Et ben, heureusement qu'il était en francais dans la librairie Kobo, car en anglais ca aurait été compliqué. Des phrases très longues et très chargées, des images pour le moins baroques,.. ca va prendre un peu de temps pour apprivoiser le style et entrer dans le récit !
Oui, il faut apprivoiser le style.
Pour moi, j'ai plus facile en lisant à voix basse...
6 chapitres lus.
Le premier est le plus difficile car il contient une surabondance de métaphores et d’adjectifs inutiles. Par la suite, le style se fait moins grandiloquent et nous donne un peu de récit à nous mettre sur la dent.
Antunes fait référence à plusieurs peintres ; Chaggal, Picasso, Bosch. Cela correspond bien à son écriture pour ceux qui ont déjà vu des toiles de ces artistes. Il y’a de la couleur, du cru, du surréalisme grotesque.
Le premier est le plus difficile car il contient une surabondance de métaphores et d’adjectifs inutiles. Par la suite, le style se fait moins grandiloquent et nous donne un peu de récit à nous mettre sur la dent.
Antunes fait référence à plusieurs peintres ; Chaggal, Picasso, Bosch. Cela correspond bien à son écriture pour ceux qui ont déjà vu des toiles de ces artistes. Il y’a de la couleur, du cru, du surréalisme grotesque.
Ah tu me fais plaisir Aaro, c'est exactement ca: surabondanced de métaphores et d'adjectifs, ca rend le texte fort indigeste, mais je n'en suis qu'au début et je pense qu'il faut le temps d'apprivoiser le style. Je pense aussi qu'entrer dans le récit va rendre la lecture plus facile...
C'est le meme thème que le voyage au bout de la nuit de Céline mais un style complètement différend. Ou Céline fait dans le bref et le péramptoire ici on a droit a une logorée pleine de circonvolition.
C'est le meme thème que le voyage au bout de la nuit de Céline mais un style complètement différend. Ou Céline fait dans le bref et le péramptoire ici on a droit a une logorée pleine de circonvolition.
5 chapitres lus ( 50 pages)
Le plus difficile est passé, les phrases sont moins lourdes.
J'ai bien aimé le passage avec "le violoniste "de Chaggal, qui représente bien le moment d'écrit par l'auteur.
Le plus difficile est passé, les phrases sont moins lourdes.
J'ai bien aimé le passage avec "le violoniste "de Chaggal, qui représente bien le moment d'écrit par l'auteur.
Je n'ai encore lu que 3 chapitres et suis à ce stade assez partagée..
C'est effectivement une écriture peu conventionnelle voire parfois assez extravagante (le premier chapitre) que l'on a besoin d'apprivoiser ( c'est bien le terme) doucement, pour ma part à la faveur de nombreux retours en arrière ( à ce rythme, je ne suis pas arrivée !;-)
Cette lecture me laisse un peu désarçonnée par ce jaillissement d'images ininterrompu, jamais cliché, tantôt parlantes et très évocatrices et dont on se demande avec une certaine admiration amusée où l'auteur va les chercher, tantôt beaucoup moins évidentes ou c'est moi qui manque de pertinence ou d'imagination ( par ex: " A Tamar, où les poissons montent de la rivière pour voguer, scintillant au hasard des rues " ...)
On a parfois le sentiment d'une technique d'écriture assez impressionniste , qui, par une succession d'associations, de détails s'attache à restituer un climat, une sensation qui auront laissé une marque, une impression profonde chez l'auteur, bien plus qu'elle ne décrit vraiment.
La forme d'expression n'est pas corsetée, autant à l'aise dans le trivial ( référence au WC) que dans un humour teinté d'un zeste d'esprit carabin (les rapports sexuels des parents, les " bites transies"...).
Autres remarques sur la forme:
Le choix d'identifier les chapitres de A à Z comme alternative à la numérotation habituelle a-t-il un sens ou n'est-il qu'une fantaisie qui se veut originale ?
Le choix d'un monologue par lequel le narrateur est censé s'adresser à une inconnue rencontrée dans un bar me laisse un peu perplexe dans la mesure où la forme d'écriture (à l'opposé de l'oralité ) rend la chose totalement improbable. On me dira qu'il s'agit là d'artifice littéraire qu'il convient d'accepter mais j'avoue avoir du mal à le faire. Est ce que ce parti pris de l'auteur apporte quelque chose, la suite le dira peut-être...
L'auteur tend à abuser de références culturelles notamment picturales qui si elles sont justes font , de mon point de vue un peu trop étalage...(Gorki vient un peu comme un cheveu sur la soupe...)
Quant au fond, je trouve qu'il y a déjà beaucoup de choses qui ressortent du biographique et d'où se dégagent un profond mal être, une impression de tristesse désabusée, d'amertume,
de blessures d'enfance (l'épisode de la soupe), une sorte de mélancolie désespérée doublée d'une interrogation métaphysique sans réponse...mais je pense qu'on y reviendra.
Ce que j'ai vraiment savouré, c'est l'esprit particulièrement caustique de l'auteur, l'intensité de son mordant à l'encontre du milieu bourgeois dont il est issu, au travers de l'évocation de ses oncles et tantes ou de ces dames du MNF, soutiens du régime et de ses piliers.
C'est effectivement une écriture peu conventionnelle voire parfois assez extravagante (le premier chapitre) que l'on a besoin d'apprivoiser ( c'est bien le terme) doucement, pour ma part à la faveur de nombreux retours en arrière ( à ce rythme, je ne suis pas arrivée !;-)
Cette lecture me laisse un peu désarçonnée par ce jaillissement d'images ininterrompu, jamais cliché, tantôt parlantes et très évocatrices et dont on se demande avec une certaine admiration amusée où l'auteur va les chercher, tantôt beaucoup moins évidentes ou c'est moi qui manque de pertinence ou d'imagination ( par ex: " A Tamar, où les poissons montent de la rivière pour voguer, scintillant au hasard des rues " ...)
On a parfois le sentiment d'une technique d'écriture assez impressionniste , qui, par une succession d'associations, de détails s'attache à restituer un climat, une sensation qui auront laissé une marque, une impression profonde chez l'auteur, bien plus qu'elle ne décrit vraiment.
La forme d'expression n'est pas corsetée, autant à l'aise dans le trivial ( référence au WC) que dans un humour teinté d'un zeste d'esprit carabin (les rapports sexuels des parents, les " bites transies"...).
Autres remarques sur la forme:
Le choix d'identifier les chapitres de A à Z comme alternative à la numérotation habituelle a-t-il un sens ou n'est-il qu'une fantaisie qui se veut originale ?
Le choix d'un monologue par lequel le narrateur est censé s'adresser à une inconnue rencontrée dans un bar me laisse un peu perplexe dans la mesure où la forme d'écriture (à l'opposé de l'oralité ) rend la chose totalement improbable. On me dira qu'il s'agit là d'artifice littéraire qu'il convient d'accepter mais j'avoue avoir du mal à le faire. Est ce que ce parti pris de l'auteur apporte quelque chose, la suite le dira peut-être...
L'auteur tend à abuser de références culturelles notamment picturales qui si elles sont justes font , de mon point de vue un peu trop étalage...(Gorki vient un peu comme un cheveu sur la soupe...)
Quant au fond, je trouve qu'il y a déjà beaucoup de choses qui ressortent du biographique et d'où se dégagent un profond mal être, une impression de tristesse désabusée, d'amertume,
de blessures d'enfance (l'épisode de la soupe), une sorte de mélancolie désespérée doublée d'une interrogation métaphysique sans réponse...mais je pense qu'on y reviendra.
Ce que j'ai vraiment savouré, c'est l'esprit particulièrement caustique de l'auteur, l'intensité de son mordant à l'encontre du milieu bourgeois dont il est issu, au travers de l'évocation de ses oncles et tantes ou de ces dames du MNF, soutiens du régime et de ses piliers.
Myrco, déjà une belle analyse de 3 chapitres!
Mais il faut dire que c'est touffu! On pourrait disséquer chaque phrase et en sortir les extravagances ou débattre de l'image évoquée.
J'adhère à tout.Très intéressant de lire des choses que l'on a soi-même remarquer.
Mais il faut dire que c'est touffu! On pourrait disséquer chaque phrase et en sortir les extravagances ou débattre de l'image évoquée.
J'adhère à tout.Très intéressant de lire des choses que l'on a soi-même remarquer.
J'ai terminé le livre. J'ai besoin maintenant de le digérer...
Bravo Koudoux!
Je ne crois pas qu’il y’aura foule qui vont se rendre au bout!
Je suis à la moitié. Même si le style expansif et cru se prête bien à la période de la guerre, cela reste une lecture ardue, pleine de divagations.
Je ne crois pas qu’il y’aura foule qui vont se rendre au bout!
Je suis à la moitié. Même si le style expansif et cru se prête bien à la période de la guerre, cela reste une lecture ardue, pleine de divagations.
Première impression : récit post-traumatique, on nage dans la saudade.
Je continue à digérer en vous attendant...
Bon courage !
Je continue à digérer en vous attendant...
Bon courage !
J'ai terminé le livre, mais j'ai le sentiment d'avoir raté ma lecture, je ne suis jamais vraiment entré dans le récit. Il faudrait que je le relise pour en faire une critique. Mais je n'ai pas aimé, les images sont très fortes mais c'est toujours la même chose, j'ai l'impression de relire la même chose chapitre après chapitre.
Probablement que je n'étais pas dans une bonne dispostion d'esprit pour une lecture aussi exigeante.
Probablement que je n'étais pas dans une bonne dispostion d'esprit pour une lecture aussi exigeante.
Comme je le disais dans un autre forum, je lis à dose homéopathique et ne suis rendue qu'à la page 64. La négativité du personnage , cette façon de se vautrer dans la mélancolie me pèse à un moment où j'aurais besoin du contraire! J'y trouve au moins la justification de l'option consistant à intégrer le récit dans le cadre de ce monologue une nuit dans un bar face à une inconnue; c'est cela qui sert de cadre à toutes ces réflexions intemporelles et désabusées du narrateur, ces "divagations" comme dit Benjamin, qui prennent finalement autant de place que la relation de l'expérience angolaise qui soutient au contraire mon intérêt.
Comme Saule, je suis parfois un peu lassée par cette option de recours systématique aux images (même si elles témoignent d'une créativité certaine) qui devient ici procédé, d'autant que la plupart appartiennent au même registre: médical, anatomique voire macabre.
Comme Saule, je suis parfois un peu lassée par cette option de recours systématique aux images (même si elles témoignent d'une créativité certaine) qui devient ici procédé, d'autant que la plupart appartiennent au même registre: médical, anatomique voire macabre.
Je rentre le livre à la bibli.
Je rentre le livre à la bibli.
Oui ...et si tu nous donnais plutôt le résultat de ta digestion ;-)
Autres remarques sur la forme:
Le choix d'identifier les chapitres de A à Z comme alternative à la numérotation habituelle a-t-il un sens ou n'est-il qu'une fantaisie qui se veut originale ?
Dans ma version, les chapitres sont numérotés. Bizarre.
J'ai noté dans mon calepin qu'à partir du chapitre 12, les phrases deviennent plus courtes et plus digestes, sans être plus accessibles dans le propos.
J'ai complété difficilement. J'aurais aimé qu'on me parle de cette guerre pour la comprendre.
Donnons un autre 10 jours pour aller jusqu'au bout. Puis on passera à un autre disparu.
Au point de vue du fond : très riche, avec de nombreux thèmes analysés qui touchent profondément l’auteur.
Médecin, il est envoyé à la guerre en Angola. Ses descriptions des lieux et des conditions dans lesquelles il a survécu en attendant son retour au pays sont extraordinaires.
Le retour au pays est plus difficile qu’il ne l’avait imaginé.
On plonge alors dans un récit post-traumatique teinté de saudade.
Au point de vue de la forme : des phrases trop longues et trop lourdes à mon goût.
Chaque phrase est remplie d’adjectifs, de comparaisons avec la médecine, avec des artistes peintres et des poètes portugais , connus ou non par le lecteur…
Lorsque la comparaison est comprise par le lecteur, c’est un plus, mais malheureusement, pour moi, je n’ai aucune culture concernant les poètes portugais.
Les descriptions liées à l’alcool et au sexe sont trop récurrentes à mon goût.
Je garde néanmoins un souvenir positif de cette lecture et je suis contente de l’avoir faite dans le cadre d’une lecture commune, pour la motivation.
Médecin, il est envoyé à la guerre en Angola. Ses descriptions des lieux et des conditions dans lesquelles il a survécu en attendant son retour au pays sont extraordinaires.
Le retour au pays est plus difficile qu’il ne l’avait imaginé.
On plonge alors dans un récit post-traumatique teinté de saudade.
Au point de vue de la forme : des phrases trop longues et trop lourdes à mon goût.
Chaque phrase est remplie d’adjectifs, de comparaisons avec la médecine, avec des artistes peintres et des poètes portugais , connus ou non par le lecteur…
Lorsque la comparaison est comprise par le lecteur, c’est un plus, mais malheureusement, pour moi, je n’ai aucune culture concernant les poètes portugais.
Les descriptions liées à l’alcool et au sexe sont trop récurrentes à mon goût.
Je garde néanmoins un souvenir positif de cette lecture et je suis contente de l’avoir faite dans le cadre d’une lecture commune, pour la motivation.
Merci Koudoux, je crois que nos impressions vont se rejoindre.
J'ai laissé de côté cette lecture (pas très avancée, environ le 1/3) en raison de problèmes personnels ces jours-ci. Je vais essayer de la reprendre pour terminer dans le délai imparti par Benjamin.
J'ai laissé de côté cette lecture (pas très avancée, environ le 1/3) en raison de problèmes personnels ces jours-ci. Je vais essayer de la reprendre pour terminer dans le délai imparti par Benjamin.
Terminé.
Sans doute étais-je dans un état d'esprit plus disponible à la reprise de ma lecture mais je dois avouer qu'au bout du compte, Lobo Antunès a eu raison de mes réticences du départ et que j'ai complètement viré ma cuti.
Au fil des pages, j'ai fini par succomber à la séduction quasi hypnotique de cette prose très personnelle, inventive, même si parfois on a du mal à le suivre dans ses délires métaphoriques.
J'ai trouvé qu'au fur et à mesure de la progression dans le roman, l'auteur tendait souvent à mettre de côté son souci de créativité littéraire au profit d'une écriture laissant parler ses tripes.
Ce livre est un témoignage remarquable (comme jamais à ma connaissance) qui nous fait vivre de l'intérieur aussi bien son vécu de cette guerre que celui des séquelles psychologiques destructrices et ineffaçables qui en ont découlé.
J'ai autant été touchée par l'expression de sa peur, de son dégoût, de sa rage, pendant, que par cette quête pathétique de chaleur humaine et de tendresse au travers d'expériences sexuelles éphémères, après.
Aussi malgré certains défauts que je lui pardonne volontiers, il s'agit là, pour moi, d'un grand livre qui surpasse certains dits incontournables de la littérature. S'agissant d'un de ses tout premiers romans qui marquait le début d'une aventure littéraire exigeante (d'après ce qu'on peut lire), je suis curieuse de découvrir d'autres titres de cet auteur en espérant que l'avenir me le permettra.
Sans doute étais-je dans un état d'esprit plus disponible à la reprise de ma lecture mais je dois avouer qu'au bout du compte, Lobo Antunès a eu raison de mes réticences du départ et que j'ai complètement viré ma cuti.
Au fil des pages, j'ai fini par succomber à la séduction quasi hypnotique de cette prose très personnelle, inventive, même si parfois on a du mal à le suivre dans ses délires métaphoriques.
J'ai trouvé qu'au fur et à mesure de la progression dans le roman, l'auteur tendait souvent à mettre de côté son souci de créativité littéraire au profit d'une écriture laissant parler ses tripes.
Ce livre est un témoignage remarquable (comme jamais à ma connaissance) qui nous fait vivre de l'intérieur aussi bien son vécu de cette guerre que celui des séquelles psychologiques destructrices et ineffaçables qui en ont découlé.
J'ai autant été touchée par l'expression de sa peur, de son dégoût, de sa rage, pendant, que par cette quête pathétique de chaleur humaine et de tendresse au travers d'expériences sexuelles éphémères, après.
Aussi malgré certains défauts que je lui pardonne volontiers, il s'agit là, pour moi, d'un grand livre qui surpasse certains dits incontournables de la littérature. S'agissant d'un de ses tout premiers romans qui marquait le début d'une aventure littéraire exigeante (d'après ce qu'on peut lire), je suis curieuse de découvrir d'autres titres de cet auteur en espérant que l'avenir me le permettra.
Lobo Antunès a eu raison de mes réticences du départ et que j'ai complètement viré ma cuti.
Excellent, très heureux qu'au moins une personne puisse avoir apprécié!
Pourtant les avis sont positifs sur les sites incluant ici.
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