Delphine ou la nuit des Halles de Claude Seignolle

Delphine ou la nuit des Halles de Claude Seignolle

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Fantasy, Horreur, SF et Fantastique

Critiqué par Alceste, le 3 février 2021 (Liège, Inscrit le 20 février 2015, 59 ans)
La note : 9 étoiles
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Les joies de l'écriture artiste

Claude Seignolle nous a quittés en 2018 à l’âge vénérable de 101 ans. Avec lui disparaît le dernier représentant , peut-être, de l’écriture « artiste », l’héritier des Huysmans, Mirbeau, Louÿs ou encore Carco, qui l’ont si bien illustrée. Le lire procure d’abord les joies d'une langue ciselée, charnue, ramifiée, sinueuse, tortueuse parfois, sursaturée d’images et d’extravagances.

Il faut dire que sujet n’y prête bien : en fin connaisseur du patrimoine, l’auteur erre dans un quartier qui vit ses derniers moments de vieux quartier de Paris, avant son « assainissement » des années 60-70 : le quartier des Halles et du plateau Beaubourg. La déréliction générale des rues, des places, où déjà s’abat la pioche des démolisseurs, ne peut susciter chez lui que la résurgence du passé dans ces lieux chargés d’Histoire et perçus le plus souvent dans leur épaisseur temporelle. Ce n’est donc pas étonnant que le ressort principal de toutes ces nouvelles ici rassemblées soit une faille spatio-temporelle, qui permet à des personnages morts autrefois de venir littéralement télescoper l’aujourd’hui : mendiants, savants solitaires mais surtout filles perdues ou anciennes courtisanes forment le gros de la troupe des personnages de ces nouvelles à chute, dont il faut effectivement connaître le fin mot pour en découvrir toute la surnaturelle saveur.

L’église Saint-Merri, la Fontaine des Innocents, la rue Saint-Denis, la rue Quincampoix et bien d’autres coins si aseptisés de nos jours par le tourisme de masse vous attendent pour un voyage horrifique et halluciné.

Extrait :
« Une fois rue de Venise, je me dirigeai sans hésitation vers un porche étroit, sans autre attirance particulière qu’une lèpre de ciment qui tourmentait l’huisserie, singulier ornement bavé par des siècles d’humidité.
Ayant pénétré dans la cour sombre, nous trouvâmes une femme pesante, toute en seins et en postérieur, pantouflée, qui monologuait en compagnie d’un horrible chat de gouttière dont les touffes de poils éparses faisait oasis sur une peau semblable à un désert croûteux. »

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