Le Royaume du Nord, tome 1: Harricana
de Bernard Clavel

critiqué par Libris québécis, le 17 novembre 2004
(Montréal - 82 ans)


La note:  étoiles
Le Développement de l'Abitibi
Bernard Clavel est un auteur français qui a écrit quelques livres sur l'Abitibi, région accolée à la toundra, à 640 km au nord de Montréal. En lisant Harricana, on sent tout l'amour qu'éprouve l'auteur pour l'immensité de ce territoire couvert de lacs et de forêts. Ce qui fascine Bernard Clavel, c'est avant tout la rivière Harricana qui traverse la contrée.

L'auteur se sert de ce cours d'eau pour montrer l'importance qu'il a eue dans le développement de l'Abitibi, région habitée par les blancs depuis seulement le krack économique de 1929. D'abord, il a servi de voie navigable que l'on empruntait pour atteindre un territoire vierge qui se présentait alors comme le salut de ceux qui peinaient au sud à cause de la dépression économique. Pourquoi ne pas se refaire une vie dans un milieu qui n'a pas encore été offensé par la main de l'homme? C'est dans cet esprit qu'une famille partit un bon matin à la recherche d'un endroit pour y fonder une paroisse avec son église, son école, son magasin général, son pont et sa voie ferrée, le tout entouré de maisons construites au fur et à mesure par les nouveaux arrivants, à même la nature généreuse en produits ligneux. La richesse de l'Abitibi était indéniable. Les rivières fourmillaient de poissons, la forêt était giboyeuse et son sous-sol riche en minerai d'or. Le Klondike du Québec. L'avenir s'annonçait prospère, mais le conte de fée se termina comme plusieurs histoires de notre enfance. Si le méchant loup ne dévore pas les gens, il peut les faire mourir autrement. Ce qui s'annonçait la réalisation d'un rêve pour une communauté devint cauchemar.

Harricana ne s'appuie pas sur une documentation historique pour s'imposer. C'est plutôt un cri d'amour que pousse l'auteur devant la découverte d'une virginité qui existe encore sur cette planète. C'est aussi une manifestation d'amour pour une population qui sait s'adapter à une nature sauvage. Bernard Clavel a l'esprit franciscain. Il privilégie le dépouillement parce que la vie y est plus chaleureuse. Le bonheur de l'homme ne serait-il pas de vivre à l'ombre de cette nature que Jean Rostand ne trouve pas nécessairement accueillante? L'éminent chercheur a dû être formé par les Dominicains. Quoi qu'il en soit, cette oeuvre plus descriptive que narrative raconte les hauts et les bas qui accompagnent le développement d'une région vierge.
Miserere 6 étoiles

Le roman de Bernard CLAVEL commence comme une poésie. Bien écrit, il nous fait ressentir la terre, le souffle du vent dans les arbres, la musique de l'eau, l'odeur des forêts ...
Tout commence bien. Une famille, installée dans les bois décide de progresser vers le nord, sous l'impulsion fougueuse du frère de la mère de famille. Le nord de l'Abitibi, pays froid et humide couvert de forêts et de lacs, est une terre à explorer, à conquérir, à exploiter.
Notre famille en veut. Ils sont pleins d'énergie, d'espoir et de joie de vivre.
La vie est dure et rude mais quand on veut, on peut ! Et ils y parviennent. Ils finissent par s'établir dans l'embryon d'une petite ville constituée d'exploitants forestiers. Bientôt le chemin de fer sera là et avec lui, de futurs clients, peut-être la fortune ...

Mais oui mais tout ça, c'est trop facile. trop de joie de vivre, trop de bonheur. Alors le reste du livre (plus de la moitié quand même) est une descente aux enfers, avec des décès, des tragédies, etc ...
Le livre devient lourd, et toute cette tristesse, tout ce malheur m'ont pesé.
Certainement inspirée par des histoires vraies, je peux accepter la véracité de cette destinée mais l'histoire qui nous est ici contée, n'a pas répondu aux bonnes impressions des premières pages.

Je ne lirai pas la suite, car a priori le reste de la série est du même genre.

Lejak - Metz - 49 ans - 4 avril 2015