Cahier d'un retour au pays natal de Aimé Césaire

Cahier d'un retour au pays natal de Aimé Césaire

Catégorie(s) : Littérature => Biographies, chroniques et correspondances

Critiqué par FightingIntellectual, le 31 octobre 2004 (Montréal, Inscrit le 12 mars 2004, 37 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (21 612ème position).
Visites : 5 450  (depuis Novembre 2007)

Un texte légendaire

Texte très court, mais très intense, voir rageur de Césaire.

Fait sous forme d'écriture automatique, il ne décrit rien de concret, mais nous donne le spectacle du flot de pensées qui animait Césaire. On ne peut lire ce livre qu'avec sa fureur.

Je manque sincèrement de mots pour décrire cette oeuvre....c'est...déroutant

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"Debout. et. libre. "

10 étoiles

Critique de Provisette1 (, Inscrite le 7 mai 2013, 8 ans) - 10 octobre 2013

..."Et elle est debout la negraille

la negraille assise
inattendument debout
debout dans la cale
debout dans les cabines
debout sur le pont
debout dans le vent
debout sous le soleil
debout dans le sang
debout
et
libre
....,....,.,,..............................

monte, Colombe
monte
monte
monte
Je te suis, imprimee en mon ancestrale cornee
blanche.
montte lecheur de ciel
et le grand trou noir ou je voulais me noyer l'autre
lune
c'est la que je veux pecher maintenant la langue
malefique de la nuit en son immobile verrition!

Des mots.
Des mots percutants.
Des mots, les sons, les cris d'un poète pour enfin dire l’intolérable.

Des mots, oui, mais (la) une "parole...belle comme l’oxygène naissant." (André Breton)

Qu'ajouter?
Que lire ce long cri, ce poème a toujours été, pour moi, l'expression de cet immense choc qu'avait été la connaissance de l'esclavage, jeune adolescente.

Eia !

10 étoiles

Critique de Don_Quichotte (Thionville, Inscrit le 31 mai 2004, 33 ans) - 25 février 2010

Oui, c'est un livre furieux, qui revendique une absolue liberté, qui rejette catégoriquement toute chaine venant de l'esclavagiste plein de froide raison, et cela passe par un flux lexical d'une énorme intensité. C'est un torrent de mots, mais de sons surtout, qui repoussent les limites du verbe, pour nous emporter dans sa fureur. Ceux qui n'ont rien dompté, ceux qui n'ont rien conquis, prennent des mots plein de soleil et d'eau pour nous les jeter au visage.

Eia pour la joie et l'amour !

Poésie et fureur

7 étoiles

Critique de Soldatdeplomb4 (Nancy, Inscrit le 28 février 2008, 31 ans) - 11 décembre 2009

J'ai lu le texte à haute voix. Je rejoins les autres pour dire que de très nombreux passages me sont resté obscurs. Mais la tournure poétique des passages compréhensibles, dirons-nous, leur donne une dimension et une profondeur extrême. On sent toute la rage et la fureur d'Aimé Césaire dans ce texte. Un beau texte. J'ai souvent plus ressenti que compris. Ardu à lire, j'en conviens. J'ai du tirer la langue, mais je ne suis pas déçu!

Trop surréaliste

4 étoiles

Critique de Nance (, Inscrite le 4 octobre 2007, - ans) - 10 mai 2008

Je me suis perdue. J’aime les vers libres, ce n’est pas le problème, mais il y a trop de mots savants, de figures de style et de surréalisme. Je n’ai pas compris ce qu’il voulait dire la moitié du temps. Soit que c’est volontairement (ou involontairement) pas clair ou soit que je manque de culture ou de patience.

« Et le temps passait vite, très vite.
Passés août où les manguiers pavoisent de toutes leurs lunules, septembre l'accoucheur de cyclones, octobre le flambeur de cannes, novembre qui ronronne aux distilleries, c'était Noël qui commençait.
Il s'était annoncé d'abord Noël par un picotement de désirs, une soif de tendresses neuves, un bourgeonnement de rêves imprécis, puis il s'était envolé tout à coup dans le froufrou violet de ses grandes ailes de joie, et alors c'était parmi le bourg sa vertigineuse retombée qui éclatait la vie des cases comme une grenade trop mûre. »

Ceci est un exemple d’extraits que j’ai apprécié, mais que je n’ai pas compris grand-chose.

Le Cahier est une oeuvre poétique, d’une cinquantaine de pages, qui a été rédigé en 1938-1939. L’auteur, de retour à la Martinique, fait une prise de conscience de la condition des Noirs dans son pays (racisme, colonialisme). Il y a des extraits que j’ai aimés, quand ce n’est pas trop surréaliste et que c’est plus compréhensible :

« Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes ; que les pulsations de l'humanité s'arrêtent aux portes de la négrerie ; que nous sommes un fumier ambulant hideusement prometteur de cannes tendres et de coton soyeux et l'on nous marquait au fer rouge et nous dormions dans nos excréments et l'on nous vendait sur les places et l'aune de drap anglais et la viande salée d'Irlande coûtaient moins cher que nous, et ce pays était calme, tranquille, disant que l'esprit de Dieu était dans ses actes. »

« et il reste à l’homme à conquérir toute l’interdiction immobilisée aux coins de sa ferveur
et aucune race ne possède le monopole de la beauté, de l’intelligence, de la force »

C’est très passionné, dommage que j’aie trouvé l’ensemble lourd par manque de clarté. Ce n’est pas le genre de livre qui va me faire aimer la poésie.

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