La familia grande de Camille Kouchner

La familia grande de Camille Kouchner

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par CHALOT, le 15 janvier 2021 (Inscrit le 5 novembre 2009, 73 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (22 816ème position).
Visites : 1 023 

roman et essai : un livre courageux

"La familia grande"
livre de Camille Kouchner
éditions Seuil
janvier 2021

J'ai beaucoup hésité avant de lire cette oeuvre , le battage médiatique m'ayant indisposé.
J'ai ouvert le livre hier soir et j'ai attendu la fin pour le refermer.
Le titre est bien trouvé, c'est une grande famille recomposée.... Ce sont au départ des intellectuels, à gauche, engagés, ayant une conception libertaire de l'éducation des enfants et de leur éducation sexuelle.
Certains vont se rapprocher du pouvoir et perdre leurs références premières.
Il y a là bien souvent, même si ce n'est pas dit, une confusion des générations, une levée des interdits qui peut mener , au pire, à l'inceste au viol, de fait.
L'auteure raconte son enfance, les drames qu'elle a vécus comme le suicide de sa grand-mère et le grand désespoir de sa mère.
C'est un drame alors qu'elle a été entourée, aimée par sa mère et peut-être son père qui, comme d'autres, s'est occupé des enfants du monde mais peu des siens.
Le coupable, le beau-père, l'incestueux, n'est pas détesté, c'est ce qui fait hésiter la narratrice qui ne dénonce pas son beau-père et qui se tait jusqu'au moment où seule la parole peut la libérer, elle et son frère.
Elle a écrit ce livre après la mort de sa mère.
Elle explique bien, indirectement, à son beau père qui a abusé de son frère jumeau qui lui a été confié :
"Et la contrainte, alors? Comme une putain de contrainte morale! Comme le fait qu'on t'ait tellement aimé, tu vois? Comme le fait qu'on ait eu tellement confiance en toi et qu'on aurait pu te défendre jusqu'à la mort, s'il l'avait fallu"

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Quand on lave son linge (très) sale au lavoir public

7 étoiles

Critique de Bernard2 (DAX, Inscrit le 13 mai 2004, 71 ans) - 25 janvier 2021

C’est l’histoire d’une famille bien sous tous rapports : des études de haut niveau, des postes prestigieux, un réseau de relations ouvrant toutes les portes. Bien sûr on est de gauche, c’est mieux pour le paraître. Bref, une fort belle famille.
Mais il ne faut pas soulever un coin du voile, car alors on découvre la réalité. Au nom d’une prétendue liberté, on s’autorise tous les excès. Le sexe d’abord :
« penser que la liberté implique de vivre comme les grands. Pour un enfant intelligent, rien ne doit être surprenant. Colin est un jeune adolescent quand ma mère lui envoie une de ses copines, une Sanaryenne dévouée, pour le déniaiser ».
Des liens familiaux uniquement de façade :
« Ma fille, quelle liberté ? La liberté, c’est de pouvoir choisir de ne pas s’en occuper. Qu’elle est mignonne ! Pourvu qu’elle ne soit pas conne ! », dira la mère à sa fille qui choisira d’allaiter. Ou encore lorsque le grand-père – ministre, donc très occupé et constamment absent - ignorera le prénom de sa petite-fille.
Liberté source de bonheur ? On peut en douter quand on constate que dans cette famille il y aura trois suicides et un décès dû à cancer provoqué par un grand abus d’alcool et le tabac.
Quant aux idées de gauche :
« Dès 1990, la gauche révolutionnaire le cède à la gauche caviar. Le pouvoir rapporte. Il n’est plus question d’école publique pour les petits. Luz, Pablo et tous les cousins sont inscrits dans le privé, à l’École alsacienne, qu’on m’a pourtant appris à détester. Les enfants travaillent aussi le réseau des parents ».
Dès lors, où est la limite puisqu’on ne veut pas en avoir ? Et pourquoi pas l’inceste, à la condition bien sûr que ça ne se sache pas ? Mais si la parole se libère, alors tout s’écroule. D’abord on accuse la victime elle-même, un comble ! Puis celle qui a parlé : trop tard donc complice !
Le principal coupable démissionnera de toutes ses fonctions dès que la réalité sera rendue publique. Mais qu’il se rassure, il y a prescription.
Le livre ne parle pas des démissions qui ont suivi, de personnes qui ont affirmé n’avoir été au courant de rien. Donc totalement innocentes. À moins que...

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