La chambre des parents
de Brigitte Giraud

critiqué par Clarabel, le 12 mai 2005
( - 48 ans)


La note:  étoiles
No man's land
J'ai eu le sentiment de lire un roman d'Olivier Adam avec "La chambre des parents", c'est tout comme ! Les personnages ont cette totale absence d'illusions, ce sont des êtres écorchés, ils n'ont pas une enfance brillante et baignent dans un milieu défavorisé, dans le sens où la communication et les élans affectifs sont inexistants.

Oui, ça se passe comme ça dans ce tout premier roman de Brigitte Giraud. Le narrateur est à quelques jours de sa libération, il est actuellement en prison pour une peine de douze ans. Son crime : avoir tué son Papa. Pourquoi? On le découvre à la toute fin, avant il écrit dans un cahier ses souvenirs, dans la petite bicoque familiale, une maman épuisée, un frère évaporé, un père silencieux, absent, exclus du noyau. Les jours ne sont pas roses, sauf lorsque le garçon fait la rencontre de Marianne, qui deviendra son grand amour. C'est un peu pour elle qu'il rédige son histoire.

On devine le pire dans cette intrigue familiale, qui s'étouffe dans ses non-dits, ses silences et ses carences. Que cache cette fameuse chambre des parents ? Ce lieu clos, interdit, ouaté, presque un sacrilège à transgresser. En lisant ce roman, la sensation d'hypnose est immédiate, l'histoire du jeune homme est terrifiante, presque. On lit d'une traite le roman que Brigitte Giraud a mené avec maestria !