L'autruche céleste
de Iléana Doclin

critiqué par Leïa, le 24 avril 2001
(Montréal - 47 ans)


La note:  étoiles
La tête fraîchement sortie du sable
Iléana Doclin est recherchiste pour la télévision, femme célibataire et mère de deux ados. Dans ce livre, elle se raconte et ce, de façon plutôt humoristique.
Sous forme de lettres rédigées pour sa copine, elle parle de son quotidien, de ses joies, de ses peines, de ses souvenirs, etc. Elle le fait pour son amie Jo, à qui elle veut remonter le moral. Elle le fait également en partie pour elle-même, l'écriture ayant sur elle des bienfaits thérapeutiques sous-estimés. Ainsi, elle nous partage des bribes de sa vie avec une mère discrète et un père roumain plutôt imposant. Le style qu'elle emprunte reflète une imagerie intéressante. C'est un livre agréable mais sans plus. La forme privilégiée rend le récit redondant à certaines reprises.
Bof 2 étoiles

Ce livre est lent... sans but ni sens précis... C'est comme si ma tante Nicole publiait ses activités au jour le jour... insipide et inutile... Je m'en serais bien passé...

Ginicoui - Montréal - 47 ans - 9 décembre 2009


Divorcée avec deux ados cherche coeur compatissant 8 étoiles

Etaler son vécu, que l'on doit sûrement embellir ou empirer pour faire ressortir son état de victimisation, semble devenu la voie de plusieurs écrivains pour s'offrir une thérapie à bon prix. L'Autruche céleste se compte parmi ces oeuvres d'autofiction.
Il s'agit d'une femme divorcée qui vit avec ses deux enfants. évidemment, ils ne manquent pas de lui compliquer l'existence avec leurs exigences. Ainsi ils transforment leur résidence en auberge espagnole, qui se remplit des amis des amis de ses enfants, attirées par tout ce qui a les yeux bridés.
A ce partage de la maison s'ajoutent les problèmes pécuniaires. Avant la séparation, l'ex-conjoint avait acheté une belle vieille maison de campagne, qui nécessitait un urgent besoin de rénovations. Il a quitté sa femme sans poste restante, lui laissant ce problème sur les bras : un toit qui coule, un perron qui perd ses marches... Et qui vit loin des grands centres, pense auto. Quand celle-ci menace de rendre l'âme, il faut bien lui administrer un soluté. Et l'argent ne tombe pas du ciel. C'est assez pour devenir folle. L'héroïne, qui oeuvrait dans le domaine des communications, pourrait toujours s'en tirer avec des travaux à la pige. Mais perdue au loin, qui va combler ses besoins pécuniaires? Et les problèmes affectifs? À quoi bon porter dans les yeux une pancarte qui signale cette carence si l'employé de l'épicier ne sait pas lire? Il ne lui reste plus qu'à jouer à l'autruche pour ne pas perdre l'équilibre.
Ce n'est pas un chef-d'oeuvre, mais c'est une oeuvre réaliste. Elle traduit bien la vie de la femme seule aux prises avec l'éducation d'enfants modernes qui exigent ce que la publicité recommande : des baskets à 200$ ou rien du tout, une petite culotte à 50$ et non celles des magasins d'escomptes à un dollar. L'auteure a su saisir son héroïne dans le vif de la vie. Elle raconte son histoire d'une plume alerte et souriante. Malgré tout, l'héroïne sait garder le cap dans les épreuves grâce à une amie avec qui elle communique par courrier électronique. Avec Ouf de Denise Bombardier, nous avons deux bons portraits de mères devenues monoparentales.

Libris québécis - Montréal - 82 ans - 22 mars 2003