Jules César, 100-44 av. J.-C.
de William Warde Fowler

critiqué par Saint Jean-Baptiste, le 15 mars 2005
(Ottignies - 88 ans)


La note:  étoiles
Aux ides de mars, souvenons-nous !
Pouvons-nous passer les ides de mars sans saluer comme il se doit les mânes du grand César,
assassiné le 15 mars – 44 par son meilleur fils (adoptif ? ) Brutus, le fils de Servilia, sa tendre et fidèle amie.
On peut relire à l'occasion Astérix contre Jules César, mais on peut aussi lire l'excellente biographie de W. Warde Fowler, Professeur à l'Université d'Oxford, et grand connaisseur de Jules César et de son temps.
Ce livre est remarquable entre tous. La plupart des biographies de César racontent sa vie et les exploits qui la jalonnent. Mais ici l'auteur va plus loin. Il nous donne ses commentaires et ses jugements sur le personnage. Il le remet en situation dans la lumière de son temps. Il a scruté sa psychologie, ses traits de caractère, ses points forts et ses faiblesses, au point d'en faire un personnage terriblement attachant. Ce n'est plus la biographie d'un Héros de l'Histoire que nous avons sous les yeux, mais l'histoire d'un homme !
Les grandes questions qui nous passionnent tous (!) aujourd'hui sont posées. Que serions-nous devenus sans la conquête romaine, nous les descendants de "nos ancêtres les Gaulois" ? Serions-nous devenus des Germains teutonisant ; ou des enfants de la grande civilisation celtique, que César a beaucoup sous-estimée pour les besoins de sa cause ?
Et que serait devenu le monde ? En ce mois de mai – 44 précisément, il y a 2050 ans, 16 légions romaines devaient franchir l'Adriatique pour mâter, une bonne fois pour toutes, les Parthes, étendre les frontières de l'Empire jusqu'au Danube et au Tigre, et ajouter l'immense Perse à l'Empire latin.
Dieu seul sait, si César aurait enfin réalisé la pacification universelle, à laquelle il s'était mis à rêver, quand le glaive parricide s'abattit sur lui ! César est tombé sans avoir terminé son œuvre.
Tous les Historiens ne l'ont pas encensé comme l'a fait W. Warde Fowler. Mais tous ont reconnu avec lui qu'il avait établi dans le monde qui est le nôtre, les bases d'un empire et d'une civilisation dont les assises étaient la raison et l'humanité.
En ce jour des ides de mars 2005, souvenons-nous !