Dès que sa bouche fut pleine
de Juliette Oury

critiqué par JPGP, le 3 septembre 2023
( - 77 ans)


La note:  étoiles
Juliette Oury et les gourmandes
Pour le plaisir du sexe comme de la nourriture au delà des prescritions, injonctions et tabou fléchés par les hommes, il faut trouver aux femmes des subterfuges que l'auteure exprime avec finesse, humour et intelligence.

Elle rappelle combien le cadre masculin régit - en une sorte de guerre tacite des deux sexes - désir et plaisir selon une manipulation qui oblige la femme aux puritanismes (sauf pour celles à qui ont demande et qu'ils paient pour cela la débridée des instincts en des liaisons dangereuses).

Mais généralement les femmes dans ces deux dégustations doivent d'une certaine façon se cacher pour jouir et attendre parfois que l'alter égo ait d'une façon ou une autre disparu. Car un tel abandon génère une perturbation chez eux qu'ils "baisent et mangent équilibrés" ou non mais ne permettent pas à leur femme des écarts dans leur consommation et leurs compétences.

Dans ce roman la place du sexe et celle de la nourriture sont à la fois identiques et inversées. C'est comme si le sexe rythmait les journées de tous, tandis que la nourriture était une affaire de l'intime, d'amants, qu'il faut taire et qui fait rougir. Reste pour les femmes souvent dans les deux cas une culpabilité que leurs compagnons ignorent. Il leur impose la maigreur tout en disant n'apprécier que les rondes pour leurs partenaires sexuelles et sociales.

Jean-Paul Gavard-Perret.