Premières neiges
de Nelson, Adolfo Serra (Dessin)

critiqué par Débézed, le 20 janvier 2021
(Besançon - 73 ans)


La note:  étoiles
Le retour des neiges d'antan
En extrayant ce livre disque de son emballage, j’ai eu l’impression d’ouvrir une fenêtre sur un paysage de mon enfance sur les plateaux jurassiens un soir de bise dans le rose très pâle d’un soleil déclinant. Les camaïeux de bleus, de gris et de roses, principalement, m’ont rappelé le froid sec et sain qui rougissait nos joues, gelait nos oreilles, engourdissait nos doigts sans jamais altérer notre énergie débordante ni éroder notre plaisir de glisser sur les pentes enneigées ou, tout simplement, de nous rouler dans la neige fraîche. J’aime beaucoup l’illustration de et ouvrage non seulement parce qu’il me rappelle des scènes de mon enfance mais aussi par sa sobriété, son élégance, la douceur des teintes utilisées. J’ai senti comme un petit courant d’air essayant de me donner un frisson nostalgique.

Dans ces « Premières neiges », Nelson, un groupe formé de Lucie Malbosc (chant et synthétiseur) et Hélène Deulofeu (guitare, basse, chœurs) propose sept chansons et deux morceaux instrumentaux. Les deux interprètes sont aussi les auteures des textes et les compositrices de la musique de chacune de ces chansons, sauf La moufle dont mes petits-enfants ont déjà une autre version sur un livre de comptines et L’oiseau et les arbres qui est inspirée d’un conte populaire. Elles proposent une petite comptine fondée sur les mots d’une langue inuit pour désigner la neige, une adaptation de La moufle, des chansons évoquant : les Perce-neige, Une promenade d’hiver, le Feu sous différentes formes, Quand vient ... tout un tas de choses et bien sûr L’oiseau et les arbres. Lucie de sa voix douce et claire chante ou slame très joliment les textes pendant qu’Hélène l’accompagne avec ses divers instruments sur une ligne rythmique exécutée aux percussions qui plaira sans doute aux enfants.

Comme l’écrit l’éditeur : « Aux premières neiges, l’électro minimaliste de Nelson se faufile dans les forêts-cocon d’Adolfo Serra », pour produire un joli livre disque plein de fraîcheur et de douceur, juste rythmé pour entrainer l’adhésion de nos bouts de chou sans les distraire de la lecture des textes pour le plus grands et de la contemplation des illustrations pour le plus petits. Alors, toujours avec l’éditeur, « Partons à l’aube pour une balade dessins-musique dans le grand blanc et sous le ciel glacé », sans quitter la douillette salle de jeux familiale. Des Jack London en herbe découvriront peut-être leur vocation, ou une passion, en écoutant Nelson interpréter les dessins d’Adolfo Serra.

Remercions tous ceux qui ont fait « que le rêve soit devenu musique et que la musique ait inspiré les images ». La musique et les images sont tellement importants en ces temps de morosité généraliser, nos petits en ont un grand besoin.