Armel Job par Étoile filante, le 27 juillet 2001

Professeur de langues anciennes, Armel Job est directeur du plus important collège de l'Ardenne belge, celui de Bastogne.


Qu'est ce qui vous a poussé à écrire votre premier livre ?
Je suis philologue classique de formation, donc j'aime bien la littérature. .videmment, ma spécialité était plutôt la littérature ancienne, le grec et le latin. Mais je pense que depuis toujours, j'aime écrire ; j'aimais beaucoup faire des rédactions quand j’étais enfant.

J'ai écrit des nouvelles, des contes que j’ai publiés dans des journaux jusqu'il y a une dizaine d’années. Ensuite, j'ai écrit un récit un peu plus important que j'ai envoyé chez Robert Laffont. Ils ne l'ont pas publié bien sûr, car il ne s’agissait pas d'un roman suffisamment étoffé, mais je suis rentré en contact avec un directeur littéraire qui m'a conseillé d'écrire un roman. J’ai essayé et ça a marché, et maintenant c’est vrai que ce que j’écris, c'est plutôt en vue de publication de romans.

Vous êtes issu et vous vivez dans les Ardennes ; vous êtes vous inspiré d’anecdotes authentiques ?
Effectivement, je me suis inspiré des gens de l'Ardenne liégeoise dont je suis originaire, que je connais bien et qui sont très différents des gens de Bastogne, lieu où je vis actuellement.

Il y a quelques scènes du roman qui se passent à Liège. Bien sûr, je me suis servi de ce pays, auréolé sans doute par mes souvenirs d’enfance, car cela fait quand même longtemps que je ne vis plus dans cette région-là. Je pense que moi, en tout cas pour écrire, j’ai besoin de me sentir dans un cadre qui correspond à ma sensibilité. Je pense que tout le monde a son petit roman personnel intérieur, et de temps en temps, dans ses rêves aussi, on reconstruit sa vie. Moi aussi j'ai mon petit roman où je me retrouve toujours dans les lieux que j’ai aimés quand j'étais enfant. Il s’agit donc de l'Ardenne liégeoise.

Les personnages sont inspirés de personnes que j’ai connues étant enfant. Je le dis tout de suite, car certaines personnes pourront reconnaître l'un ou l'autre trait qui leur appartient. Je leur ai, bien entendu, inventé une vie et des histoires qu’ils n’ont jamais vécues.

Pourquoi des dates précises ?
Je voulais faire un découpage assez rigoureux du livre. Quand j’ai travaillé le manuscrit, je savais dès le départ qu’il y aurait neuf chapitres, et je voulais que chaque chapitre comporte trois parties, trois scènes d'égale longueur qui se passent au même endroit avec les personnages attachés à cet endroit. Et j'avais aussi envie que l'action soit goupillée en un an. Je voulais vraiment construire mon histoire à partir de neuf images, neuf journées qui peuvent y faire basculer le destin des personnages.

Si vous voulez, c'est un petit peu les recettes de la tragédie antique : l’action se déroule dans un endroit clos, en l'occurrence, ici, le village. C’est l’idéal, avec un nombre restreint de personnages. Il y a une action, unique, qui tourne autour d'un tableau, mais qui fait resurgir des souvenirs évidents, et ça se passe aussi sur un espace de temps bien délimité. Je crois qu'il y a un effet dramatique qui est créé par l'utilisation des dates.

Vous aviez déjà une idée précise de la fin ?
J’avais donc l'idée de l'intrigue. J'avais ce projet d'écrire une histoire centrée sur un tableau qui fait scandale et qui disparaît. Dès le départ, je savais aussi quelles seraient les dernières lignes du roman. J'avais vraiment envie que ça se termine comme ça. Mais, bien entendu, au fur et à mesure qu’on écrit, il y a des idées qui surgissent. Puis, petit à petit, viennent des personnages qu’on ne connaît pas quand on commence à écrire, et on ne sait pas encore très bien comment ils vont réagir, quelles psychologies on va leur donner. Tout ça vient petit à petit. Il y a toujours un moment où le personnage a sa propre logique et échappe un peu à l’auteur.

Quels sont les livres ou les auteurs qui vous ont marqué ?
C’est un peu démodé, mais les auteurs que je préfère sont ceux de l’Antiquité. J'aime bien les grandes tragédies grecques. Chez les Grecs, j'aime particulièrement Homère, auteur que pratiquement plus personne ne lit. J'ai une grande admiration pour les historiens latins, Soliste et Tacite, pour leur style particulièrement concis, les effets de rhétorique qu’on trouve chez eux.

En français, je vais être tout aussi démodé, car j’aime les classiques ; mon auteur préféré, c’est Chateaubriand. Mais je n'ai rien contre les auteurs contemporains.

Quels sont vos projets ?
Je suis occupé à écrire un roman et puis j'ai d’autres choses dans mes tiroirs que je pourrai peut-être publier un jour. Mais on va déjà voir comment ça se passe pour ce roman.


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