La France en colère: 400 ans de rébellions qui ont fait notre Histoire
de Luc Mary

critiqué par Colen8, le 16 mars 2021
( - 80 ans)


La note:  étoiles
Sur fond de misère et de violence
Entre les jacqueries de la fin du Moyen Âge et dernièrement les Gilets jaunes, les mouvements contestataires se comptent par milliers. Ils ont peu à peu renversé l’ordre social : du féodalisme à la monarchie, à l’idée de nation, à l’instauration chaotique de la démocratie républicaine dans laquelle nous vivons dorénavant. Ici ou là jusqu’à Louis XIV le détonateur en est presque toujours le rejet de la gabelle cet impôt indirect sur le sel(1) aussi injuste que mal réparti. Dans un contexte le plus souvent tragique suivi de répressions sanglantes, la consonance rurale de leurs noms en traduit l’origine : les Pitauds de Guyenne, les Croquants du Quercy, les Nu-pieds du Cotentin, les Lustucrus du Boulonnais, les Bonnets rouges bretons (déjà !).
Quittant les campagnes après la Révolution (1789) les soulèvements insurrectionnels se succèdent : les Trois Glorieuses (1830), les Canuts (1834), le printemps des peuples (1848), la Commune (1871). Théorisés par les idéologies socialistes ils revendiquent le droit au travail, davantage de liberté et de justice, sans remettre en cause la propriété privée. Issue des quartiers misérables où survivent les ouvriers et leurs familles recrutés pour les mines, les ateliers et usines du capitalisme naissant cette nouvelle classe, le prolétariat, revendique de meilleures conditions de vie et de répartition des richesses. Les contestations ont perduré durant le XXe siècle et le nôtre : les grandes grèves (1947-1948) de la reconstruction, Mai 68 vécu comme un coup de tonnerre au cœur des Trente Glorieuses, l’embrasement des banlieues (2005), les Gilets jaunes.
(1) Supprimé seulement en 1945 !