Le joueur d'échecs
de Stefan Zweig

critiqué par Marco, le 2 mars 2001
(Seraing - 43 ans)


La note:  étoiles
Un testament d'humaniste
« Puissent mes amis voir encore l'aube après la longue nuit, moi je ne peux plus attendre, je pars avant eux. »
Ainsi Zweig concluait-il, en février 1942, la note expliquant les raisons de son suicide.
Le Joueur d'échecs est le dernier écrit de ce voyageur insatiable et grand connaisseur de l'âme humaine.
Sur un paquebot reliant New York à Buenos Aires, le narrateur croise la route du champion du monde d’échecs, Mirko Czentovic, un être froid et secret, un monomaniaque dont la vie semble se résumer au mouvement des pièces sur le carreau de l’échiquier. Dans ses efforts pour comprendre comment un homme peut ainsi limiter son esprit et sa vie à ce simple jeu, il fait la connaissance d’un autre passager, le Dr B., exilé autrichien qui s’avère capable de battre le champion du monde alors qu’il prétend ne pas avoir joué depuis plus de 20 ans.
Cet homme énigmatique raconte alors sa sombre histoire au narrateur, dévoilant comment les tortures psychologiques de la Gestapo ont annihilé son être tout entier, et comment le jeu d'échecs lui a permis de survivre, à moins que justement il ne l’ait fait basculer dans la folie.
A côté de l’histoire plaisante, écrite avec ce style pénétrant que Zweig a aiguisé au fil de ses nouvelles, romans et biographies, il est difficile de rester indifférent au bilan du monde dressé en filigrane par l’auteur. Nous sommes en 1941 et Hitler a depuis longtemps réduit à néant l’idéal humaniste de cet Européen exilé (comme le Dr B.) à Londres puis au Brésil. À Petrópolis, malgré l’accueil chaleureux des Brésiliens, il ne peut oublier que ses livres sont interdits et brûlés dans sa Vienne natale. Comme le Dr B. aux mains des nazis, le voici reclus, prisonnier d'une cage dorée, lui qui rêve de nouveaux voyages et se languit de ses nombreux amis de par le monde. Comme son héros, il a l’âme déchirée, mais même l’écriture ne lui offrira aucun remède.
Zweig écrivit que cette histoire était " trop longue pour une nouvelle et trop courte pour un roman. "
Elle restera en nous comme un testament.
L'intelligence obnubilée par l'obsession de vaincre... 9 étoiles

L’histoire est très courte, aisée à lire et il n’est pas possible de l’évoquer sans en déflorer le suspense, qui croît avec la tension psychologique culminant dans l’affrontement final de Czentovic, champion du monde à la personnalité presque autistique, et du Dr B., notable autrichien mis à l’isolement par les nazis et n’ayant dû son salut qu’à la pratique mentale, quotidienne puis obsessionnelle, des échecs.

En outre, les commentaires postés sur CL sont déjà si nombreux qu’il est superflu de chercher à présenter cette longue nouvelle. Je me bornerai donc à souligner deux points qui me semblent être parfois négligés :

• Pour Zweig, le principe du jeu d’échecs symbolise la volonté d'affrontement et le triomphe de l’intelligence calculatrice sur l’empathie émotionnelle. Czentovic, champion du monde, est un monstre froid qui ne manifeste aucun intérêt pour autrui et se montre incapable du moindre sentiment (d'où peut-être son don inné pour les échecs). MacConnor, l’homme d’affaire qui finance toutes les parties des passagers du paquebot contre le champion du monde, semble en proie à une fureur de vaincre qui l’aveugle dès lors qu’il se met à pousser les pions. Le Dr B. se laisse également submerger par la passion dès lors que l'échiquier, cessant d'être un simple jeu, devient le lieu d'un combat qui déclenche une sorte de pulsion obsessionnelle menaçant de le faire basculer dans la folie. Il ne me semble d’ailleurs pas anodin que le Dr. B. ait appris les échecs dans un manuel volé à un officier nazi, comme si sa maîtrise du jeu était semblable à une contamination intellectuelle, comme si elle était le signe d’une damnation marquée par la volonté de dominer autrui en le brisant… L'affrontement de Czentovic et du Dr B. ne me semble pas être celui du Mal et du Bien. Au contraire, malgré leurs attitudes opposées (l'un très calme et glacial, l'autre agité et fébrile), les deux joueurs se ressemblent : ils se déshumanisent sous l'influence du jeu et deviennent les instruments de la même volonté de vaincre qui les envahit tous deux. Les échecs révèlent et attisent, voire catalysent, les passions mauvaises qui se cachent en chaque homme. Cela dit, il me semble exagéré d'en faire une lecture politique comme certains le font dans leurs commentaires. Notamment, il n'est jamais dit ou même sous-entendu que Czentovic est nazi ou fasciste ; il m'apparaît davantage comme un autiste ou un monomaniaque intellectuellement prisonnier d'un monde abstrait de 64 cases. Les échecs ne peuvent incarner le nazisme car c'est un affrontement intellectuel à 1 contre 1 selon des règles claires et partagées. Au contraire, le nazisme s'est beaucoup appuyé sur les émotions, le mysticisme aryen et les mouvements de masse.

• La nouvelle de Zweig démontre bien que l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne fut une conquête, contrairement à l'espèce de légende historique selon laquelle les Autrichiens étaient favorables à l’union avec l’Allemagne. Le roman « Un héros de notre temps », commenté sur CL, évoque également, mais de manière plus symbolique car le pays n’est jamais cité, la résistance de l’Autriche.

Eric Eliès - - 43 ans - 17 août 2017


Cette ancienne nouvelle qui fait date 6 étoiles

Est loin d’être la mer à boire, car en effet ce joueur d’échecs est une belle réussite de fluidité dans sa lecture. Autre mérite de cet auteur, est de mettre en évidence une forme de torture qui ne donne à la matière grise… qu’à broyer du noir.

Pierrot - Villeurbanne - 66 ans - 28 avril 2016


Parfois Zweig m'énerve 7 étoiles

Bien sûr, c'est un bon bouquin. Mais quand je lis Stephan Zweig je suis un peu agacé par le côté excessif de ses personnages. Ce sont souvent des monomanes, des gens qui ont une obsession (les échecs ici, mais aussi le jeu dans "24 heures de la vie d'une femme" par exemple) qui n'est pas toujours très crédible, alors même que les histoires racontées sont censées être "réalistes".

Au fond mon livre préféré c'est son autobiographie, Le Monde d'hier, car le narrateur n'a pas le caractère outrancier des personnages de ses nouvelles.

En fait je me demande si Zweig est vraiment un grand écrivain.

Anna Karénine - - 54 ans - 1 novembre 2014


Un côté du nazisme trop peu connu... 8 étoiles

On entend beaucoup parler des camps de concentration instaurés par les Nazis mais trop peu de ces tortures mentales infligées aux hommes dont on souhaite tirer parti par l’isolement le plus total. Ce roman évoque le pouvoir de la force mentale pour échapper à la barbarie et ici en l’occurrence, des échecs comme échappatoire.
Sur un bateau en route pour Buenos Aires a lieu le tournoi du champion du monde d’échecs alias Czentovic, contre un redoutable adversaire, le seul capable de le vaincre et qui n’a pourtant pas joué depuis des années. C’est essentiellement l’histoire de ce deuxième protagoniste qui nous est contée. Cet homme a appris à jouer en dilettante à ce jeu de stratégie passionnant et a pu survivre sans sombrer dans la folie auxquelles d’autres n’auraient pas échappé.
Il s’agit du dernier récit achevé de l’écrivain viennois avant son suicide avec sa seconde épouse. Une fable intéressante, psychologique, qui explore le cerveau humain à ses limites les plus extrêmes. A découvrir absolument.

Psychééé - - 29 ans - 24 juillet 2014


Une découverte 7 étoiles

Une nouvelle de Zweig que je ne connaissais pas. Ne sachant pas jouer aux échecs, peut-être n'ai-je pas ressenti le nécessaire pour pouvoir dire qu'il s'agit d'un chef-d'œuvre. Mais un récit tout de même fluide et intelligent traitant du régime nazi que l'auteur a connu. Avec comme fin... pas vraiment de fin.

Sonic87 - - 33 ans - 11 juillet 2014


Echec à la guerre 10 étoiles

Renversant ...
Quel roman ! Quelle histoire ! S. Zweig nous livre ici une oeuvre sans pareille où les mordus d'Histoire et les accrocs aux jeux y trouvent leur compte.
Quand les échecs surpassent la guerre, quand le jeu dépasse l'oppression, quand l'esprit prend le pas sur la torture...

"Le joueur d'échecs" mérite les éloges et les louanges faites jusqu'ici.

Callisthene - Cagnes/mer - 30 ans - 28 juin 2014


Universelle 10 étoiles

Une nouvelle sombre, testamentaire: un texte dont la portée, pour moi, ne se limite pas à l'Histoire immédiate vécue, subie par Zweig.

Sa portée est universelle, multiple et multiforme car d'allégorie en métaphores nombreuses, Zweig nous conduit, progressivement, puissamment, presqu'inéluctablement vers ce choix qu'est l'abandon, la fuite plutôt que la souffrance face à l'oppression, la folie.

Un choix qui, au final, sera le sien.

Echec: oui.

Mat? Mat par libre choix.

Qui ose encore prétendre du haut d'une stupide "Science", d'une "Connaissance" littéraire absolue que Zweig est écrivain de bluettes?

Provisette1 - - 5 ans - 15 juin 2014


Une nouvelle puissante 9 étoiles

C’est un peu par hasard que deux grands joueurs d’échecs se rencontrent sur un paquebot qui les emmène vers le Brésil. Le narrateur nous explique le parcours de chacun. Le premier, d’origine yougoslave, est devenu champion du monde et son don peut être qualifié « d’inné ». Le second est devenu un grand joueur suite à son emprisonnement par la SS, peu avant l’annexion de l’Autriche par Hitler. Un match au sommet va avoir lieu …

Une nouvelle puissante, qui se lit facilement comme la plupart des écrits de « Stefan Zweig qui vise avant tout d’être compris ».
Un petit bémol, toutefois pour ma part mais dont je préfère ne pas parler ici.
A recommander, bien sûr !


Extraits :

- On m’avait pris ma montre, afin que je ne mesure plus le temps, mon crayon, afin que je ne puisse plus écrire, mon couteau, afin que je ne m’ouvre pas les veine. (…) Le monde ne se composait plus pour moi que d’une table, d’une porte, d’un lit, d’une chaise, d’une cuvette, d’une fenêtre et de quatre murs sur lesquels je regardais fixement le même papier. (…) On n’avait rien à faire, rien à entendre, rien à voir, autour de soi régnait le néant vertigineux (…)

Catinus - Liège - 66 ans - 15 juin 2013


Une sublime écriture testamentaire 10 étoiles

Stefan Zweig nous a pondu un véritable chef d'oeuvre! Ce livre est magnifique! Stefan Zweig qui avait été obligé de s'exiler au Brésil pensait que c'était la fin d'un monde, la fin de son peuple juif, la fin de l'europe en raison de la puissance nazie,de sa politique d'extermination et de la volonté d'Hitler de conquérir le monde. Stefan Zweig condamné à fuir son pays, vivait très mal son exil, bien qu'il disait avoir l'amour des voyages pour s'ouvrir l'esprit et connaître différentes cultures. C'est incroyable qu'un homme en vienne à se suicider. Pour lui, c'était la fin de ses origines, il n'en resterait plus rien...Stefan Zweig est un grand!

Gregou - - 31 ans - 6 avril 2013


Un livre envoûtant! 9 étoiles

J'ai beaucoup apprécié ce livre de Stefan Zweig , j'ai trouvé que ce livre est à la fois émouvant et envoûtant. Je pense que c'est un livre à lire à tout âge et qui fait énormément réfléchir sur cette célèbre phrase que dit avec une ironie douloureuse M.B :"pourrait servir d'illustration à la charmante époque où nous vivons".

Aurelia23 - - 18 ans - 3 avril 2013


Zweig, fin observateur 10 étoiles

Si nous n'avez pas lu le livre, ne lisez pas la critique

Plus encore que la métaphore de la montée du nazisme et ce sentiment d'impuissance qui ronge Zweig, et qui malheureusement le conduira au suicide, je retiens surtout cette maîtrise magistrale de la psychologie des personnages et de leur description.

- La froide et arrogante intelligence de ce lourdaud de Szentovic, regardant de haut ces joueurs indignes de lui. Infecte stratège, qui joue justement de sa lenteur, mais qu'on admire et abhorre en même temps
- La caractère volcanique de l'américain prêt à toutes les dépenses pour lui rabattre son claquet.
- Et la retenue toute aristocratique de l'avocat autrichien. Retenue battue en brèche car sa névrose profonde, sa "schizophrénie" est plus forte que les conventions, et ce, malgré les recommandations du psychanalyste de se tenir éloigné des échecs.

On se prend tout de suite au jeu, on voit la scène: sur le paquebot en partance pour l'Argentine, Szentovic d'un côté, misanthrope hautain, penché sur le jeu, prenant son temps; et les autres: MB concentré et fiévreux, exaspéré par cette lenteur, l'américain prêt à exploser, les autres passagers tous derrière notre joueur.
La fin du récit ? il ne pouvait en être autrement.. MB se retire, en s'excusant presque.. Hélas, Zweig en fera autant de même quelques mois plus tard...

"Dommage, pour un dilettante, ce monsieur était remarquablement doué " conclura Czentovic avec cynisme.
Hein ? , n'a-t-on pas envie aussi de lui faire fermer sa gueule ? !

Som Lang - Ecrouves - 44 ans - 29 mars 2013


Les dégâts produits par la solitude 9 étoiles

L'auteur nous démontre implacablement, dans son dernier roman, l'horreur du nazisme, qui sera la cause de son suicide. Ce chef d'oeuvre nous livre une expérience humaine : celle d'un homme emprisonné par les nazis, qui vit pendant vingt ans en compagnie d'un manuel d'échecs. Durant ces années d'isolement absolu, il sépara son âme en deux adversaires afin de faire des parties d'échecs. Mais à force de poursuivre cette schizophrénie, il sombra dans la folie. C'est un roman inquiétant, étrange, historique, qui, d'après l'auteur s'exprimant avec ironie, "pourrait servir d'illustration à la charmante époque où nous vivons". Cette histoire m'a intéressé et m'a instruit sur les capacités de la psychologie humaine.

Marcel11 - Paris - 19 ans - 16 mars 2013


Court mais d'une richesse infinie 9 étoiles

C'est une évidence mais il n'est pas inutile de la rappeler : le livre ne prend assurément toute sa dimension qu'en mettant en parallèle l'histoire qu'il raconte et sa symbolique, et la fin de vie tragique de Stefan Zweig.

C'est un beau et bouleversant texte. L'écriture est raffinée, travaillée mais toujours simple, la lecture est agréable et facile. L'auteur s'attache en particulier à décrire la psychologie des deux protagonistes, et j'ai beaucoup apprécié le contraste saisissant qui se construit entre les deux personnages.

D'un côté, Czentovic, qui n'est autre que le symbole de la puissance nazie, la machine implacable, froide, mécanique, d'une puissance dévastatrice par ses victoires (rappelons qu'en 1943, l’Allemagne nazie est à l'apogée de sa puissance) qui ne connaît plus la défaite depuis plusieurs années. Ce dernier ne peut jouer aux échecs qu'en visionnant matériellement les pièces sur une zone géographiquement délimitée. Cet esprit rationnel atteint rapidement ses limites intellectuelles dès l'instant qu'il n'est plus question d'échecs d'autant qu'il est largement fait référence dans la description qui lui est consacrée à sa pauvreté intellectuelle.

De l'autre côté, Monsieur B, la victime des sévices de la tyrannie, symbole de la liberté et de l'imagination féconde, de la création artistique (quelle joie se fait-il lorsqu'en prison il décrit la richesse que lui apportera la perspective de la lecture du livre, le poids et la puissance que peuvent avoir de simples mots alignés les uns à la suite des autres) . L'imagination est pour lui le seul moyen d'échapper à la folie, à ces tortures qui lui sont infligées. Il invente mentalement des parties d'échec et contrairement à Czentovic, il conçoit le jeu des échecs comme le fruit de la richesse de son esprit.

Le livre s'achève de manière pessimiste. Monsieur B confond la partie qu'il est en train de jouer avec une partie d'échecs qu'il a lui même inventée lorsqu'il était emprisonné dans sa cellule. Il n'est pas guéri des sévices qui lui ont été infligés, il en subit encore les séquelles psychologiques. Preuve que la folie de l'homme est toujours la plus forte ?

Désespérant pour Zweig qui se suicida quelques mois plus tard.

Un texte court mais d'une richesse infinie.

Salocin - - 36 ans - 14 mars 2013


échec et mat 10 étoiles

P.S: ne lisez pas ce commentaire si vous n'avez pas encore lu le livre.

Stefan Zweig à travers ce récit captivant et plein de suspense parvient à nous faire découvrir deux histoires qui s'entremêlent à travers l'affrontement de ces deux personnages le champion du monde d'échecs Mr.Czentovic et Mr.B l'avocat autrichien qu'on découvre consécutivement leurs passés, avec la présence du narrateur comme un trait d'union entre ces deux personnages.
J'ai aimé l'aspect psychologique des deux personnages, surtout l'avocat autrichien durant la période de sa détention et son état d'âme et la schizophrénie dans laquelle il sombre. La fin était prévisible mais elle est bien écrite et elle ne peut pas être différente.

Jaafar Romanista - Rabat - 29 ans - 20 février 2013


Le joueur d'échec 10 étoiles

Ce roman c'est seulement 100 pages mais elles en valent toutes la peine. Le Joueur d'échec est un grand roman. Zweig joue beaucoup sur la psychologie de personnages et c'est très réussi. J'adore l'humanité des personnages dont je ressentais presque les émotions lors de ma lecture. C'est une belle découverte qui me donne envie de lire d'autres romans de l'auteur.

Exarkun1979 - Montréal - 38 ans - 12 février 2013


Un fin déconcertante 8 étoiles

En moins de 100 pages, l’auteur est parvenu à enchâsser deux récits au sein de cette nouvelle, qui pourrait faire office d’initiation aux échecs. Zweig en parle très bien, mettant son talent de conteur au service de l’histoire et jouant habilement du mystère des deux hommes, le champion « autiste » et l’amateur surdoué. Le narrateur s’efforcera de percer leur secret, avec plus de succès pour le second qui lui révélera la genèse de son don singulier. Je ne saurais juger de la crédibilité de ces personnages, dont l’un a appris les règles de façon totalement abstraite et a fini par jouer contre lui-même en pensée, glissant progressivement vers la démence. Mais on peut facilement supposer qu’un tel homme ait pu exister…

Le tout est vraiment fascinant, et Zweig sait parfaitement faire ressortir la part métaphysique de ce jeu millénaire, jeu de paradoxes poursuivant un « développement continuel [tout en restant] stérile. ». Un jeu qui, en en faisant intervenir la puissance du cerveau et le pouvoir d’abstraction, aura permis à l’un des protagonistes du livre d’échapper aux interrogatoires des nazis, tout en l’amenant aux frontières de la folie…

Paradoxale également cette nouvelle, à la fois très prenante mais avec un épilogue plus que déconcertant, aussi brutal qu’une partie d’échecs où il est impossible pour le commun des mortels de deviner avant le dernier coup lequel des deux joueurs assénera à son adversaire un « Echec et Mat » sec et irrévocable. Etait-ce volontaire de la part de l’auteur ? Quoiqu’il en soit, je suis resté un peu sur ma faim, m’attendant peut-être à un dénouement un peu plus saisissant (un peu comme dans « La Confusion des sentiments »), ce qui m’empêche de mettre une note plus élevée.

Blue Boy - Saint-Denis - - ans - 25 novembre 2012


Le fou prend la tour 7 étoiles

A New York, sur le paquebot en partance pour Buenos Aires, le narrateur croise le crack des échecs Mirko Czentovic. Bien qu’il soit champion du monde dans une discipline réputée exigeante intellectuellement, on le dit inculte et stupide, et incapable de soutenir une conversation. Le narrateur veut vérifier cette triste réputation. Mais la difficulté est de rencontrer Mirko Czentovic, personnage antipathique et bougrement fuyant.
Le narrateur décide d’organiser une partie d’échecs. Pour appâter Czentovic, il compte sur la réputée cupidité du maître et propose une somme d’argent rondelette à gagner. Czentovic accepte un match « seul contre tous ». La partie semble très vite pliée, mais un mystérieux inconnu se mêle à l’équipe et distille ses conseils. Si bien que le champion du monde est sur le point de perdre.
Mais qui est ce mystérieux inconnu aussi fort qu’un champion du monde ?
Le style est fluide. Le personnage de Czentovic est trop caricatural pour être crédible. Parabole simplette sur le totalitarisme, l’ensemble du récit reste cependant prenant. Zweig jugeait qu’il ne méritait pas l’énorme succès littéraire qu’il a rencontré de son vivant.

Ravenbac - Reims - 52 ans - 12 octobre 2012


Zweig joue avec les mots 8 étoiles

Comment Stefan Zweig fait-il pour créer une telle atmosphère de tension dans une nouvelle de moins de 100 pages qui tourne autours des échecs ? Je trouve cela fabuleux. C'est grâce à ce genre d'auteur que je considère l'écriture comme le plus bel art qui existe.
Soyons franc, "Le joueur d'échecs" est une nouvelle à couper le souffle. Les personnages sont passionnants par leur histoire respective. Le contexte spatial et temporel est bien choisi et nous plonge tout de suite dans une ambiance incroyablement vivante et inquiétante. La narration est puissante (je ne trouve pas d'autres mots). Et le thème des échecs, je crois que je ne l'ai jamais autant aimé que dans ce livre (bien qu'il passe presque en second plan par rapport aux situations des personnages).
Il s'agit sans doute là d'une des nouvelles les plus brillantes que j'ai lu jusqu'à lors.

A découvrir au plus vite.

Benson01 - - 21 ans - 9 juin 2012


Dernier acte d’écriture avant suicide 9 étoiles

Il ne doit pas être anodin que ce « Joueur d’échecs » soit la dernière œuvre écrite en 1942 par Stefan Zweig, alors exilé au Brésil. Un Zweig qui fuyait le nazisme, un nazisme qui prenait le dessus à l’époque et contaminait de guerre la planète entière.
De nazisme il est question dans « le joueur d’échecs ». Ce joueur d’échecs en question n’est pas en effet un certain Mirko Czentovic, qui voyage plus ou moins incognito sur ce paquebot qui relie New York à Buenos Aires, et champion du monde en titre. Non. Il est plutôt ce Docteur B., de nationalité autrichienne, et qui a été persécuté par le régime nazi. Une persécution qui l’a mené aux portes de la folie, obligé qu’il fut de se réfugier dans le domaine d’abstraction des échecs – et quand on parle d’abstraction ! – pour se donner l’illusion de rester au sein de l’Humanité.
Nous sommes sur ce paquebot et des bouffées de « Novecento, pianiste » me traversent par moments - Alessandro Baricco a dû lire « le joueur d’échecs – dans cette ambiance à la fois feutrée, compassée, d’un monde replié sur lui-même, apparemment caractéristique d’un voyage en paquebot ou d’une croisière ? Sur ce paquebot, il y a donc Mirko Czentovic, champion du monde d’échecs, qui est reconnu par les aficionados du jeu présents sur le paquebot et qui cède à la tentation du gain facile en acceptant de livrer des parties simultanées contre ces amateurs qui veulent affronter le maître, moyennant finances. Eux n’ont aucune chance mais voilà, il y a le Docteur B., qui va infliger un premier échec au maître. Et qui surtout va nous confier dans un procédé très « Zweigien » son histoire et l’explication de son expertise aux échecs. Et à vrai dire, le véritable sujet, il est plus sûrement là. Une charge contre le nazisme, qui date de 1942, d’une époque où l’on ne connaissait pas encore l’étendue des atrocités nazies. Une époque où un séjour en camp de concentration pouvait sembler plus enviable au Docteur B. que le traitement déshumanisant qu’on lui avait fait subir. C’est en tout cas ce que Stefan Zweig fait dire au Docteur B..
Stefan Zweig est décidément très facile à lire. La profondeur de sa pensée se niche dans des propos qui ont le bon goût de constituer une histoire – une situation souvent plus facile à vivre pour un lecteur que la lecture de propos arides déconnectés d’une quelconque aventure.

Tistou - - 61 ans - 18 mai 2012


Testament ? 9 étoiles

Publié en 1943 (1957 en Allemagne), par son éditeur réfugié à Stockholm, « Le joueur d'échecs » est le dernier texte écrit par Stefan Zweig dans sa retraite de Petropolis, avant son suicide le 22 février 1942.

Une ligne maritime, New York - Buenos-Aires . un paquebot, deux joueurs d'échecs : l’un champion du monde en titre, Mirko Czentovic, l’autre, Monsieur B., souvent dénommé l’inconnu dans l’ouvrage, le narrateur…
Petit à petit, l’inconnu dévoile des pans de sa personnalité et de son expérience passée. Tout oppose les deux hommes : le champion en titre, d’origine modeste, vaniteux personnage monomaniaque et inculte, remarquable tacticien ; et un aristocrate qui n’a pu pratiquer le « noble jeu » que mentalement, victime de la répression nazie, à l’isolement dans un cachot . Il sera sollicité par les passagers pour affronter le maître...

Pour la première fois dans son œuvre, Stefan Zweig, dans cet ultime texte, fait directement référence à l’Histoire contemporaine. N’est il pas Monsieur B. qui devra abandonner les échecs sous peine de se voir sombrer dans la schizophrénie, lui qui a dû abandonner son pays en proie à la montée du nazisme ?
Comment ne pas faire le parallèle entre la froide et brutale mécanique de Czentovic et le nazisme ; entre Monsieur B. et l’Europe violentée ?
Un très grand texte malgré ses cent pages, rapport à l’Histoire, d’abord… mais également rapport à l’intérêt marqué de Stefan Zweig pour l’étude du fonctionnement de l’esprit humain où transparaît son attrait pour Freud.
« Le joueur d’échecs » ou l’impuissance de l’homme cultivé face à la brutale mécanique du nazisme. Un texte court, complexe … étonnant !

Lecassin - Saint Médard en Jalles - 61 ans - 17 mai 2012


J’ai aimé mais il ne m’a pas complètement enthousiasmée … 8 étoiles

Une écriture très fluide, ciselée, on sent que chaque mot est à sa place, mais un peu froide et chirurgicale parfois.
Nous plongeons directement dans l'histoire de ce roman plus long qu'une nouvelle mais que je trouve un peu court pour un roman.
C’est cependant une belle plongée dans le monde des échecs (univers fort peu abordé dans la littérature) ainsi que dans les mystères et les limites du cerveau humain.
Cependant la fin m'a un peu déçue, je l'imaginais plus percutante et plus sombre. Bref vous l’aurez compris, je suis un peu restée sur ma faim.

Monde imaginaire - Bourg La Reine - 44 ans - 4 mai 2012


Puissance des mots... 9 étoiles

Malgré les années écoulées depuis la lecture de ce bien court roman, je me souviens bien de ce chef-d'oeuvre. Un message fort, profond. On se sent tout près de l'âme humaine, ressentant bien le désarroi d'un homme tout près de la folie.
Même si, tout comme moi, on n'y connait rien au jeu d'échecs, on est assurément frappé par la force des mots, rien de moins.

Jonath.Qc - - 39 ans - 2 mai 2012


Echapper à une folie pour en atteindre une autre 10 étoiles

J'ai lu ce livre en moins d'une heure alors qu'habituellement je ne lis pas très vite. Il s'agit en effet d'un chef d'oeuvre écrit à une époque où il fallait se soumettre, collaborer soit comme l'auteur fuir vers le suicide, soit comme son personnage, fuir pour éviter la folie.

Cependant fuir une folie en fait atteindre une autre.

Sans aucun doute un livre essentiel

Pacmann - Tamise - 52 ans - 2 février 2012


Formidable nouvelle 9 étoiles

Je crois que vous avez déjà tout dit.
Je viens à peine de le terminer, c'est le genre de livre qui laisse à réfléchir et qu'on range dans notre bibliothèque en se posant encore des questions : la folie de certains hommes, les moyens désespérés qu'on peut employer dans des situations désespérée et totalement impensables, les possibilités de l'esprit humain.

Je me suis aussi sentie terriblement mauvaise aux échecs pendant ma lecture ! Mais il n'est pas nécessaire d'être passioné ni de savoir jouer pour apprécier cette lecture.

De plus cette nouvelle m'aura servi de découverte pour cet auteur que je ne connaissais pas, et je compte poursuivre cette exploration du monde de Zweig !

Liki0da - - 23 ans - 27 décembre 2011


L'analyse psychologique zweigienne à son apogée 10 étoiles

Bon, je vais essayer de ne pas répéter ce qui a déjà été dit dans les nombreuses autres critiques. Tout de même, j'aimerais rajouter deux, trois choses.
Désolé si je gâche l'intrigue mais pour avoir envie de lire, il faut savoir ce que ça raconte.
En résumé, le narrateur rencontre le champion mondial d'échecs Czentovic sur un paquebot (en direction de Buenos Aires). Il essaye de lui arracher un aparté mais le champion est très distant, peu doué de sa personne.
Il complote un piège dans l'espoir de l'y attirer. Le champion d'échecs mord à l'hameçon. Du coup, le groupe d'amateurs se retrouve confronté au champion d'échecs.
Alors, un homme "interrompt" la partie en les conseillant sur leurs mouvements. Cet homme arrive tel un sauveur et parvient à leur faire gagner la partie.
Je m'arrête là.
Zweig considérait "le joueur d'échecs" entre la nouvelle et le roman. Ce livre est écrit à toujours à la manière si reconnaissable de Zweig, c'est-à-dire, développer un sujet au début puis à un moment donné, le rattacher à un autre thème et le développer, comme une espèce d'enchâssement.
Comme d'habitude, à travers ses nouvelles, Zweig analyse et décrit le comportement humain.
Donc cette nouvelle est une "analyse psychologique à son apogée" étant donné que l'auteur s'est suicidé après avoir écrit son oeuvre. C'est donc une nouvelle publiée à titre posthume. Ce suicide nous donne une explication de la fin bien noire (il faut aussi considérer la situation, la guerre, les nazis,...)
Pour moi, c'est le summum de la littérature zweigienne.
J'aime beaucoup le style d'écriture assez abordable (et populaire) mais aussi recherché, raffiné, fin.
De mon point de vue, Zweig y traite le thème de l'enfermement de deux façons différentes:
-l'enfermement psychologique; la monomanie (thème récurrent chez Stefan Zweig) obsessionnelle. Les gens s'enferment dans leurs passions, dans ce cas, les échecs.
-l'enfermement physique; l'homme sauveur, se révèle, être un réfugié politique. Les nazis l'ont torturé en l'enfermant pendant des mois dans une même chambre.
Cet homme a résisté à cette infâme torture grâce aux échecs.
Dans cette oeuvre, Zweig dénonce la nature humaine (et non pas tellement le nazisme) et aussi la cupidité et le matérialisme (Czentovic essaye de tirer un maximum profit de son talent).

Je donne cinq étoiles, il est indispensable de le lire mais si le sujet des échecs peut paraitre rébarbatif, c'est un moyen comme un autre de nous faire transmettre son message.
A lire d'urgence même si l'on ignore tout des échecs (dans ce cas, vous serez sans doute frustré de ne pas comprendre toutes les méthodes et les tactiques de jeu décrites mais cela ne nuit pas à la compréhension de l'histoire).

Peguy - Bruxelles - 20 ans - 19 décembre 2011


De grande qualité 7 étoiles

"Le Joueur d'échecs" est sans doute la nouvelle la plus connue de Stefan Zweig. Dans ce récit s'affrontent deux personnages, ayant chacun un rapport différent au jeu d'échecs: pour l'un, ce jeu représente sa réussite actuelle; pour l'autre il lui rappelle de terribles souvenirs. Avec son écriture remarquable, l'auteur parvient, encore une fois, à décrire au mieux la psychologie des protagonistes.
J'ai lu ce livre deux fois, à plusieurs mois d'intervalles, et même si je l'apprécie, je n'ai pas ressenti le "petit truc" qui a pu faire craquer tant d'autres. C'est un ouvrage d'une grande qualité assurément, mais je lui préfère d'autres nouvelles du même auteur.

Nb - Avion - 33 ans - 18 octobre 2011


Surprenant 8 étoiles

Je visitais la page des livres les plus visités de ce site et, en voyant celui-ci je me dis : " Attendez, je l'ai lu celui là ! " . C'est donc étonnée que je vois que ce livre se situe dans les 15 meilleurs livres. Je me rappelle avoir lu ce livre l'été dernier, par dépit n'ayant rien d'autre à lire. Je ne sais même pas jouer aux échecs, mais à la fin du livre j'étais contente de l'avoir lu , il était vraiment très bien. Je suis d'autant plus étonnée d'avoir lu par hasard l'un des livres préférés des lecteurs de ce site .

Margaux-50 - - 22 ans - 12 août 2011


Ou la folie de la vie... 8 étoiles

Il ne s’agit là ni d’un roman ni vraiment d’une nouvelle, l’œuvre s’en approche, mais c’est encore plus au genre de la fable que Le joueur d’échecs semble s’apparenter. Une fable sur la vie, un combat à l’image d’un échiquier révélant parfois à chaque adversaire l’immense complexité de son esprit et des parts de vie qui se cachent en lui pareilles à des parties déjà jouées et tant de fois répétées. Un formidable écrit humain sur la consécration du cerveau et de l’âme renfermant des mécanismes si mystérieux.

Un léger vent d’espoir vous parcourt en refermant le livre, leçon de courage tirée de la stupéfiante expérience nazie sur l’Homme, déchu de tous ses acquis et ses savoirs. La vie est passée au crible tel un jeu effrayant pour celui qui voudrait se donner les moyens de l’arpenter. Un roman puissant sur un monde étrange, notre monde. Une aventure peu ordinaire qu’il vous faut découvrir.

Tim - Limas - 23 ans - 11 août 2011


« Ce jeu absurde contre moi-même » 10 étoiles

Même si ce livre a été commenté, analysé, décortiqué, critiqué des milliers de fois, je voudrais, moi aussi, avec toute la modestie possible, apporter mon regard sur ce texte dans les limites de mes moyens que je ressens particulièrement devant ce véritable monument littéraire.

Tout le monde connait l’intrigue, l’histoire de ces deux joueurs d’échecs tout aussi doués l’un que l’autre mais formés à des écoles bien différentes, l’un possédant un talent inné, fondé sur une logique implacable, développée à l’aide de quelques maîtres locaux, l’autre ayant appris ce jeu pour ne pas sombrer dans la folie lors de sa détention par les nazis. Et, ces deux joueurs talentueux, l’un champion du monde, l’autre ne pratiquant plus, vont se retrouver par le plus parfait des hasards sur un bateau naviguant de New York à Buenos Aires, et devoir s’affronter en une joute titanesque avec trente-deux pièces sur un damier de soixante-quatre cases. L’issue du combat importe peu, ce qui a retenu toute mon attention, lors de cette lecture, c’est cette dualité permanente qui habite le récit.

Cette dualité qui se matérialise dans les duels qui opposent les deux champions mais aussi le détenu à ses geôliers, et le détenu à lui-même quand il joue seul dans sa geôle ; dualité qui s’affiche également dans le dédoublement de personnalité du détenu dans ce jeu contre lui-même - « Mon atroce situation m’obligeait à tenter ce dédoublement de mon esprit entre un moi blanc et un moi noir, si je ne voulais pas être écrasé par le néant horrible qui me cernait de toutes parts. » - ; dualité également entre le champion fruste et rustre et l’inconnu cultivé et intelligent, entre la logique implacable et le talent passionnel, et entre le bien et le mal, et peut-être … entre le moi autrichien humaniste et le moi membre d’une nation sanguinaire et inacceptable.

J’ai placé cette dualité freudienne au cœur de mon commentaire comme, il me semble, Zweig l’a placée au centre de sa nouvelle mais évidemment la lecture dévoile bien d‘autres thèmes, la possibilité de lutter et de triompher du nazisme même si, lui, a personnellement plutôt fui devant le problème, la dissociation entre logique et intelligence, la construction de l’être à travers ses expériences, le triomphe de l’humanisme sur la mécanique même quand elle détient la puissance, … Et tous ces thèmes réunis dans ce livre court, écrit peu avant que l’auteur se donne la mort, constituent, il me semble, une forme de bilan, presque un testament, en tout cas un constat qui ne serait peut-être pas étranger à la fin que Zweig a finalement choisi de mettre à sa vie.

Le contenu envoûte certes mais la forme contribue grandement à cet envoûtement dans lequel cette nouvelle enferme le lecteur. En effet, dans son style remarquable de fluidité et d’élégance construit avec une écriture d’une grande justesse, Zweig propose un texte qui déroute un peu avant de séduire, de ravir et même d’extasier. L’histoire qui apparait d’abord banale, s’encombre bientôt d’un récit plein de violence qui semble s’inviter subrepticement et qui, brusquement semble devenir le cœur de la nouvelle, mais n’en est finalement qu’un morceau car ce texte est un tout habilement construit pour amener le lecteur au centre de tous ces duels, au cœur de cette schizophrénie incurable qui concerne l’humanité toute entière et qui la conduira au drame, au malheur, … au suicide.

« Aucune diversion ne s’offrant, excepté ce jeu absurde contre moi-même, ma rage et mon désir de vengeance s’y déversèrent furieusement. »

Débézed - Besançon - 70 ans - 1 août 2011


mettre la torture nazie en échec 10 étoiles

Lorsque l'on attrape ce maigre livre de moins de cent pages, on se dit logiquement que le récit sera bref et simple. Que du contraire! "Le joueur d'échecs" nous déroute sans cesse avec finesse. Les premières pages semblent nous offrir un personnage central intéressant et l'histoire de sa vie hors du commun à bien des égards. Ce n'est que plus tard que le véritable "héros" apparaît de manière tout à fait inattendue. Il nous emporte vers son propre passé comme un plongeon nocturne dans une mer sombre et glacée.

La qualité inestimable de la traduction en français du texte original est à souligner. L'auteur prend le temps à plusieurs endroits de son récit de décrire avec une précision minutieuse le ressenti, les sentiments et les sensations de son personnage principal. Le traducteur a trouvé les bons mots pour respecter l'aspect hautement littéraire de la narration.

Beaucoup de livres considérés comme "cultes" sont bien moins bons que celui-là...

AntoineBXL - Bruxelles - 38 ans - 26 juillet 2011


L'échiquier du mal 10 étoiles

Lors d'une croisière, le narrateur rencontre le champion du monde des échecs, le fameux Czentovic, personnage raide et froid, et essaye de l'appâter en organisant une partie avec de multiples joueurs. Bientôt un inconnu au teint blafard, au passé tragique va lui opposer une fantastique résistance. Qui est cet homme mystérieux ? Le narrateur va recueillir ses terribles confidences...

Dans ce très court roman posthume, l'art inimitable de Zweig est concentré, donnant un maximum d'effets émotionnels. Avec sa finesse d'analyse psychologique portée à son paroxysme, Zweig (juste avant de mourir) décrit toute l'horreur du spectre totalitaire et, à travers le cas d'un monomaniaque, suggère qu'on ne peut comprendre la barbarie ni la traiter d'égal à égal (comme l'a fait pour se sauver l'inconnu) sans courir le risque de devenir fou. La seule alternative, c'est de quitter la partie, de refuser de jouer avec elle pour garder sa santé mentale et sa dignité... Un testament poignant.

Nowhereboy - Rennes - 38 ans - 6 avril 2011


surprenant 8 étoiles

J'ai bien aimé ce roman (ou cette nouvelle?), car j'ai retrouvé la passion si présente dans les récits de Zweig. Cependant, le fait de ne rien connaître des échecs m'a un peu frustrée, j'aurais pris plus de plaisir à lire si j'avais connu un peu ce jeu. Cela reste toutefois un bon livre, qui se lit assez vite et qui montre que la passion mène parfois (toujours?)à la folie.

Flo29 - - 45 ans - 1 avril 2011


Découverte du fameux S. Zweig 6 étoiles

Ma critique va fortement ressembler à celle de @Killing79.
Tout comme lui ce sont les critiques plus que positives postées sur ce site qui m'ont poussé à lire ce roman dont le sujet ne me semblait guère intéressant.
Je n'ai certes pas été déçu mais je ne considère pas non plus "Le joueur d'échecs" comme étant un chef d'oeuvre incontournable de la littérature. Le style est élégant et la psychologie des personnages est très poussée, parfois même trop à mon goût, mais l'histoire est intéressante et nous pousse à vouloir en découvrir davantage, cette recherche étant frustrée par la brièveté du récit, ceci étant normal puisqu'il s'agit d'une nouvelle.
Cependant cette nouvelle m'a moi aussi donné l'envie d'en découvrir d'autres.
Bien m'en a pris.

Sundernono - Nice - 35 ans - 21 mars 2011


Excellent ! 10 étoiles

A lire absolument !
Il y a peu de pages mais c'est un condensé de nature humaine...

Daoud - LYON - 42 ans - 23 février 2011


Une légère frustration 7 étoiles

Le joueur d'échecs est une nouvelle avec ce que cela implique en terme de brièveté mais elle aurait très bien pu faire un bon sujet de roman.
En effet si l'on prend beaucoup de plaisir à la dévorer, que l'on apprécie la méthode de narration imbriquée et plus globalement le sujet traité, l'on ne peut s'empêcher de regretter un potentiel développement des thèmes de la folie, de la monomanie ou même des caractéristiques du jeu d'échecs qui aurait pu constituer un excellent roman.

Passée cette frustration, le lecteur retiendra qu'il a lu le tout sans interruption (et ce n'est pas qu'une question de nombre de pages) et qu'il s'est intéressé au contexte entourant l'écriture de cette œuvre, c'est à dire la vie de son auteur Stefan Zweig mais aussi les évènements tragiques l'ayant précédée (la première guerre mondiale) ou bien accompagnée (la montée du nazisme, l'exil).
Avec ses personnages forts, Le joueur d'échecs parvient à susciter la curiosité (à l'encontre du joueur professionnel, froid et muré dans un mutisme déconcertant), l'imagination (concernant la situation du captif de la Gestapo : ne se met-on pas inévitablement à sa place dans cette chambre d'hôtel pour essayer de ressentir son isolement, son enclavement ? Se demander comment l'on aurait agi... si tant est que l'on ait pu se secouer de notre léthargie ? ).

Au final la nouvelle de Stefan Zweig tient plus d'un récit sur la création de la folie que d'un traité d'échecs ou d'une illustration des conséquences de la guerre.
Car si à la fin les deux personnages principaux s'en "sortent bien" (si l'on peut le formuler comme ça), l'un ne perdant pas sa partie, l'autre ne retombant pas dans sa folie, il n'en reste pas moins leurs vies semblent prisonnières de leurs passés respectifs, passé ayant conditionné leur développement.

Avec plus de profondeur, de détails, Le joueur d'échecs aurait indéniablement gagné en distinction ce qu'il suscite déjà en intérêt et en plaisir.
Et n'en aurait été qu'encore plus unique !

Ngc111 - - 31 ans - 12 février 2011


chef d'oeuvre concentré 10 étoiles

En quelques pages,Zweig nous transporte loin du quotidien.On devient alors spectateur d'une partie d'échec entre une renommée brutale et un inconnu énigmatique.Si le premier semble ne devoir son talent qu'à l'arbitraire de la génétique,le second a tout acquis lors d'une très étrange détention.Tout au long de la partie, il va peu à peu nous révéler son histoire...Un grand moment !

Dirakkk - - 43 ans - 12 février 2011


Un maestro 10 étoiles

Avec son court roman, ou sa nouvelle, suivant qui veut bien l'entendre, Stefan Sweig montre un talent extraordinaire. Il faut dire qu'en 1943 il n'en est pas à son coup d'essai.

Philosophe et psychanalyste, il fouille l'âme humaine et en extirpe tous les mots. Il narre ici l'histoire d'un "combat" où le terrain de jeu est un échiquier sur un bateau. L'histoire est captivante, et rien ne permet de faire une et une seule critique à selon moi un des plus grands auteurs du XXème.

RobinMiranda - Champigny - 24 ans - 7 février 2011


Les bras de la folie. 10 étoiles

Encore une fois, Stefan Zweig sait nous épater en quelques pages.
Un récit au style fluide et simple mais dont la force des mots est incontestable. On se laisse emporter par le récit de ce mystérieux joueur d’échecs, par les mécanismes de son esprit laissé aux mains de la solitude. Zweig nous plonge dans la tête d’un homme torturé mentalement et on suit avec une fascination morbide le lent cheminement vers la folie. Aucun temps mort, comme si on nous murmurait à l’oreille et que, fascinés, on ne pouvait s’empêcher d’écouter.
Plus que ça, comme l’a dit Marco, c’est la critique fulgurante d’une époque où l’humanisme a laissé la place à la perfidie et la cruauté humaine.
Magnifique de par son style bien entendu, car c’est la première chose que je retiens toujours de Zweig. Il écrit simplement, sans chercher à en faire trop et pourtant, ses mots nous emportent dans son histoire, ses phrases viennent lentement enchaîner nos esprits à son récit.

Felicity11 - Bruxelles - 25 ans - 19 janvier 2011


Premier Zweig 7 étoiles

J'ai suivi les encouragements des internautes à lire cette nouvelle. Je n'ai pas été déçu, mais je n'ai pas non plus crié au chef d'oeuvre.
L'histoire m'a étonnamment intéressé malgré le thème qui, avant la lecture, ne m'était pas familier.
Ce court récit ne m'a donc pas transcendé de par son thème particulier, cependant le style m'a vraiment donné l'envie de découvrir les autres oeuvres de S Zweig.

Killing79 - Chamalieres - 38 ans - 15 janvier 2011


Une lecture très riche 10 étoiles

Plusieurs récit s'enchâssent l'un dans l'autre au fil de cette nouvelle. On s'intéresse tout d'abord à Czentovic, le mystérieux champion d'échec, et on se sent vite gagné par la grandeur de ce jeu universellement connu auquel Zweig lui-même s'est essayé. Puis la véritable histoire commence et plusieurs personnages aux traits à la fois intrigants et comiques s'affrontent autour d'un échiquier. La magie Zweig fait son effet et on se sent porté par la bonne ambiance qui règne dans le salon du bateau, vibrant au rythme des parties qui s'enchaînent.

C'est alors qu'un personnage supplémentaire apparaît : monsieur B. Son récit tragique qui mêle à la fois témoignage historique et analyse psychologique donne une force incroyable à la nouvelle. Le jeu d'échecs ne sert là que de prétexte pour mettre en scène le long cheminement d'un prisonnier politique vers la folie.

C'est alors que va se jouer la partie finale, l'affrontement brutal des deux génies des échecs aux styles si différents. Tous les projecteurs sont braqués sur monsieur B. que l'on supporte naturellement. Après une première victoire héroïque les dangers de la passion refont surface et à travers les inquiétudes du narrateur c'est Zweig qui nous livre sa morale.

Cette nouvelle est très plaisante à lire et on rit, on souffre, on angoisse et on s'impatiente en même temps que les personnages. C'est une oeuvre extrêmement riche par le nombre de questions qu'elle aborde et par la justesse des réponses que l'auteur propose.

Maufrigneuse - Saulieu, Bourgogne - 28 ans - 6 janvier 2011


Bon livre... 7 étoiles

A conseiller !

Gael do rozario

Gaeldorozario - - 38 ans - 14 décembre 2010


Un petit livre 5 étoiles

Je viens de refermer ce tout petit livre qui fut mon premier Zweig. Ce sont les critiques lues ici qui m'avaient donné envie de le lire. Une fois n'est pas coutume, quand il s'agit de m'atteler à un grand classique, je n'ai pas le sentiment d'avoir lu le même livre que l'énorme majorité des autres lecteurs.

Bien entendu, j'ai apprécié le style délicat et fluide, et bien entendu j'ai trouvé l'histoire plutôt originale. Mais bon, j'ai envie de dire "Tant de bruit pour ça ?" Même en replaçant cette nouvelle dans le contexte de la vie personnelle de Zweig, je trouve un peu fort de parler de chef d'oeuvre. Une parabole sur le totalitarisme ? Soit, mais un peu simplette.

Gnome - Marseille - 46 ans - 8 décembre 2010


Encore un excellent roman de Stéfan Sweig 10 étoiles

Magnifique!!! Superbement écrit!!!! J'adore cet auteur. Ce livre est une profonde étude du comportement humain dans les conditions les plus extrêmes. Ce roman est douloureux mais terriblement humain.

Nina2010 - Bordeaux - 40 ans - 6 décembre 2010


Une heure de pur plaisir! 10 étoiles

Ce roman vous prendra moins d'une heure à lire, mais ce sera sans doute la meilleure heure que vous ayez passée depuis un bon bout de temps. 5 étoiles selon moi

RatDeBibliothèque - - 33 ans - 18 novembre 2010


excellent 10 étoiles

je tiens à critiquer ce livre même s'il y a déjà beaucoup de critiques car ce livre m'a bouleversé. D'abord quand j'ai vu la taille du livre j'ai été étonné qu'un si petit bouquin suscite tant de bruit. Et puis j'ai compris qu'un livre pour être bon n'a pas pour obligation d'être épais.
L'auteur va droit au but et plus d'une fois j'ai été épaté car j'ai eu le sentiment que chaque mot était le plus adapté, que chaque ponctuation était là où elle devait être.
Quand l'auteur décrit l'enfermement et la façon dont le héros sombre petit à petit dans la folie c'est impressionnant et on se demande si l'auteur n'a pas vécu la situation.
De plus on ne s'ennuie pas une seule seconde.
Un très bon livre.

Soup34 - - 37 ans - 14 novembre 2010


Du très bon Zweig 9 étoiles

Ce petit livre est vraiment très intéressant , à tel point qu'on le lit d'une seule traite !
Vous perdrez tout sauf votre temps avec ce livre , vous gagnerez au contraire beaucoup de plaisir et de réflexion !

John - - 27 ans - 8 novembre 2010


Echecs à la mort ........ 10 étoiles

une petite centaine de pages intenses.
La torture par le néant ; c'est pire que tout . S'attaquer à la raison d'un homme pour le voir périr et sombrer dans la folie.
Quand le médicament miracle ( le livre sur les échecs ) crée des dégâts au moins aussi lourds sur sa conscience , on se dit que la partie est perdue......
Pour rester vivant , Mr B s'est créé une seconde nature : l'anticipation . Anticiper les questionnements de ces juges , anticiper ses propres coups dans les parties d'échecs en aveugle !

Ce roman est tragique et magnifique à la fois .
Il ne faut pas nécessairement faire long pour être efficace.
Une belle et grande oeuvre.

Frunny - PARIS - 52 ans - 25 octobre 2010


4 étoiles! 8 étoiles

Le Joueur d'échecs est un roman écrit par Stefan Zweig. Le style de l'auteur, 'un niveau plutôt élevé, est fluide, classique, épuré. Le scénario est fouillé, riche en péripéties. Un très bon roman, à conseiller pour tous ceux qui s'intéressent aux échecs et à la bonne littérature.

Js75 - - 34 ans - 21 octobre 2010


La folie des échecs 8 étoiles

Peut être Zweig l'a vécu, pour raconter si bien l'enfer que vit un prisonnier isolé dans sa cellule... et la folie à laquelle emmène une pratique irraisonnée des échecs. Le roman peut laisser sur sa faim : on l'aurait sans doute aimé plus long .

Coutal - - 30 ans - 7 octobre 2010


Incroyable! 8 étoiles

J'ai beaucoup apprécié ce livre. C'est court mais il n'en faut ni plus ni moins. C'est très bien écrit. On ne s'ennuie pas une seconde et le récit est très agréble à lire.

L'histoire racontée par M.B... est incroyable, triste et effrayante car l'écriture nous fait vraiment rentrer dans l'univers de cette chambre si particulière où tout est vide et où les pensées tournent et tournent encore.Le fait aussi de découvrir cet homme devenant complètement accro aux échecs pour ne pas sombrer.

Très très bon livre!!!! Merci à Critiques libres de me l'avoir fait découvrir.

Lalie2548 - - 32 ans - 6 octobre 2010


50 pages 8 étoiles

Que dire de ce mini bouquin? C'est une nouvelle qui se lit d'un trait!! Rapide, court, efficace!! C'est tout ce que j'ai à dire!

Nina-39 - - 38 ans - 21 septembre 2010


Un bon moment 7 étoiles

L'histoire est originale, le texte très bien écrit et le livre se lit rapidement (pas seulement parce qu'il est court). Mais il n'est pas pour moi incontournable, c'est un livre que je conseille de lire, intéressant, mais sans plus.

GiLau - Annecy - 55 ans - 18 septembre 2010


Merci CL de m'avoir fait décourvrir S. Zweig ! 10 étoiles

Premier ouvrage de cet auteur que je lis, j'ai beaucoup apprécié, notamment son écriture...
A lire et relire !

Listelle - Bordeaux - 31 ans - 18 août 2010


Torture et jeux intellectuels 8 étoiles

4e de couverture : Qui est cet inconnu capable d’en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu’antipathique ? Peut-on croire, comme il l’affirme, qu’il n’a pas joué depuis plus de vingt ans ? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer. Le narrateur y parviendra. Les circonstances dans lesquelles l’inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les elfes de l’isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges. Une fable inquiétante, fantastique, qui comme le dit le personnage avec une ironie douloureuse, « pourrait servir d'illustration la charmante époque ou nous vivons ».

Mon avis : J'ai bien aimé ce titre qui montre avec force détails cette expérience faite sur un homme en cas d'isolement total. C'est crédible et horriblement souffrant à la fois. Il est facile de s'y transposer pour vivre l'angoisse qu'a du vivre le personnage qui finit par développer une puissante obsession qui le conduit à la folie.

J'ai trouvé cette nouvelle surprenante et d'une grande efficacité. Ça se lit d'un trait en plus d'y comprendre clairement le propos. Quant à l'épisode de torture, bien qu'il soit un peu long, je n'aurais pas pu faire mieux. Après tout, c'est le point central de la nouvelle et avoir fait les choses autrement n'aurait sans doute pas rendu le fardeau sur les épaules du personnage torturé.

Calepin - Québec - 36 ans - 22 juin 2010


Encore 10 étoiles

La seule chose qu'on peut demander en lisant la dernière ligne de cet ouvrage c'est encore encore encore !!!!!
Un livre époustouflant.

Oliivia - - 31 ans - 9 juin 2010


Un livre volumineux! si si! 10 étoiles

Je reprends à mon compte les adjectifs de mes camarades : exceptionnel, jamais oublié, fabuleux...Il y a deux choses, d'abord cela ne ressemble pas aux autres zweig, je veux dire que ce livre est intemporel dans son écriture. D'autre part il y a ce qui est écrit, quelques pages et tout ce qu'il n'y a pas d'écrit mais qui est dans le livre : la violence psychologique qui est comme un prolongement après le point final. Comme les autres (jamais oublié) je continue de "lire" ou de ressentir ce prolongement des années après. C'est donc un livre très volumineux!

Yeaker - Dijon - 44 ans - 29 avril 2010


bien + 7 étoiles

J'ai bien aimé la deuxième histoire de la nouvelle, où le personnage devient fou en jouant contre lui-même aux échecs enfermé dans sa chambre. C'est vrai que cette atmosphère est assez pesante quand on l'imagine. Ca se lit vite, c'est frais, mais sans plus.

Adrien34 - - 27 ans - 13 avril 2010


Le meilleur de Stefan Zweig 10 étoiles

avec Vingt-quatre heures de la vie d'une femme...

Tina64 - - 37 ans - 26 mars 2010


Un chef d'oeuvre tout simplement 10 étoiles

Que dire de plus que ce qui a déjà été dit.

Un livre très court mais qui reste gravé dans la mémoire.
Et qui confirme une chose : on ne peut pas avoir une vision manichéenne de l'esprit humain.
Non tout n'est pas noir ou blanc / vrai ou faux / beau ou laid ...

Dans ce monde où on a tendance à trancher sans discernement, ce livre permet de réfléchir sur les jugements à l'emporte pièce.

Un livre humaniste et qui compte dans une vie de lecteur

Bobo - - 58 ans - 19 février 2010


Vite lu, jamais oublié 10 étoiles

Lu ce livre il y a longtemps, je n'y ai pas réalisé à l'époque l'impact du contexte historique ni toutes les métaphores dont le récit fait preuve. Il est évident qu'une deuxième lecture s'impose mais ce que j'en retiens est justement un roman brut, sans artifice, qui marque mon esprit d'une empreinte forte. Et cette plume...

El grillo - val d'oise - 44 ans - 18 novembre 2009


magnifique!!! 10 étoiles

J'ai découvert l'auteur zweig à travers cette oeuvre. Je dois dire qu'elle m'a épatée . En effet elle rassemble toutes les caractéristiques de la nouvelle et se démarque par une originalité. La fin de celle ci est véritablement une chute puisque nous sommes absolument surpris les dernières pages du livre. Elle m'a donné envie de lire les autres romans du même auteur. J'y vais de ce pas.....

Pounette - - 41 ans - 20 septembre 2009


Deux histoires en une 8 étoiles

J'aime les échecs. Que dire de cette opposition entre deux tranches de vie qui se rejoignent autour d'une partie. Le jeu n'est qu'un lien entre eux, mais quels destins ! Celui de Monsieur B. est bouleversant. Zweig nous entraîne dans la folie de son personnage. J'ai beaucoup aimé.

Lolo6666 - - 44 ans - 20 août 2009


Brutal 10 étoiles

Une nouvelle qui se dévore d’un trait. Humain, sans fard, belle écriture, procédé narratif intéressant de récits enchâssés, des personnages magnifiquement campés... Ne connaissant pas les détails de la vie de l’auteur, je n’avais pas vu toutes les subtilités que vous mentionnez. C’est un récit fort, très touchant. Je recommande vivement.

Nance - - - ans - 7 août 2009


Un très bon livre, en effet ! 10 étoiles

"Texte d'un chronique radio, donc, mille excuses pour les redites par rapport à vos critiques qui m'ont donné envie de lire cette longue nouvelle de Stefan Zweig. Merci à tous !"

L’été c’est fait pour lire, oui, mais c’est aussi un temps de jeu ! Alors quoi de plus naturel que de trouver, lire et vous conseiller un petit livre consacré au jeu, « Le joueur d’échecs » de Stefan Zweig. Autre avantage de cet ouvrage, il existe en version poche ce qui ne mettra pas en péril votre budget estival…
Premier constat : si le jeu d’échecs est un jeu dont les parties peuvent sembler longues, la nouvelle de Zweig est courte et se lit d’un seul élan. D’ailleurs, dès que vous êtes sur le bateau New-York Buenos Aires en compagnie du narrateur, vous ne pouvez plus fermer le livre. C’est comme ça, il faut le savoir et, heureusement, il est court, seulement une centaine de pages…
A bord, un homme est là incognito… C’est le champion du monde d’échec, un certain Czentovic. Pris au piège du jeu, le voilà en train de jouer contre les gentlemen qui voyagent. C’est un amusement, d’ailleurs, il joue plusieurs parties à la fois… C’est l’attraction du voyage…
Un autre homme est là, dans l’ombre, lui aussi perdu dans l’anonymat total, il sera d’ailleurs nommé simplement par ses initiales, MB. Au cours d’une partie, il se laisse aller à donner un ou deux conseils aux joueurs prétentieux qui voulaient affronter Czentovic… et les conseils portent leurs fruits… Tout le monde le croit grand joueur et voilà que se prépare un match « officiel » entre MB et le champion du monde… MB hésite, dit qu’il n’a pas joué depuis longtemps… Rien n’y fait, il devra jouer…
C’est là, au cœur de cette histoire, que se situe la seconde histoire, le récit de la vie, du moins d’une partie de la vie, de MB. En effet, sans tout vous révéler, MB vient d’Autriche, le pays que vient d’annexer Hitler et nous sommes pendant la seconde guerre mondiale. Stefan Zweig, je le précise pour ceux qui ne le connaitrait pas, est mort en 1942, il était Autrichien et s’est suicidé au Brésil avec son épouse probablement écœuré par la victoire du fascisme et la propagation de la guerre à la planète entière…
Il faudra comprendre, aussi, que lors de l’écriture de cette nouvelle Zweig ne connaît pas la réalité des camps de concentration. C’est pour cela que son personnage de MB peut déclarer en comparant son sort à celui des déportés :
« Dans un camp de concentration, il m’eut fallu sans doute charrier des cailloux, jusqu’à ce que mes mains saignent et que mes pieds gèlent dans mes chaussures, j’eusse été parqué avec vingt-cinq autres dans le froid et la puanteur. Mais du moins, j’aurais vu des visages, j’aurais pu regarder un champ, une brouette, un arbre, une étoile… »
Oui, MB est enfermé dans une chambre vide et c’est là, après avoir dérobé un livre de grandes parties d’échecs, qu’il découvre ce roi des jeux. A force de faire et refaire ces parties dans sa tête, sans jeu réel, il devient quelque peu fou… Il s’était promis de ne jamais jouer aux échecs… mais ça été plus fort que lui en voyant Czentovic…
La partie finale d’échecs entre les deux maitres, le reconnu et celui qui n’a jamais joué que dans sa tête, est une partie d’anthologie. Stefan Zweig décrit avec talent mais aussi un œil exercé toutes les phases d’excitation du joueur pathologique. C’est fascinant… et ça nous renvoie à certains de nos comportements…
Cette belle nouvelle ne dégoute pas du jeu, elle met en garde contre, d’une part, la dictature, d’autre part, le jeu excessif. Oui, le jeu doit rester une activité ludique, non un esclavage… Comme la lecture estivale… Juste un plaisir !

Shelton - Chalon-sur-Saône - 61 ans - 4 août 2009


Regrettable 8 étoiles

Regrettable, en effet, qu'il n'y ait pas quelques (dizaines de) pages supplémentaires à lire...Un très bon livre !
La description du tourment psychologique que vécut le Dr. B est nauséabonde à souhait !

Nicolas D. - Lille - 35 ans - 27 juillet 2009


Bien 9 étoiles

Un livre à lire!!!!

Lepenseurfou - - 29 ans - 22 mars 2009


Un immense chef d'oeuvre! 10 étoiles

Cette nouvelle est épatante et fabuleuse, lisez-la! Que dire de plus?

Soldatdeplomb4 - Nancy - 28 ans - 4 mars 2009


Genre : Psychédélique 9 étoiles

Sur le thème des échecs, nous avons deux spécimens. L'un, Mirko Czentovic, ne vit sa vie de champion (champion du monde d'échecs) que d'échec. Froid et insociable frustré et obnubilé par sa seule passion sinon l'argent.

L'autre n'a pas joué depuis 20 ans et connait le jeu comme sa poche. Pourquoi? Parce que le génie diabolique nazi l'a non pas déporté dans l'un de ses camps, mais l'a torturé psychologiquement afin d'épier en lui toutes les informations qui leur étaient nécessaires pour établir leur police politique là où leur indiquerait l'esprit-victime. Noyé dans cette torture, il se réfugia dans un livre sur... les échecs.

Ce livre aborde l'esprit humain, d'une manière ingénieuse. Excellent livre.

Elouan.A - - 25 ans - 30 janvier 2009


délicieux 10 étoiles

Tout est dit par les autres mais je veux moi aussi apporter mes étoiles à ce petit livre absolument prenant à lire, et qui le mérite. Tout d'abord l'histoire est captivante du début à la fin. On fait la connaissance de deux personnages, aussi originaux l'un que l'autre; d'un côté le célèbre champion du monde des échecs, le grand Czentovic, dont la personnalité et l'ascension sont passionnantes, et de l'autre, un certain M.B un inconnu qui apparaît subitement dans le déroulement du narrateur, et qui prend bientôt toute la place. On découvre son parcours et son mystère, c'est délicieusement bien écrit, impossible de se lasser même des répétitions. Un petit livre sympa à lire que je vous recommande à tous.

Tameine - Lyon - 52 ans - 10 janvier 2009


Encore un chef-d'oeuvre de Stefan Zweig! 10 étoiles

Comment un homme peut-il décrire de façon si précise, si juste et si bien écrite (malgré la traduction, c'est toujours fantastique) des personnages fins, rares, incroyables... L'histoire de ce livre est étrange, la torture flintant avec la psychose, mais Stefan Zweig dépeint avec perspicacité le conflit intrapsychique des protagonistes, leurs histoires où plane le spectre de la guerre.
C'est un véritable chef-d'oeuvre!

Le café de... - Perpignan - Bordeaux - 33 ans - 29 décembre 2008


Etouffant 10 étoiles

Encore une nouvelle, mais dans un tout autre style : la partie "échecs" est bien écrite, mais c'est le récit du Dr. B. (la moitié de la nouvelle) qui porte ces 100 pages. C'est poignant, prenant, étouffant même. Ca fait froid dans le dos je trouve.
Très très intéressant !

Manumanu55 - Bruxelles - 38 ans - 11 décembre 2008


Echec et mat ! 10 étoiles

Un roi de l'écriture qui nous rend fou dans cette histoire géniale de pions qui s'affrontent mais où l'intrigue reste reine !

Luange - - 36 ans - 25 novembre 2008


Une immense réussite 10 étoiles

Les plus grands livres ne sont pas toujours les plus... épais. Un récit génial, à la fois réaliste et allégorique au possible. Plein de sens.

Hierocles - - 38 ans - 21 mars 2008


Mat 10 étoiles

Un combat à mort. Voilà tout simplement ce que nous révèle ce tout petit livre. Mais d'une telle intensité, suffocante.
A lire absolument.

Arval - Papeete - 49 ans - 14 mars 2008


Un petit bijou... 10 étoiles

L'histoire se déroule sur un paquebot en partance pour Buenos Aires. Le narrateur rencontre le champion du monde d'échec Czentovic, étrange personnage froid et placide. Il fait également la rencontre du Dr B, jadis séquestré par la Gestapo. On apprend que ce dernier a subi une détention très difficile, sans lumière ni compagnie, n'ayant même pas un livre à se mettre sous la main... Jusqu'au jour où il vole un manuel d'échecs lors d'un interrogatoire. Dès lors, ces quelques feuilles de papier vont lui permettre d'oublier son oppressante solitude et de s'évader de sa cellule par la pensée. Mais très vite, cette échappatoire va tourner à la névrose, à une sorte de combat avec lui-même, et son cerveau va se séparer en deux: "une partie blanche et une partie noire". Il va en quelque sorte se dédoubler pour se tenir compagnie. Par l'acharnement qu'il s'inflige le docteur B ne tarde pas à connaître toutes les facettes de ce jeu et acquiert des automatismes. Puis on revient sur le paquebot et une partie d'échecs est organisée entre le docteur B et Czentovic. Les deux concurrents ont une perception du jeu fondamentalement différente. Le premier développe une stratégie qu'il connaît par coeur alors que le second fonctionne à l'instinct. Le combat s'avère être très serré...
Oeuvre posthume de Zweig, "Le joueur d'échec" présente de nombreux niveaux de lecture. Le traumatisme engendré par la détention constitue le sujet majeur de cette nouvelle. De longues descriptions faites par le docteur reflètent la longueur des interminables journées passées à l'intérieur de sa cellule. La passage décrivant la chute d'une goutte de pluie est littéralement oppressant pour le lecteur. Zweig va même jusqu'à préférer les camps de concentration à son enfermement et démontre que le pire châtiment que l'on peut infliger à un être humain est de le priver de sa liberté, de l'isoler du monde extérieur. La folie occupe également une grande part dans le récit de Zweig notamment lors de l'ultime partie d'échecs au cours de laquelle le docteur manifestera de nombreux débordements incontrôlés dû à son traumatisme. Enfin, l'auteur fait l'apologie du jeu d'échecs qu'il considère comme très bénéfique pour l'intellect car "toute l'énergie du joueur est concentrée sur un domaine très restreint" l'obligant à repousser des limites qui apparaîssent très vite.
Une excellente nouvelle donc, qui peut se lire à différents niveaux et faisant d'une grande profondeur.

Baader bonnot - Montpellier - 34 ans - 15 janvier 2008


Exceptionnel 10 étoiles

Exceptionnelle introspection de Zweig dans cette nouvelle/roman...

Par l'habileté de ces descriptions, il parvient à fournir au lecteur une vision parfaite de l'esprit du "joueur d'échec"... La limite entre le génie et la folie, la force de l'esprit révélée et le moyen de lutte de l'être humain dans des moments insurmontables...

Un grand merci à Zweig pour cette oeuvre incontournable de la littérature et pour les effets sur le lecteur, le poussant à réfléchir, même lorsque le récit est terminé.

JFK - - 34 ans - 9 juillet 2007


Ouf... 8 étoiles

Dur, dur, le Joueur d'échecs, la réflexion vient après l'achèvement de la nouvelle. Que dites-vous du passage où Mr B... découvre une nouvelle pièce à apprendre par coeur ? Tellement vrai ! Exemple : Entrez dans votre chambre, fermez porte(s) et fenêtre(s), et asseyez vous sur votre lit pour commencer. Regardez tout ce qui vous entoure et certains détails de votre chambre qui vous auront échappés en temps normal se révèlent passionnants... Mais au bout de dix minutes à peine, vous repenserez au Joueur d'échecs de Stefan Zweig et vous comprendrez tout ce que je viens de raconter.

Zolien - - 52 ans - 25 avril 2006


Un roman/nouvelle passionnant à 2 titres 10 étoiles

D'abord un réquisitoire contre le totalitarisme. Ou comment un homme peu résister par la seule force de son mental.

Ensuite, une passionnante plongée dans les échecs et le risque de ce jeu de devenir une monomanie pour ses pratiquants ...

JEANLEBLEU - Orange - 49 ans - 5 mars 2006


Excellent! 8 étoiles

Je l'ai lu quelques années auparavant pendant ma période où je lisais beaucoup de Zweig. J'ai beaucoup aimé.

Norway - Entre le Rhin, la Méditerranée et les Alpes ! - 42 ans - 22 février 2006


belle parabole 8 étoiles

Un joueur d'échecs tombé du ciel qui n'a pas joué depuis 20 ans, un autre champion incontesté avant l'arrivé du premier. Le décor est posé et le récit de l'horreur de l'enfermement, de la pression et de l'oppression gestapiste commence.
Le joueur d'échecs est un cri puissant face au nazisme mais ce cri est évidement appliquable aux totalitarismes de tous genres.

Oxymore - Nantes - 45 ans - 22 février 2006


Testament 7 étoiles

Sujet du Baccalauréat 2001 en Letttres, j'ai été amenée à le lire. Malgré le côté obligatoire de cette lecture, je n'ai pas boudé mon plaisir. Rien à redire sur la qualité d'écriture, bonne et fluide, mais sans être exceptionnelle.
Par contre l'histoire est particulièrement tragique et désespérante, et laissait peu d'espoir quant à l'avenir des contemporains de l'auteur.
Le héros, esprit brillant, est déchirant dans son combat contre la folie face à son adversaire philistin.

Opalescente - - 35 ans - 10 novembre 2005


Brillant 6 étoiles

C'est le premier livre de "Stefan Zweig" que je lis, et je lui tire mon chapeau. C'est vite lu,très bien écrit, très fin.
J'adore l'aspect "psychose" du personnage, la manière dont il finit rongé paradoxalement par ce qui l'a sauvé (la pratique des échecs). Alors je donne sans hésiter 3 étoiles.

Pierre666 - Strasbourg - 36 ans - 6 novembre 2005


Au bord de la folie 9 étoiles

Dans ce livre, comme dans Amok, le personnage central se trouve introduit par un autre personnage. Il nous raconte l'histoire captivante et terrifiante du héros, le joueur d'échecs. Le récit est très rythmé. Le ressenti des personnages, hors du commun, est décrit merveilleusement.

Ichampas - LAMBALLE - 53 ans - 20 avril 2005


Rien à ajouter ... 10 étoiles

... à ce qui a brillament été écrit dans les critiques précédentes. Je me joins aux autres lecteurs pour vous encourager à découvrir ce livre passionant.

Je viens de découvrir cet auteur à la biographie elle même dramatiquement romanesque et la force de ce petit livre m'encourage à aller plus avant dans la lecture de ses oeuvres.

Merci aux précédents critiqueurs qui ont su éveiller ma curiosité et mon envie.

Tophiv - Reignier (Fr) - 42 ans - 2 mars 2005


Qui gagne? 8 étoiles

Une nouvelle superbe qui utilise le jeu d’échecs comme une métaphore terrifiante sur la schizophrénie. Une écriture grise mais claire et symbolique qui donne un indice du désespoir de l’auteur à ses derniers jours.

Aaro-Benjamin G. - Montréal - 48 ans - 30 novembre 2004


Triste 3 étoiles

J'ai trouvé l'histoire de ce livre plutôt triste.
J'aimais beaucoup Zweig il y a plusieurs année.
J'admire toujours autant sa plume mais je trouve maintenant ses histoires tristes.

Lectrice - Pas de calais - 43 ans - 8 octobre 2004


Survivre par un échiquier 10 étoiles

Brillante nouvelle de Stefan Zweig débutant sur un paquebot à bord duquel se trouve le champion du monde des échecs, Czentovic, homme époustouflant face à un échiquier mais à l'intelligence et au savoir-vivre plus que médiocres. Sur ce même navire se trouve un autre homme, le Dr. B, qui prend incidemment part à une partie entre Czentovic et quelques voyageurs et renverse le cours du jeu. En voulant savoir qui est cet homme, le narrateur plonge de plein fouet dans un univers tout autre que celui des échecs, le monde de l'oppression, de l'emprisonnement, de l'humiliation et de la folie. Tortures et interrogatoires de la Gestapo contre cet homme pendant la guerre, un homme qui trouvera refuge dans les échecs pour tuer le temps.
"Mais qui au monde disposait de plus de temps que moi, dasn cet esclavage où me tenait le néant, qui dont aurait pu être plus avide et plus patient?" (page 65 édition Poche)
Apprenant au départ par coeur les parties des grands maîtres, notre homme décidera un jour de jouer contre lui-même, étant lassé des 150 modèles qu'il répète inlassablement. Jouer contre soi-même, un dédoublement de personnalité dangereux proche de la folie. Une monomanie dont il ne sortira jamais réellement, même des années plus tard, nous le découvrons dans ce récit.

En moins de cent pages, Stefan Zweig m'a, une fois de plus, coupé le souffle. Le portrait qu'il dresse de Mirko Czentovic est réaliste et frappant. Arrive alors une croisière, des voyageurs sans grande particularité, une partie d'échecs pour l'amusement et l'arrivée d'un homme qui remet tout en question et étonne. Le récit qui suit, celui des années d'enfermement à la merci des nazis, est dur tout en n'étant jamais mélodramatique ou enduit de pathos. C'est une dureté qui nous est présentée sans fard et sans effets de manche, tout est sobrement raconté et c'est très bien comme ça, il n'en fallait pas plus pour sentir son estomac se nouer face aux souffrances qui ont été celles de cette homme, le Dr.B. Un homme prêt à replonger. Admirable fébrilité décrite dans les dernières pages par Stefan Zweig dont on devine, au fil des lignes, qu'il insère une bonne partie de lui-même dans ce texte. L'oppresseur, la barbarie, la souffrance, autant d'éléments qu'il connaît et qu'il utilise pour composer son récit sans que celui-ci soit ouvertement un ouvrage militant ou de propagande.
Le talent de Zweig fait le reste. Le lecteur est envoûté par la magie des échecs tout en étant secoué par la monstruosité nazie. Le tout donne une certaine nervosité qui fait dévorer cette nouvelle sans interruption de la première à la dernière page.

Sahkti - Genève - 43 ans - 3 octobre 2004


Résilience, courage & échecs 10 étoiles

Wow....je viens de finir ce "testament" comme le dit si bien Marco, et j'en suis encore tout retourné.

Quel récit troublant de résilience extrême face à l'atrocité. Une histoire choc...inoubliable!

FightingIntellectual - Montréal - 35 ans - 4 mai 2004


Flirt avec la folie 6 étoiles

Avez-vous déjà jouer aux échecs?moi,oui mais j'évite car je n'ai pas vraiment la patience pour une longue partie...alors,le personnage principal réalise vraiment un exploit!! & qu'il devienne fou par la suite n'a rien d'étonnant!!! Je me souviens avoir lu ce livre l'année du bac parce qu'il était au programme.Nous avions étudié d'une part,le combat du Bien et du Mal à travers la symbolique des cases et pions noirs et blancs;et d'autre part,la folie.J'ai conservé ce que disait mon prof de lettres:"Plus on tend sa pensée vers une seule chose,& plus on touche à l'Infini" Donc un flirt avec la folie est un flirt avec l'Infini!!!

Banzaille - Rennes - 33 ans - 21 janvier 2004


Drôle de folie...... 8 étoiles

Il y a bien longtemps que j'ai lu cette nouvelle de Stefan Zweig mais je pense qu'elle restera à jamais gravée dans ma mémoire tellement elle est poignante et étrange à la fois, il nous semble vivre avec ce prisonnier allemand et être confiné dans la même cellule que lui.... Ce qui est étrange, surtout que progressivement il sombre dans la folie des échecs, et là cela devient quelquefois un peu angoissant......!!!!
Mais cela n'empêche en rien cette nouvelle d'être un vrai chef d'oeuvre et de souligner une fois encore tout le talent de Zweig qui a su décrire la montée du régime nazi même s'il s'est donné la mort au cours du conflit.

Ondatra - Tours - 36 ans - 23 septembre 2002


Indiscutablement oui ! 10 étoiles

Au "Joueur d'Echec" d'abord et à Pendragon, ensuite, qui envisage de lire quelques autres nouvelles de Zweig. Je conseillerais "La Peur" ainsi que "Le Chandelier enterré". Ce sont deux merveilles, mais il y en a encore d'autres...

Jules - Bruxelles - 73 ans - 25 mars 2002


Little Big Book 9 étoiles

Oui, un grand petit livre. Des côtés "Novecento, pianiste" (le paquebot, la traversée, le virtuose inattendu) mais aussi des réminiscences (en moi, à la lecture) du "Zéro et l'Infini" de Koestler. Les échecs - et le livre - comme moyen d'échapper à l'ennui, à l'annulation de soi, à l'absurde, à la mort... Pas un mot de trop : c'est ce qui fait le prix des grands livres...

Lucien - - 62 ans - 25 mars 2002


une de plus... 9 étoiles

Bon nombre de critiques éclairs ont déjà été faites sur cette fabuleuse nouvelle, mais permettez-moi de donner également mes étoiles à celle-ci... et de remercier Zoom de son cadeau ! C'est en effet un véritable petit chef-d'oeuvre et je ne me tiens plus d'impatience de lire ses autres nouvelles...

Pendragon - Liernu - 47 ans - 25 mars 2002


Mmmmh ... miam ! 10 étoiles

Je vais me ranger derrière tous ceux qui ont fait l'éloge de cette nouvelle. Oui, je l'ai lu en une fois, avidement et sans être déçue, oui c'est un petit livre qui est grand et mérite qu'on se le garde toujours dans notre bibliothèque, en bref, oui moi aussi j'ai adoré. J'ai été fascinée par ce livre : l'écriture ET le sénario. Et je connais quelqu'un qui n'aime pas lire et qui l'a vraiment apprécié... c'est déjà ça, n'est ce pas ?! Je le conseille à tous car il y a mille manières d'y trouver de l'intérêt : le côté historique, le jeu, la psychologie, l'intrigue, l'auteur et/ou son talent, etc. Une chose est sûre : je m'en remangerai un bout, ou plus!

Dada - Bruxelles - 41 ans - 13 février 2002


Rien compris ?... 9 étoiles

Pétoman a raison en disant que sans stimulation on pourrait devenir fou. L'esprit ne s'y fait pas. Comme le disait Alain dans ses "Propos": "On tourne sans avancer". Ici, la situation du personnage est pire encore ! Les seules directions que pourrait prendre son esprit son affolantes ! ætre arrêté par la Gestapo ne laisse pas beaucoup de possibilités joyeuses au cerveau. Comme on a aussi coutume de dire que la réalité est bien souvent moins grave que l'idée que l'on s'en faisait, on peut imaginer l'état de son esprit!... N'ayant non plus aucune possibilité de se suicider, il a eut la chance, et la présence d'esprit, de trouver cet échappatoire à la folie quasi certaine. Maintenant que Zweig aurait aussi jouer à l'écrivain, je laisse au futur psychologue qu'est Pétoman à nous expliquer cela ! Rien n'est impossible, mais alors on pourrait aussi dire que chaque activité humaine serait une échappatoire à l'idée de la mort...

Jules - Bruxelles - 73 ans - 20 juillet 2001


stimulation 5 étoiles

faute de stimulation on devient fou alors on apprend à jouer aux échecs...zweig a peut etre joué à l'écrivain lui...livre prémonitoire?

Pétoman - Tournai - 42 ans - 20 juillet 2001


Excellente critique de Marco 9 étoiles

J'ai lu ce livre par hasard, en fouillant dans la bibliothèque de ma grand-mère il y a qq années. Je l'ai dévoré et c'est lui qui m'a fait connaître Zweig, un auteur incontournable s'il en est.
Je conseille le receuil de nouvelles "Amok" également dans lequel il montre toute l'étendue de son talent.
Zweig ne pouvait pas survivre, il était bien trop humain.

Virgile - Spy - 38 ans - 19 juillet 2001


fabuleux 10 étoiles

La richesse , la profondeur de S. Zweig, est indicible. Cette nouvelle , comme tant d'autres, en est un exemple. Tout y est fascinant : l'esprit, l'intelligence, la finesse psychologique, la construction littéraire : un joyau . Comment, vous ne l’avez pas lu ? ? ?

Zoom - Bruxelles - 63 ans - 19 juillet 2001


Survivre grace à la folie 8 étoiles

Amateur d'échecs j'ai lu ce livre il y 2-3 ans. Livre excellent s'il en est, plus que le jeu en lui même montre comment on peut devenir fou en voulant s'évader, en se fixant sur une obsession...
C'est un peu l'air de "Diego, libre dans sa tête", alors derrière les barreaux il trouve son évasion dans le jeu d'echec. Seul "petit" problème, quand on se limit eà un seul mécanisme de défense, tout bon psychologue vous dira que cela vire à la pathologie...
Un roman excellent, sur fond de jeu d'échec, d'Histoire et de psychologie.
J'ai adoré!

Blue Sky - Bruxelles - 42 ans - 6 juin 2001


Quel livre ! 10 étoiles

Indépendamment de l'aspect politique ou psychologique mis en avant par les critiqueurs, ce livre est exceptionellement prenant. Ne le commencez pas tard le soir, vous n'irez pas vous coucher avant de l'avoir fini !

La partie d'échec finale, entre l'aristocratique Monsieur B. et le rustre champion réveille en nous les pires instincts de supporter; comme un enfant devant un match de football de son équipe préférée on se laisse prendre à vouloir la victoire du sympathique Monsieur B. par dessus-tout.

Saule - Bruxelles - 52 ans - 6 juin 2001


souvenir de cours 10 étoiles

j'ai du lire ce bouquin pour un cours de théorie de la personnalité, en fait, ce livre, c'est toute la question de l'investissement... psychologique... bref, la passion l'emporte toujours sur la raison... faut donc s'en faire une raison

Pétoman - Tournai - 42 ans - 28 mai 2001


L'esprit et ses manies 9 étoiles

Avant tout, merci Marco, pour m'avoir remémoré ce livre, lu il y a plus de 10 ans... Je me suis empressé de m'y replonger, avec le même plaisir de lecture.
Que dire du Joueur d'Echec, sinon parler encore et toujours du plaidoyer humaniste de Zweig, de la lutte (presque ?) victorieuse de l'homme face au système, malgré la torture...
Dire surtout que ce système là existe toujours, parfois moins subtil, mais toujours aussi odieux. Et que chaque jour, d'autres hommes sont broyés par un système monstrueux, parfois tout près de chez nous...
En résumé, un grand petit livre.

Obi-Wan - Uccle - 45 ans - 9 avril 2001


hymne à la vie 10 étoiles

C'est le livre que j'ai préféré de ma vie!!! C'est un hymne à l'instinct de survie. Que vous dire si ce n'est que vous encourrager à le lire.
Livre allemand digne d'une bonne proline belge! Clair, synthétique, germanique, d'un auteur mondialement connu,le livre est malheureusement trop fin (nombre de pages).

Jadsopekum - Rixensart - 43 ans - 8 mars 2001


Un excellent choix ! 0 étoiles

J'ai adoré ce livre ! Une merveille d'autodéfense de la part d'un homme traqué et menacé dans ce qu'il a de plus profond. Face à lui, une machine à broyer les hommes. Stefan Zweig a payé de sa vie sa perception d'un monde déshumanisé! L'écroulement du troisième Reich, à peine quelque temps après son suicide, n'empêchait pas que tout cela allait continuer encore longtemps sous le régime des goulags et des hôpitaux psychiatriques !

Jules - Bruxelles - 73 ans - 6 mars 2001