L'épine dorsale du monde
de R. A. Salvatore

critiqué par Khayman, le 27 août 2005
(Chicoutimi - 44 ans)


La note:  étoiles
Le combat de Wulgar
Wulgar Beornegar/Battlehammer est maintenant cette brute alcoolique videur de la taverne du Sabre d’Abordage dirigée par Arumn Gardpeck, taverne située à Luskan, ville côtière à l’ouest des Royaumes Oubliés. Wulgar est également l’amant de Delly Curtie et l’ami de Morik le Rogue, être peu recommandable engagé par l’elfe noir Jarlaxe afin de garder un œil sur le barbare. La présence du Farfadet des Mers à Luskan et les maintes tentatives de son capitaine, Deudermont, pour « sauver » Wulgar entraîne la tentative d’assassinat, partiellement organisée par Morik, du capitaine. Wulgar sera accusé.

Parallèlement, le seigneur Feringal Auck de la ville d’Auckney (à l’ouest de Luskan, située entre cette dernière et l’Épine Dorsale du Monde) tombe amoureux de Meralda Ganderlay, qui elle aime Jaka Sculi. Elle tombera enceinte de ce dernier et devra trouver une ruse afin de ne pas compromettre son mariage avec Feringal.

J’ai commencé, avec Passage to Dawn et The Silent Blade, à lire les aventures de Drizzt Do’Urden en langue originale. J’ai été surpris de constater que les récits originaux sont près de deux fois plus épais que les versions traduites. Interrogeant un vendeur à ce sujet, ce dernier m’a dit que la collection Fleuve Noir avait la réputation de « réduire » les récits des Royaumes Oubliés. Puisque qu’il n’est nulle part fait mention de « texte intégral » sur les livres de cette collection, je me demande à quel point les histoires originales sont « réduites » et à quel point cette initiative des directeurs de cette collection est responsable de la critique que j’ai souvent faite des livres des Royaumes Oubliés, à savoir qu’il étaient trop succincts et que, par conséquent, ils manquaient de profondeur. Après tout, une autre collection dirigée par TSR, Lancedragon, est elle aussi tirée d’un aspect de l’univers de Dongeons & Dragons et la traduction ne semble pas être aussi minimaliste que pour celle des Royaumes Oubliés. Je vais donc lire la version originale de L’Épine Dorsale du Monde (The Spine of the World) et vous reviendrai là-dessus.

En attendant, j’ai bien aimé le livre malgré quelques détails. Le personnage de Morik le Rogue est bien campé. Pas moral pour 2 sous, sa forte tendance à l’alcoolisme et sa fameuse réplique (« je hais les sorciers ») en font un personnage peu banal qui soulève des conflits avec les principes, abrutis avec l’alcool et les hallucinations de ses années de tortures auprès d’Errtu, de Wulgar. Le « Carnaval des prisonnier » est une description macabre des supplices et des semblants de justice dont sont victimes les accusés de Luskan. L’interrogation soulevée par Salvatore, au travers ses personnages, sur cette soif de sang, sur ce sadisme des humains, est très intéressante.

La traduction m’a dérangée quelque peu. Qui ne serait pas outré de lire que le nom du traqueur de pirates le plus effrayant et dangereux de la Côte des Épées, est le Farfadet des Mers ? L’anglais Sea Sprite est phonétiquement beaucoup moins dérangeant.

Afin d’établir un barème de comparaison, je vais estimer le nombre de mots présents dans l’œuvre traduite afin de le comparer à celui de l’œuvre originale. Ainsi, dans l’œuvre traduite, nous avons 260,5 pages manuscrites contenant en moyenne 292 mots, ce qui fait environ 76 066 mots. Nous comparerons avec la version originale bientôt.

Citation :

Pour se retrouver lui-même et vaincre ses démons, un homme a-t-il besoin de solitude ?

Doit-il vraiment tourner le dos à ses compagnons et chercher dans un miroir le reflet de sa déchéance ?

À cette question, combien d’entre nous répondraient par la négative, condamnant ainsi un être cher à croupir dans la prison de son âme ?

Alors bonne route, ami Wulgar !

Et puisses-tu trouver au sommet des monts battus des vents de l’Épine Dorsale du Monde la force d’oublier les Abysses et d’aimer de nouveau la vie.

Ceux qui, de loin, assistent à ton combat attendent de t’ouvrir les bras…

Drizzt Do’Urden