Pièces détachées
de Phoebe Morgan

critiqué par Reginalda, le 30 décembre 2020
(lyon - 54 ans)


La note:  étoiles
Une course contre la montre efficace quoique artificielle
Il serait évidemment vain de juger à la même aune un livre doté d’ambitions littéraires et un livre dont l’ambition est de distraire le lecteur, mais en tant que tel, « Pièces détachées » de Phoebe Morgan atteint son but. Deux sœurs, Corinne et Ashley voient soudain leur existence menacée : l’une a l’impression que son mari la trompe, que ses filles ne vont pas bien ; l’autre commence à recevoir les fameuses « pièces détachées » du titre, à savoir les morceaux de la maison de poupée de son enfance, œuvre d’un père brillant, tendrement chéri. Qui s’est approprié cette maison ? Qui connaît assez bien l’histoire familiale pour savoir que ces fragments seront aussi perturbants que douloureux pour Corinne ? Autant de questions qui pousseront le lecteur à tourner les pages de ce livre qui se lit sans mal et atteint efficacement l’objectif qu’il s’est fixé.
Néanmoins, comme bien souvent avec le suspense psychologique, on referme le livre sur un constat paradoxal : d’un côté, l’intrigue elle-même – le pourquoi du comment – est tirée par les cheveux au point de paraître abracadabrantesque. D’un autre côté, accoutumé aux revirements et autres surprises in extremis, le lecteur, qui les cherche, les détecte ici sans trop de mal et identifie assez vite qui sont les créatures nocives dans le mince éventail des personnages du roman.
Heureusement, dans le cas présent, Phoebe Morgan a su doubler cette intrigue un peu artificielle d’une course contre la montre qui tiendra le lecteur en haleine jusqu’au bout, soucieux de savoir si les deux sœurs vont échapper aux noires créatures qui veulent leur perte.
Un pur divertissement donc, sans substance véritable, mais assez efficace quand on veut détourner quelques heures son esprit du marasme ambiant.