La pauvreté en héritage
de Martin Hirsch, Sylvaine Villeneuve

critiqué par CHALOT, le 13 mai 2023
(Vaux le Pénil - 76 ans)


La note:  étoiles
étude sociale
La pauvreté en héritage
livre de Martin Hirsch avec Sylviane Villeneuve
222 pages
éditions Robert Laffont
2006
un document historique important

Pendant 100 jours, début 2005, une commission « Familles, vulnérabilité, pauvreté » a travaillé sous la présidence de Martin Hirsch.
Cette commission a abouti à des propositions qui devaient être reprises par la Conférence de la famille.
Ce livre est construit autour de ces propositions qui inspireront peu les politiques publiques, si ce n'est en ce qui concerne la création du RSA et son mode de fonctionnement.
J'ai fait partie de cette commission.
Si je suis cité dans la page de remerciements, j'aurais préféré retrouver le débat un peu vif que nous avons eu Monsieur Hirsch et moi-même sur l'éradication de la pauvreté.
Le président de la commission considérait qu'il fallait faire comme Tony Blair en Grande Bretagne, c'est à dire se fixer un programme sur 20 ans pour faire disparaître la pauvreté et notamment celle des enfants.
Je lui rétorquais que l'éradication devrait être pour maintenant car en se donnant des échéances si lointaines on risquait de faire se relâcher la vigilance et de sacrifier une génération.
De fait, rien n'a été fait par les gouvernements successifs et la pauvreté s'est étendue.
Cette remarque étant formulée, je trouve que ce livre constitue un document fort intéressant et utile.
Les auteurs reprennent de nombreux témoignages, citent et analysent les données chiffrées.
Toutes les thématiques sont présentes : le logement, la précarité, le surendettement, l'accueil de la petite enfance, l'alimentation et la santé.
Ce document lu aujourd'hui, ce que je viens de faire, montre que la situation a peu changé si ce n'est sur la question du surendettement où l'on est passé d'un surendettement surtout actif à un surendettement passif.
Ce qui signifie que les lois votées par l'Assemblée Nationale ont permis de s'opposer au pouvoir des banques qui ont été quelque peu muselées dans le développement des crédits revolving.
Le livre revient sur les propositions faites, certaines plus ou moins reprises comme l'alourdissement de la taxation des villes n'ayant pas atteint les 20% de logements sociaux et d'autres qui ont été laissées par les gouvernements successifs comme la création d'un service public de la petite enfance.

Jean-François Chalot