Dans la luge d'Arthur Schopenhauer
de Yasmina Reza

critiqué par Clarabel, le 5 septembre 2005
( - 48 ans)


La note:  étoiles
Réflexion sur le bonheur ou le pessimisme ?...
Ariel Chipman a longtemps étudié et enseigné la théorie du bonheur selon Spinoza. Et puis, un jour, il est las de tout, il reste avachi dans son fauteuil, vêtu de sa robe de chambre. Son épouse Nadine est également lasse de cette décrépitude, de cet homme qui se laisse couler ou qui refuse de l'accompagner à une soirée de nouvel an, alors elle le roue de coups avec un journal. Serge Othon Weil (amant de Nadine?) est l'ami du couple, mais aussi dégoûté du système français, autrement dit "un système compassionnel dans lequel il faut du drame". Ces trois personnes s'expriment par billets ou à la psychiatre qui leur serine une morale philosophique à leurs états d'âme, truffée de parti pris sur l'élan optimiste refoulé par l'impatience, l'agacement, la barbarie, la violence que nous infligent des petits riens du quotidien. Alors quoi ? quelle consolation ? "On se laisse embobiner par les maîtres, on prospère dans des labyrinthes croyant qu'il s'agit de félicité de l'esprit, jusqu'au jour où tout à coup plus rien ne tient, un petit homme gît dans une solitude lugubre, aux côtés d'une femme indifférente qui démarre l'année en dévorant un article sur l'extinction des grands singes"...
Dans un discours parfois embrouillé, à se demander où l'on va, qui sont-ils et quels délires les rapprochent, Yasmina Reza lie l'ensemble subtilement et livre, oui, une histoire assez caustique, d'un humour qui convient aux critiques éloquents (...) mais son court roman régale la lectrice lambda que je suis, donc ça va !