Les traces
de Delphine Coulin

critiqué par Clarabel, le 30 août 2004
( - 48 ans)


La note:  étoiles
Premier roman acide
A paraître lors du raz-de-marée livresque de la rentrée 2004, "Les traces" est un premier roman à ne pas négliger ! Le ton de l'auteur, Delphine Coulin, est volontairement acide, mêlant platitude et amertume. L'histoire de son héroïne, Claire, est tout aussi touchante que grinçante : auxiliaire de vie, Claire approche de la quarantaine. Sa vie est désespérément vide, solitaire et accrochée à "ses petits vieux". Claire est dame de compagnie de personnes âgées, pour adoucir leur quotidien, leurs peines et souffrances physiques ou mentales. Elle vient tous les jours, à tour de rôle, chez Alice, Hugo, Gwenn et Rose. Tellement creuse est sa vie qu'elle commence à grappiller celle de ses patients. Elle fouine, fouille, chaparde discrètement pour se remplir de souvenirs. Jusqu'à sa rencontre avec Olivier, la rencontre de la dernière chance, l'homme de la dernière chance. Une relation absolue, une envie envahissante au détriment de "ses petits vieux" qui vont lui faire payer sa négligence.
"Les traces" est un roman à tonalité très particulière : la voix de la narratrice se veut lancinante, plate et presque ennuyeuse à démontrer son existence telle qu'elle est. Et puis, la plume vire insidieusement acide, amère et assassine. C'est très réussi : on suit avec plaisir le quotidien de cette presque quadragénaire esseulée, son coup de coeur (parfois excédé) pour "ses petits vieux", on s'attache, on s'arrache, tantôt dégoûté, tantôt ému. Bref, un début prometteur pour un premier roman qui prolongera le goût de sel marin (et breton) de votre été en cette rentrée littéraire 2004.