Crénom, Baudelaire ! de Jean Teulé

Crénom, Baudelaire ! de Jean Teulé

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Catinus, le 16 novembre 2020 (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 69 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (20 434ème position).
Visites : 196 

Impressionnant !

Il fallait s’y attendre, une biographie de Charles Baudelaire, poète maudit, sous la plume de Jean Teulé ne pouvait être que spéciale. Le lecteur ne sera pas déçu. Voilà que défile tout au long des 400 pages, une vie terrifiante d’un être plus que particulier. D’abord alcoolique, goûtant ensuite aux délices de l’opium, ayant entre temps chopé une syphilis aiguë qu’il soulage par des prises de laudanum (mercure) aux doses de plus en plus fortes, il ne dédaigne pas le hachisch et l’éther. Mais voilà, tout cela coûte la peau de fesses et Charles est presque sans le sou ; heureusement il y a madame-mère, Caroline, devenue Aupick. Endetté jusqu’au cou, harcelé par les créanciers de tous poils, Baudelaire se réfugie à Bruxelles. Il laissera à la Belgique - qu’il qualifie de « bâton merdeux » - un pamphlet qui fera date. Sa vie se termine, en quelque sorte, en 1866 sur les marches de l’église Saint-Loup à Namur qu’il est venue visiter avec son éditeur et le peintre Félicien Rops.
On rêve en pensant à une bio, façon monsieur Teulé, sur le père Hugo ou mieux encore sur Flaubert et Maupassant, deux faces de la même médaille…
En attendant ce « Crénom Baudelaire » est tout bonnement … impressionnant.
Je me suis amusé à souligner les parties du récit où mon patronyme est mis en valeur. Ce n’est pas triste et puis, quelle aubaine !

Extraits :

- De l’autre côté de sa mère, celui qui lui a volé le vert paradis de son enfance et qui, maintenant souille, la nuit derrière les portes closes, cette catin (selon Charles) reprend : « Je lui ai proposé de choisir entre le service de l’Etat, civil ou militaire, mais monsieur veut devenir poète ».

- Après l’avoir fait rouler à plat dos, la métisse - deux tiers catin – le chevauche sans façon, se l’enfile et l’écrase de ses lourdes fesses, à croire qu’elle va lui déboiter le bassin.

- Ah, Charles, je viens de voir une gaupe de la pire espèce qui, en sortant d’un cabriolet et avec une insouciance de catin, m’a laissé voir sa jambe jusqu’au nombril.

- Bonjour, Charles. Tu devrais pénétrer parfois à l’intérieur de cet édifice pour vérifier que, contrairement à ce que tu crois, les anges n’ont pas des faces de catin ni d’ailes de chauve-souris.

- Je vais prier Charles Badelaire de me foutre comme une catin.

- Mais quoi, ton vit débande à nouveau. Retire-toi d’ici. Laisse-moi, pousse-mol puis elle ajoute « Charles, je plaisante, je suis ta catin.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
En bonus :
1. Interview de Jean Teulé :
https://www.youtube.com/watch?v=HhrbfbzPJDM

2. Cinq journées avec Baudelaire à Bruxelles :
https://catinus.blogspot.com/2010/06/…

3. « Pauvre Belgique » :
https://catinus.blogspot.com/2010/06/…

4. Lettres de Baudelaire à sa mère :
http://catinus.blogspot.com/2011/07/…

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Crénom ... c'est efficace et c'est cela aussi Baudelaire

9 étoiles

Critique de Faby de Caparica (, Inscrite le 30 décembre 2017, 59 ans) - 26 novembre 2020

"Crénom Baudelaire" de Jean Teulé ( 432p)
Ed. Mialet Barrault

Bonjour les fous de lectures.....
N'en déplaise aux aficionados de Baudelaire, je n'ai jamais été fan du poète, mais j'aime l'écriture de Teulé donc la curiosité m'a poussée à mettre le nez dans ce livre.
Une fois celui-ci refermé, je reste toujours fan de l'écriture de Teulé et toujours aussi peu convaincue par les poésies et par l'homme dont il raconte l'histoire.
Avec sa verve et sa plume incisive, Teulé nous raconte la vie de Charles: personnage fat, odieux, farfelu et drogué jusqu'à la moelle et bien au-delà.
Le goujat est intelligent mais d'un caractère immonde.
Amoureux de sa mère dans la petite enfance, suite au remariage de celle-ci, il se prend d'une haine des femmes dont il ne se départira jamais.
Vivant aux crochets de sa famille, il fréquentera du beau monde ( peintre, écrivains,... ), aura une muse noire et se perdra le Paris d'avant Hausmann où il laissera sa trace dans de nombreux troquets et hôtels borgnes.
Poète révolutionnaire, il en choquera plus d'un et trouvera difficilement un éditeur qui réussira à le convaincre de publier ses oeuvres sous le nom de " Fleurs du Mal".
Peu apprécié de son vivant, il faudra attendre les générations futures pour que certains deviennent des baudelairiens convaincus
Il faut connaitre un peu la façon d'écrire de Jean Teulé pour apprécier ce livre.
L'écrivain a l'art de se nicher au plus profond de la vie de ses personnages et de n'en montrer que le côté noir, retord.
Ce livre est le fruit d'un long travail et de nombreuses lectures mais ne vous attendez pas à des pages doucereuses vantant le génie de Charles.
Certes, les oeuvres du poète parsèment çà et là le récit mais l'auteur s'attarde plutôt sur la vie décousue ( c'est le moins que l'on puisse dire ) de l'homme, et son caractère outrancier ...
Ceci expliquant les élucubrations et le génie créatif.
Ne dit-on pas que tout génie est proche de la folie?
Si vous êtes fan du poète et l'idolâtrez... passez votre chemin, ce livre risque de vous écorcher vif.
Si vous êtes plus curieux du personnage que de l'oeuvre, plongez-vous avec délectation dans ce dernier Teulé tout en sachant que l'auteur reste égal à lui-même... yeux chastes s'abstenir !!!

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