La séparation de Christopher Priest

La séparation de Christopher Priest
( The separation)

Catégorie(s) : Littérature => Fantasy, Horreur, SF et Fantastique

Critiqué par Julius, le 12 septembre 2005 (Inscrit le 24 novembre 2004, 46 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (21 398ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
Visites : 2 877  (depuis Novembre 2007)

basculement

La Séparation est il une uchronie ? un peu comme Le Maître du Haut Chateau de Dick ou Fatherland de Harris ... a priori oui car il semblerait bien que l'Angleterre et l'Allemagne nazie aient signé un traité de paix en mai 1941. Alors vous vous dites que ce livre imagine ce qu'il se serait passé si l'Angleterre s'était retirée de la guerre, comment la seconde guerre mondiale se serait donc terminée, le front russe bien entendu aurait une toute autre image, les américains seraient restés en retrait probablement. Moult hypothèses, mais Monsieur Priest n'écrit pas pour conjecturer. Il nous nargue le bougre ... et il est fort le cochon (excuse ma familiarité mais reconnais que tu l'as cherché !). Oui il est très fort, on lit ce livre qui n'est pas facile à suivre, si, du moins en apparence, mais souvent je suis revenu en arrière : "saperlipopette, y a un truc que je pige pas là, c'est quoi ce bordel ?", et j'ai continué en pensant bien découvrir le fin mot de l'histoire, mon esprit rationnel faisait un boucan du diable et réclamait à corps et à cris de la logique, de la bonne grosse logique nom de dieu ! La séparation entre l'Angleterre et l'Allemagne ... entre 2 jumeaux qui vivent cette guerre différemment, ou peut être pas. Alors ça bascule mais quand ? bon j'en dit un peu plus, vous connaissez Un Paysage de Temps de Gregory Benford, un peu comme ça quoi, à un moment ça diverge même que ça revient après et on se dit que tout rentrera dans l'ordre. Que nenni, c'est mal connaître l'ami Christopher qui est passé maître dans l'art d'embobiner son monde. Super livre, certains prétendent le meilleur ... avec ce qu'il a déjà écrit, comment est ce possible ?
Une écriture fluide, aérée, sensible, langoureuse, diabolique, sèche, imagée, paradoxale, entière, neutre, vive, gastronomique, dantesque, conceptuelle, odorante, anarchiste, pieuse, que dire de plus ? que cette critique a basculé ? bien sûr mais tout le monde a vu quand !

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Vague et confus...

6 étoiles

Critique de Dirlandaise (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 64 ans) - 7 août 2012

J'attendais beaucoup de cet auteur donc je suis restée sur ma faim avec ce livre assez moyen dont l'intrigue confuse et sans rebondissements spectaculaires m'a littéralement ennuyée. Pourtant, le sujet me semblait intéressant et je me disais que la fin me réserverait des surprises mais il n'en fut rien. Le roman ne m'a pas du tout comblée au contraire. Le côté historique de cette uchronie offrait pourtant un cadre idéal et le personnage de Hess reste toujours aussi fascinant. D'ailleurs, l'auteur sait nous le rendre énigmatique et mystérieux par de nombreuses descriptions détaillées de son comportement erratique et souvent contradictoire. Mais la construction du récit m'a lassée. Certains chapitres reprennent la même histoire avec quelques variantes selon le personnage qui la raconte. Cela me porte sur les nerfs à la longue. Et puis, on ne sait pas trop où l'auteur veut en venir, où il nous entraîne avec ses compte rendus de réunion, ses extraits de journaux, ses résumés de documents d'époque. Puis on se rend compte que tout cela ne menait nulle part et on se prend à se dire qu'on a lu tout cela en vain.

Le livre n'est pas totalement nul mais n'est pas à la hauteur de mes attentes et je ressors de cette lecture assez irritée d'avoir ainsi perdu mon temps.

La séparation : un principe de construction romanesque

9 étoiles

Critique de Gilles Arnaud (Saint Rémy de Provence, Inscrit le 25 juin 2008, 45 ans) - 21 juillet 2008

Bizarre chez Priest ce thème du dédoublement. Dans Le Prestige, deux personnages aux vies parallèles qui se rejoignent à travers la pratique de la prestidigitation, pour se confondre et s’éloigner sans cesse.

Et puis, Existenz. Tout le monde a au moins vu le film : un monde virtuel où chacun a son double, au moins.

Les Extrêmes, et sa référence à deux pôles éloignés qui, par cette appellation,sont mis côte à côte, et identifiés en fonction de la nature de l’autre.

Ici, ce sont carrément des jumeaux. Leurs destins, hallucinés ou non, s’entremêlent et s’opposent jusqu’à donner deux versions de la Seconde Guerre Mondiale, et donc deux présents corollaires. Même Rudolph Hess et Winston Churchill ont des sosies dans ce roman.

En fait, la séparation, on la cherche sans la trouver, ou pas vraiment. Quand est-ce que la réalité se fait autre ? Où s’affirme un glissement irrémédiable, sans retour en arrière possible ?

Jamais.

Deux versions de l’Histoire se chevauchent, se côtoient et, comme dans un rêve, rien ne semble absurde. Le lecteur voyage d’une poche de possibles à une autre, aucune ne prenant le dessus.

La séparation n’est pas au fil du roman un moment dont la découverte est l’enjeu, mais un principe de construction du roman.

Ambitieux ! Une réussite !

Ré-écrire l'Histoire ou l'histoire?

6 étoiles

Critique de Zaphod (Namur, Inscrit le 29 novembre 2005, 55 ans) - 8 mai 2006

Le problème de Christopher Priest, c'est qu'il est trop génial !
Alors que certains auteurs cherchent un thème pendant des années pour finir par nous raconter trois jours chez leur mère (je ne vise personne), on a l'impression que le cerveau de Priest fourmille d'idées à rendre jaloux bon nombre d'écrivains. Et en plus, ce type sait comment construire un récit pour accrocher son lecteur et lui faire perdre pied au moment voulu.
Sa faiblesse, s'il en a une, c'est la création des personnages qui parfois paraissent un peu pâles en regard des évènement qu'ils traversent.

Priest s'est fait une sorte de spécialité des "réalités" parallèles, et il était donc logique qu'il finisse par s'attaquer à une uchronie ou histoire alternative.

Bien que je classe cet auteur parmi mes préférés, je dois toutefois dire que j'ai quelques petites réserves sur ce livre.
Peut-être conscient de ses lacunes, Priest prend cette fois son temps pour nous présenter les personnages (sans pour autant arriver à les rendre très vivants), ce qui fait que le récit s'emballe seulement à partir de la page 291 (sur un total de 455).
Ensuite, je trouve que l'hypothèse de base prise par l'auteur manque de "réalisme", ou en tous cas, j'ai du mal à y adhérer. La question est "et si l'Angleterre avait accepté une offre de paix de l'Allemagne en 1941?". Personnellement, je trouve la question abordée par P.K. Dick dans le Maître du Haut Château beaucoup plus prenante, à savoir "et si l'Allemagne avait gagné la seconde guerre mondiale".

Contrairement à ce qu'on pourrait croire pour ce genre de récit, Priest ne s'attarde pas vraiment sur les conséquences de sa version alternative d'évènements historiques, mais quant on connaît l'auteur, ce n'est pas si surprenant : ce qui l'intéresse, c'est le point précis où le glissement entre deux réalités possibles s'opère, et c'est là aussi que son génie apparaît, mais de manière trop fugace à mon goût.

J'ai donc été légèrement déçu par ce livre qui n'est à mon avis certainement pas le meilleur de l'auteur. Il reste quand même une lecture très agréable et une belle construction littéraire, mais mon plaisir venait surtout de l'anticipation de l'étincelle qui n'allait pas manquer de se produire, et le l'ai attendue un peu trop longtemps.

Refaire l’histoire

4 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 50 ans) - 18 avril 2006

Je n’ai pas réussi à embarquer dans ce roman. Bien sur, il y’a cette intrigue avec Rudolf Hess qui est fait prisonnier alors qu’il vient porter un traité de paix, mais l’aspect stratégie de guerre n’est qu’effleuré.

Le reste est comme un manuel d’histoire écrit sous la forme d’une biographie. Notre héros va aux jeux olympiques de Berlin, largue des bombes de son avion et rencontre plein de gens illustres. Le fond de la chose n’est jamais défini, on se demande ce qui se passe et où on nous dirige.

J’ai trouvé ça plat et froid au point d’arrêter au milieu.

Faux jumeaux

8 étoiles

Critique de Bidoulet (, Inscrit le 18 octobre 2005, 51 ans) - 29 novembre 2005

Les amateurs de Science Fiction traditionnelle risquent d'être déçus.. Pas de soucoupe volante, ni de téléportation d'humanoïdes à grandes esgourdes, pas plus d'ailleurs que de super héros en moule-boules et capes rouges survolant Manhattan ou de guerriers moyenâgeux sortis d'un quelconque cycle de Fantasy bien stéréotypé… Rien de tout cela.

En mai 1941, Rudolf Hess est supposé avoir tenté de négocier un accord de paix avec l'Angleterre. On suppose ici que le Royaume-Uni et le Reich finissent par s'entendre et l'auteur en profite pour mettre en scène les destins croisés de deux jumeaux, l'un pilote de la Royal Air Force, l'autre objecteur de conscience, et qui, s'étant perdus de vue (la Séparation), prennent part, bien que dans des circonstances et à des niveaux différents, à l'épisode imaginaire de la réconciliation anglo-allemande. Les deux frères ne portent pas le même regard sur les événements et surtout ils ne les vivent pas de la même façon. Si bien que toute la fiction réside dans l'ambivalence du récit : qu'est qui est réellement vécu par les héros, qu'est ce qui est halluciné, où se retrouvent-ils ou se perdent-ils ?

On est ici plutôt dans un grand roman de politique fiction historique. On nous parle très brièvement d'une troisième guerre mondiale impliquant - quelle surprise ! - URSS et Etats-Unis et d'une France des années d'après guerre gouvernée par l'extrême droite. Toute cela n'est pas grand chose pour justifier la qualification de Science Fiction mais l'originalité de ce roman littéralement passionnant suffit à mériter tout le bien qu'on a pu en dire.

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  C'est bon de rire, parfois. 2 Cuné 13 septembre 2005 @ 10:42

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