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6.2.1 NOUVEAUTES LIVRES
medium
La mort est mon métier de Robert Merle

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

critiqué par Leura, le 17 mars 2001 (--, Inscrit le 29 janvier 2001, 61 ans)

La note: 9 etoiles
Moyenne des notes : 9 etoiles (basée sur 36 avis)
Cote pondérée : 9 etoiles (22ème position).
Visites : 11 671  (depuis Novembre 2007)

Une étude clinique

Sous forme d'une autobiographie imaginaire, Robert Merle nous raconte la vie du commandant d'un camp de concentration nazi, depuis sa naissance jusqu'à son exécution comme criminel de guerre.
Avec une précision clinique, il démontre comment un homme tout à fait ordinaire peut basculer dans l'abjection la plus totale, poussé par les circonstances.
Il n'a aucune compassion pour son personnage, mais plutôt un curieux sentiment de détachement qui domine l'oeuvre.
Un livre qui date un peu , mais à redécouvrir.

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Les éditions
small La Mort est mon métier [Texte imprimé] Robert Merle
de Merle, Robert
Gallimard / Collection Folio
ISBN : 9782070367894 ; EUR 7,30 ; 1976-04-26 ; 369 p. ; Poche
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Les critiques éclairs (35)

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déshumanisation 10 etoiles

Le héros du livre se prend pour un manager des temps modernes où seule la productivité compte. Il est complètement déshumanisé par son enfance et son parcours de jeune adulte....

Kaokao (, Inscrit le 16 juin 2011, 34 ans) - 6 novembre 2011


Comment devient-on commandant du camp d’Auschwitz ? 7 etoiles

R Merle a tenté en 1952, soit très peu de temps après la deuxième guerre mondiale, de répondre à cette question à travers une biographique imaginaire de Rudolf Hess, se basant sur les confessions et témoignages recueillis lors du procès de Nuremberg.
L’ouvrage commence avec l’enfance de R Hess, ce qui donne quelques relents psychanalytiques au roman et se poursuit avec sa carrière, son ascension dans l’appareil SS, son obéissance détachée, son souci maniaque du détail et de l’efficacité. Par étapes, l’inhumanité grignote l’officier jusqu’à en faire le symbole de la barbarie.

R Merle a choisi une écriture froide, analytique, pour rendre la psychologie de son personnage ce qui donne un style un peu pauvre par rapport à ses autres romans.

Si le livre a fait date et a dérangé à l’époque, d’autres ont éclairé depuis la banalité du mal, l’horreur des camps, le basculement du militaire au tortionnaire. Le lecteur de V Grossman, E Wiesel ou P Levi ne fait pas une découverte mais la lecture de La mort est mon métier est une nécessité pour les autres, en particulier les plus jeunes

Romur (Viroflay, Inscrit le 9 février 2008, 38 ans) - 16 octobre 2011


L'Obéissance avec un grand O 7 etoiles

Ce livre est très utile pour comprendre les horreurs du régime nazi et montre de façon effrayante comment l'Allemagne post-Première Guerre Mondiale a conditionné les tortionnaires de la 2ème. Effrayant !
Le seul bémol du livre c'est son écriture qui n'est pas vraiment des plus fluides et agréables, c'est pour cela que je lui mets seulement 3.5.

Mithrowen (La Chaux-de-Fonds, Inscrite le 23 août 2011, 23 ans) - 30 septembre 2011


Une histoire allemande 9 etoiles

Pour qui a vu le film de Michael Hanneke "le ruban blanc" (Das weisse Band), l'enfance du personnage principal telle que la décrit Robert Merle s'éclaire singulièrement. La déshumanisation dans le respect de la discipline, la maîtrise des instincts, la répression des désirs, l’annihilation de l'esprit critique, produit des monstres ordinaires. Merle a été sobre et précis dans son analyse et d'autant plus convaincant.

Radetsky (, Inscrit(e) le 13 août 2009, - ans) - 6 septembre 2011


Un Allemand ordinaire? 8 etoiles

Le livre n'est pas très épais, il n'est pas non plus extrêmement bien écrit, ce n'est pas un chef d'oeuvre de littérature mais, malgré tout, on sent qu'il est remarquable dans le paysage littéraire contemporain.

Bien évidemment Les Bienveillantes est passé par là, et le livre souffre de la comparaison. Cela n'empêche pas que le point de vue subjectif du narrateur dans ce contexte est 1) une innovation remarquable 2) demeure pertinente et, reste très pertinente: on s'approche de la compréhension (ou d'une illusion de compréhension?) , même si bien évidemment les ressorts de la machine exterminatrice restent largement inimaginables pour nous lecteurs du XXIeme siècle.

Une enfance malheureuse, une éducation rigoriste et conditionnée par l'obéissance, la misère et l'influence d'hommes charismatiques et le narrateur n'est plus qu'une machine à organiser l'un des plus grands meurtres de tous les temps...

Ce qui est troublant, c'est que toute une génération d'hommes se trouvera dans ce cas.

Vince92 (Zürich, Inscrit le 20 octobre 2008, 34 ans) - 6 septembre 2011


un livre marquant 10 etoiles

Je viens de tourner la dernière page de ce livre et je pense pouvoir dire qu'il restera parmi les meilleurs livres traitant du nazisme et des camps que j'ai lu. L'écriture est simple et fluide, la découverte de la construction de la personnalité de Lang instructive. On a l'impression d'être dans sa tête, de chercher le cheminement de ses pensées. On essaye de comprendre comment un individu peut être si "déshumanisé"....et on ne peut que se questionner sur ce "devoir", cette obéissance aux ordres, sans aucune trace de conscience...

Oliivia (, Inscrite le 5 mai 2010, 25 ans) - 17 août 2011


bien mieux que les Bienveillantes! 10 etoiles

"La mort est mon métier" est un chef d'oeuvre à conseiller à tous les lecteurs... Ce roman de Robert Merle est déjà "ancien" mais l'idée d'utiliser la vie d'un nazi vue de l'intérieur se révèle extrêmement efficace et l'on est plus habitué aux témoignages des rescapés qu'au récit des bourreaux... A l'époque de sa parution, le livre fit même scandale et on l'oublia un peu vite...
Ecrit bien avant le best seller de J Littell, on peut se demander si cet auteur n'a pas trouvé là des idées... Qu'importe!
Dans ce roman qui s'appuie sur des témoignages directs, l'auteur nous décrit un "monstre nazi" ...mais pour comprendre comment il en est arrivé là, on remonte à son enfance, la crise de 1929... et ses débuts dans le parti, avant de voir le zèle avec lequel il conçoit la "solution finale"...
Cet excellent roman permet d'approcher au plus près la barbarie nazie et la bureaucratie extrême de ce régime qui ne laissait rien au hasard, même pas le décompte des "unités" exterminées...
Loin de lui chercher des excuses R. Merle parvient à nous faire comprendre comment on peut arriver à produire de tels hommes...
Un livre pour tous ceux qui pensent qu'il fallait être fou, inhumain, abject, pour sombrer dans une telle idéologie meurtrière... pour découvrir cet autre que l'on rejette et juge sans comprendre...
et le lecteur s'interroge alors aussi sur d'autres criminels de guerre plus récents...

Anicroche88 (, Inscrite le 1 juin 2011, 44 ans) - 1 juin 2011


"Vous êtes complètement déshumanisé" 10 etoiles

Conseillé comme un livre remarquable , ce livre est fascinant du début à la fin .
On cherche à comprendre comment un Allemand "normal" a pu devenir un monstre , perdant petit à petit toute forme d'humanité pour seulement chercher à répondre aux ordres de ses supérieurs , noyant ainsi toute réflexion individuelle qui aurait pu remettre en question ses actions et son devoir de grandeur et d'obéissance à la Nation allemande !
C'est vraiment un excellent livre !

John (, Inscrit le 2 novembre 2010, 22 ans) - 8 novembre 2010


A lire 10 etoiles

Un témoignage à lire absolument.
S'il doit y avoir deux livres inscrits au programme du collège:
La mort est mon métier (Robert Merle)
Si c'est un homme (Primo Levi)
Tout y sera dit, plutôt que de survoler ce sujet que la mémoire collective se doit de garder pour qu'un jour ceci ne se reproduise plus.

Revenons au livre et en particulier à ce personnage Höss:

N'oublions pas Josef Mengele (l'ange de la mort), ce docteur fou, pourquoi n'en entendons-nous pas parler dans ce livre ?
Loin de moi l'idée de critiquer Robert Merle qui nous livre une oeuvre primordiale. Il s'est basé sur les comptes rendus du procès de Nuremberg ainsi que des notes prises par les psychologues, les déclaration d'un seul homme, Rudolf Höss. Ce démon a déclaré ce qu'il voulait bien déclarer, il s'est fait passer pour un innocent décérébré. Pensait-il échapper à la peine de mort lors de son procès en se faisant passer pour une victime de cette médiocre vie qu'il a eu ?
Höss a simplement joué la carte de l'innocent manipulé à cause d'une terrible enfance, juste pour échapper à une fin inévitable, évitant des sujets qui l'auraient encore plus enfoncé. Ne pas citer les atrocités dont il était forcément tenu informé a été sa ligne de défense. Je ne pourrai jamais croire qu'il ignorait ce qui se passait dans le camp qu'il a créé lui même, toute cette machiavélique machine à tuer.
Höss savait tout et n'a rien dit, c'est incontestable.

Pkoipas (, Inscrit le 5 juillet 2010, 37 ans) - 5 juillet 2010


Une superbe œuvre !!! 9 etoiles

Voici un roman très intéressant.
En effet, dans cette œuvre on voit la vie du personnage principal défiler devant nos yeux. "La mort est mon métier" est une biographie romancée de Rudolf Höß (renommé Rudolf Lang dans l'ouvrage). Elle a été écrite par Robert Merle et elle est parue en 1952. Rudolf Höß a était le commandant du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz durant la Seconde Guerre Mondiale.
Ce roman est superbe. L'auteur nous décrit des choses incroyables. Une fois l'œuvre commencée, nous n'avons qu'une envie c'est de la continuer pour savoir ce qui va ce passer. C'est ce que ça m'a fait en tout cas...
Les reproches que je ferais à cette œuvre, c'est le fait que parfois on ne comprend pas quelques phrases, quelques mots. D'ailleurs, on a beau les relire plusieurs fois, ça ne change rien. Puis, il y a aussi la chose qui m'a le plus énervé, il s'agit des répétitions "Ja, Herr Sturmbannführer", ou d'autres "Herr", on les trouve parfois dix fois de suite ! Non, ça c'est vraiment très enquiquinant. Mais à part cela rien de spécial.
Je conseille cette œuvre aux troisièmes (en collège) car dans leur programme d'Histoire, ils voient la Seconde Guerre Mondiale et cette biographie romancée peut les aider à voir plus clair.

Florian Bouillon (, Inscrit le 30 juin 2010, 19 ans) - 1 juillet 2010


Impossible de rester indifférent 8 etoiles

Quelle horreur!! Ce livre m'a complètement sidérée. J'aime le fait que l'auteur explique l'histoire d'un personnage bien précis. Ca permet de voir à quel point cet homme est obnubilé par les ordres et a l'air de ne plus penser du tout à ce qu'il fait. Ca met la chair de poule. Certains passages détaillent ses actions et ça rend malade. Livre interpellant!!!

Lalie2548 (, Inscrite le 7 avril 2010, 27 ans) - 7 mai 2010


Déçu ... le livre a vieilli 6 etoiles

Bien entendu, je n'irai pas dire qu'il s'agit d'un mauvais livre. C'est une gifle, une plongée dans les ressorts de la "Banalité du Mal" telle que l'a théorisée Hannah Arendt.
Mais deux choses m'ont bloqué :
- d'abord, le passé du futur Commandant du Läger. Il fut un enfant terrorisé par un père psycho-rigide (pour ne pas dire pire), élevé dans des conditions terribles. Dès lors, cela ouvre une faille béante dans la "Banalité du Mal". Tous les hommes peuvent-ils verser dans l'horreur ... ou seuls ceux ayant subi un traitement préalable (enfance terrible, misère, ...) ? Et cela change beaucoup de choses !
- Ensuite, J. Littell est passé par là avec les "Bienveillantes". Et si le livre de Merle est une gifle, celui de Littell est une "grande claque dans la gueule". Et il démonte de façon beaucoup plus fouillée la machine SS et la solution finale.
Un bémol quand même : le livre a été écrit en 1952, seulement 7 ans après la guerre et à une période où personne ne voulait plus entendre parler de ces histoires ... chapeau bas quand même, Monsieur Merle

NQuint (Charbonnieres les Bains, Inscrit le 8 septembre 2009, 39 ans) - 6 novembre 2009


différent 10 etoiles

...De tous les livres sur la seconde guerre mondiale, et comme c'est le programme de troisième, j'ai pu en lire, mais celui-là est sûrement mon préféré. La fin de "l'histoire", lors du procès de Hoess, nous montre particulièrement bien l'état d'esprit dans lequel il était:
Mais pourquoi mes chefs ne viennent-ils pas me sauver et assumer ces actes ?
Superbe !

Jiminy (Lyon (ou presque), Inscrite le 14 octobre 2009, 17 ans) - 1 novembre 2009


Dans la tête d'un nazi 8 etoiles

Un roman dérangeant sur les camps, voilà ce qu'il me fallait pour passer un bon week end pluvieux en Normandie. Youhou, ça sent la fête à plein nez. Ben j'ai pas été déçu...
Dans la tête d'un nazi, encore que, on n'a pas tous les détails. Une seule chose y règne: les ordres. Pas moyen d'y déroger, de toutes façons, si on s'en éloigne, c'est bibi qui trinque. Pour les sentiments, on repassera. Résultat, on monte des camps et on obéit en essayant d'avoir des idées pour que tout fonctionne au mieux. Les détails ne nous sont pas épargnés, on y apprend des choses, horribles évidemment... Tout ça est fait cliniquement, sans tergiversation, on extermine, on verra après, pour l'instant on obéit aux ordres, seuls ceux-ci comptent. Seul l'obéissance permet d'expliquer l'inexplicable, Robert Merle le fait très bien.

Je voulais une bonne claque, je l'ai eu. J'ai beaucoup aimé ce livre même si j'ai besoin de légèreté maintenant, vite, la fenêtre...

El grillo (Saint Prix, Inscrit le 4 mai 2008, 38 ans) - 9 octobre 2009


Bien avant les "Bienveillantes" de Littell... 9 etoiles

Robert Merle a écrit un roman historique, le personnage principal, même si l'auteur change son nom de famille, a bien existé et il (l'auteur) s'est basé sur les rapports des psychiatres et les pièces du procès de Nuremberg, plutôt que sur l'autobiographie de Hoess. Le personnage est présenté dès le début comme "un exécutant", il ne conteste pas les ordres, que ce soit ceux de son père (il faut qu'il meure pour que Rudolf ait le courage de vivre sa propre vie) ceux de l'armée, de l'usine (il refuse de faire semblant de travailler pour que son collègue puisse suivre la cadence, au risque de se mettre tous les ouvriers à dos) de même il organisera l'extermination des juifs, car c'était les ordres.

Ce roman, comme "Les Bienveillantes" (que j'ai presque terminé, mais ça ne m'empêche pas d'avoir trouvé des points communs) les deux personnages ont la même ligne de défense et les deux romans ont vocation de présenter la seconde guerre mondiale du côté "des bourreaux", d'ailleurs Hoess apparait dans le roman de Littell. Disons que "Mort est mon métier" est peut-être un plus accessible que les "Bienveillantes", plus court et moins dur, par contre les deux romans se complètent, Merle se concentre sur Hoess, Littell, lui, décrit les horreurs des Nazis dans leur ensemble (je reviendrai quand j'aurai terminé le roman). A lire.

Killeur.extreme (Genève, Inscrit le 17 février 2003, 31 ans) - 4 mars 2009


Logiques de la déshumanisation 8 etoiles

Nous suivons la vie de Rodolf Hoess (Rudolf Lang dans le roman), entre 1900 et 1946 (date de son exécution par pendaison) : jeune homme au père autoritaire, éduqué dans le respect strict de la religion (qu’il reniera ensuite), engagé dans l’armée allemande afin de partir au front (1916), devenu fermier pour le compte d’un propriétaire terrien, devenu mari et père de 4 enfants, membre du parti nazi où il sera un “excellent” instructeur, puis choisi pour ses qualités d’”organisation” et de “conscience” pour la mise en place d’un programme d’extermination massive de juifs, en tant que commandant du camp d’Auschwitz.

Plus que des commentaires, voici quelques passages clés lesquels, à mon sens, permettent de comprendre l’articulation de la vie de Rodolf Hoess. Rétrospectivement, les paroles prononcées donnent le vertige :

A propos de sa découverte de l’armée, dans laquelle il s’est engagé à 16 ans (1916) : “A la caserne, la règle était vraiment parfaite. Le maniement d’armes, surtout m’enchantait. J’aurais voulu que toute la vie pût se décomposer ainsi, acte par acte." (page 73, Gallimard, Collection Folio, Manchecourt, mars 1996).

Lors de son engagement dans la SA (Sturm Abteilung : Sections d’Assaut) en 1922 : “Heil Hitler ! Leurs voix résonnèrent puissamment dans ma poitrine. J’éprouvai un profond sentiment de paix. J’avais trouvé ma route. Elle s’étendait devant moi, droite et claire. Le devoir, à chaque minute de ma vie m’attendait." (page 173).

A sa sortie de prison, après avoir purgé 5 années pour assassinat (vers 1928) : “... je pensais : “je suis libre”... Mes mains vides pendaient à mes côtés, les minutes coulèrent une à une, il n’y avait plus personne pour me dire ce qu’il fallait faire, je m’ennuyais... Au bout d’un moment, je pensai au Parti, et je me sentis heureux.” (page 187).

Lors de son procès (1946), alors qu’il est interrogé par le juge quant à ses crimes (extermination de juifs) : “On m’a choisi à cause de mon talent d’organisateur”. Mais, il n’est plus autant convaincu de ce qu’il a fait car son chef, Himmler, s’est suicidé : “Cela prouve qu’il n’était pas un vrai chef, et s’il n’était pas un vrai chef, il a pu très bien me mentir en me présentant l’extermination des juifs comme nécessaire”... Mais, “je le referais, si on m’en donnait l’ordre”... je n’ai pas à m’occuper de ce que je pense (la question du juge portait sur sa conscience quant à ses crimes). Mon devoir est d’obéir... Je n’ai pas à avoir de remords. L’extermination était peut-être une erreur. Mais ce n’est pas moi qui l’ai ordonnée." (pages 362/363/364).

Quant à ses ressentis : “C’est difficile à expliquer. Au début, j’éprouvais une impression pénible. Puis peu à peu, j’ai perdu toute sensibilité. Je crois que c’était nécessaire : Sans cela, je n’aurais pu continuer. Vous comprenez, je pensais aux juifs en termes d’unités, jamais en termes d’êtres humains. Je me concentrais sur le côté technique de ma tâche... un peu comme un aviateur qui lâche des bombes sur un ville” (le juge argue du fait qu’un aviateur n’a jamais anéanti tout un peuple), et Rudolf Lang répond : “il le ferait, si c’était possible, et si on lui en donnait l’ordre." (pages 362/363/364).

A propos du verdict de son jugement, qui ne le surprend pas : “Il me semblait que ma propre mort ne me concernait pas". (page 370)

Sur la même thématique, à lire : "Les Bienveillantes" de Jonathan Littell

PPG (Strasbourg, Inscrit le 14 septembre 2008, 36 ans) - 22 novembre 2008


bizarre 8 etoiles

Ce livre m'a vraiment ... choquée, pas par la façon d'écrire mais je pense que ce n'est vraiment pas un livre à lire pour les jeunes de mon âge, mon prof nous a proposé de le lire en 3ème alors que d'habitude on abordait ce livre en rhéto ... Evidemment j'ai adoré la façon dont il était écrit mais certains détails étaient horribles à lire, si j'avais eu le choix, je n'aurais certainement pas choisi ce livre mais cela permet de connaître un peu la vie de cette homme et le quotidien des personnes à Auschwitz mais je le relirai sûrement quand je serai plus âgée car il est vraiment intéressant

Aurélie165 (namur, Inscrite le 19 août 2007, 20 ans) - 19 août 2007


Un de mes livres préférés 10 etoiles

J'étais en 3ème quand je l'ai lu et il m'a profondément marquée. C'était la première fois - la seule d'ailleurs, quand j'y repense - que je lisais un livre sur la Seconde Guerre Mondiale, vue du côté allemand.

On assiste à la transformation d'un Allemand lambda en monstre SS qui, dénué de tout sens critique, ne se rend pas compte de ce qu'il fait. Il fait "juste" son boulot. Que dire de plus? C'est le comble de l'horreur. Le titre est d'ailleurs très bien choisi.

A 14 ans, j'ai pris conscience que les SS n'étaient que des pantins, que le IIIème Reich avait élevé des monstres sans état d'âme. Je reprends ce qu'a dit été un peu plus haut : si nous avions reçu la même éducation qu'eux, que saurions-nous devenus? Certainement la même personne que Hoess. Et, pour moi, c'est ce qui est le plus dur dans ce luvre.

J'avais eu 20/20 à mon devoir.

Mane (Bordeaux, Inscrite le 5 février 2007, 24 ans) - 9 février 2007


Poignant 9 etoiles

J'ai trouvé ce livre poignant et en même temps horrible. Horrible car il montre comment n'importe qui peut devenir un bourreau et exécuter des hommes de manière clinique, sans émotion.
Ce qui m'a frappé, c'est à quel point le narrateur (Hoess) a perdu tout sens critique. Pour lui, un bon soldat doit obéir et ne pas réfléchir aux tenants et aux aboutissants des ordres qui lui sont donnés. Un ordre est un ordre et un soldat n'a pas à discuter les ordres d'un supérieur, ni même à réfléchir s'ils sont justes. D'ailleurs, il ne le fera jamais ... il exécutera les ordres ... A un tel point qu'il ne comprendra pas sa responsabilité dans ce massacre. C'est cette obéissance aveugle qui m'a fait le plus froid dans le dos.

Un excellent livre qui permet de réfléchir et qui devrait être lu par le plus grand nombre.

Féline (Binche, Inscrite le 27 juin 2002, 34 ans) - 16 janvier 2007


Immuable 10 etoiles

Ce livre m’a été conseillé par un professeur d’histoire et je souhaite le conseiller à mon tour tant je considère qu’il fait partie des œuvres les plus marquantes que j’ai lues.
Je trouve que Leura l’a bien présentée mais concernant sa dernière phrase, je tiens à préciser que, c’est vrai qu’il date de 1952, mais je pense que le fait qu’il ait été écrit juste après la guerre lui donne encore plus de force. J’espère qu’on ne va pas considérer que c’est un roman qui a vieilli tant il doit demeurer immuable de par son sujet.
De plus, comme d’autres lecteurs l’ont précisé, il est très bien écrit et le titre me semble très bien choisi.

Ketchupy (Bourges, Inscrit le 29 avril 2006, 31 ans) - 25 septembre 2006


Bouleversant 10 etoiles

En lisant ce livre, j'ai été bouleversée de plusieurs façons
D'abord, en lisant l'histoire, et puis moi même je me trouvais presque à réfléchir avec le héros à comment bien faire le "travail" A la limite, je comprenais ses problèmes.

C'est un livre fort bien écrit.

Une histoire ignoble, mais bien écrite.

Petronie (, Inscrite le 6 mars 2006, 55 ans) - 18 septembre 2006


Quel horreur ... 10 etoiles

Quel horreur de découvrir comment un homme ordinaire peut devenir le bourreau de million d'hommes, femmes et enfants. Enfance malheureuse, esprit tourmenté qui a besoin de routine et d'ordre pour être au calme, coeur ni mauvais ni bon. Banal !!! Au début du livre, je me suis ennuyée, je ne voyais pas où ce personnage insipide pouvait me conduire puis au fil des pages, dans une logique implacable s'est dessiné l'insoutenable. J'ai en fait eu pitié de ce personnage, de sa famille, de cette Allemagne à genoux mais par contre d'autres sont des monstres et rien ne pourra enlever cette impression de malaise qui reste lorsque l'on referme ce livre.

Ald_bzh (Brest, Inscrite le 11 janvier 2005, 33 ans) - 25 juillet 2006


A l’heure des choix. 9 etoiles


Que ferions-nous, qu’aurions-nous fait, que ferons-nous si demain, des ordres, une discipline nous amenaient à commettre l’irréparable, l’insoutenable, l’inconcevable ?

R. Merle nous pose la question. Avec ce roman, nous sommes du côté des bourreaux, c’est assez rare pour être souligné, c’est assez rare pour être salué. Il y a un piège : toute la première et longue partie où pas à pas sont posées les conditions quasi analytiques de ce qui de l’adolescent Rudolf fera le bourreau Lang.

Cet enfant, élevé à la dure, porte le poids des péchés et des échecs de son père qui les lui fait payer. Destiné à la prêtrise, il manque d’amour, comme tout son foyer, mais est formaté à l’obéissance absolue, à la règle, à l’oppression. On a détruit chez lui le ressort de la rébellion, celui de la conscience des actes, de la conscience tout court, de la mise en perspective et c’est avec cela qu’il grandit : la peur, la haine, l’obéissance, l’Allemagne, la force…

Il deviendra, par un chemin tortueux et tellement pré-destiné, cet organisateur des camps de concentration, des camps de la mort et du plus célèbre d’entre eux : Auschwitz Birkenau. Pour qui a visité ces camps, comme c’est mon cas, et depuis ma lecture, cette visite me revient, cette horreur aujourd’hui aseptisée en Pologne, prend toute sa forme, toute sa force.

Les ordres…les dernières pages sont plus effrayantes encore que la description du dispositif de destruction industrielle d’enfants, de femmes et d’hommes, de juifs que furent les camps. Il nous arrive parfois même de juger cette organisation comme obligée, innovante…et c’est là l’horreur !

Mais de cette vision psychanalytique de bas étage qui au prie conduirait à l’indulgence au mieux au doute, c’est véritablement la question du choix qui est posé : et nous ?

Monito (, Inscrit le 22 juin 2004, 39 ans) - 24 octobre 2005


chérie, mon chef m'a dit qu'il était content de mon travail ! 10 etoiles

ce livre m'a retourné ! c'est clair qu'une éducation religieuse intégriste ne fera jamais, oh grand jamais du bien, dieu protège nous de toi ! mais insidieusement dans ce livre, qu'est ce qu'on ressent ? un homme pas plus méchant qu'un autre, qui dans un certain contexte, dans la spirale de "je dois montrer aux autres que je suis capable" ou "j'ai ma place si je fais du bon taff, faut que je me donne à fond", un homme est complètement détaché de la réalité et ne réalise plus rien, il regarde vers le haut, sa hiérarchie (dieu ?), non décidément c'est pas bon de regarder en haut, on rêve en regardant autour de soi pas en haut alors quoi ? il s'en occupe bien de son camps, du bon taff comme diraient la plupart de nos patrons en nous tapant amicalement dans le dos : "ouais on compte sur toi, tu nous fais ça bien" "oui chef !"
excusable, non, pas plus que nous qui ne réalisons même plus où on va et pourquoi on y va ... bon c'est pas tout ça mais j'ai du taff. A+

Julius (, Inscrit le 24 novembre 2004, 38 ans) - 21 septembre 2005


surprenant! 9 etoiles

C'est la première fois que je lis un livre sur ce sujet. Il m'a fait réfléchir. J'ai trouvé presque normal que le commandant en arrive à ce point là. On se rend compte que l'éducation fait beaucoup, et on comprend le cheminement qui a fait qu'il devienne nazi! J'ai également eu un peu de pitié pour cet homme, cependant c'est un méchant, un nazi, il a commi des crimes contre l'humanité!!
Ce livre est vraiment hors du commun, bravo à Robert Merle!

Sanshü (Strasbourg, Inscrite le 5 janvier 2005, 29 ans) - 21 septembre 2005


Entsetzen 10 etoiles

Je viens de finir ce livre captivant et j'ai découvert avec horreur que j'avais eu pitié pour cet homme!
C'est la première fois que je lis un livre où la shoah est montrée du côté allemand... c'est bouleversant.
Lang (Hoess) n'est qu'un "rouage" comme il le dit, et Merle le montre comme un rouage écervelé, on en est amené à se dire que dans une situation telle, notre réaction n'aurait peut-être pas été différente, dans cet idéal d'ordre et d'obéissance qu'était le III Reich.
C'est une véritable auto-analyse qui suit ce livre.

Dans le même domaine, je peux conseiller un livre de Albert Speer "Au coeur du troisième Reich", l'autobiographie de l'architecte personnel de Hitler.

Qubitchek (, Inscrite le 11 septembre 2005, 21 ans) - 11 septembre 2005


un livre qui fait réfléchir 8 etoiles

j'ai trouvé ce livre très intéressant comme éclairage de la mentalité d'un haut dignitaire SS du IIIe Reich.
Merle semble réellement faire l'effort de se baser uniquement sur les faits établis comme ayant réellement eu lieu au cours de la vie d'Hermann Hoess.
ce côté anecdotique et "haché" en épisodes nuit à la 1ère partie du livre même si elle revêt un grand intérêt. l'info est partielle reste a savoir si l'autobiographie de Hoess est plus informative sur sa vie.
la 2ème partie (Hoess travaillant en camp de concentration) est la plus passionnante et la plongée dans la mentalité nazie d'un réel intérêt historique.
c'est un très bon livre qui fait réfléchir.

Sughrue (, Inscrite le 31 janvier 2005, 31 ans) - 31 janvier 2005


Leçon à retenir 9 etoiles

homme qui est à l'initiative de l'utilisation des chambres à gaz et des fosses et également des fours crématoires pour en rajouter à son CV. tout ça "grâce" à cet homme traumatisé depuis son enfance par son père!En le lisant je voulais comprendre comment on peut en arriver là et je l'ai bien compris maintenant. Et je sais aussi que n'importe qui peut finir ainsi !Lisez ce livre et vous comprendrez une bonne partie de notre histoire, pas seulement la seconde guerre mondiale!!!!!!!!!!!!!

Galadriel78 (, Inscrite le 14 août 2004, 25 ans) - 14 août 2004


marquant 10 etoiles

j'ai lu ce livre il y a deux ou trois ans et c'est lui qui m'a donné envie de lire tout les autres.
Il m'a profondément marquée parce que je n'acceptais pas de pouvoir comprendre ce bourreau .
Pour moi un tortionnaire nazi était un monstre incompréhensible .
or là j'ai compris que l'éducation que reçoit un homme est cruciale pour son avenir.
un livre splendide

Kim (Limay, Inscrite le 16 juin 2004, 27 ans) - 29 juillet 2004


un livre............... 6 etoiles

inqualifiable! j'ai éprouvé divers sentiments en lisant ce livre. d'abord de l'horreur puis de l'incompréhension. et après j'ai compris que l'homme peut devenir un instrument servant à la torture. Je pense que j'aurais essayé de trouver des excuses à l'homme qui est devenu soldat nazi mais le fait de prétendre qu'il aurait été capable de refaire ces crimes si il revivait cette période en fait un coupable impardonnable.
sinon, c'est un livre très touchant et intéressant par le fait qu'il est rare de lire un livre du côté nazi et non du côté déporté. c'est une vision qui permet de mieux"comprendre"cette guerre.

Lalaith (, Inscrite le 18 juillet 2004, 26 ans) - 18 juillet 2004


Et si c'était nous? 8 etoiles

J'ai lu ce livre il y a déja 3 ou 4 ans mais il m'a profondément marquée. Ce livre remet en question l'image que l'on a du "méchant" nasi et nous pousse à nous demander: Qui aurions-nous été s'il avait fallu choisir?

Nutella (Rhode-Saint-Genèse, Inscrite le 31 décembre 2000, 32 ans) - 11 janvier 2004


De l'horreur à la compréhension! 8 etoiles

Cette biographie de cet officier SS allemand montre à quel point depuis sa naissance il a été conditionné pour devenir finalement un exécuteur des ordres du IIIème Reich!!!

Ondatra (Tours, Inscrite le 8 juillet 2002, 30 ans) - 21 juillet 2002


!!!!!! 10 etoiles

Bouleversant... Une oeuvre qui montre à quel point l'Homme bascule de victime à bourreau.. Avec simplicité, Robert Merle nous expose des faits d'une atrocité ineffable, un ancrage dans la réalité nous poussant dans le sens de la remise en question concernant l'Homme et sa conscience.

Anonyme (, Inscrit(e) le ??? (date inconnue), - ans) - 2 juin 2002


impressionnant 10 etoiles

Ce livre, que j'ai lu il y longtemps déjà, m'a marqué au fer rouge. Quelques semaines plus tard, je visitais Auschwitz...en revenant de Gdansk en pleine révolution (c'était dans les années 80). Robert Merle est pour moi un "énaurme" écrivain! Je m'apprête justement à relire Malevil, faudra que j'en fasse une critique!

Patman (, Inscrit(e) le 5 septembre 2001, 49 ans) - 22 octobre 2001


Homme sans âme... homme sans coeur... 10 etoiles

Ce livre de Robert Merle est une oeuvre fabuleuse... Avec des mots simples, il décrit des faits bouleversants... On en arrive presque à comprendre les actes du fondateur du camp d'"Auschwitz" (Oswiecim, en polonais)... Car c'est lui, c'est son histoire qu'on décrit ici... Et cette manière d'aborder les choses glace le sang de par la véracité qui en découle...
Car quoi. dans sa position, bon nombre d'entre nous aurait fait pareille.
Vous ne me croyez pas ? Lisez donc ce livre, et réfléchissez y… C'est dur à croire avec nos connaissances actuelles. et pourtant…

R_daniella (Grace Hollogne, Inscrite le 14 octobre 2001, 33 ans) - 16 octobre 2001


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