Les larrons de William Faulkner

Les larrons de William Faulkner
( The reivers)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Jules, le 20 octobre 2004 (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 73 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (38 372ème position).
Visites : 2 547  (depuis Novembre 2007)

Un vol d'un type particulier

Voici le dernier roman écrit par Faulkner. On y retrouve pas mal de personnages de ses autres livres, mais avec un rôle plus secondaire. Ici, l’auteur a voulu nous donner une sorte de comédie après tant d’œuvres noires. Voici son Sud rêvé et non celui que les réalités l’ont forcé à voir et à décrire.

L’histoire est relativement simple. Le vieux colonel Sartoris, banquier de profession, a un jour totalement interdit l’usage d’une voiture dans le comté. Mais il se fait que le grand-père de Lucius refuse de se sentir lié par ce diktat. Après tout, la plus vieille banque du comté c’est la sienne ! Aussi achète-t-il une voiture et s’y promène régulièrement les dimanches en compagnie de sa femme, sa fille ou son petit-fils.

Le chauffeur habituel de la voiture est un homme du nom de Boon. Celui-ci est un personnage assez particulier… Voici ce qu’en dit Faulkner : « Boon était une corporation, une société par actions où tous les trois – les McCasling, de Spain et le général Compson – avions des parts de responsabilité mutuelles et égales, mais nullement définies ; la seule et unique règle de cette corporation étant que celui-ci qui, au moment des crises, se trouvait le plus près, devait bondir immédiatement à la première infraction dont Boon venait de se rendre coupable ou simplement d’hériter.. Lui (Boon) était une société d’aide et de secours mutuel dont les bénéfices revenaient exclusivement à Boon, et l’aide et le secours exclusivement à nous…
C’était un dur, fidèle, brave, et sur lequel on ne pouvait absolument pas compter. »

Boon tombe littéralement amoureux de la voiture et décide de la voler pour quelques jours. Il prend pour complice le petit-fils, s’estimant alors à l’abri de tout danger. Celui-ci nous vaudra d’ailleurs quelques belles tirades sur la Vertu ou la Non-vertu.
Quant à celle des enfants, voici ce qu’en pense Faulkner : « Il n’y a pas un crime qu’un enfant de onze ans n’ait envisagé depuis longtemps… son ignorance tient simplement à ce qu’il ne sait pas comment s’y prendre, ce qui n’est pas une question d’ignorance mais de taille. »

Ils vont donc profiter de l’absence des adultes de la famille pour partir plusieurs jours avec le véhicule et parcourir des kilomètres. Tout ne sera pas simple !…

Faulkner nous parle aussi longuement de son cher Sud qu’il voit surtout vaincu par lui-même, par ses crimes, comme le vol des terres aux Indiens, l’esclavage, l’industrialisation etc.
Et puis il y a aussi tout un aspect d’exorcisme dans ce roman. L’exorcisme du puritanisme ambiant, mais aussi celui de Faulkner lui-même. Ce puritanisme, typiquement américain, se nourrit du sentiment de culpabilité enfoui en chacun et forme un mouvement infernal qui passe de l’interdit à la transgression et de la transgression à la purification.

Ecoutez Bush et l’église évangéliste et vous comprendrez !…

Ce roman n’est certainement pas sans intérêt, mais il manque, à mes yeux, du souffle dramatique qui parcourt ses autres livres ou nouvelles. Ce n’est certainement pas par cette œuvre là qu’il convient d’aborder Faulkner, d’autant plus que toutes ses difficultés d’écritures et de style y sont aussi présentes.

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Sur la route de Memphis

6 étoiles

Critique de Ndeprez (, Inscrit le 22 décembre 2011, 41 ans) - 8 février 2015

Je ne reviendrai pas sur l'histoire du roman très bien résumée par Jules. Autant l'avouer de suite dans le genre auteurs Américains nés au début du XXe , je préfère Steinbeck ou Tennessee Williams. J'ai un peu de mal avec le style Faulkner, des phrases qui n'en finissent pas , le recours (nombreux dans celui-ci) aux parenthèses.
Pourtant j'ai vraiment essayé... Le bruit et la fureur.. Tandis que j'agonise... mais vraiment je ne suis pas fan.
Dans ces conditions , il est difficile de faire la critique d'un livre , mais je dirai tout de même que dans celui ci il y a une bonne dose d'humour et de comique de situations.
Drôle de roman que ces Larrons dans l'œuvre de Faulkner , un peu comme si , pour son dernier livre , l'auteur avait voulu nous dire "Hé , les gars , en fait j'ai toujours voulu vous faire marrer"

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