La Danse, le désordre et l'Harmonie
de Dominique Delouche

critiqué par Reginalda, le 7 mars 2021
(lyon - 54 ans)


La note:  étoiles
Belle déambulation dans une galerie de géants
Dominique Delouche, que l’on connaît pour ses films et documentaires consacrés à la danse vient de faire paraître, avec « La Danse, le désordre et l’Harmonie », paru aux éditions Orizons, un ouvrage où il rend hommage à ceux, danseurs et chorégraphes, qui lui ont inspiré parmi ses plus vives émotions de spectateur. Le livre est ainsi structuré en brefs chapitres, consacrés à tel artiste de la danse ou tel autre. Mais attention, Dominique Delouche prévient d’emblée le lecteur, il ne parlera que de ceux qu’il a eu « l’avantage de (…) filmer ou de (…) fréquenter », qui « ont enrichi [sa] vi et [sa] création », qui lui « ont ouvert dès l’enfance les portes d’un royaume, celui de la danse, où le mot grâce signifie à la fois esthétique et métaphysique ».
Écrit dans un style alerte, souvent élégant, ce livre oscille entre visions subjectives, synthèses esthétiques, analyses historiques et anecdotes, pour le plus grand plaisir de la quasi profane que je suis en matière de danse. Ses courts chapitres permettent de donner chair et d’établir des perspectives vivantes entres les grands artistes que furent Serge Lifar, Yvette Chauviré, Nina Vyroubova ou Noureev pour ne citer qu’eux. Dominique Delouche sait, en quelques phrases, caractériser l’art de Jerome Robbins dont les « personnages sont atteints d’une névrose de dépressif, traitée d’abord dans le registre loufoque » ou rendre claire l’opposition entre le « régal chaste, raffiné » procuré par Balanchine et la « fringale de déraison, d’ivresse, de chair odorante » à laquelle répond Béjart.
Faute d’en être une, je ne sais ce que ce livre de brefs portraits inspirera aux grands connaisseurs du ballet mais quand, comme moi, on s’intéresse à la danse sans pour autant connaître son histoire sur le bout des doigts, « La Danse, le désordre et l’Harmonie », c’est le plaisir de visiter cet univers avec un guide qui l’a approché avec passion et sait lui en fournir quelques clefs. Effet collatéral de cette lecture : je brûle désormais de relire « La Danse, le désordre et l’Harmonie » chapitre par chapitre, après le visionnage des documentaires que Dominique Delouche a consacrés à chacun des artistes dont il parle.
Petits bémols toutefois pour terminer : les quelques coquilles du texte et, surtout, la qualité médiocre (pour ne pas dire lamentable) de la quinzaine de clichés composant le maigre cahier photographique consacré à un art pourtant très visuel.