Magicite
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03/10/2025 @ 01:02:10
Dans les saisons cachées

Charlie avait gagnĂ© un billet dorĂ©, Alice suivit le froufrou d’un derriĂšre de lapin, Niels fut changĂ© par un lutin, Bastien utilisa un grimoire magique, Harry embarqua Ă  bord d’un train magique. Pour Atu ce fut diffĂ©rent.

Une arrivée inattendue
I.
Le petit garçon a un teint pĂąle olivĂątre, cuivrĂ© comme le butoir mĂ©tallique usĂ© d’une porte. Terne sans Ă©clat son visage arbore des cheveux irrĂ©mĂ©diablement en Ă©pis dĂ©sordonnĂ©s. Quoiqu’il fut fait par peignes et gels, ou en une occasion mĂ©morable pour ses camarades d’école Ă  la purĂ©e de la cantine, ceux-ci restaient ostensiblement un dĂ©fi aux lois physiques dans leur formes et arrangements. Ils semblaient Ă©voquer des courbes fractales de formules mathĂ©matiques impossibles Ă  imaginer. En guise de cheveux c’est proche de la parure d’un porc-Ă©pic bien que plus disgracieux et dont les parties dressĂ©es disparates permettaient de maniĂšre improbable des mĂšches tombantes en barre sur une moitiĂ© de son front. À cause de ces particularitĂ©s les gens ne le regardaient pas longtemps en face, prĂ©fĂ©rant l’oublier comme on se dĂ©tourne vite d’un tableau peint par un daltonien atteint de la maladie de Parkinson sous peine d’ĂȘtre pris de nausĂ©e.

Hors ce jour lĂ  le bus dans lequel il monta n’était pas le bon. Le chauffeur l’aurait peut ĂȘtre remarquĂ© s’endormir Ă  l’arriĂšre s’il avait fait attention Ă  lui. Toujours est-il qu’il se gara ce soir lĂ  au terminus et rĂ©veilla l’enfant sĂšchement afin qu’il descende et puisse fermer Ă  clĂ© le vĂ©hicule jusqu’au trajet le lendemain. Le petit garçon descendit groggy, regardant la lueur grise du crĂ©puscule tombant sur une banlieue dĂ©serte et inconnue. Le sol Ă©tait froid et ses pieds aussi, il tapa trois fois ses talons pour tenter de chasser l’engourdissement Ă  l’extrĂ©mitĂ© de ses membres. Puis fit gigoter ses mains en tendant ses avant-bras pour la mĂȘme raison.
Une voix de girouette rouillĂ©e se fit entendre dans le couvert de l’ombre des murs.
_« Tiens nous avons un danseur en représentation Monsieur Kruche.»
OĂč la voix d’un des personnages masquĂ©s dans la pĂ©nombre avait le grinçant de la girouette non graissĂ©e celle de l’autre rĂ©pondant sans doute au nom de Mr. Kruche a la sonoritĂ© d’un vent s’engouffrant de force sous le tissu par bourrasques Ă©paisses et languides et exprima ceci:
_« C’est un enfant! Je le reconnaĂźt Ă  cause de sa taille. Que fait-il ici alors que c’est bientĂŽt minuit qui va sonner ? les lumiĂšres sont rares et le froid un vilain compagnon pour un petit d’homme seul dans la nuit de la rue.».
_«Enfant, danseur, il peut ĂȘtre les deux Ă  la fois Mr. Kruche! Il Ă  l’air perdu aussi; enfant danseur et perdu!» chevrota la voix de ferraille hachĂ© du premier interlocuteur.
Atu intriguĂ©, apeurĂ©, frissonnant de froid et Ă©chauffĂ© par les paroles moqueuses d’ inconnus cachĂ©s Ă  la vue dans la rue s’avance sur le trottoir en faisant claquer les souliers sous ses pas et rĂ©torque:
_« Je danse pas je suis congelĂ© et je cherche le bus pour la ville.» Ce faisant il s’approche du poteau oĂč une affiche indique des horaires de la ligne de bus est fixĂ©e.
Sautillant pour essayer de bien voir les inscriptions situĂ©es Ă  hauteur d’adulte, plus haut que sa tĂȘte, il essaya de lire. Vainement.
Un large et trapu Ă©nergumĂšne sort du couvert de l’ombre d’un mur, son comparse le rejoignit tantĂŽt.
_ «Il n’y en a pas. Oh pauvre petit tu ne sait pas ce que tu risque ici nous sommes proches de la zone pĂ©riphĂ©rique -une pause- oĂč traversent d’étranges ĂȘtres. » assĂ©na la voix de basse en planant comme une note prolongĂ©e dans l’air.
L’autre devança son compagnon et trotta autour du petit garçon en un cercle Ă©voquant ainsi un petit chien devant une joyeuse dĂ©couverte. Grand et maigre contrastant autant que par la voix que par la stature avec Mr. Kruche.
_  « La vile, la vile
 il faut t’emmener Ă  l’épure! C’est le parlement qui dĂ©bute ce soir. On va engraisser comme des poulets, les hĂ©ros seront sauvĂ©s, tout ce que vous aimez. Mais avant Monsieur Kruche va te donner de quoi te rĂ©chauffer, de quoi traverser la soirĂ©e.» dit l’autre en chuintant les derniers mots Ă  l’oreille du garçonnet.
_ « Vraiment Monsieur Hoche, le pendre avec nous! En ĂȘtes vous certain? »
L’autre rĂ©pondant au nom de Mr. Hoche opina du chef, Ă©trange pantomime ondulant entiĂšrement son corps dĂ©gingandĂ© comme un serpent prit de hoquet. Puis appuyant son regard sur Mr. Kruche tendit la main vers le petit humain.
Le petit garçon ne se sentait pas un ‘pauvre petit’ et toisa les visages des deux grands bravement.
Le petit gros couvert de plus de couches de vĂȘtements qu’il n’est possible de le dire se rĂ©signa et sortit de l’espace entre des Ă©paisseurs une bouteille en verre de taille moyenne. Il la tendit Ă  l’enfant perdu.
Comme Atu hĂ©sitait, et on peut le comprendre, le grassouillet dĂ©boucha la flasque d’un pouce alerte et montra l’exemple en buvant une gorgĂ©e suavement.
_« Prends une rasade, ça Ă©loigne le froid puisque Mr. Hoche veut que tu viennes avec nous on va pas te laisser geler Ă  un arrĂȘt de bus isolĂ©!  ».
Bien que circonspect l’enfant finit par s’abreuver Ă  la bouteille. En effet cela le rĂ©chauffa, lui brĂ»la la gorge mĂȘme tandis que sa figure devenait cramoisie et qu’il se retint de toutes ses forces pour ne pas tousser quand la liqueur pĂ©nĂ©tra son corps. Le mĂ©lange avait un goĂ»t d’herbes broyĂ©es qui agitait l’intĂ©rieur avant de faire frĂ©mir les membres comme une soudaine averse tiĂšde sur la peau.

Mr Hoche toujours agitĂ© comme une cloche de porte en train de tintinnabuler passa dans le dos du garçonnet pour lui lancer une claque dans le dos et dans presque le mĂȘme mouvement se positionna glissant face Ă  lui et baissant sa tĂȘte Ă  sa hauteur s’écria:
«Île des nĂŽtres!»
Bien qu’une Ă©nergie comme une brume le parcourut l’enfant ne ressentait effectivement plus la morsure du froid.
« Allons maintenant si nous voulons arriver au souper de la Reine Poilue et Ă  l’heure, la soif n’est pas tout et peut dessĂ©cher vite corps et Ăąme si nous oublions de nous empiffrer, l’effet de l’eau des fĂ©es ne va plus tarder.»
Au ricanement qui suivit la voix de crécelle rouillée le nommé Mr. Kruche haussa les épaules réprobateur:
_ « Vraiment vous voulez prendre des risques ce soir Hoche! La Reine à moustache il ne risque rien mais sa cour! Pensez vous parfois.»
L’autre manƓuvra gentiment Atu par les Ă©paules pour le mettre en route s’éloignant des faiblardes lumiĂšres artificielles, marmonnant des choses au sujet de nourritures exquises et de tables de banquets immenses.
Ils marchĂšrent chacun d’un cĂŽtĂ© de l’enfant, le ceignant comme une garde rapprochĂ©e de ministre en visite d’ouvriers en grĂšve. Ici en pĂ©riphĂ©rie les lumiĂšres Ă©taient moins frĂ©quentes et les zones d’ombres aussi nombreuses que celles baignĂ©es par les lampes municipales. Tandis qu’ils bifurquĂšrent de la route principale par laquelle le bus fut venu, ils passent par des zones oĂč l’herbe dispute le sol au bitume et des rues flanquĂ©es de maisons basses et silencieuses. Atu n’eut rapidement plus aucun repĂšre. Comme il Ă©tait dĂ©jĂ  perdu dans une banlieue inconnue dĂ©serte par une nuit gibbeuse formant une trinitĂ© curieuse avec des individus louches cela semblait une amĂ©lioration de sa situation initiale en se faisant mettre dehors du bus sans Ă©gards. Bien qu’il se demandĂąt quand mĂȘme oĂč sa premiĂšre nuit seul allait le mener.

Seuls passants passant devant les rares immeubles, quĂ©ques rares vitrines Ă  la lumiĂšre blafarde et des dĂ©parts de ruelles Ă©troites noires oĂč les chats perdus n’osent s’aventurer les deux hommes encadrant l’enfant entre eux de leur dĂ©marche titubante arrivĂšrent au Koin Derue.
Marbre blanc poli par les passages au sol, albĂątre de piliers en colonnes creusĂ©es de sillons parallĂ©les, large parvis d’entrĂ©e et porte en verre large et cadenassĂ©es. Levant les yeux vers l’applique nĂ©on il lu ‘CrĂ©dit SociĂ©tal’. Avec ses fauteuils rouges dans le hall d’entrĂ©e et ses distributeurs alignĂ©s, tables et stylos chaĂźnĂ©s Ă  leur bloc support pour chĂ©quer des signes cela semblait une banque Ă  Atu.
‘’Vous avez une carte monsieur Hoche ?’’
Celui ci hocha négativement.
‘’Ai je une carte monsieur Hoche ? ‘’
L’autre Ă©carta ses mains vides en dĂ©nĂ©gation.
‘’Alors nous n’en avons pas besoin, aprùs vous.’’
Le dĂ©nommĂ© monsieur Hoche poussa la porte de verre. Qui s’ouvrit sans difficultĂ© et Ă  la surprise d’Atu sans dĂ©clencher d’alarme ni de chien robot policier.
Mon sieur Kruche passa quand l’entrebñillement est assez grand pour sa corpulence.
Les deux compùres, Hoche tenant la porte comme un groom d’hîtel, attendirent qu’Atu les rejoint.
Un hall vide de banque Ă©clairĂ© de nuit est solitaire et s’y trouver singulier.
Ils marchĂšrent un peu mais ce qui les intĂ©ressait n’était ni les guichets, ni les boxes de contreplaquĂ©s vernis pour les rendez-vous des banquiers. C’était un placard Ă  la porte anodine. Peinte en rouge cramoisie de la mĂȘme couleur que les murs elle n’avait rien de particulier si ce n’est qu’elle s’ouvrait vers un espace contenant des balais, seaux et autres Ă©quipements mĂ©nagers.
Il Ă©tait un peu plat ce placard, dans le sens peu profond et les affaires rudement tassĂ©es. Mais ce qui Ă©tait vraiment plus extraordinaire qu’un placard de garde robe c’était qu’en poussant le mur de bĂ©ton gris sombre celui ci reculait. C’est ce que faisait Kruche en maintenant les balais de cĂŽtĂ© pour pas qu’ils tombent.
‘’C’est cachĂ© ici car personne ne pense Ă  rentrer dans une banque ouverte la nuit et encore moins aux balais. ‘’ dit le couinement de voix de Hoche.
Un étroit escalier déroulait ses marches, le long de la paroi des témoins lumineux disséminés à intervalles et une rampe métallique visée.
‘’Passe devant’’ venta Kruche.

Bien que toujours intimidĂ© par ses compagnons de fortune Atu avança. Attendant quelques mĂštres de distance Kruche le suivit. Puis encore quelques mĂštres et ce fut au tour de Hoche. Ainsi la lumiĂšre diffuse projetait des ombres qui ne gĂȘnait pas la vision ni ne se chevauchait. Celle d’Atu la plus petite et mobile devant. Kruche large et faisant comme une tache ovale. Celle de Hoche haute en hauteur derriĂšre les autres. Tic toc. Hop hip. Faisait par intermittences saccadĂ©es les pas d’un peu tous.
Enfin quand ils arrivĂšrent en bas aprĂšs une longue dĂ©cente prĂ©cautionneuse ils avisĂšrent un long couloir bien Ă©clairĂ© au mur et sol dallĂ©s de carrelage comme ceux d’une vieille station de mĂ©tro.
Hoche et Kruche reprirent la tĂȘte de la marche d’un pas pressant. Cela avait tout l’air d’un boyau de mĂ©tro rame en moins et celle fermĂ©e pour travaux indĂ©finiment tant la poussiĂšre et la vacuitĂ© s’y Ă©tait accumulĂ©e. Des escaliers fusaient par endroits, des embranchements certains montants et d’autres descendants. Au dĂ©tour d’un tournant Atu aperçut une large et haute porte vermoulue ouverte. Dedans des rangĂ©es de livres sur des Ă©tĂ©gĂšres solennelle et une fenĂȘtre ouvrant sur la Lune. De nombreux manteaux et atours disparates Ă©taient pendus dans un vestibule. Hoche tira prestement le bras du garçon.
‘’BibliothĂšque de l’Invisible , ils ont une rĂ©union saicrĂ©te ou quĂ©que cose comme ssa. Ça dure un peu trop et ils vont finir un jour ! Faut pas rester lĂ , une ssalopĂ©rie dĂ© monstres.’’ sa voix altĂ©rĂ©e par la panique des histoires qui s’y passent ou pas finies d’ĂȘtre Ă©crites.

Ils continuùrent plus loin jusqu’au chapitre 2.

Pieronnelle
(Je lis...)
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03/10/2025 @ 11:00:22
Mais quelle belle imagination, tellement imagée qu'on y assiste comme si tout était projeté sur un écran ou bien tout simplement dans notre propre imagination....d'enfant ,bien cachée derriÚre les années....Merci pour ce joli moment et vivement la suite...

Magicite
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01/11/2025 @ 09:12:48
Merci de ta lecture Pieronnelle. En fait j'ai depuis un bail une sĂ©rie de textes donc j'avais que le titre comme idĂ©e de dĂ©part. Il me manquait de savoir oĂč aller pour continuer. VoilĂ  une suite mais c'est toujours trop long pour oĂč je veux aller.

Magicite
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01/11/2025 @ 09:13:32

L’inconvĂ©nient quand on est plus moche qu’attirant, quand on est si insignifiant que les autres prĂ©fĂšrent vous ignorer c’est que les autres vous ignorent.
L’apparence est une dimension, pas celle d’Atu. Les dimensions s’empilent dans des espaces euclidiens et non euclidiens. Ainsi les choses petites peuvent contenir des choses beaucoup plus grandes. Certains vous parleront de beautĂ© extĂ©rieure mais ils vous mentent ou se trompent. Quand la beautĂ© n’est qu’intĂ©rieure il arrive souvent de se noyer dans un lac en contemplant son reflet


Ce qu’il y a vraiment derriĂšre l’apparence des choses ce sont des dimensions qui contiennent d’autres dimensions ainsi la taille petite ou grande, le tour de taille large ou fin, l’apparence belle ou moche contiennent tout un tas d’autres choses beaucoup plus grandes Ă  l’intĂ©rieur des dimensions. MĂȘme les saisons cachent bien leur jeu et les souris y dansent.

Chapitre 2.1
Faute de mieux pour dĂ©crire le lieu les trois compĂšres parvinrent dans cette galerie de ‘couloirs de mĂ©tros dĂ©saffectĂ©s’ Ă  un quai. Une arche sorte de porte de lumiĂšre Ă  la place oĂč une rame de mĂ©tro aurait eu des voies.
Monsieur Hoche tendit la main Ă  monsieur Kruche qui farfouilla dans son veston pour en sortir la bouteille contenant l’eau des fĂ©es. Dans un curieux Ă©changes de gestes de bras grandement exagĂ©rĂ©s les deux hommes se passĂšrent la flasque, Hoche bu tandis que Kruche fait tournoyer mains et poignets, ils se saluĂšrent ensuite d’un bras vers le front comme des capitaines au long cours partant en mission, l’un tendit la main en signe de demande l’autre retourna le rĂ©cipient et chacun brassa l’air comme un moulin sous le vent. L’un remettant l’objet dans ses vĂȘtements, l’autre comme un hĂ©licoptĂšre horizontal. Notez que les hĂ©licoptĂšres horizontaux ne sont pas communs car trĂšs dangereux, ne montez jamais dedans sauf si vous ĂȘtes en train de sauter dans un ascenseur.
Tous parés ils franchirent le seuil, arche détourée de carrelage, entraßnant Atu avec eux.

Automne caché

Le vent bouscule les feuilles brunies et sĂšches qui tintent comme sous l’orage, pleurent et hurlent une mĂ©lodie syncopĂ©e et bruyante. Quelques branches s’entrechoquent en tambours irrĂ©guliers.
L’enfant se serre dans son manteau, il se rĂ©trĂ©cit dans ses habits comme pour conserver la chaleur Ă  l’intĂ©rieur. Une poire de la taille d’un bƓuf passe dans le vent qui turbule. Il est sur un parvis bordĂ© d’arbres inconnus aux Ă©corces brun clairs et feuilles d’or jaune Ă  marron chĂątaigne.
Le ciel nuageux prophĂ©tise l’orage. Un chariot ouvert dĂ©vale devant lui, Ă  son bord des cuisseaux et pĂątĂ©s immenses. Atu prends la route dans la direction oĂč il disparaĂźt.

CachĂ© dans l’automne :
Quand il parvient au bout en Ă©vitant d’étranges et gigantesques aliments qui passent autour en excĂšs de vitesse il arrive Ă  un bĂątiment. Son ventre est pesant, ses Ă©paules aussi et ses jambes lasses comme aprĂšs une longue course. Il est plus grand, plus vieux, plus fatiguĂ© et ses pensĂ©es dures.
Il pose un manteau gris sur la chaise prend sa place Ă  un pupitre dans une grande salle ou d’autres employĂ©s comme lui sont Ă  d’autres pupitres alignĂ©s en lignes et rangĂ©es. La sombritude de la piĂšce est trouĂ©e du halo pisseux de lampes Ă  chaque Ă  abat-jours de carton sur chaque bureau.
Une pile de feuilles et des stylos devant chaque employĂ©. Des surveillants, dans un uniforme gris plus sombre, marchent entre les rangĂ©es sans que quiconque sachent ce qu’ils surveillent.

Le festin cachĂ© d’automne :
En suivant les victuailles gĂ©antes l’enfant arrive devant un trou de souris. Sans hĂ©siter et grĂące Ă  l’effet de l’eau de fĂ©es il s’engouffre dans l’ouverture et y rapetisse pour dĂ©boucher dans une large salle faiblement Ă©clairĂ©.
Hoche et Kruche sont dĂ©jĂ  lĂ , secouĂ©s aussi de leur passage bien que rĂ©cupĂ©rant plus vite que l’enfant. Devant eux des longues tables de banquets extraordinaires. Sur chaque table d’immenses assiettes remplies de victuailles chapardĂ©es avec ceci d’extraordinaire qu’elles ont des tailles dĂ©mesurĂ©ment grandes. Encore plus extraordinaire les convives attablĂ©s sont des rats, mulots, souris et autres rongeurs au poils et yeux divers.
_’Le festin d’automne ! C’est pour les souris et autres surmulots l’occasion de faire bombance et des rĂ©serves de gras pour l’hiver.’ dĂ©clare Hoche.
_’Ce qui est pratique c’est qu’on rapetisse tout en y arrivant sauf la nourriture qui reste grande.’ abonde Kruche en frottant sa panse rebondie.
_’MĂ©fions nous des chiourmes et des garde-chiourmes ’ susurre l’un d’eux Ă  l’oreille d’Atu.
À travers une fumĂ©e grasse de grillades et Ă©paisseurs de fritures la salle est une caverne voĂ»tĂ©e qui s’étend Ă  perte de vue. En son sein une estrade surĂ©levĂ©e et des tables et tabourets plus petits mais nombreux sont arrangĂ©s en cercles concentriques.
Quelqu’un le pousse dans le dos, Hoche retient Atu par l’épaule. Le malotru est un rat blanc et noir aux yeux mesquins et sournois.
‘ZzzavĂ© rien Ă  faire issi zhumains !’
D’autres se sont retournĂ©s et remarquent les bipĂšdes, nombreux le font avec consternation.
Une louche se brandit et catapulte une pomme de terre de la taille d’une tĂȘte vers eux. Kruche plus prestement que sa carrure le laisserai deviner attrape la boule au vol les deux mains en l’air comme un gardien de but.
Des murmures se font entendre tandis que des mains et des couteaux occupés à la bombance sont pointé dans leur direction.
Hoche : _‘Allons on va pas dĂ©ranger, il y a assez Ă  manger. On va juste s’asseoir et sans dĂ©ranger personne’.
Quelqu’un : _’Vzous parlerzz bizzare zhumains, ze veux pas de vouss zici.’
Quelqu’un d’autre : _’C’est qui perzonne le dĂ©rangzé ? ’
Un chƓur de rats d’égouts : _’ratattta tarraattta ratratra ! Z’on va vous fzaire la peau, boire votre zang et ronzer vos zos. ’

La situation semble mal engagée.
Kruche en profita pour porter sa pomme de terre énorme à la bouche et croqua un grand morceau.
_’Krompch Krompch ...bien grillĂ©e mais ssa manque de sauce’ s’exclame t’il les lĂšvres enfarinĂ©es.

Des rires fusĂšrent et la plupart de l’assemblĂ©e sembla se calmer. Les plus haineux seuls restaient en tapinois les dents acĂ©rĂ©es et les pattes prĂȘtes Ă  les faire bondir.
Un demi-meute de rat poliziers s’avancĂšrent au centre de l’attention qui finirent par calmer leur vellĂ©itĂ©s malsaines.
Mr. Hoche murmura à l’oreille d’Atu : ‘Fais attention, si tu te perds retrouves nous à la sortie.’.
Celui ci eu juste le temps de jeter un regard avec incompréhension au visage sec du grand bonhomme avant que des pattes le saisirent et le soulevÚrent du sol.
Kruche vient d’assĂ©ner une grosse patate sur la tronche d’un rat en brassard et bottes polies et impose sa stature dans une mĂȘlĂ©e confuse.
Hoche s’esquiva prestement dans les rangĂ©es du buffet.
‘mais
’ s’étrangla Atu avant qu’un appendice en fourrure lui couvrit les yeux et la bouche.
Les souris attablées comme les rats poliziers y allÚrent tous de leurs commentaires, quolibets et invectives. Cela veux dire cris de joie ou de rage, noms impropres et autres lazzis et provocations.

La Reine Ă  Moustache
‘Zzsilenze !’ tonna une voix forte tandis que les quatre pattes de celle qui le disait raclait avec force et bruits le bois de son estrade.
Amenez les moi.


CachĂ© dans le bureau d’autonomie contradictoire :

Arthur Turtor lisait les lignes des pages, manuel de quelque chose. Son boulot, rayer, raturer et Ă©liminer le superflu. S’il y a des manuels il faut bien des correcteurs de manuels. Sauf que ces manuels Ă©taient aussi obscurs qu’importants. RĂ©gis par des lois ils concernent les lois mĂȘmes de l’univers. Le problĂšme, outre que devoir se prononcer sur un sujet dont il n’avais aucune idĂ©e c’était qu’il y avais des rĂšgles Ă  suivre et des appendices Ă  lire qui amenaient eux-mĂȘme Ă  d’autres chapitres. Certains des prĂ©ceptes les plus importants Ă©taient affichĂ©s sur des panneaux sur les murs de la salle. En lettres capitales noires.

PAS D’EXCEPTIONS SAUF POUR LES EXCEPTIONS.
Lisait on sur l’un.
NI D’INTERPRÉTATIONS DE LA LETTRE OU DES MOTS
Ailleurs.
LE MANUEL DOIT ÊTRE COMPLET MÊME SI L’UTILISATEUR NE LE COMPRENDRAS JAMAIS.
OĂč celui ci.
LA VIE EST UN MANUEL INCOMPLET QUI N’EST PAS COMPRIS, PRIORITÉ AU MANUEL.

Mais pourquoi sa seule pensĂ©e aujourd’hui Ă©tait elle ‘FROMAGE’ ?

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