Sirop de Liège
de Jean-Bernard Pouy

critiqué par Biblio, le 5 juillet 2005
( - 52 ans)


La note:  étoiles
typiquement liégeois !
Une écriture entrainante pour dessiner un instantané : quelque temps dans une famille ...typiquement liégeoise...!
Un bouquin qu'on lâche pas de sitôt.
De nombreux narrateurs 9 étoiles

Voilà un bien étrange petit roman. Nous sommes au cœur d’une famille liégeoise du quartier populaire de Droixhe. Les narrateurs changent presqu’à chaque page ; en vrac et la liste est loin d’être exhaustive : le gros Freddy un poisson-chat énorme et très vieux – Eddy le pêcheur – un chat – un chien- une vieille dame – un tram- un livre – le string d’une fille – le frère de la fille- le père de famille – la Meuse (le fleuve) – la boule aux mille facettes d’un dancing – la sono de la disco – la serveuse – le barman – une cuvette de w.c., etc… Cela semble assez ardu à lire et pourtant ça fonctionne sans difficulté. C’est donc bien là que se réside la particularité de ce bouquin et de celle de l’auteur lui-même d’ailleurs. Ambiance !

A souligner également les dessins remarquables signés Joe G. Pinelli qui truffent ce livre, pour notre plus grand bonheur…

Extraits :


- Si tu crois que le Capital il pense à toi, tu te mets le doigt dans le prolétariat.

- (…) Les villes qui ont des trams ne sont pas pareilles que les villes qui n’en ont pas, le tram, ça aère les rues et avenues les rues et avenues, ça fait ding, ding ! et mon roulement, mon fracas si particulier, ce grondement sourd et régulier, c’est reposant pour ceux qui dorment et qui m’entendent passer, dans un sommeil, ils doivent se dire, tiens, le premier tram, il va être six heures, j’en ai encore une devant moi, au chaud dans les plumes, super, en plus, y a pas grève, tant mieux, et puis le tram c’est autant d’autobus puants en moins, ces autobus qui cahotent, qui démarrent et freinent sans prévenir, avec tous les passagers qui valdinguent ou qui s’accrochent comme des malades aux barres et poignées, le tram c’est lent et régulier, ça accélère et ça ralentit doucement, ça glisse, ça n’a pas peur des bagnoles, c’est sur des rails, c’est rassurant, les rails, ça mène toujours où ça doit mener, le tram, c’est comme les petits trains de notre enfance, c’est le train dans la ville, un train rassurant parce qu’il ne va jamais bien vite, mais là où il va, il y va, le tram, ça ne tombe que très rarement en panne, c’est rare, les pannes de tram, le tram c’est l’avenir. (…)

Catinus - Liège - 68 ans - 7 août 2013