1974 de David Peace

1974 de David Peace
(Nineteen Seventy-Four)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Eireann 32, le 14 mai 2005 (Lorient, Inscrit le 7 novembre 2004, 70 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 6 étoiles (basée sur 7 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (32 533ème position).
Visites : 2 827  (depuis Novembre 2007)

Quand Leeds file un mauvais coton !

Premier roman du quatuor de Leeds, il est suivi de 1977, 1980 et 1983. J’ai des sentiments très partagés mais plutôt bons en définitive.
Un journaliste, personnage inclassable, grande gueule et porté sur la bouteille enquête sur le meurtre particulièrement atroce d’une petite fille. Il fait le rapprochement avec plusieurs crimes de ce genre dans le Yorkshire. Tout et tous se liguent contre lui, ses amis meurent, ses témoins également, il est passé à tabac par la police. L’action se passe au moment des fêtes de Noël, pas réellement gaies dans une ville qui était déjà sur son déclin.
« Un restaurant qui ne servait pas de repas, et un hôtel qui n’avait pas de lits, voilà le Gaiety »
Les personnages semblent être une galerie de pourris, corrompus, assoiffés de pouvoir et d’argent. Même le héros est limite, insupportable parfois mais bizarre et insaisissable.
L’écriture est chaotique et la lecture ardue, j’ai failli abandonner plusieurs fois. Ce livre laisse une impression étrange : je voulais savoir qui était l’assassin mais j’avais hâte de le finir car il est très dur à tout point de vue. Je vais laisser passer un moment avant de lire 1977. Seule touche un peu amusante pour moi, je vivais à Londres à cette époque, et de retrouver les noms de Peter Lorimer et de Gordon Mc Queen, footballeurs de Leeds United m’a rajeuni, ainsi que la musique écoutée par les personnages.

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Un roman noir de noir

8 étoiles

Critique de GilB (, Inscrit le 7 novembre 2010, 41 ans) - 26 juillet 2014

J'ai beaucoup aimé ce bouquin pour les mêmes raisons que certains ne l'ont pas aimé. Une lecture que l'on prend en pleine gueule, des personnage antipathiques à souhait et tous plus pourris les uns que les autres, une histoire pas facile à suivre. La lecture de ce roman demande un effort particulier, mais j'ai été largement récompensé.
Un livre que je conseille à ceux pour qui lire n'est pas se divertir.

Pas facile

6 étoiles

Critique de Free_s4 (Dans le Sud-Ouest, Inscrit le 18 février 2008, 43 ans) - 31 mai 2012

Pas facile à lire, l'histoire part un peu dans tous les sens, on a parfois du mal à suivre.
Je vais tenter de lire 1977, pour me faire vraiment une idée de l'écrivain, mais si j'ai autant de mal à suivre l'histoire, je ne lirai pas 1980 & 1983.

Un style qui ne fait pas un récit

5 étoiles

Critique de Kaftoli (Laval, Inscrit le 29 mai 2010, 52 ans) - 3 mars 2012

J'ai vu sur un site, récemment, un palmarès des meilleurs polars. L'auteur dresse la liste des cents meilleurs polars: à lire! Le nom de Peace y figure au moins deux fois, et 1974 en fait partie aussi. J'ignorais cette liste avant de choisir le roman. Je cherchais seulement un autre polar, question d'explorer l'univers, puis le hasard m'a conduit à ce roman, le premier d'une série de quatre. Peace, auteur anglais qui vit à Tokyo, a produit une série de romans, parue en français dans la collection Rivages. Était-ce un gage de qualité ? Du moins je me laisse souvent prendre ainsi. L'exploration en lecture m'intéresse. Cette fois, elle m'a conduit dans un univers bien particulier, que je n'arrive pas à qualifier.
Le narrateur est le personnage central de l'histoire macabre: un journaliste "correspondant pour les affaires criminelles dans le Nord", Edward Dunford, pas très sympathique finalement, qui vient tout juste de perdre son père. La "présence" paternelle est constamment rappelée par les consultations récurrentes auxquelles Edward a recours en jetant un "coup d'œil sur la montre de [son] père". Pas plus de détail n'est donné. Une allusion, un objet qui indique le temps qui passe et le père qui n'est plus. En revanche, ceci n'éveille aucune émotion particulière chez le narrateur.
Le récit qu'il propose est décousu, fragmenté, à l'image de ces phrases qui imposent un rythme syncopé, qui saute d'un moment à un autre, sans réelles transitions. Le journaliste s'intéresse d'abord à une affaire de disparition d'enfant, fait rapidement un lien avec d'autres disparitions survenues dans le passé dans la même région, puis ses pérégrinations le conduisent ailleurs, témoin d'une chasse sauvage aux gitans (événement sur lequel d'ailleurs on ne reviendra pratiquement pas; le narrateur y référera bien peu, et les autres journalistes passent même l'événement pourtant spectaculaire sous silence), confrontations avec le chef de la police, avec des politiciens, un entrepreneur véreux, etc. Le lien entre tous ces personnages et ces événements est bien ténu, après un long parcours de 332 pages… Cette errance, ce brouillard que j'aurais aimé voir dissipé pour mieux comprendre le dénouement, ou du moins m'approcher d'une ébauche de compréhension, m'ont agacé. En fait, si des liens se forgent dans l'esprit du narrateur, le lecteur en est privé et doit se contenter des conclusions hâtives, subjectives du personnage, et jugera plus d'une fois ces conclusions complètement gratuites, sans fondement.
Ce qui motive Dunlord, on en a un aperçu: surpasser son rival, Jack Whitehead, la gloire, la reconnaissance. Finalement, rien de bien noble ou vertueux. Ce qui motive les autres personnages reste obscur. Pourquoi Barry G., un autre journaliste, lui confie-t-il des documents compromettants et le guidera-t-il vers les magouilles des entrepreneurs en construction ? Si on peut comprendre que des policiers veuillent l'intimider une première fois, on n'aura pas vraiment compris pourquoi, après l'avoir séquestré et torturé (le tout décrit dans des pages à peine soutenable), après l'avoir contraint à confesser un crime qu'il n'a pas commis, ils lui laissent et la vie sauve et la liberté. Ce silence gêne, puisqu'il donne l'impression d'un travail bâclé, l'enchainement gratuit d'événements dans le dernier tiers du roman, tous prétextes à la description complaisante de l'abject et de l'horreur. Les noms "merde", "pisse", "bile", "sang" abondent, jusqu'à nous écœurer. Mais, souvent, suggérer un état, une situation, a beaucoup plus d'impacts que de les surligner à grands traits. Ainsi, dans le cas de ce roman, cette surenchère n'atteint pas vraiment son but, à mon avis: elle ajoute même à la confusion d'ensemble.
Le roman de Peace aurait reçu un bon accueil critique: la tétralogie qu'il amorce a même fait l'objet d'une adaptation visuelle (que je n'ai pas vu). Ai-je détesté 1974 ? Non, je l'ai quand même lu jusqu'à la dernière ligne, me laissant happé par ce rythme haletant, ces phrases coups de poing. En revanche, j'émets de sérieuses réserves quant à la qualité des liens narratifs. Malgré tout, je vais quand même explorer 1977, la suite. Qui sait…

du comme j'aime

9 étoiles

Critique de Clubber14 (Paris, Inscrit le 1 janvier 2010, 37 ans) - 17 décembre 2010

C'est sûr que Leeds en prend un certain coup. En proie à un serial killer qui s'en prend à de petites filles d'une dizaine d'années, nous plongeons dans un thriller hors-norme, un thriller vraiment noir, vraiment glauque, au style direct, punchy.

Le personnage principal, Edward, est un journaliste qui va découvrir, petit à petit une vérité terrible : certains sont prêts à tuer (et même atrocement mutiler) pour de l'argent. Sur fonds de business et de politique, ce thriller est magnifiquement rédigé par Peace, qui s'inscrit là dans la lignée des Ellory, Stevens et autres.

J'ai adoré ce bouquin et vais me précipiter de suite sur le second volet de cette quadralogie (1974, 1977, 1980 et 1983).

Aucun personnage sympathique !

3 étoiles

Critique de Tanneguy (Paris, Inscrit le 21 septembre 2006, 78 ans) - 22 juillet 2009

Et l'auteur ne l'est pas davantage ; son style ( si on peut appeler ainsi sa façon d'écrire sans raconter l'histoire) ne respecte guère le lecteur, qui attendra la fin du livre avec impatience pour pouvoir passer à autre chose !

Je ne pense pas avoir le courage de m'attaquer aux volumes suivants de la série. Pauvre Yorkshire, cette région de l'Angleterre doit pourtant mériter mieux que cette "affaire Dutroux" à la sauce anglaise...

noir, noir, noir... mais

5 étoiles

Critique de C.line (sevres, Inscrite le 21 février 2006, 40 ans) - 26 juin 2009

1974 me laisse indubitablement des sentiments contrastés.

Ca partait bien... très noir, très violent.
Une petite fille est retrouvée sauvagement assassinée.
Eddie, un journaliste de second rang qui aspire à mieux ne tarde pas à faire le lien avec d'autre affaires de petites filles ayant aussi subi des traitements cruels. Complot à grande échelle, argent pourri, relations hommes/femmes perverties...
Il y avait tous les ingrédients d'une bonne recette : Ca partait foutrement bien....

Mais finalement on reste sur sa faim. L'intrigue se déroule à flux tendu jusqu'aux 150 dernières pages qui m'ont laissé un gout de "torchées (excusez l'expression!)
Je suis déçue de la fin. David Peace aurait tellement pu rendre son dénouement plus dense.
C'est un parti pris. Mais je n'y ai pas adhéré.

A noter également un style très "staccato", dénué de toute fanfreluche voire agressif qui peut gêner, fatiguer et rendre la progression de lecture difficile par moment

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