Ma vie avec Mozart
de Éric-Emmanuel Schmitt

critiqué par Brice Depasse, le 1 octobre 2005
(Namur - 57 ans)


La note:  étoiles
Touchant
A l'âge de 15 ans, Eric-Emmanuel Schmitt songe au suicide : plus envie de vivre cet inutile. Sa vie est remplie de rien jusqu'au jour où son professeur de musique l'emmène à l'opéra de Lyon assister à une répétition des Noces de Figaro. Sur la scène, une femme énorme, grotesque et qui ne joue même pas bien. Puis soudain, elle chante l'air de la comtesse. Elle en devient belle, la salle poussiéreuse et vide se remplit de musique, ... de Mozart. Eric-Emmanuel Schmitt apprend alors que la vie vaut la peine d'être vécue car elle est sertie d'instants merveilleux. "Ma vie avec Mozart", c'est pour l'auteur l'occasion de sortir du secrétaire la boîte qui contient toutes les lettres qu'il a écrites à Mozart depuis trente ans et les réponses que celui-ci lui a adressées, en musique. Pour mieux partager les émotions de l'auteur, le livre est accompagné d'un CD comprenant seize plages. Eric-Emmanuel Schmitt vous propose lui-même de jouer chaque titre en vous avertissant par une note manuscrite en marge, comme dans un carnet intime qu'est indubitablement ce récit poignant et inspiré. Interview à écouter sur mon blog dès ce mardi 5 octobre : http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/
Viva Amadeus ! 8 étoiles

Un adolescent de quinze ans est désespéré devant le monde qui l’entoure à tel point qu’il songe au suicide. Un beau soir, à l’opéra de sa ville, il assiste à une représentation de « La flûte enchantée ». Il subjugué par la musique d’Amadeus. Depuis, il entre en dialogue avec le musicien.
Cet adolescent est évidemment Eric-Emmanuel Schmitt. Dans un mode taquin ( quasi l’anagramme de Catin), on peut dire que notre homme ( Eric-Emmanuel) est un peu l’homme des révélations. Avec Dieu dans son livre « La nuit de feu » , ici avec Mozart ; sa prochaine révélation sera peut-être avec … un extraterrestre …( j’rigole, LOL !) .
Après la lecture de ces 150 pages - qui est agrémentée d’un CD -, on ne peut pas dire que j’ai été, ne fut-ce qu’un peu plus, « interpelé » par la musique du divin Mozart ( je suis un béotien ! ). Mais ce n’est pas de sa faute ni celle de monsieur Schmitt, juste celle de … votre serviteur.
A part ces considérations, ce roman est agréable à lire et intéressant au point de vue de la «philosophie de la vie ».

Extraits :

- Je passais des heures à contempler la catastrophe qui s’affirmait sur la glace : voilà ton corps, mon gars, habitue-toi, même s’il te semble incongru, mémorise-le, tu n’auras que celui-là pour réaliser tout ce qu’un homme doit accomplir, courir, séduire, embrasser, aimer.

- Lorsqu’on habite le désespoir, ce bidonville de l’esprit, on n’envie pas ceux qui occupent les beaux quartiers, on les oublie ou on estime qu’ils logent sur une autre planète.

- Pendant les longues heures que je passais à prendre des bains, j’avais choisi ma méthode : ce serait celle de Sénèque. Allongé dans la baignoire, protégé par l’épaisse mousse, je m’ouvrirais les veines avec un couteau bien effilé et mon sang me quitterait avec douceur.

- Je suis las, Mozart, si las. Les coulisses de l’hôpital n’ont plus de secret pour moi, j’en sais les rites, les horaires, les odeurs, les bruits feutrés, le peuple infatigable des infirmières en galoches, les médecins fugitifs au front barré par les soucis, les chariots chromés avec leurs bimbeloterie de médicaments inefficaces, les râles qui parfois s’échappent des chambres, les familles plombées qui stationnent devant la porte en craignant le malade ; je frissonne au moment où le jour se glisse dans la nuit, quand l’angoisse va saisir les patients et qu’il faudrait se trouver auprès de chacun pour lui tenir la main, le bercer, lui raconter une histoire. Le soir, en gagnant mon appartement obscur, épuisé par les conversations que j’ai dû engager, trop fatigué pour ouvrir un livre, craignant d’allumer la radio ou la télévision qui vomiraient sur moi de nouvelles horreurs, je n’accède plus au repos. Sans doute ai-je peur de m’allonger, de prendre une position qui ressemble à celle des mourants.

- Il y a une géographie de la musique. Sur une mappemonde multicolore existent plusieurs continents. Le continent Bach, le continent Mozart, le continent Beethoven, le continent Wagner, le continent Debussy, le continent Stravinski …Non loin se détachent certaines îles plus ou moins importantes : l’île Vivaldi ou la péninsule Haendel autour de Bach ; les archipels Schumann ou les atolls Chopin aux environs de Beethoven.

Catinus - Liège - 69 ans - 7 avril 2020


Musique, musique 8 étoiles

Bon, c'est vrai, Schmitt ne parle essentiellement que de lui et ce livre n'est ni un roman, ni vraiment une autobiographie, mais j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire. Je me suis parfois reconnue dans cet adolescent tourmenté qui rencontre la limpidité de la musique de Mozart. Je pense que peut-être (en tout cas pour les lecteurs de mon âge) il est bon pour être touché par ce roman d'être déjà sensibilisé à cette musique. Ou alors vivre une révélation !

Caecilia - Huy - 25 ans - 22 décembre 2010


Avis partagé 3 étoiles

Tout d'abord, je pense que ce livre est tout bonnement très agréable à lire, tant grâce à la musique, que par l'écriture qui est souvent bouleversante et qu'on sent très sincère. Mozart a été important dans sa vie, et je le trouve convaincant quand il nous dit cela. Cependant, le contexte de publication ( année de la mort de Mozart ), l'édition ( on nous fait savoir qu'il y a " + Un Cd de Mozart à l'intérieur ", ça fait un peu " 3 bidons de lessive dont 1 gratuit " ), ne sont pas digne de la qualité du roman et nuisent totalement à son image et j'oserai même dire à sa sincérité : écrit-il cela en toute bonne foi ou par cupidité, comme nous l'impose cette société de consommation catastrophique ? Personne ne peut répondre pour lui, seul lui doit le savoir.

Tothony - - 28 ans - 6 décembre 2009


Musique? 5 étoiles

Je n'ai pas particulièrement apprécié ce livre. Pourtant, j'étais prêt à tout, même à écouter le disque. Cependant, je n'en retiens pas grand chose et je ne conseillerais pas ce livre parmi son oeuvre.

Avanni - - 56 ans - 7 septembre 2009


Merci Mozart 2 étoiles

Ca on l'aura compris Mozart a changé la vie d'Eric Emmanuel Schmitt, il l'adore, cela l'émeut et il le comprend comme s'il était encore de ce monde. Cette admiration est tout à fait honorable, mais en faire un livre, n'est ce pas de trop ? Il aurait pu se contenter d'écrire un article ou de le mentionner au cours d'un de ses nombreux livres. On sent l'écriture facile, et le roman écrit pour des raisons qui me paraissent contestable ( je n'en dirai pas plus).

Soleada - - 31 ans - 6 mars 2008


Un peu trop nombriliste 6 étoiles

Eric Emmanuel Schmitt aime la musique de Mozart car il estime qu’elle lui a sauvé la vie le jour où, adolescent, il était sur le point de se suicider. Depuis cette époque, il voue un véritable culte au « divin » maître. Il profite de ce livre pour lui écrire toute une série de lettres dans lesquelles il expose avec une certaine complaisance ses états d’âme quand il se trouve à l’écoute de certains morceaux. Il voudrait nous faire partager son amour, mais, bien entendu, il ne fait que prêcher à des convaincus. Qui donc pourrait détester Mozart ? Même les publicitaires s’en servent pour anoblir leurs spots les plus vulgaires…
Basé sur le concept intéressant du livre+ CD (les extraits proposés sont trop courts et trop axés à mon goût sur les airs d’opéra), cet ouvrage assez court (160 pages), très bien écrit, très facile à lire, n’est ni un roman, ni un journal, ni un essai, mais quelque chose un peu à part, une série de réflexions mystiques, philosophiques, psychanalytiques et même sociales éparses, lancées au fil de la plume et de l’écoute des œuvres. Schmitt démontre parfaitement que la belle musique en général et celle de Mozart en particulier adoucit les mœurs, console les âmes et embellit la vie. Quelqu’un a dit que c’est du bruit qui pense…
Bien que n’étant pas inintéressant, cet ouvrage me semble loin d’être le meilleur de l’auteur qui se laisse un peu trop aller à une certaine forme de nombrilisme.

CC.RIDER - - 62 ans - 25 janvier 2008


belle amitié 9 étoiles

bravo une nouvelle fois à E-E Schmitt pour cette biographie intime et très complice avec Mozart. "Ma vie avec Mozart" sort l´année de son anniversaire. Belle approche du disque aussi avec ses moments choisis et irrésistibles. Un moment fort en émotions où la sensibilité auditive est interpelée et jouit tout simplement. Merci.

123... - - 50 ans - 1 janvier 2007


Jusqu'où pousser l'intimité ? 4 étoiles

Grande fan d'Eric-Emmanuel SCHMITT, je me suis jetée avec avidité sur son dernier roman. Moment tranquille de lecture avec Mozart dans les oreilles. Idée vraiment géniale et originale.
Mais pour ce qui est du texte... Décevant. Le style est toujours là, heureusement, mais pour l'histoire : On se sent un peu étranger dans son monologue avec Mozart, on assiste à un spectacle pas vraiment captivant, dans l'intimité de l'auteur, à la limite du voyeurisme, sauf que c'est lui qui l'a voulu.
Qu'il revienne vite, mais avec un roman cette fois, un vrai !

Saperlipop - - 38 ans - 22 mars 2006


Elvira Madigan 6 étoiles

Je n'ai lu qu'un chapitre, celui où Schmitt parle de l'Andante du CP 21. Il en fait un hymne à la création, s'imaginant dans un dialogue avec Dieu alors qu'ils survolent la terre en avion.

Mais ça ne correspond pas du tout à mon Elvira Madigan : pour moi c'est la femme blonde sur un fond bleu de la superbe pochette de Deutsche Grammophon (collection originals, interprétation de Géza Anda), une musique qui me replonge à chaque fois dans un paradis perdu, un univers indescriptible où tout est bleu, le ciel, les yeux de la fille aux cheveux blonds dont j'ai compris bien plus tard que c'était mon anima.

Ça ne m'a pas du tout donné envie de lire le reste.

Saule - Bruxelles - 55 ans - 6 février 2006


A tomber! 10 étoiles

"Je mourrai à la manière de Sénèque" : le verdict tombe. Quitte à mourir, autant se laisser faire, et pourquoi refuser de se rendre au concert de Mozart? Surtout si ce concert fait dire "non, je ne mourrai pas à la manière de Sénèque, si grand fut-il" et "je mourrai quand la vie n'aura plus rien à me donner, et c'est pas demain la veille!"
"On n'exulte plus, Mozart, on partouze, et on crie 'Yeah...'" : je trouve que cette phrase est réellement somptueuse, et elle prend toute son ampleur, toute sa "gueule" sur un quatuor à cordes!
Quoi de plus beau, également, que ceci : "Cher Mozart, Quand un oiseau chante, est-ce plainte, est-ce joie? Dit-il son bonheur d'exister ou appelle-t-il la femelle qui lui manque? Mystère du chant... Toi, tu me fais remarquer que c'est beau."
Ce livre est plein de petites pensées, sur notre monde, sur la religion, sur l'amour, le partage, le don de soi, l'abandon de soi même.
Je me joins à mon ami le Rat des Champs, pour dire un grand "merci" à Monsieur Eric-Emmanuel Schmitt, et je classe "Ma Vie avec Mozart" dans ses oeuvres que j'ai préférées!

Poupi - Montpellier - 30 ans - 28 décembre 2005


Bouleversant 10 étoiles

Bouleversante et extraordinaire histoire que cette rencontre entre deux belles âmes, celle de Mozart et celle de Schmitt! Mozart parle en permanence à l'auteur, par une musique entendue de-ci, de-là, une chorale devant une église, un disque dans un taxi, et les leçons de vie apportées nourrissent littéralement l'âme de l'écrivain.

Evidemment, pour les entendre et les comprendre, il faut avoir un coeur et une intelligence ouverts. Sous des dehors frivoles et superficiels, Mozart ne livre pas sa quintessence à n'importe qui.

L'adagio du concerto pour clarinette qui transcende une souffrance évidente pour atteindre une beauté universelle, qui d'autre qu'une âme d'une pureté exceptionnelle aurait pu l'écrire? Et qui d'autre que Schmitt est capable de nous en faire percevoir la profonde humanité?

La réponse de Mozart aux souffrances de notre temps comme le sida est lumineuse comme à son époque, elle est intemporelle. C'est le témoignage d'un ami, toujours fidèle, qui dit: "Tu souffres, je te comprends, moi aussi j'ai vécu ça, et voilà comment j'ai surmonté mes douleurs. Laisse-toi prendre par la main, par l'oreille, je t'emmène au-delà du mal là où n'existe que la beauté pure."

Monsieur Schmitt, je me range dans vos admirateurs inconditionnels depuis longtemps déjà, mais ici, je vous dis merci de cette promenade à laquelle vous m'avez convié, dans un monde où la pureté est la seule loi.

Le rat des champs - - 70 ans - 28 décembre 2005


heureusement qu'il y a le CD 1 étoiles

Il suffisait à Eric Emmanuel Schmitt de créer sur son site internet une rubrique spéciale "mon amour pour Mozart" en quelques lignes, cela ne valait pas un livre surtout pour être aussi mauvais...

Le CD est sublime !

Martien - - 63 ans - 23 novembre 2005


lecture musicale 9 étoiles

j'ai fait la connaissance de cet auteur par ce bouquin, enthousiasmée, accompagner la lecture du CD, la musique devient vivante , Mozart nous accompagne.
Mozart est étonnamment actuel, le CD ne quitte plus ma voiture, pour être ZEN avant d'aller bosser c'est excellent.

Mireï - - 69 ans - 11 novembre 2005