Contes normands de Guy de Maupassant

Contes normands de Guy de Maupassant

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Jules, le 2 octobre 2004 (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 73 ans)
La note : 10 étoiles
Visites : 2 298  (depuis Novembre 2007)

Quel sens de l'observation et de l'écriture !

Ce livre contient soixante sept nouvelles dont certaines ne font que trois ou quatre pages.
Ici, nous sommes bien loin du romantisme ! Maupassant promène son regard sur sa chère Normandie et le pays de Caux en particulier. Avec ses droits d’auteur de « La maison Tellier » il se paiera une jolie maison à Etretat.

D’entrée, avec « Boule de suif », le ton va être donné. On compose avec l’ennemi que l’on craint, on méprise la femme que l’on considère comme perdue. Mais on la cajole quand on en a besoin pour mieux la mépriser à nouveau par la suite, une fois les choses arrangées grâce à son sacrifice…

Le bourgeois va au bordel comme au café, « …des hommes honorables, des commerçants, des jeunes gens de la ville ; et l’on prenait sa chartreuse en lutinant quelque peu les filles… » D’ailleurs, où serait bien le problème puisque « Le préjugé du déshonneur attaché à la prostitution, si violent et si vivace dans les villes, n’existe pas dans la campagne normande. Le paysan dit : « C’est un bon métier » ; - et il envoie son enfant tenir un harem de filles comme il l’enverrait diriger un pensionnat de demoiselles. »

Notons au passage que chaque bordel, chez Maupassant, a sa Juive. C’est notamment le cas dans « La maison Tellier » et dans « Mademoiselle Fifi » Dans cette dernière nouvelle c’est même l’une d’elles, Rachel, qui montre le plus de patriotisme face aux Prussiens et va jusqu’à tuer Mademoiselle Fifi.

Toute la cruauté paysanne ressort dans « L’aveugle » et son implacable réalisme se retrouve dans « Un réveillon », nouvelle dans laquelle deux fermiers mettent le vieux, raide mort, à attendre son enterrement dans un caisson sous la table. Ils mangent leur repas de réveillon au-dessus de lui et tout cela pour pouvoir utiliser son lit pour la nuit…

A ne pas manquer non plus l’histoire du curé qui atteint des rages énormes quand il voit la moindre chose qui pourrait faire penser au sexe. Il ira jusqu’au meurtre !…

Maupassant nous explique aussi que dans les campagnes tous sont plus ou moins égaux. Maîtres et valets font le même travail et « …les servantes à tout moment passent maîtresse sans que cela apporte aucun changement dans leur vie ou leurs habitudes. »

De son écriture superbe et avec toute sa maîtrise de l’art de la nouvelle, Maupassant nous fait vivre de merveilleux moments en nous donnant en même temps une excellente description de sa Normandie et des Normands. Et cela dans des milieux les plus divers, qu’ils soient riches ou pauvres, paysans ou bourgeois.

Et c’est cet homme si lucide qui verra son frère devenir fou, puis en mourir, devinant que son tour viendrait. C’est tout à fait conscient qu’il verra son mal évoluer en lui, sachant également qu’il finirait interné.

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