Haïku : Anthologie du poème court japonais de Auteur inconnu

Haïku : Anthologie du poème court japonais de Auteur inconnu

Catégorie(s) : Théâtre et Poésie => Poésie

Critiqué par MOPP, le 1 mai 2005 (Inscrit le 20 mars 2005, 80 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (9 954ème position).
Visites : 5 705  (depuis Novembre 2007)

Salve contre l'habitude

Pour qui s'intéresse à la poésie japonaise ou autre, ce livret constitue une bonne documentation.

L'introduction apporte nombre d'informations : pour écrire un haïku, il faut d'abord adopter un comportement centré sur l'attention à l'environnement, parfois (comme me dit un ami) cette attention permet d'atteindre l'a-tension.

C'est pourquoi je vous invite à lire ce recueil.Tout haïku est l'expression d'"une perception accélérée de l'instant".

Selon Bashô, le haïku doit révéler l'immuable, l'éternité, qui nous déborde, mais aussi le fufgitif, l'éphémère, qui nous traverse.

Lorsqu'on écrit un haïku, on prend conscience qu'on n'est qu'un minuscule rien à l'échelle du cosmos. La modestie est une des règles à respecter lorsqu'on pratique cet art

L'émotion ne doit pas être nécessairement exclue :

"Un monde
qui souffre
sous un manteau de fleurs"

(Issa)

Ni la philosophie :

"Dénigrer autrui ?
Je me lave l'esprit
en écossant mes pois"

(Ozaki Hôsai)

Généralement on recommande à l'auteur de haïku de ne pas se mettre en scène, de parvenir au détachement, toutefois je vous livre :

"Ce feu
qui brûle en moi -
désir de suicide"

(Kenshin)

Notons que ces poèmes sont des traductions et que, nécessairement, ils ne sont pas tout à fait conformes aux originaux écrits en japonais.

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Les éditions

  • Haiku [Texte imprimé], anthologie du poème court japonais présentation, choix et trad. de Corinne Atlan et Zéro Bianu
    de Bianu, Zéno (Editeur scientifique) Atlan, Corinne (Editeur scientifique)
    Gallimard / Collection Poésie (Paris. 1966)
    ISBN : 9782070413065 ; EUR 6,70 ; 13/11/2002 ; 239 p. ; Broché
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Les livres liés

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Une grenouille trouble l‘eau du ciel

10 étoiles

Critique de Camarata (, Inscrite le 13 décembre 2009, 66 ans) - 3 mars 2010

Ce petit livre est un délice à lire, surtout à haute voix, les paroles se posent sur notre esprit comme des papillons soyeux ou brûlants.
Le haïku que j’ai découvert au travers de ce recueil est un très court poème japonais, qui concentre, cristallise en quelques mots, un sentiment, une impression, une sensation. Il faut ressentir et ne pas réfléchir, c’est une poésie impressionniste.
Les haïkus de ce recueil évoquent essentiellement la nature, ils parlent à voix basse de ses rapports avec l’homme, de l’empreinte de l’un sur l’autre.
Voici quelques préférés : « ils me transpercent encore les yeux que le serpent a laissé dans l’herbe »…. « voile de lune une grenouille trouble l’eau du ciel »….. « Nuit de gel mes os raclent le matelas »……Au couchant je lave mon cheval dans la houle d’automne »…. ..« Ciel de neige je n’ai pas connu mon père dans sa cinquantaine », et beaucoup d’autres encore qui appellent tel ou tel souvenir- impression.
Ces petits poèmes parlent de la vie qui s’écoule, d’une manière magnifique, dépouillée de fioritures et de mièvreries.

UN SENTIMENT DU MONDE COMME MIRACLE…

8 étoiles

Critique de Septularisen (Luxembourg, Inscrit le 7 août 2004, 50 ans) - 18 décembre 2007

Il est toujours difficile de parler de livres de poésie…

Il est encore plus difficile de parler de Haïkus, ces petits poèmes japonais en trois phrases de 5, 7, et 5 syllabes, soit une seule ligne en japonais.

Cette anthologie, outre la très bonne présentation des deux auteurs a aussi le mérite de nous faire connaître les «grands» noms du haïku et son histoire, il faut dire que Corinne ATLAN et Zéno BIANU sont deux très grands spécialistes du haïku.

Apparu sous la forme de tanka (poème court) en 760, il consiste alors en cinq vers de 5,7,5,7 et 7 syllabes. La première partie, ou hokku, doit évoquer la saison, la nature. Le hokku donnera naissance au haïkaï, et plus tard au haïku, devenu poème indépendant.

La période d’Edo (1600-1868) donnera les trois grands maîtres inégalés : BASHO, BUSON et ISSA.

Vieil étang -
au plongeon d’une grenouille
l’eau se brise Matsuo Bashô dit BASHO (1644-1694)

Dans le vieux puits
un poisson gobe un moustique –
l’eau fait un bruit noir Yosa BUSON dit BUSON (1716-1783)

Puisqu’il le faut
entraînons-nous à mourir
à l’ombre des fleurs Kobayashi ISSA dit ISSA (1763-1827)

A la fin du XIXème siècle le haïkaï est tombé dans l’oubli et n’est plus qu’un genre désuet, lorsque Masaoka SHIKI redécouvre BUSON, il fait du hakai une forme littéraire à part entière. Il renouvelle le genre et crée le terme «Haïku».

Sur le sable du rivage
à chaque trace de pas
le printemps s’allonge Masaoka SHIKI dit SHIKI
(1867-1902)

Le père fondateur du haïku moderne meurt à l’âge de trente-cinq ans, après avoir ébauché une réforme qui sera poursuivie et achevée par son disciple Kyoshi TAKAHAMA :

Seul
je polis mes poèmes
dans le jour qui s’attarde Kyoshi TAKAHAMA (1874-1959)

L’ère Taisho (1903-1926) verra l’âge d’or du haïku moderne avec notamment Sôseki NATSUME également disciple et ami de SHIKI et aussi célèbre romancier :

La lampe éteinte
les étoiles fraîches
se glissent par la fenêtre Sôseki NATSUME (1865-1915)

D’autres grands romanciers japonais écriront également des haïkus comme Ryûnosuke AKUTAGAWA ami de Sôseki, dont le nom est devenu aujourd’hui le prix littéraire le plus prestigieux du Japon :

Quelqu’un se noie encore
dans le Fleuve du Ciel –
cri Ryûnosuke AKUTAGAWA (1892-1927)

ou bien encore, et beaucoup plus connu chez nous, Eiji YOSHIKAWA… et oui l’auteur mondialement connu des romans historiques «La Pierre et le sabre» et de sa suite «La Parfaite Lumière» :

Dans la montagne d’automne
j’ai trébuché –
l’écho des pierres! Eiji YOSHIKAWA (1892-1962)

Le haïku se nourrit aujourd’hui du désordre des paysages urbains, de l'accélération de l’histoire, tout en restant simple et exigeant :

Faudra-t-il
traverser les nébuleuses
pour trouver un jardin de pierres? Toshio KIMURA
(né en 1956)

Notons enfin que depuis longtemps le haïku a débordé des frontières du japon et a été adopté par des écrivains et poètes de toutes nationalités :

Dans le givre du matin
les chats
avancent lentement Jack KEROUAC (1922-1969)

En conclusion ce livre est à lire par ceux que la poésie (et plus spécialement les haïkus) intéresse, mais aussi par les amateurs de civilisation japonaise et orientale, et enfin par ceux qui n’ont pas peur de se laisser envahir et submerger par leur propres émotions…

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