En même temps il s'en fiche : son but n'est pas de publier de la littérature, ni même de gagner de l'argent.
Sans doute vrai pour la première parte de la phrase, je suis beaucoup plus circonspect
pour la seconde, dans la mesure où justement des personnes comme lui, n'aiment pas
beaucoup perdre de l'argent...
Je crois que Bolloré (comme Sterin, d'ailleurs) s'estime en croisade : il tire ses revenus d'autres sources mais le projet qu'il mène dans l'édition et les médias est avant tout politique. Il fera quelques coups éditoriaux en publiant les bouquins de Bardella ou de Boualem Sansal, mais ce n'est pas le principal. Son but est de mener une bataille ideologique en banalisant la parole d'extrême droite. Il le fait auprès du grand public avec CNews, Pascal Praud et Hanouna, et il le fait auprès d'un autre public, donne à la parole d'extrême droite une crédibilité intellectuelle en lui ouvrant des éditions reconnues.
Je crois que Bolloré (comme Sterin, d'ailleurs) s'estime en croisade : il tire ses revenus d'autres sources mais le projet qu'il mène dans l'édition et les médias est avant tout politique. Il fera quelques coups éditoriaux en publiant les bouquins de Bardella ou de Boualem Sansal, mais ce n'est pas le principal. Son but est de mener une bataille ideologique en banalisant la parole d'extrême droite. Il le fait auprès du grand public avec CNews, Pascal Praud et Hanouna, et il le fait auprès d'un autre public, donne à la parole d'extrême droite une crédibilité intellectuelle en lui ouvrant des éditions reconnues.
donc en gros avant lui quand on était classifié comme d'extrême droite on pouvait pas se faire publier chez eux ? :(
Et c'était quoi les critères ?
Sans doute que "pensée d'extrême droite" est un oxymore.
Petit billet d'humeur (mauvaise) sur la question : https://hublots2.blogspot.com/2026/04/…
(...) Il fera quelques coups éditoriaux en publiant les bouquins de Bardella ou de Boualem Sansal, mais ce n'est pas le principal. Son but est de mener une bataille ideologique en banalisant la parole d'extrême droite. Il le fait auprès du grand public avec CNews, Pascal Praud et Hanouna, et il le fait auprès d'un autre public, donne à la parole d'extrême droite une crédibilité intellectuelle en lui ouvrant des éditions reconnues.
Stavro : je ne sais pas si tu as déjà lu Boualem Sansal mais il me semble qu'il n'a rien à faire dans la liste des noms que tu cites. Il faut arriver à dénoncer les dérives de Bolloré sans tomber dans des amalgames qui sont aussi sectaires que ceux que tu dénonces. Boualem Sansal a reçu le prix Edouard Glissant de l'Institut du Tout-Monde. C'est un auteur qui a le tort (ou la qualité ?) d'accepter de discuter avec tout le monde et a eu le malheur d'être récupéré et instrumentalisé par ceux qui avaient un compte à régler avec le gouvernement algérien.
Je crois que Bolloré (comme Sterin, d'ailleurs) s'estime en croisade : il tire ses revenus d'autres sources mais le projet qu'il mène dans l'édition et les médias est avant tout politique. Il fera quelques coups éditoriaux en publiant les bouquins de Bardella ou de Boualem Sansal, mais ce n'est pas le principal. Son but est de mener une bataille ideologique en banalisant la parole d'extrême droite. Il le fait auprès du grand public avec CNews, Pascal Praud et Hanouna, et il le fait auprès d'un autre public, donne à la parole d'extrême droite une crédibilité intellectuelle en lui ouvrant des éditions reconnues.
donc en gros avant lui quand on était classifié comme d'extrême droite on pouvait pas se faire publier chez eux ? :(
Et c'était quoi les critères ?
Je pense, enfin j'ose espérer, que les critères étaient littéraire.
Pour résumer en un mot: la réalité du monde anglo-saxon c'est que les critères sont essentiellement financier (la rentabitlé) et la réalité du monde francais risque de devenir que les critéres sont idéologiques (ce n'était pas le cas avant).
Mettons de côté la petite guerre entre les progressistes et les conservateurs et reconnaissons que pour le fleuron de l'édition francaise, devenir un outils idéologique (ce qu'elle n'était pas avant) c'est extrêmement préocupant. J'exagère pour l'exemple, mais si un livre de grande qualité littéraire est écrit par un homosexuel (Proust), est-ce que Bolloré va refuser de l'éditer ? Ou un livre parle d'immigration ou de transgenre, .. ? Comme Murdoch qui bloque la parution de livres critiques à l'encontre de la Chine car ca heurte ses intérêts ?
Je ne connais pas du tout cette histoire, quelqu'un connaît il les raisons officielles ou officieuses des désaccords entre Nora et Bolloré ?
Selon Le nouvel Obs, ce n'est pas la date de publication du récit de captivité de Boualem Sanal mais le refus d'une demande faite par Arnaud Lagardère (président d'Hachette Livre) à Olivier Nora d'accepter dans son catalogue un ouvrage signé par Nicolas Diat (éditeur de Philippe de Villiers et Jordan Bardella chez Fayard)
source : https://lemonde.fr/economie/article/…;
Cette raison me paraît beaucoup plus "solide" que celle qu'on trouve ailleurs sur internet, comme par exemple l'explication du Huffington évoquant un désaccord ridicule sur la date de publication du livre à paraître de Boualem Sansal :
L’éditeur misait sur une publication en octobre, après la rentrée littéraire, quand la direction du groupe lui préférait le mois de juin.
Concernant Boualem Sansal, ceci m'interroge : https://lefigaro.fr/livres/… (je l'avais déjà posté sur un autre fil, sans aucune réaction).
Boualem Sansal a reçu le prix Edouard Glissant de l'Institut du Tout-Monde. C'est un auteur qui a le tort (ou la qualité ?) d'accepter de discuter avec tout le monde et a eu le malheur d'être récupéré et instrumentalisé par ceux qui avaient un compte à régler avec le gouvernement algérien.
Je pense qu'il est en train de devenir un alibi : https://lejdd.fr/Societe/…
Oui, Eric, je ne suis pas sûr que le Boualem Sansal que tu as aimé lire soit le même que celui qui a quitté Gallimard pour la bollosphere.
Eric, tu le fais exprès ou quoi ?
Ce qui démontre qu'il est d'extrême-droite, or on sait bien qu'il n'existe pas de pensée d'extrême droite car :
Or avec ces deux prémisses tu vois bien qu'il était impossible que Sansal eût une pensée. Qu'est-ce que tu ne comprends pas là-dedans ?
Oui, Eric, je ne suis pas sûr que le Boualem Sansal que tu as aimé lire soit le même que celui qui a quitté Gallimard pour la bollosphere.
Ce qui démontre qu'il est d'extrême-droite, or on sait bien qu'il n'existe pas de pensée d'extrême droite car :
Sans doute que "pensée d'extrême droite" est un oxymore.
Or avec ces deux prémisses tu vois bien qu'il était impossible que Sansal eût une pensée. Qu'est-ce que tu ne comprends pas là-dedans ?
que Sansal eût une pensée
On est en droit de se le demander, au vu de la récupération dont il fait l'objet sans que ça ait l'air de le gêner le moins du monde.
Oui, Eric, je ne suis pas sûr que le Boualem Sansal que tu as aimé lire soit le même que celui qui a quitté Gallimard pour la bollosphere.
@Stavro :
Sansal lui-même ne me semble pas avoir vraiment changé depuis ses premiers livres (Le serment des barbares ou Le village de l'Allemand). Il a traversé la guerre civile en Algérie (au moment des attentats du GIA) en tremblant pour sa femme et ses filles, et a toujours été très dur envers la récupération politique de l'islam, de l'Histoire, etc. par le gouvernement algérien. En France, Sansal a toujours parlé avec tout le monde : en même temps qu'il parlait, depuis déjà des années avec des gens très à droite, il parlait aussi avec des gens très à gauche (il a déjà donné des itw à l'Humanité et a été invité à la fête de l'Huma pour des conférences et des signatures).
Concernant l'oxymore, il me semble que Martin s'en moque un peu à juste titre : je pense qu'il y a un danger dans la pensée d'extrême-droite mais je pense qu'il y a aussi danger à la nier en tant que pensée. Il y a, dans ceux dont on dit qu'ils ont basculé à l'extrême-droite, des auteurs que je respecte et même certains que j'aime. En fait, pour moi, ça a commencé à l'adolescence : j'étais un grand lecteur de Lovecraft et, quand j'ai compris le double sens de son oeuvre et le racisme qui avait nourri sa haine envers le monde, ça n'a finalement rien enlevé à mon plaisir de lecteur et à mon intérêt pour l'auteur. Au contraire, ça l'a décuplé car j'y ai ressenti une complexité et des contradictions qui sont au fond très humaines. Idem plus tard, quand j'ai découvert Knut Hamsun et Ezra Pound : ce sont des auteurs que j'aime et respecte, malgré tout ce qu'ils ont pu dire et écrire par ailleurs. Ezra Pound s'en est voulu, après la guerre, d'être tombé dans le piège de l'antisémitisme mais il n'a jamais renié son engagement pro-fasciste en Italie dans les années 30. Et pourtant on ne peut pas dire de lui, ni de Knut Hamsun, que ce sont des imbéciles dont la pensée ne vaut rien...
Ça n'explique pas pourquoi il a quitté la maison d'édition qui passe pour la prestigieuse de France (Gallimard) et qui l'a toujours soutenu, notamment pendant son emprisonnement, pour une autre qui n'a jamais eu le même prestige (il y a bien longtemps que Grasset est très critiqué) juste au moment où elle vient de passer aux mains d'un milliardaire d'extrême-droite.
"la PLUS prestigieuse" (j'ai oublié un mot)
(Par ailleurs, je suis bien d'accord qu'il y a de bons écrivains, voire de très bons écrivains, qui ont eu soutenu l'extrême-droite. D'ailleurs il y a de tout ; il suffit de chercher.)
(Par ailleurs, je suis bien d'accord qu'il y a de bons écrivains, voire de très bons écrivains, qui ont eu soutenu l'extrême-droite. D'ailleurs il y a de tout ; il suffit de chercher.)
La formule de l'oxymore était évidemment provocatrice. Il y a évidemment d'excellents écrivains qui ont été plus ou moins proches de l'extrême droite où l'auraient été si cette notion avait existé en leur temps. Cependant, il me semble que c'est quand leur œuvre se met au service de cette pensée de la facon la plus transparente qu'elle est la plus faible.
Il me semble, plus généralement, que l'acte d'écrire se nourrit souvent d'une profonde inquiétude, d'une pulsion de mort pour parler en freudien, et que la pensée d'extrême droite repose sur cette même inquiétude. Écrire est en soi un acte conservateur. Mais la reponse politique qu'on pretend apporter à cette angoisse me semble infiniment plus pauvre intellectuellement que son expression artistique.
Il me semble, plus généralement, que l'acte d'écrire se nourrit souvent d'une profonde inquiétude, d'une pulsion de mort pour parler en freudien, et que la pensée d'extrême droite repose sur cette même inquiétude. Écrire est en soi un acte conservateur. Mais la reponse politique qu'on pretend apporter à cette angoisse me semble infiniment plus pauvre intellectuellement que son expression artistique.
Ça n'explique pas pourquoi il a quitté la maison d'édition qui passe pour la prestigieuse de France (Gallimard) et qui l'a toujours soutenu, notamment pendant son emprisonnement, pour une autre qui n'a jamais eu le même prestige (il y a bien longtemps que Grasset est très critiqué) juste au moment où elle vient de passer aux mains d'un milliardaire d'extrême-droite.
La question se pose. J'oserai :
Peut-être que ce milliardaire d'extrême-droite, quand on prend un dîner avec lui, se révèle être un bonhomme sympathique, quoiqu'un peu autoritaire, et qui peut être a ses idées, sur lequel il s'accordait superficiellement ou non, mais pas foncièrement antipathique, et qu'il a eu le sentiment d'une connexion, le sentiment d'être compris, à tort ou à raison, dans un combat qui est pour lui aussi difficile qu'important ; peut-être que dérivant sur des choses intimes, telles que la religion ou la culture, ou la lecture, des points communs surprenants se sont dévoilés ? et que par suite, allons-y, allons droit au but, ne faisons pas nos prudes, le milliardaire a fait une offre intéressante, touchant à l'à-valoir ou touchant aux droits, touchant à la visibilité ou à la liberté, ce qui me paraît plausible, et que cette offre demeurait là, sur la table, et qu'il l'a considéré selon des motifs personnels, non seulement liés à sa subsistance, mais aussi par le prisme de son combat et de son désir de donner à sa parole une victoire ;
Parce que le milliardaire, celui que l'on dit d'extrême droite, a songé que Sansal, en bon être humain, pouvait avoir assez de faiblesse pour les examiner, voire les désirer, voire les accepter... d'autant plus sûrement qu'il avait eu à se plaindre, non de Gallimard lui-même il est vrai, mais imaginons, de certaines personnalités évoluant dans la même maison, ou qu'à certains moments où il pensait avoir eu cruellement besoin d'être soutenu, il a dû composer avec un soutien pas totalement entier, mêlé d'une espèce de divergences, faible, peut-être, mais suffisante pour lui faire sentir un peu davantage la solitude, et que ces simples divergences, lui ont causé, non pas quelque chagrin, mais quelque absence, surtout quand dans le noir de la cellule, quand il a eu tout le temps d'y repenser, la rancune ou le désespoir, l'orgueil aussi, introduit des paramètres qui sont étrangers à l'éditeur moyen français.
Il est bien entendu que je ne connais rien à la situation ni à l'édition (moins que toi Feint) et que je ne formule ici que des hypothèses de scènes qui n'ont peut-être jamais eu lieu, et que je n'ironise pas.
Ça n'explique pas pourquoi il a quitté la maison d'édition qui passe pour la prestigieuse de France (Gallimard) et qui l'a toujours soutenu, notamment pendant son emprisonnement, pour une autre qui n'a jamais eu le même prestige (il y a bien longtemps que Grasset est très critiqué) juste au moment où elle vient de passer aux mains d'un milliardaire d'extrême-droite.Ce que tu dis est en effet plausible, même si on n'en saura rien - mais c'est assez peu flatteur pour Sansal.
La question se pose. J'oserai :
Peut-être que ce milliardaire d'extrême-droite, quand on prend un dîner avec lui, se révèle être un bonhomme sympathique, quoiqu'un peu autoritaire, et qui peut être a ses idées, sur lequel il s'accordait superficiellement ou non, mais pas foncièrement antipathique, et qu'il a eu le sentiment d'une connexion, le sentiment d'être compris, à tort ou à raison, dans un combat qui est pour lui aussi difficile qu'important ; peut-être que dérivant sur des choses intimes, telles que la religion ou la culture, ou la lecture, des points communs surprenants se sont dévoilés ? et que par suite, allons-y, allons droit au but, ne faisons pas nos prudes, le milliardaire a fait une offre intéressante, touchant à l'à-valoir ou touchant aux droits, touchant à la visibilité ou à la liberté, ce qui me paraît plausible, et que cette offre demeurait là, sur la table, et qu'il l'a considéré selon des motifs personnels, non seulement liés à sa subsistance, mais aussi par le prisme de son combat et de son désir de donner à sa parole une victoire ;
Parce que le milliardaire, celui que l'on dit d'extrême droite, a songé que Sansal, en bon être humain, pouvait avoir assez de faiblesse pour les examiner, voire les désirer, voire les accepter... d'autant plus sûrement qu'il avait eu à se plaindre, non de Gallimard lui-même il est vrai, mais imaginons, de certaines personnalités évoluant dans la même maison, ou qu'à certains moments où il pensait avoir eu cruellement besoin d'être soutenu, il a dû composer avec un soutien pas totalement entier, mêlé d'une espèce de divergences, faible, peut-être, mais suffisante pour lui faire sentir un peu davantage la solitude, et que ces simples divergences, lui ont causé, non pas quelque chagrin, mais quelque absence, surtout quand dans le noir de la cellule, quand il a eu tout le temps d'y repenser, la rancune ou le désespoir, l'orgueil aussi, introduit des paramètres qui sont étrangers à l'éditeur moyen français.
Il est bien entendu que je ne connais rien à la situation ni à l'édition (moins que toi Feint) et que je ne formule ici que des hypothèses de scènes qui n'ont peut-être jamais eu lieu, et que je n'ironise pas.
Je ne suis pas absolument certain qu'écrire soit nécessairement un acte conservateur. En revanche, quand les idées politiques de l'auteur (quelles qu'elles soient) apparaissent de manière trop explicite dans son œuvre, ça ne m'intéresse pas.
Il me semble, plus généralement, que l'acte d'écrire se nourrit souvent d'une profonde inquiétude, d'une pulsion de mort pour parler en freudien, et que la pensée d'extrême droite repose sur cette même inquiétude. Écrire est en soi un acte conservateur. Mais la reponse politique qu'on pretend apporter à cette angoisse me semble infiniment plus pauvre intellectuellement que son expression artistique.
Je parle de l'écriture en tant que trace. Même quand elle la plus créatrice, elle fixe la pensée, empeche la disparition. Or la pensée d'extrême droite me semble reposer sur cette peur de l'effacement, de la disparition (de la tradition, du monde qu'on a connu, d'un ideal...). Il me semble donc normal que les deux se rencontrent parfois.
Ça n'explique pas pourquoi il a quitté la maison d'édition qui passe pour la prestigieuse de France (Gallimard) et qui l'a toujours soutenu, notamment pendant son emprisonnement, pour une autre qui n'a jamais eu le même prestige (il y a bien longtemps que Grasset est très critiqué) juste au moment où elle vient de passer aux mains d'un milliardaire d'extrême-droite.
La question se pose. J'oserai :
Peut-être que ce milliardaire d'extrême-droite, quand on prend un dîner avec lui, se révèle être un bonhomme sympathique, quoiqu'un peu autoritaire, et qui peut être a ses idées, sur lequel il s'accordait superficiellement ou non, mais pas foncièrement antipathique, et qu'il a eu le sentiment d'une connexion, le sentiment d'être compris, à tort ou à raison, dans un combat qui est pour lui aussi difficile qu'important ; peut-être que dérivant sur des choses intimes, telles que la religion ou la culture, ou la lecture, des points communs surprenants se sont dévoilés ? et que par suite, allons-y, allons droit au but, ne faisons pas nos prudes, le milliardaire a fait une offre intéressante, touchant à l'à-valoir ou touchant aux droits, touchant à la visibilité ou à la liberté, ce qui me paraît plausible, et que cette offre demeurait là, sur la table, et qu'il l'a considéré selon des motifs personnels, non seulement liés à sa subsistance, mais aussi par le prisme de son combat et de son désir de donner à sa parole une victoire ;
Parce que le milliardaire, celui que l'on dit d'extrême droite, a songé que Sansal, en bon être humain, pouvait avoir assez de faiblesse pour les examiner, voire les désirer, voire les accepter... d'autant plus sûrement qu'il avait eu à se plaindre, non de Gallimard lui-même il est vrai, mais imaginons, de certaines personnalités évoluant dans la même maison, ou qu'à certains moments où il pensait avoir eu cruellement besoin d'être soutenu, il a dû composer avec un soutien pas totalement entier, mêlé d'une espèce de divergences, faible, peut-être, mais suffisante pour lui faire sentir un peu davantage la solitude, et que ces simples divergences, lui ont causé, non pas quelque chagrin, mais quelque absence, surtout quand dans le noir de la cellule, quand il a eu tout le temps d'y repenser, la rancune ou le désespoir, l'orgueil aussi, introduit des paramètres qui sont étrangers à l'éditeur moyen français.
Il est bien entendu que je ne connais rien à la situation ni à l'édition (moins que toi Feint) et que je ne formule ici que des hypothèses de scènes qui n'ont peut-être jamais eu lieu, et que je n'ironise pas.
Ce que tu dis est en effet plausible, même si on n'en saura rien - mais c'est assez peu flatteur pour Sansal.
Sansal s'est exprimé sur cette décision. D'abord, il a déclaré qu'il ne connait pas personnellement Bolloré et n'est pas spécialement désireux de le connaître. Quand il est sorti de prison, il a été, à son retour en France, reçu chaleureusement par Gallimard, qui l'a même hébergé pendant quelques jours. En fait, il semblerait que Sansal ait reproché à Gallimard d'avoir intercédé pour le faire sortir de prison via une grâce présidentielle, qui lui interdit de retourner en Algérie. Sansal, à ce que j'ai compris, aurait voulu affronter le gouvernement algérien, qu'il accuse d'être une dictature déguisée, et ne rien céder, quitte à ne pas sortir de prison. C'est cette position radicale qui lui permet actuellement d'être récupéré par ceux qui, politiquement, veulent aller au clash avec l'Algérie. Je pense que ça ne durera pas car il ne partage rien avec eux. Ce que j'espère, pour Sansal, est que ça ne lui monte pas à la tête et qu'il ne veuille pas jouer au Navalny algérien...
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