma pile depuis des années. Je pense que c'est une référence importante, le témoignage direct d'un responsable de premier plan qui occupe une place particulière.
Il y a d'autres livres à recommander, notamment ceux d'une jeune historienne Marie Moustier-Bitan qui a étudié les mécanismes des Einsatzgruppen à l'Est.
(@Martin, pour répondre à ta question, je lis énormément, sur de multiples sujets. What else ?)
Livre résistants allemands :
- 'Seul dans Berlin' livre de Hans Fallada, sur le couple Elise et Otto Hampe, résistants 'ordinaires' allemands. Un couple bien modeste qui a trouvé une façon originale de résister à la dictature, à ses risques et périls. Archives de la Gestapo. Bien documenté. J'avais aimé.
Le Speer est intéressant évidemment, témoignage de première main bien écrit. Sans toutefois être dupe de son 'ignorance' des horreurs commises, pas crédible du tout du fait du poste clef qu'il occupait et de la confiance totale (non réciproque) que lui accordait Hitler.
Livre résistants allemands :
- 'Seul dans Berlin' livre de Hans Fallada, sur le couple Elise et Otto Hampe, résistants 'ordinaires' allemands. Un couple bien modeste qui a trouvé une façon originale de résister à la dictature, à ses risques et périls. Archives de la Gestapo. Bien documenté. J'avais aimé.
Le Speer est intéressant évidemment, témoignage de première main bien écrit. Sans toutefois être dupe de son 'ignorance' des horreurs commises, pas crédible du tout du fait du poste clef qu'il occupait et de la confiance totale (non réciproque) que lui accordait Hitler.
Bonjour, je sais que mes positions me mettes un peu "au banc" de critiques libres, ( a tord ou à raison) toutefois j'aimerais beaucoup que vous m'apportiez l'imnormation: quel titre il m'est possible de lirs pour"" s'avoir" le pourquoi du comment des hommes et des femmes ont "choisis" de passer le pas et de pencher du coté du "noir"... merci à vous...
Bonjour, je sais que mes positions me mettes un peu "au banc" de critiques libres, ( a tord ou à raison) toutefois j'aimerais beaucoup que vous m'apportiez l'imnormation: quel titre il m'est possible de lirs pour"" s'avoir" le pourquoi du comment des hommes et des femmes ont "choisis" de passer le pas et de pencher du coté du "noir"... merci à vous...
"Exécuteurs, victimes, témoins" de Raul Hilberg, est un livre qui, il me semble, répondra à ta question car il s'attache plus à la psychologie des acteurs (de ceux qui se sont engagés dans le génocide, de ceux qui l'ont subi et de ceux qui y ont résisté) qu'à la documentation des faits.
Merci beaucoup Eric.
Sinon, à savoir je cherche aussi des témoignages de résistants allemands (j'ai bien dit allemands)
Peut-être le livre de Mme. Adeline BALDACCHINO : "Celui qui disait non", la biographie de M. August LANDMESSER (1910 - 1944) ?
Ici sur Amazon : https://amazon.fr/Celui-qui-disait-Litt%C3%A9ratur…
La biographie d'August LANDMESSER : https://fr.wikipedia.org/wiki/August_Landmesser
Bonjour, je sais que mes positions me mettes un peu "au banc" de critiques libres, ( a tord ou à raison) toutefois j'aimerais beaucoup que vous m'apportiez l'imnormation: quel titre il m'est possible de lirs pour"" s'avoir" le pourquoi du comment des hommes et des femmes ont "choisis" de passer le pas et de pencher du coté du "noir"... merci à vous...
Les livres de la philosophe Hannah ARENDT (1906 - 1975)?
Peut-être : "Eichmann à Jérusalem" ?
Ici sur CL : https://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/24271
Sinon, à savoir je cherche aussi des témoignages de résistants allemands (j'ai bien dit allemands)
Pas tout à fait dans le même thème, Il y a ceci aussi :
https://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/35540
Sur le sujet, je recommande le livre de Merle, La Mort est mon métier.
C'est une fiction sur Hoess, mais je trouve que Robert Merle parvient à capturer les ressorts psychologiques du personnage de façon convaincante. Le livre m'a laissé un souvenir durable.
Il y a aussi le fameux livre de Jonathan LITTELL (*1967), qui avait beaucoup fait parler de lui lors de sa parution : "Les Bienveillantes".
Ici sur CL : https://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/12869
Bonjour, je sais que mes positions me mettes un peu "au banc" de critiques libres, ( a tord ou à raison) toutefois j'aimerais beaucoup que vous m'apportiez l'imnormation: quel titre il m'est possible de lirs pour"" s'avoir" le pourquoi du comment des hommes et des femmes ont "choisis" de passer le pas et de pencher du coté du "noir"... merci à vous...
Les livres de la philosophe Hannah ARENDT (1906 - 1975)?
Peut-être : "Eichmann à Jérusalem" ?
Ici sur CL : https://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/24271
J'ai lu - ou entendu, je ne sais plus - quelques commentaires assez négatifs sur ce livre. Je sais qu'Hannah Arendt est censé être une référence sur ce sujet mais on trouve aussi beaucoup d'avis récusant son concept de "banalité du mal", où l'homme se laisse devenir le rouage - passif et mécanique - d'un régime totalitaire.
J'ai lu - ou entendu, je ne sais plus - quelques commentaires assez négatifs sur ce livre. Je sais qu'Hannah Arendt est censé être une référence sur ce sujet mais on trouve aussi beaucoup d'avis récusant son concept de "banalité du mal", où l'homme se laisse devenir le rouage - passif et mécanique - d'un régime totalitaire.
Oui. Chacun se fera sa propre idée a la lecture...
On peut aussi ici parler du fameux : "Soumission à l'autorité" du psychologue américain Stanley MILGRAM (1933 - 1984) :
Ici sur CL : https://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/425
Bonjour, je sais que mes positions me mettes un peu "au banc" de critiques libres, ( a tord ou à raison) toutefois j'aimerais beaucoup que vous m'apportiez l'imnormation: quel titre il m'est possible de lirs pour"" s'avoir" le pourquoi du comment des hommes et des femmes ont "choisis" de passer le pas et de pencher du coté du "noir"... merci à vous...
Les livres de la philosophe Hannah ARENDT (1906 - 1975)?
Peut-être : "Eichmann à Jérusalem" ?
Ici sur CL : https://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/24271
J'ai lu - ou entendu, je ne sais plus - quelques commentaires assez négatifs sur ce livre. Je sais qu'Hannah Arendt est censé être une référence sur ce sujet mais on trouve aussi beaucoup d'avis récusant son concept de "banalité du mal", où l'homme se laisse devenir le rouage - passif et mécanique - d'un régime totalitaire.
Les origines du totalitarisme est un livre magnifique.
une lecture critique d' Eichmann à Jérusalem, à mon avis, exige de bien distinguer le principe de la banalité du mal d'un côté, qui appartient à la philosophie et reste un outil utile je pense, et le cas Eichann lui même qui n'en est pas forcément la meilleure illustration sauf à prendre pour argent comptant une grosse part de sa défense. Cela dit je n'ai pas encore bien étudié le sujet
Oui, je crois que Martin résume assez bien le problème attaché à ce livre. Il y a d'une part l'idée que le "génie" du nazisme a été d'appliquer les principes de la division du travail à une entreprise d'extermination, si bien que chacun n'était qu'un rouage d'un vaste mécanisme et pouvait garder sa conscience tranquille. Or, c'est justement parce que chacun pouvait preserver l'illusion de son innocence qu'il acceptait de collaborer à une entreprise génocidaire (au contraire par exemple de la Shoah par balles où même des nazis convaincus ne supportaient plus le coût moral de tuer des hommes, des femmes et des enfants désarmés). Mais ce concept ne s'applique pas du tout à Eichmann, qui lui n'a rien d'un "criminel banal". Il me semble que ce n'est donc pas tant le concept lui-même qui est contesté que le fait qu'il ait émergé dans le cadre de ce procès.
Il y a aussi le fameux livre de Jonathan LITTELL (*1967), qui avait beaucoup fait parler de lui lors de sa parution : "Les Bienveillantes".
Ici sur CL : https://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/12869
Oui, c'est un livre très fort qui ne s'oublie pas. Les scènes en Ukraine sont d'un tel réalisme qu'on croit y être. La vie privée du narrateur, qui alourdit inutilement, est moins réussi.
Septu, à l'oral, tu donnes nom prénom date de naissance date de décès à chaque fois que tu parles d'un auteur à quelqu'un ? Ou ça t'arrive de te relâcher des fois ?^^ ce n'est pas méchant comme question
Merci Stavro d'avoir précisé ce concept de banalité du mal je ne m'en souvenais plus. Mais ça reste quand même incroyable....
Ce que je trouve obsédant comme question, c'est à quel stade la morale (universelle), ou ce qui en tient lieu (l'amour au sens le plus pur du mot) l'emporte définitivement sur les opinions politiques d'un individu... à quel moment du processus l'homme se dit : "ça, c'est mal. Je n'y participe pas."
Le film de Terrence Malick, Une vie cachée, m'a bouleversé récemment
Merci Stavro d'avoir précisé ce concept de banalité du mal je ne m'en souvenais plus. Mais ça reste quand même incroyable....
Ce que je trouve obsédant comme question, c'est à quel stade la morale (universelle), ou ce qui en tient lieu (l'amour au sens le plus pur du mot) l'emporte définitivement sur les opinions politiques d'un individu... à quel moment du processus l'homme se dit : "ça, c'est mal. Je n'y participe pas."
Le film de Terrence Malick, Une vie cachée, m'a bouleversé récemment
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Le film de Terrence Malick, Une vie cachée, m'a bouleversé récemment
Oui, le film est très fort et inoubliable, quand on se laisse prendre par son rythme lent et quasi-contemplatif. On en avait parlé sur le forum il y a 2 ou 3 ans : si tu veux jeter un oeil aux échanges, c'est page 221 du forum (Film du moment) : j'ai cherché un peu avant de la retrouver ! :D Quand j'avais vu sur AlloCiné que des journalistes des Cahiers du Cinéma et de Libération s'étaient permis de démolir le film en lui reprochant d'être niais et débordant de morale "bondieusarde", j'avais halluciné devant tant de connerie...
Merci Stavro d'avoir précisé ce concept de banalité du mal je ne m'en souvenais plus. Mais ça reste quand même incroyable....
Ce que je trouve obsédant comme question, c'est à quel stade la morale (universelle), ou ce qui en tient lieu (l'amour au sens le plus pur du mot) l'emporte définitivement sur les opinions politiques d'un individu... à quel moment du processus l'homme se dit : "ça, c'est mal. Je n'y participe pas."
Le film de Terrence Malick, Une vie cachée, m'a bouleversé récemment
Ca me semble au contraire très croyable. Si on transpose ça à notre attitude de consommateurs, par exemple, on sait qu'elle contribue à détruire la planète, au travail forcé d'enfants dans des mines, à l'esclavage de peuples... mais on se dit tous que ce n'est pas le jean ou le smartphone qu'on achète, l'avion qu'on prend qui est responsable de tous ses maux et on s'absout en se comparant aux grands pollueurs et surtout en se disant que le monde est ainsi fait et qu'il faut bien qu'on s'habille, se déplace, s'accorde quelques menus plaisirs : on ne peut pas davantage lutter seul contre tout un système qu'on est seul responsable de la destruction de la planète. Alors on n'y pense plus. Dans le cadre du nazisme, ca se double de tout un système de dénonciation et de répression : Antelme évoque les risques que prend une femme qui lui apporte des restes de pain dans l'usine où il est forcé de travailler durant sa déportation. Et puis, il y a l'intérêt personnel : le nazisme a été une magnifique opportunité pour un tas de gens tout a fait médiocres d'obtenir des postes auxquels ils n'auraient jamais pu rêver. Tout cela mis bout à bout contribue à faire taire la conscience.
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