Les Fleurs du mal
de Charles Baudelaire, Henri Matisse

critiqué par Jules, le 24 avril 2001
(Bruxelles - 73 ans)


La note:  étoiles
La musique et le dessin
Un double plaisir : lire les « Fleurs du mal » dans l'édition illustrée par Matisse !
Baudelaire, c’est le musicien de la poésie française, même si nous devrons ranger Verlaine dans la même catégorie un peu plus tard.
« J'ai longtemps habité sous de vastes portiques Que les soleils marins teignaient de mille feux Et que leurs grands piliers, droits et majestueux, Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques »
Aujourd’hui nous savons tous que ce grand poète a fait pas mal « d'emprunts » à quelques-uns de ses prédécesseurs, mais telle était bien souvent la coutume. Montaigne en a fait de même avec Plutarque et d'autres après lui. Cette habitude se poursuit et il me semble donc ne pas trop lui en devoir tenir rigueur.
Apprécions ses merveilleuses musicalités et ses quelques emprunts ne devraient surtout pas gâcher notre plaisir.
J’aime beaucoup la douceur et les courbes harmonieuses des dessins de Matisse. Elles vont à merveille avec les langueurs du poète.
Un classique incontournable 10 étoiles

J'ai relu "les Feurs du Mal" il y a quelque temps, et je me suis rendu compte que ces poèmes ne m'avaient jamais quitté.
Depuis plus de 20 ans , Baudelaire m'accompagne, à tel point que, possédant l'intégralité des oeuvres de Baudelaire dans "la pléiade" j'ai racheté "les fleurs du mal" en poche pour pouvoir les transporter plus facilement lors de mes déplacements, voire les lire plus facilement dans la journée (au bureau, dans les transports etc.)
J'ai , comme beaucoup, mes poèmes préférés dans cet ouvrage: "les bijoux" , évidemment;" l'invitation au voyage" et "la chevelure" -repris sous une forme différente dans les poèmes en prose-; "la charogne"; "Correspondances", poème que tout lycéen a étudié et qui prend tout son charme avec le temps..., "le serpent qui danse", mis en musique par un Gainsbourg inspiré, "le balcon" avec sa "mère des souvenirs, maitresse des maitresses..."
Bref, "les Fleurs du Mal" se lisent et se relisent avec plaisir.
Baudelaire s'inscrivant, à l'image de Verlaine, de Rimbaud, ou de Toulet, ou encore de Levet, ou d'Aragon, comme l'un des plus grands poètes français à mes yeux.

Hervé28 - Chartres - 48 ans - 20 janvier 2012


Un Chef d'Oeuvre !!! 10 étoiles

Que dire de plus ?
C'est mon recueil poétique préféré !!
Merci l'Education Nationale !!

Corasirene - - - ans - 21 novembre 2011


Quelle beauté putride ! 10 étoiles

La poésie de Baudelaire, qui joue beaucoup sur la confusion Beau-Mal, dégage un charme presque envoûtant. Outre une maîtrise stylistique inégalable, le poète dévoile, avec ses mortifères Fleurs du Mal, l'étendue de son talent, aussi bien pour établir des fresques urbaines, que dans son romantisme désillusionné. Le recueil est parcouru par des moments de grâce qui donne les larmes aux yeux : son sublime "Ennemi" sonne comme le testament d'une génération désabusée par l'instabilité politique et culturelle.

C'est également la force du spleen baudelairien. D'apparence marginale et détachée, sa poésie s'inscrit au coeur de son temps, et offre des relectures plurielles.

Indispensable.

Moisette - - 24 ans - 24 juillet 2011


Magnifique... 10 étoiles

Magnifique recueil de poésies de ce cher Baudelaire!!!
Un incontournable de la littérature classique à ne surtout pas négliger!!!!

Nina2010 - Bordeaux - 40 ans - 28 avril 2011


4.5 étoiles! 9 étoiles

Les Fleurs du mal est un recueil de poésie écrit par Charles Baudelaire. Cet ouvrage est tout simplement un monument (seuls trois ou quatre poèmes déçoivent), tout ici frôle la perfection: le style (très bon niveau), les rimes, les métaphores... Un grand recueil de poésie (pour l'instant mon préféré recueil) romantique, mélancolique, onirique, truffé de symboles, ésotérique, funèbre, écrit par un grand poète maudit, Baudelaire. Indispensable.

Js75 - - 34 ans - 20 août 2010


Aperçu des beautés situées derrière le tombeau. 10 étoiles

Ah ... Baudelaire ... Il écrase à lui tout seul, sous son rayonnement sidéral, tous les poètes du "réalisme", la majorité du XIXème siècle, et une bonne partie de la poésie française entière ! C'est sans doute lui - Mallarmé excepté - qui a le plus bouleversé la poésie, qui l'a le plus jetée au bas de son piédestal, qui l'a pétrie dans une boue que tous les poètes avant lui avaient en horreur ou en frayeur. Même si les plus beaux poèmes ne sont pas forcément les siens, Baudelaire irradie sur le XIXème siècle poétique comme Balzac irradie sur le XIXème siècle romanesque. Pourtant, au sortir de ce livre exquis que sont les Fleurs du Mal, on se jette avidement sur ce qu'il a écrit d'autre ... et on tombe sur peu de choses.
Balzac a révolutionné le roman en quatre-vingt-dix oeuvres.
Baudelaire a révolutionné la poésie en deux recueils. Trois, à la rigueur.
Les Fleurs du Mal sont un ensemble d'une extraordinaire densité, d'une virtuosité et d'une diversité sans égales. Il serait difficile de regrouper dans une critique toutes leurs qualités : chaque poème pourrait être critiqué à lui tout seul. Résumons : face à une société inconséquente et cruelle ("l'Albatros, Femmes Damnés, le Vampire, la fontaine de Sang") que le poète veut fuir ("Le Voyage, Le Voyage à Cythère, Invitation au voyage, Parfum Exotique), Baudelaire pose les bases du Symbolisme (Correspondances, Elevation) dans le vertige grandissant d'un homme tourmenté par l'ivresse (L'Ame du Vin, le Flacon), la peur de la Mort (Réversibilité, l'Horloge, l'Irrémédiable) et par la Femme, Fleur du Mal (Les Bijoux, Sed non Satiata). Ce qui fait de l'oeuvre un morceau d'anthologie de la poésie, c'est cette force qui pousse l'auteur à souffrir encore plus, et souffrir toujours pour atteindre "les beautés situées derrière le tombeau".
Je ne peux me résoudre à choisir un poème que je préfèrerais dans l'oeuvre. Rendons hommage toute fois à la section des Tableaux Parisiens, inspirée par Méryon, dans laquelle on trouve les plus puissants, les plus évocateurs, les plus grandioses de ses poèmes.
On peut donner à Baudelaire ce compliment que faisait Hugo à Shakespeare : il est l'Homme.
Les Fleurs du Mal sont l'Oeuvre de l'Homme.

Lisancius - Poissy - - ans - 5 juillet 2010


" Là tout n'est qu'ordre, luxe, calme et volupté." 9 étoiles

Un art de manier les mots sans égal !

Feriial - - 25 ans - 18 février 2010


Re-découvert par plaisir ! 9 étoiles

Tout comme Nance (22/07/2008) l'évoque dans sa critique, j'avais sans doute lu ce livre également au mauvais moment. Ou plus exactement, en étant forcé de le faire, car ce recueil est un incontournable de l'enseignement.
Les fleurs du mal font partie de ces ouvrages qu'on nous force à lire trop tôt, un autre exemple me vient : l'étranger de Camus, et qui nous ennuient au lieu de nous enchanter !

Donc, après avoir appris par cœur l'Albatros, comme tous les enfants en primaire, puis avoir disserté sur les Parnassiens au lycée, j'ai laissé filer une bonne vingtaine d'années avant de lire à nouveau ce monument de la littérature du XIXe.

C'est ainsi que j'ai pu me délecter de la version complète, la dernière publiée du vivant de Baudelaire, en 1866.

Ma préférence va au chapitre consacré au vin, aux poèmes censurés, à l'odorant "la charogne" ou encore au magnifique Voyage et ses vers d'une puissance rare ...

"O Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre,
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !

Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brule le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau ! "

Popaul - - 47 ans - 6 octobre 2009


"Extraire la beauté du Mal" 10 étoiles

Héritage du romantisme le plus noir, le plus mélancolique. Dédié tout entier a Théophile Gautier, le gilet rouge d' "Hernani" mais n'oubliant pas Victor Hugo, dédicataire de quelques textes lui qui avait qualifié "Les fleurs du Mal" de "frisson nouveau". Un frisson nouveau annonciateur, aussi, du Symbolisme. Courageux. La matrice de toute la poésie moderne. Il y a un avant et un après Baudelaire. Héritier et précurseur. Il est à la fois le Père, le Fils et l'Esprit maudit devant lequel on s'agenouille pour rendre grâce. Un Dieu génial. Il est LE poète français. Né trop tard, trop tôt et pourtant au bon moment.

Son but ? "Extraire la beauté du Mal". L'homme n'est pas naturellement bon. Il a une part d'ombre. De mystère. Un gouffre effrayant niché au fond de la conscience. Ce gouffre, puits cauchemardesque que l'on se cache, Baudelaire nous le reflète. Il nous attrape par les cheveux malgré nos protestations d'hystériques pour nous forcer à le regarder. Cette petite trappe, là, au fond de votre conscience, cette petite trappe que vous ignorez volontairement par peur de vous découvrir Baudelaire, lui, non seulement l'ouvre, mais en plus il vous jette dedans. Tombez. Plongez. Coulez et, si vous ne savez pas faire face, périssez. Il faut être fort pour pénétrer un tel univers. Bouquet cauchemardesque aux relents d'Enfer. Beauté malsaine.

Même, on le sait, parce que trop nouveau, trop audacieux, un seul éditeur, Poulet-Malassis, sera assez burné pour publier le recueil. Faut-il revenir sur la suite ? Vénéré par les uns, honnis par les autres, la bataille entre pros et antis se terminera devant les tribunaux. L'un des plus fameux procès littéraires de l'histoire ! Accusés "d'offense à la morale et aux bonnes moeurs" Poulet-Malassis et Baudelaire seront condamnés à de lourdes amendes -réduites après une lettre à l'impératrice Eugénie- et, en plus, contraints d'amputer l'ouvrage de 6 poèmes sur les 100 qu'il compte au total. On a d'ailleurs du mal à comprendre pourquoi ces pièces-là en particulier, d'autres ayant du paraitre beaucoup plus choquantes... Mais bon ! Ne cherchons pas de logique chez des accusateurs imprégnés de moraline ! A noter que la Cour de Cassation n'annulera ce jugement qu'en... 1946 ! Cela se passe de commentaires.

D'ailleurs que dire de plus ? "Les fleurs du Mal" sont les tripes de la poésie française. Un livre infernal. Ambitieux. Quasi-parfait.

Oburoni - Waltham Cross - 34 ans - 10 août 2009


Lu au mauvais moment ? 4 étoiles

J’ai presque honte de ne pas avoir aimé Les fleurs du mal, ça me donne l'air d'une inculte. C’est peut-être parce que je l’ai lu à un mauvais moment (je l’ai lu dans le stress) ou alors, ce n’est pas mon genre de poésie. J’aime les poèmes de Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Raymond Queneau, Lord Byron, Edgar Allan Poe, ... Parlant de Poe, je croyais que j’allais automatiquement aimer Les fleurs du mal parce que Charles Baudelaire a traduit ses nouvelles les plus connues, mais ça n’a pas été le coup de foudre espéré.

En gros, je n’ai pas trouvé ce recueil mauvais, j’ai même apprécié quelques poèmes, mais l’ensemble a été dur à digérer. Je vais sûrement le relire un jour, faire un second essai.

Nance - - - ans - 22 juillet 2008


Des ailes de géant ! 9 étoiles

Beaudelaire nous livre des poèmes intenses et beaux tout simplement. On les savoure et leur qualité bien qu'inégale reste d'une homogénéité remarquable.

On retient les phrases les plus marquantes, on pleure presque devant tant de mélancolie. Les Fleurs Du Mal nous submergent et le tout se lit avec grand plaisir.

Les lettres sont belles quand elles sont dans un tel écrin.

Ngc111 - - 31 ans - 27 mai 2008


Magnifique 10 étoiles

Que dire ? Un des plus beaux recueils de poèmes qui soient.

Bookivore - MENUCOURT - 35 ans - 28 mars 2008


Charleeees ! 10 étoiles

Bah oui, c'est Baudelaire, on aime ou aime pas.

Moi, bien sûr, j'aime. Le style est fluide, on passe d'un vers à l'autre avec subtilité.

Quel "bonheur" d'ouvrir ce livre au hasard, avant de dormir, et d'en lire deux ou trois poèmes.
Le mal-être du poète se ressent dans toutes les pages.

J'aime
Tout simplement

Nouillade - - 25 ans - 13 mars 2008


presqu'oxymore 5 étoiles

Palais fécal.

Froide - - 37 ans - 3 juin 2006


Les fleurs fanées 8 étoiles

que de picotements, de larmes, d'interrogations suscite cette oeuvre !!! On peut les relire tant de fois !!! c'est autant de fleurs qui se fanent tout au long d'une vie et qui font ce que nous sommes ...

Kyzaré - Santeny - 30 ans - 20 février 2006


les fleurs de la souffrance 10 étoiles

Ces poèmes que Baudelaire nous a légués sont une cascade de souffrance et de beauté. "Les fleurs du mal", dans ce titre l'auteur a réussi à rassembler deux termes complètement opposés, une oxymore désignant la beauté et la laideur. Nous pourrions donc considérer cette oeuvre comme la première réussite de l'homme (lorsque je parle d'homme je parle bien sûr ici de Baudelaire) en alchimie! transformer le mal, synonyme de souffrance, de terreur et de laideur en quelque chose qui relate vraiment la beauté, l'amour et la sensualité tire bien de l'alchimie!

Les poèmes de Baudelaire sont tous aussi singuliers et mystérieux les uns que les autres. Une véritable mine de trésors se cache entre les lignes de chacun de ces vers. Il est de ceux qui ont su transformer les mots en art (comme l'a déjà fait Ronsard et beaucoup d'autres d'autre encore).

Beaucoup disent que Baudelaire était satanique ou malade mental mais il puisait juste ses idées dans les ténèbres et le mal comme peu de poètes ou d'écrivains l'ont fait et il s'est servi de sa souffrance ou de ses regrets personnels pour écrire cette oeuvre ("l'homme et la mer", "parfum exotique", "la vie antérieure" sont par exemple en mémoire de l'île Bourbon).

Bref, ces fleurs maladives comme il les appelle lui même sont l'un des plus grand chefs-d'oeuvre que l'homme ait pu concevoir et que le temps nous rend tout aussi intact et magnifique. Car même dans notre génération, ce recueil reste l'un des plus beaux de tous les temps

Estel - Briançon - 29 ans - 11 février 2006


Un Mai 68 avant l'heure ? 9 étoiles

C'est une révolution qui se cache à peine. C'est une explosion qui permet d'évoquer des thèmes improbables pour l'époque, et toujours assez sulfureux pour l'heure. Que d'errements, de plaisirs et désespoirs mêlés !
Et quel style ! Quelle maîtrise de la métrique ! J'ai appris grâce à lui ce qu'était un panthum.

Le recueil de poèmes est toujours terriblement actuel, par la fréquence à laquelle on peut retrouver aujourd'hui cet état d'esprit, ce désabusement.
Une grande oeuvre, peut-être parfois un brun trop ésotérique. Mais du très bon.

Veneziano - Paris - 39 ans - 14 janvier 2006


l'ironie baudelairienne 10 étoiles

n'oublions pas que l'ironie est très présente dans "Les Fleurs du Mal", notamment sur la femme, qui est double: elle inspire et en même temps elle est cruelle.. Lire "Les bijoux", "La Béatrice", "Parfum exotique" par ex.
Relisez aussi ce poème génial, "une charogne" où Baudelaire revisite avec ironie le thème classique du carpe diem, en comparant la femme à une "ordure, cette horrible infection" que constitue le corps décomposé!

mon poème préféré : "A une passante" dans la section "Tableaux Parisiens"
mais tout vaut le coup d'oeil dans ce recueil... génial...

Virginia - - 32 ans - 2 avril 2004


"La beauté est le produit de la raison et du calcul" 10 étoiles

Bien entendu, je souscris à la critique de Jules.
Je parlerai d'un autre point de vue. Faut-il mettre en évidence le fait que la mathématique joue un rôle important dans la construction de "Les fleurs du mal"?
Le recueil est parcouru d'un réseau de thèmes, véritable système mathématique avec toutes les variantes d'une tension fondamentale entre le satanisme et l'"idéalité".
Cette tension irrésolue s'élèvera chez Rimbaud jusqu'à la dissonance et lé désordre alors que les thèmes baudelairiens évoluent dans un ordre construit, dans une architecture stricte, véritable jeu opératoire établi d'après un schéma.
L'idée suivante : "La contrainte a toujours aidé l'esprit original à parvenir à l'originalité" a été reprise par Stravinsky, par valéry, par Mallarmé (bien entendu, dans ce dernier cas, nous arrivons à la perfection formelle, mais aussi à l'ésotérisme).
Parmi les poèmes, je retiens : le serpent qui danse, la musique...
Je vous invite à lire (ou à relire) ce recueil, par exemple, dans l'édition Librio, ISBN 2277300489.

Thomas Fors - Beloeil - 81 ans - 4 juillet 2003


Poésie et damnation 10 étoiles

Poète maudit et scandaleux, Charles Baudelaire est l’un des monuments de la littérature française parmi les plus fascinants. Il est le « roi des poètes, un vrai Dieu », disait Rimbaud, tandis qu’Yves Bonnefoy écrivait au sujet des "Fleurs du mal" : « Voici le maître livre de notre poésie ». Commencée dès 1843, l'anthologie regroupe des poèmes publiés dans diverses revues et quelques vers inédits. Initialement intitulée "Les Lesbiennes" puis "Les Limbes", l’oeuvre devait s’inspirer des sept péchés capitaux.
Le recueil est divisé en six sections très inégales, qui évoquent la vie et le parcours esthétique du poète, depuis sa naissance ("Bénédiction") à sa mort ("La Mort des Artistes") : « Il en est qui jamais n'ont connu leur Idole, / Et ces sculpteurs damnés et marqués d'un affront, / Qui vont se martelant la poitrine et le front, / N'ont qu'un espoir, étrange et sombre Capitole! / C'est que la Mort, planant comme un soleil nouveau, / Fera s'épanouir les fleurs de leur cerveau! »
Baudelaire use le plus souvent des formes classiques de la poésie : le sonnet (poème de quatorze vers), l'alexandrin (vers de douze syllabes) et les rimes embrassées. L’originalité du poète réside davantage dans le métissage inattendu du vocabulaire (juxtaposition d’un langage académique et d'expressions familières). J’ai évidement été saisie par la volupté et le mysticisme provocateurs du poète, ainsi que par la force de suggestion de ses vers. Le lecteur éprouve tour à tour des sentiments aussi variés que la mélancolie, l’exaltation ou l’indignation. Par le biais de cette magnifique anthologie, j'ai (re)découvert ce genre si particulier (et parfois si peu accessible) qu’est la poésie.

Esperluette - * - 45 ans - 19 septembre 2002


Pas mal 9 étoiles

Baudelaire nous dévoile son mal, ses espérances, ses défaillances et ses angoisses. Il nous décrit l'homme confronté à la dualité de son existence, en lutte continuelle entre le Ciel et l'Enfer. Cette dichotomie se traduit dans l'oeuvre par l'alternance entre les poèmes brillant par leur aspirations vers l'Idéal qui exprime l'élan vers le beau et ceux évoquant le Spleen, berceau des souffrances physiques et morale,du mal du poète.
C'est l'obsession, l'angoisse, le désespoir et le dégoût devant la condition humaine. Le spleen se fait par le constat de la défaite de l'Homme face au Temps et la Nature.
Et le poète se doit de combattre aussi l'Ennui, le plus sournois et grave des vices. Il illustre le déchirement, inhérent à l'homme, entre l'ange et la bête. Dans "Au lecteur", par exemple, c'est un long réquisitoire dressé contre le monde contemporain dont elle énumère les vices, s'achevant sur la nomination du "plus laid, plus méchant, plus immonde" de tous; l'Ennui (" ce tyran du monde"), dont Baudelaire a fait un vice amoral, qui tue l'âme.
Mais Baudelaire fait appel à la Poésie, et surtout à l'art ("Correspondances", "Elévations", "Albatros) et l'amour '"LA vie antérieure", "PArfum exotique", "Remords posthume", "L'aube spirituelle") pour guérir son âme de l'ennui.
"Les Fleurs du Mal" c'est surtout un poète qui n'a foi ni à l'humanité, ni au progrès. Il aimait se perdre dans la foule. Cette fuite dans les mondes imaginaires, cette évasion hors de la réalité. Les Fleurs du mal c'est l'expérience de la monotonie des jours, de la solitude, de l'angoisse vers cette lente marche menant vers la mort. Et Baudelaire accepte de vivre dans un monde absurde et cruel. "L'albatros" représente la dualité de l'homme cloué au sol et aspirant à l'infini: il représente surtout le poète, cet incompris, "Etranger", qui "n'aime que les nuages qui passent. Là-bas, là-bas.les merveilleux nuages!"
Le poète vient au secours de l'idéal qui pour n'être qu'entrevu est pourtant ce vers quoi il ne cesse de s'élancer. C'est la réussite de Baudelaire dans et par "Les Fleurs du mal"; se connaître pour se soigner en transformant son mal en beauté; à partir des souffrances d'amoureux, de corrompu, d'angoissé par la mort, Baudelaire produit des fleurs qui l'enchantent et recouvrent le mal: Les Fleurs du mal. Baudelaire après avoir trouvé , analysé l'Idéal, le Spleen, le Beau, le Mal, cherche pour chacun de ces éléments leurs remèdes et les échappatoires possibles pour non seulement se sauver lui, mais aussi sauver ses semblables, même si ceux ci le méprisent. Toute la réflexion de Baudelaire avait dans un premier temps un but personnel, égoïste, mais aussi, inconsciemment peut être, philanthropique et altruiste.

Platonov - Vernon - 34 ans - 1 janvier 2002


alpiniste 10 étoiles

cet homme qui est mort dans les bras de sa mère a écrit un sommet...ses chroniques sur la Belgique, l'Albatros...que c'est beau...un être qui a beaucoup souffert nous la renvoie en pleine geule. Que j'aime...

Pétoman - Tournai - 41 ans - 4 septembre 2001