Trois pépins du fruit des morts
de Mélanie Fazi

critiqué par Sahkti, le 5 octobre 2004
(Genève - 50 ans)


La note:  étoiles
Quel ennui!
Reçu à lire pour un jury, une fois de plus un bouquin sur lequel je ne me serais jamais penchée en librairie, c'est toujours "excitant". Je lis le résumé, il joue son rôle d'attrape-attention, tout va bien.
Annabelle Stavrakis est une jeune fille en pleine crise d'adolescente qui ne supporte pas les changements physiques subis par son corps, le miroir devient son ennemi. Tellement mal dans sa peau, elle n'entrevoit pas d'autre solution que la fugue, elle quitte le domicile familial et trouve refuge chez Kyra, une drôle de femme qui affirme être Perséphone. Le personnage de Kyra est étonnant, rempli de lyrisme et de fantaisie, on sent que Mélanie Fazi colle à cette héroïne mais elle en fait trop, ça devient bruyant, détaillé, bavard aurais-je envie de dire. Kyra promet l’immortalité à Annabelle, lui offre trois pépins. De retour chez elle, Annabelle ne mange plus, sa mère s’inquiète.

Ce sont les voix de ces trois femmes qui s’expriment sous la plume de Mélanie Fazi. Avec un brin d’imagination et beaucoup de fantastique, ça en devient lourdingue. D’autant plus que le langage employé par Annabelle est du genre lassant et froid. "On ceci" et "On cela", je me suis retrouvée à mille lieux de la chaleur des "On" de Orion dans "L’Enfant bleu" de Bauchau!
C’est un livre ennuyeux. Plein de leçons de morale haineuse dans la bouche de Kyra qui fait endosser à l’homme tous les maux de la terre, qui reproche à la société d’être devenue inhumaine et technologique. Quel bateau emploie ainsi l’auteur, pire que le Titanic !
A côté du langage morne d’Annabelle, celui de Kyra est volubile et… fatiguant.
Les phrases à rallonge et les effets lyriques des jeux de mots, ça me lasse assez vite. Et le roman traîne en longueur, ça n’arrange rien.
On sent pourtant entre les lignes que l’auteur y a mis toute sa passion et qu’elle cherche à faire passer un tas d’idées intéressantes, mais le style ne suit pas, comme si Mélanie Fazi s’embourbait dans l’encrier en sa sachant comment en sortir. Dommage.