Impact de Olivier Norek

Impact de Olivier Norek

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Klein, le 11 février 2021 (Inscrit le 16 octobre 2004, 57 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (13 453ème position).
Visites : 357 

Impact, pas intact !

Une écriture fluide pour un roman prenant. Evidemment, les prises d'otage amènent une grande part de suspense. D'ailleurs qui sont les otages ? Ceux qui sont enlevés, ceux qui enquêtent et qui sont sous les feux des réseaux sociaux ou bien ceux qui vivent tous les jours les méfaits de la dégradation physique du monde ?
La difficulté pour les enquêteurs est bien ce "direct-live". Plus de moyen de se cacher ou de faire des coups fourrés. Tout est sur la table, tout est public, tout en sur le réseau en direct.
Voilà un récit qui mélange les genres littéraires : document, science fiction, roman noir, thriller écolo, uchronie..... captivant dans son fond ( sujet brûlant des rapports de l'homme et notre planète) et la forme ( astucieuse cf les références).
J'ai bien aimé également le récit de l'envers du décor : que se passe-t-il réellement en coulisse au 36, quai des orfèvres, quels moyens, quelles pressions ?
Dans ce livre, il y a un condensé de citations impressionnant. Les références sont à la fin pour ne pas alourdir le récit. Mais ces notes sont une mine d'or. Bonne lecture à tous !
PS : une de mes connaissances m'a dit que tout, dans ce livre, portait à être mis en image. Peut-être un film, un jour ? Olivier Norek n'est pas un novice dans ce domaine !

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L'écologie radicale

8 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 62 ans) - 6 avril 2021

Nathan Modis est capitaine à la Direction Régionale de la Police Judiciaire le célèbre 36, chargé d’aller chercher une profileuse efficace Diane Meyer, jeune femme souffrant, entre autres phobies, d’agoraphobie.
Dès son arrivée au Bastion, le directeur de la PJ lui explique l’urgence de la situation. Le nouveau PDG de Total a été pris en otage. Il est enfermé dans une cage reliée à un pot d’échappement.
Le ravisseur établit un contact sans se dissimuler mais demande 20 millions d’euros pour la rançon qu’il reversera au fur et à mesure de la concrétisation de ses exigences.
Rapidement identifié, Virgil Solal, ancien militaire exemplaire, est devenu un militant écologiste radical et extrêmement intelligent. "La résistance violente intervient lorsque la résistance passive a abattu toutes ses cartes."
En utilisant les réseaux sociaux, ses vidéos, ses échanges avec les policiers seront vus par des centaines, des milliers, des millions de personnes sur la planète, qui découvriront des réalités qui les rallieront à sa cause.
Faut-il défendre "des inconscients qui nous mènent à l’extinction" ou "un assassin prêt à tuer pour protéger les autres ?"

Ce roman est bien sûr un bon roman policier, avec du suspense, des enquêteurs efficaces et sympathiques. Mais c’est beaucoup plus que ça. C’est aussi un plaidoyer pour une écologie radicale. Les chapitres montrant les catastrophes dues aux pollutions dans tous les pays du monde sont intercalés. Le lecteur découvre (les sources sont toutes à la fin), impressionné, un tableau noir révoltant des arrangements de multinationales, de banques qui continuent à investir dans les énergies polluantes au plus grand mépris de la santé des populations.
"Nous savons bien que rien ne se fera sans la finance et les grandes entreprises. c’est avec elles que nous changerons le monde et pas avec les poubelles vertes, bleues et jaunes. "

Une autre vision de l’écologie aux arguments persuasifs et efficaces.

Un uppercut !

9 étoiles

Critique de Nathavh (, Inscrite le 22 novembre 2016, 56 ans) - 11 février 2021

Olivier Norek nous a habitué à des thrillers qui secouent, ce qu'il nous propose cette fois est différent, c'est un livre MILITANT , une sacrée claque avec je l'espère un impact sur ses lecteurs qui en parleront autour d'eux pour en convaincre d'autres.

C'est l'écologie qui est au centre de cette docu-fiction, cela reste un thriller comme il nous en a habitué, je vous rassure mais c'est un véritable combat qui le transforme un peu en super Greta Thunberg ...

Virgil Solal a perdu sa fille à la naissance à cause d'une maladie due à la pollution. Par le passé il a été militaire et flic, il a donc vu une certaine réalité au Niger par exemple où les peuples Ogoni souffrent et meurent par milliers à cause des exploitations pétrolières.

Lorsque la réalité des autres vous atteint, l'impact est profond et Solal décide d'en faire sa cause, non pas pour lui seul mais pour l'Humanité. Défendre notre espèce et notre planète en perdition avec la création du mouvement Greenwar.

Diane Meyer est psychologue et profileuse, avec Nathan Modis ils vont devoir négocier avec celui qui a enlevé le PDG de Total et comprendre ses motivations. Voilà pour le côté thriller.

Dans la seconde partie, un bureau d'avocats défendra les gestes et motivations de Solal.

Durant tout le récit Norek nous conscientise un peu à la manière de "J'accuse" de Zola et dresse les causes de notre péril climatique : le lobby des sociétés pétrolières, financières, le lien entre l'écologie et l'économie. C'est super bien documenté, rien n'est inventé.

Ce livre c'est un coup de poing, un uppercut, un récit qui secoue mettant en avant les dysfonctionnements de notre société, abordant l'extinction des espèces, les problèmes au niveau de la Justice.

C'est vrai que l'aspect thriller est un peu accessoire, il aurait pu être un peu plus abouti mais moi je dis "chapeau Monsieur Norek " d'être engagé, de dénoncer, de faire prendre conscience et continuer à créer je l'espère un impact afin que les choses et les esprits changent !

Merci aussi d'oser changer de registre.

Ma note : 9/10

Les jolies phrases

Nés dans le pétrole, nourris au pétrole, morts à cause du pétrole, brûlés par le pétrole.

On s'habitue à tout, même à ce qui pourrait nous tuer.

La résistance violente intervient lorsque la résistance a abattu toutes ses cartes.

L'idée de plonger une grenouille dans un bocal rempli d'eau chaude à quarante degrés. À cette température, elle fera tout son possible pour s'enfuir. Recommencez l'expérience dans une eau à quinze degrés, réchauffée doucement d'un demi-degré par minute. La grenouille aura tout le temps de s'habituer, jusqu'à mourir de chaleur, sans même avoir essayé une seule fois de sortir de là. La seule différence entre ces deux expériences porte sur l'accoutumance. On s'habitue à tout, même à ce qui pourrait nous tuer.
- Nous serions les grenouilles ? demanda la psy.
- Exact. Et le bocal, notre planète. Imaginez que nous ayons découvert ce matin, sans avertissement aucun, l'extinction massive des espèces animales, l'explosion de la mortalité infantile, l'anéantissement des grandes forêts, la fonte des glaciers, la raréfaction de l'eau potable, les tempêtes, les inondations et les étés qui se transforment en mortelles canicules. N'aurions-nous pas été assez terrorisés pour décider d'agir vite, sans aucun délai ?

En Europe, la dépendance aux combustibles fossiles est presque invisible. Pas de tuyaux, pas d'oléoducs, pas de stations de forage, pas de puits. Invisible, comme les morts qu'elle cause. Et c'est seulement parce qu'elle nous est invisible qu'elle est encore supportable. Il en va de même avec les fumeurs. Ils ne voient pas le goudron qui suinte à l'intérieur de leur corps. Mais si ces même fumeurs avaient les poumons à l'extérieur, s'ils voyaient à chaque bouffée leurs organes se contracter et flétrir sous l'effet du poison, combien de temps fumeraient-ils encore ? Plus les effets sont lointains, moins ils nous touchent.

Est-ce que c'est mal si on élimine une personne quand on sait qu'elle aurait fait plus de mal encore si elle était restée en vie.

Comme un virus, leur humanité venait s'infiltrer dans une opération qui ne souffrait aucune empathie.

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