Le policier qui rit de Maj Sjöwall, Per Wahlöö (Co-auteur)

Le policier qui rit de Maj Sjöwall, Per Wahlöö (Co-auteur)
( Den Skrattande Polisen)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Sibylline, le 22 décembre 2004 (Normandie, Inscrite le 31 mai 2004, 68 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 6 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (41 317ème position).
Visites : 2 393  (depuis Novembre 2007)

Un monde glauque

Per Wahlöö et Maj Sjöwall sont mari et femme, enfin, étaient car Per est mort en 1975. Ils sont suédois. Ils ont écrit une dizaine de romans policiers avec, toujours en point de mire, un but de dénonciation politique de la vie de leur pays. Il paraît même que leur principale intention était cette critique de gauche de leur société et que les romans policiers n’en étaient que le véhicule. Mais il faut dire que le projet politique a été dépassé par le succès des intrigues policières et des personnages. Du moins, il me semble.
Leur personnage principal est un policier : l’inspecteur Martin Beck. C’est un monsieur sérieux et réservé, qui a raté son mariage et dort sur le divan, pour être tranquille. Il est méticuleux, systématique et têtu. Quand il est sur une piste, il ne néglige aucune voie, fouille tout et ne lâche rien. Il est entouré de toute son équipe de policiers. Des hommes avec leurs qualités mais aussi leurs défauts et un vrai air de réalisme simple. On ne sait pas trop s’ils sont sympathiques ou non. Sans doute pas tous.
L’action se passe à Stockholm, décrite comme une ville extrêmement déplaisante à vivre.
Une nuit, Beck est réveillé par le commissariat qui lui annonce qu’il est chargé d’une affaire peu banale : en faisant leur tournée de routine, deux agents ont découvert un bus arrêté sur le trottoir et dont tous les occupants (chauffeur et passagers) ont été abattus au pistolet mitrailleur. Une vraie boucherie dont le coupable a quitté les lieux tout simplement sans laisser aucun témoin, ni aucun indice. Parmi les passagers victimes, se trouve un des hommes de Beck. Voilà l’action en place et le décor planté, allez donc, dans tout Stockholm, retrouver le meurtrier capable d’un tel massacre.
Evidemment, Beck et son équipe y parviendront, mais ce ne sera pas sans mal, pas sans considérations sur la vie qu’ils mènent et celle qu’ils voudraient mener, sur les hommes, les femmes, l’ordre du monde et celui des mobiles les plus obscurs ou lointains…
Là, moi, personnellement, j’ai un peu de mal à trouver crédible un tel massacre qui ne serait pas purement et simplement l’œuvre d’un fou à lier (mais dans ce cas, comment Beck aurait-il pu le retrouver ?) donc, il y avait des mobiles, une logique et on peut remonter la piste. Cela vaut mieux, dans un polar à énigme, mais ça me semble tout de même un peu gros. J’ai lu d’autres Wahlöö et Sjöwall qui m’ont semblés plus crédibles…
Il n’en reste pas moins vrai que nous avons là une intrigue bien montée et qui se tient, une piste que l’on suit pas à pas avec les détectives et un ensemble très cohérent au niveau de la psychologie des personnages et de l’ambiance de la ville (pas très gaie d’ailleurs). Ajoutez que l’ensemble est fort bien écrit. Tout cela fait que cela donne tout de même, comme d’ailleurs les quelques autres romans de ces auteurs que j’ai déjà lus, un polar intéressant et qui se lit très bien.

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Les éditions

  • Le policier qui rit [Texte imprimé], les enquêtes de l'inspecteur Beck par Maj Sjöwall et Per Wahlöö trad... [de la version anglaise] par Michel Deutsch
    de Sjöwall, Maj Wahlöö, Per Deutsch, Michel (Traducteur)
    10-18 / 10-18. Série Grands détectives
    ISBN : 9782264007001 ; EUR 7,00 ; 01/07/1985 ; 277 p. ; Poche
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Hymne au travail policier en équipe

6 étoiles

Critique de Isad (Saint-Germain-en-Laye, Inscrite le 3 avril 2011, 59 ans) - 1 septembre 2012

L’action se passe en Suède à la fin des années 60 où les hommes portent des chapeaux. A part cela, tout pourrait avoir lieu de nos jours et l’écriture ne présente pas d’autre caractéristique datée.
Contrairement aux 2 préfaces dithyrambiques sur la peinture d’une époque qui émanerait de ce roman, j’y vois plutôt une description d’hommes ordinaires faisant un travail ingrat. Ils nous sont présentés avec leurs défauts et leurs doutes mais la plupart du temps avec le souci de bien faire son métier, même si quelques négligences apparaissent.

Les femmes ne sont ici que des comparses. Quelques-unes sont considérées comme des mégères, source d’ennuis ou, dans le meilleur des cas, comme un objet difficile à comprendre. Deux hommes se retrouvent ainsi en prison pour avoir tué une femme, l’une car elle l’accablait de reproches incessants et l’autre car nymphomane, elle le relançait sans arrêt et allait compromettre son prochain mariage.

Le récit est parsemé de paragraphes sur le sectarisme ordinaire envers qui n’est pas de son groupe de référence, la grisaille et le froid de l’hiver, la lenteur du recoupement des indices et la faveur de la chance, le mépris pour les journalistes et les politiciens. Il y a, dans des interstices bien cachés, les sentiments qui font chaud au cœur avec l’amour, la tendresse et l’amitié.

IF-0812-3944

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