au gré des regs contondants
de Olivier Verdun, Silvaine Arabo (Dessin)

critiqué par JPGP, le 9 mai 2023
( - 77 ans)


La note:  étoiles
Olivier Verdun : glissements
Dommage que le beau texte finisse par quelques glissements de sens qui ne s’imposaient pas. Tout le reste est excellent dans une poésie de l’effondrement qui n’est pas sans renvoyer, avec une autre langue, aux disparitions beckettiennes.

La minéralité est requise pour dire (mieux qu’une simple image) la décantation et la douleur qui dépassent une simple expérience de l’intime. Dans ce texte tout est plus large, plus ample pour dire la déréliction dans laquelle l’humanité glisse pas à pas, pied à pied.

Par taille et découpe de mots et des phrase la chair descend dans sa nuit. Elle devient un puits sans fond. Il faudrait la draguer mais les ongles ripent sur le chaos. Reste la momie et le sel.

Le désert ne cicatrise pas l’errance il l’entérine. L’horizon s’y dérobe. De l’excavation du corps exsudent des mots de cendres. Tout se tient au point de rupture. Et soudain par la béance surgissent les dessous de l’être. L’abîme y tombe d’à plomb.

Du compost de la mémoire ne remonte plus grand chose. Le poète ne peut que « Oublier. Taire. Ressasser ». L’écho peine à remonter : « ça bringuebale » rappelle Olivier Verdun. Il nous rappelle combien nous sommes tous des carcasses en impuissance que « la criée dispersera ». Les bouchers ont du travail. Certains ne s’en privent pas.

Jean-Paul Gavard-Perret