Premier sang de Amélie Nothomb

Premier sang de Amélie Nothomb

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Catinus, le 22 août 2021 (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 70 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (13 626ème position).
Visites : 611 

Frais et ascétique

Les vingt-huit premières années romancées de Patrick Nothomb, le père de l’auteure.
Une bonne partie du récit se déroule avant et pendant la guerre de ’40 dans le château du Pont d’Oye tout près de Habay-la-Neuve (province du Luxembourg), fief des Nothomb, dans une ambiance qui fait un peu penser aux histoires de la Comtesse de Ségur.
Via son trentième roman en date, Fabienne ne se fera pas que des amis dans sa famille ; notez qu’elle s’en fiche un peu, sans compter qu’elle y est déjà largement aguerrie …
Frais et ascétique !

Extraits :

- Simon s’ingéniait à inventer de nouvelles tortures pour moi. Quand une tempête nous condamnait à ne plus sortir, il m’enfermait dans les toilettes avec un recueil de poésies de son père, à charge pour moi d’en apprendre plusieurs pages par cœur. Le Trianon était le lieu le plus froid du château, je tremblais si fort que ma mémoire absorbait des vers à la vitesse de l’éclair.

- Hubert n’inspirait rien de particulier à qui que ce fût, demeurait indifférent à tous, y compris à lui-même. Nous devînmes inséparables.

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La jeunesse d'un mère

8 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 43 ans) - 29 septembre 2021

J'ai apprécié cet hommage à ce père diplomate qui a connu une jeunesse assez rude et miséreuse, malgré des origines bourgeoises, et un poste à l'étranger qui a failli virer au drame, alors qu'il connaissait la phobie de la vue du sang. L'auteure rédige à la première personne, comme pour mieux ressentir les sensations de ce proche et comprendre les vicissitudes d'une jeune troublée par l'histoire familiale et la géopolitique fortement troublée de l'Europe.
Voilà qui est émouvant, sans tomber dans le pathos. Ce livre fait réfléchir sur la transmission de ses expériences.

vivre à la dure, comme ceux de sa génération mais avec un petit plus

9 étoiles

Critique de CHALOT (, Inscrit le 5 novembre 2009, 73 ans) - 25 septembre 2021

Tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parents présents et aimants.
Patrick Nothomb connaîtra très peu son père, militaire qui décédera au moment d'un déminage fait lors d'un exercice.
Elevé par ses grands-parents maternels, il voit rarement sa mère inconsolable ne pensant qu'à son apparence. Aime-t-elle son fils ?
A sa manière.
La guerre mondiale arrive, la France est occupée.
Patrick est invité à passer ses vacances d'hiver chez son grand-père paternel, un drôle de châtelain ruiné, avocat sans client qui fait vivre en spartiates ses enfants venant de deux lits.
La vie y est difficile, les enfants passent après les adultes lors des repas et les plus petits n'ont que des miettes.
C'est une vie à la dure qui plaît d'une certaine façon à ce garçon doux, pas fait pour les armes, il ne sera pas militaire comme son grand-père paternel.
Patrick n'aime pas le sang, dès qu'il coule même un petit peu, il s'évanouit.
Il ne lui reste plus que des métiers nobles, moins dangereux comme celui de diplomate....
Un diplomate voit rarement le sang sauf s'il est belge, installé au Congo, au moment d'une insurrection.
Comment va-t-il se débrouiller.
Comme l'écrit l'auteure dans une quatrième de couverture réduite à cette phrase ;
« Il ne faut pas sous-estimer la rage de survivre. »
La comtesse de Ségur aurait pu aimer ce livre, comme je l'ai aimé.

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