L'étrangère de Sergej Donatovič Dovlatov

L'étrangère de Sergej Donatovič Dovlatov

Catégorie(s) : Littérature => Russe

Critiqué par Jules, le 22 mai 2001 (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 75 ans)
La note : 7 étoiles
Visites : 2 130  (depuis Novembre 2007)

Un monde à part

Ceci est le premier livre que je lis de cet auteur. C'est en 1978 qu’il émigre aux Etats-Unis et il meurt en 1990, à l âge de quarante-neuf ans.
La première partie du livre se passe en Russie. Une jeune fille, Maroussia Tatarovitch, a la ville simple et facile des membres de la nomenklatura soviétique. Elle va se marier à deux reprises et chaque mariage sera un échec. Elle finira par se décider à émigrer vers les Etats-Unis, mais sans avoir une véritable conviction qu'elle le veut : cela « se fait » à l'époque…
Accueillie à New York par une cousine et son mari, elle va y rester un certain temps, se rendant compte qu'elle ne sait pas faire grand-chose. Elle est belle et là est son principal atout. Sa vie va être transformée quand elle va rencontrer un latino-américain qu’elle appellera Rafa.
Une merveilleuse description de ce qu’est l’émigration russe aux Etats-Unis dans les années quatre-vingt. Ces gens ne s’assimilent que peu, ont leurs quartiers et leurs commerces, se rencontrent à chaque coin de rue, connaissent tout les uns des autres, n’apprennent que peu l'anglais. Ils vivent dans une bulle, allant jusqu’à considérer que les « étrangers » ce sont les Américains. Ils s'en moquent et les admirent à la fois.
Dovlatov a l'extraordinaire qualité pour un écrivain de faire des riens de la vie de tous les jours une véritable histoire. Il sublime en quelque sorte la vie courante. Ses personnages sont attachants, vivants, et on sent très bien qu'il a une véritable tendresse pour eux. L’auteur est lui-même un des personnages du récit et intervient très souvent.
L'histoire qu'il nous raconte nous semble plus vraie que vraie, et c’était cette qualité-là qu’Hemingway considérait comme essentielle pour un écrivain. Dovlatov la possède indiscutablement.
Passez cependant sur les premières pages qui ne citent qu'une série de personnages… Tout deviendra bien plus facile quant l'auteur reviendra à Maroussia. Vous ne manquerez pas d'apprécier le sens aigu de l'ironie que possède Dovlatov.


Maroussia, en passe de vouloir quitter les Etats-Unis et retourner en Russie, se voit poser la question : « Et la liberté ? » Elle répond spontanément : « Je n'en ai rien à faire de ta liberté ! Je veux la paix… D'ailleurs pourquoi aurais-je besoin de liberté puisque (là-bas) j’ai papa ? »
Un bon livre qui me donne l'envie de lire d'autres livres du même auteur.

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