Archipel de la douleur
de Hans Christoph Buch

critiqué par Sahkti, le 26 août 2004
(Genève - 49 ans)


La note:  étoiles
Assumer le côté monstrueux de l'Homme
"La suppression de la distance extérieure met en danger l’équilibre intérieur."

Certes, il y a une préface de BHL mais dans le genre, il ne dit pas que des bêtises, loin de là. On le connaît pour ses coups de gueule médiatiques qui tombent ma foi très à propos dans le cas présent.
Mais l’essentiel n’est pas là, il réside dans le cri de Hans Christoph Buch, cet appel brutal qu’il nous lance pour nous confronter à la guerre et à la douleur.

A travers une série de reportages dans des endroits meurtris (Tchétchénie, Rwanda, Sierre Leone, Cambodge, Algérie, Pakistan, Kosovo, Timor, Haïti, Libéria…) réalisés pour "Die Zeit" entre 1995 et 2001, HC Buch promène un regard acéré sur ce qu’il a vu au cours de ses missions. Basant son texte sur ses articles édités, il raconte l’impubliable, ce qui ne pouvait être dit ou montré. Pas uniquement pour des raisons de politiquement correct mais aussi parce que dans certains cas, le lecteur n’est pas prêt ou au contraire parce que Buch n’a pas voulu souiller ce qu’il avait vu par le regard voyeur ou glauque d’une certaine presse à sensations.
Car Hans Christoph Buch raconte sans complaisance ce à quoi il a assisté. Des victimes aux bourreaux, des massacres aux tortures et, plus effarant encore, du comportement de certains journalistes ou observateurs internationaux devant les guerres qui occupent toute la surface du globe. Sidérant, révoltant, monstrueux même.

Au-delà de ce témoignage coup de poing s’installe une réflexion à mener, sans quoi votre esprit ne cessera d’y songer : que faire face à tant de violence ? Sommes-nous prêts à l’affronter ? Si oui, ensuite, comment allons-nous considérer le monde et notre prochain ?